My career to date... en francais! :)

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    12-Jan-2015

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I am very honored, er, honoured to be part of a series of reviews of seminal thinkers in entrepreneurship. My French is rusty but it doesn't seem to overstate my humble contributions.

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<ul><li> 1. NORRIS F. KRUEGER, JR. LA COGNITION DE L ENTREPRENEUR Jean-Pierre Boissin, Frank Janssen Norris Krueger se prsente comme un expert dans la manire de crer et de dvelopper la pense entrepreneuriale . Krueger se passionne pour la comprhension de la faon dont nous apprenons penser comme des entrepreneurs et, inversement, pour la manire dont on peut utiliser ces connaissances pour dvelopper des communauts entrepreneuriales et des entrepreneurs. Cela lui a galement permis douvrir la voie une meilleure comprhension dautres domaines importants tels que l'entrepreneuriat social et/ou durable et la commercialisation technologique. Aprs une formation initiale en sciences, notamment la prestigieuse Caltech, Krueger a ralis un doctorat qui, formellement, se rattachait lentrepreneuriat et au management stratgique, mais se situait aussi aux frontires du marketing, du management, de la psychologie sociale, de la psychologie cognitive et de lconomie. Ses premiers travaux portaient sur les antcdents de la perception de lopportunit soulignant le rle de la faisabilit du point de vue de lindividu (auto efficacit). Il sera dans ce contexte assistant de Al Shapero. Il est lauteur le plus cit dans le domaine des intentions entrepreneuriales, domaine quil continue explorer, mais quil approfondit aujourdhui travers la science cognitive. Si la cognition est un thme la mode dans le recherche entrepreneuriale aujourdhui (Gregoire et al., 2011), cest en grande partie lui quon le doit. Et le thme est populaire parce quil est important : la comprhension de la cognition est essentielle pour expliquer lmergence et lvolution de lentrepreneuriat (Krueger et Day, 2010). Cest galement la psychologie du dveloppement cognitif qui la amen sintresser lducation entrepreneuriale, approche qui, selon lui, a un potentiel scientifique immense. Norris a t le rcipiendaire de nombreux prix scientifiques et pdagogiques amricains et internationaux. Il a dirig deux entreprises et intervient aussi en consultance. Il est un fervent dfenseur des travaux interdisciplinaires bass sur lexprimentation en entrepreneuriat, en particulier dans le champ de la cognition.Ce chapitre qui lui est consacr sera divis en deux grandes parties. La premire examinera les travaux de Norris Krueger sur lintention entrepreneuriale. Elle sintressera plus</li></ul><p> 2. particulirement ses apports la littrature entrepreneuriale au travers de la vrification empirique du modles des intentions, des ponts quil a tablis entre management stratgique et entrepreneuriat dans ses travaux sur la dimension cognitive de lmergence dopportunits et, enfin, lapport du modle dintention pour guider et valuer les actions dans le domaine de lducation. La seconde partie synthtisera ses apports dans le domaine de lapprentissage entrepreneurial. Elle sintressera son approche constructiviste de la pdagogie, dveloppera ensuite ce que Krueger appelle les expriences critiques de dveloppement et se clturera par lappel de Krueger pour plus dinterdisciplinarit pdagogique et pour un dcloisonnement des champs de recherche.1.LA STRUCTURATION DU MODELE INTEGRATEUR DINTENTIONENTREPRENEURIALE Norris Krueger est lorigine de la proposition de la structuration du modle intgrateur dintention entrepreneuriale, articulant les travaux en entrepreneuriat de Shapero (1982, 1985) et en psychologie de Ajzen et Fishbein (1980). Lancrage thorique transversal de Krueger le conduit proposer un largissement du modle lintrapreneuriat et construire un lien entrepreneuriat management stratgique avec les travaux de Hamel et Prahalad (1989) sur lintention stratgique et la saisie des opportunits. La qualit de ce modle savre aussi dune grande utilit dans le domaine de lducation en entrepreneuriat afin de mieux connatre lvolution de ltat desprit entrepreneurial des jeunes. 1.1. La validation empirique du modle dintention entrepreneuriale (Krueger, 1993, ETP) Dans son article paru en 1993 dans Entrepreneurship Theory &amp; Practice intitul The Impact of Prior Entrepreneurial Exposure on Perceptions of New Venture Feasibility and Desirability , Krueger considre lentrepreneuriat comme une dcision processuelle dans laquelle lintention est centrale dans le passage lacte (Bird, 1988 ; Katz, Gartner, 1988). A lorigine, Shapero (1982, 1985) a propos un modle de lvnement entrepreneurial bas sur le processus dintention. Lintention entrepreneuriale rsulte des perceptions de faisabilit et de dsirabilit conjugues une propension agir sur les opportunits. Les expriences entrepreneuriales de lindividu influencent indirectement lintention en agissant sur les perceptions de faisabilit et de perception. Krueger (1993) note quil y a peu de travaux 3. empiriques sur ce processus de dcision, que ce soit en entrepreneuriat ou en management stratgique. Le modle de dcision bas sur lintention de lancer une cration dentreprise de Shapero (1975) na pas t test ; Krueger saisit cette opportunit comme il le note en bas de page (p.5) en hommage Al Shapero. Cest dans son papier de 2000 que Krueger rend le mieux compte du processus de construction-dconstructiondesfondementsthoriquesdumodledintentionentrepreneuriale. Le modle de dcision bas sur lintention prend racine dans les travaux de psychologie sociale de Ajzen et Fishbein (1975, 1980) sur laction raisonne, puis la thorie du comportement planifi (Ajzen, 1991). Lintention prdit et explique laction, le comportement. Les attitudes face un comportement influencent lintention. Dans la thorie de laction raisonne, Ajzen et Fishbein distinguent les attentes et les croyances des individus des normes sociales lorigine des attitudes. Dans la thorie du comportement planifi (TCP) de Ajzen (1987, 1991), ces attitudes reprsentent lattractivit dun comportement, mais il intgre aussi un autre type dattitudes relatives au contrle peru du comportement vis, sa faisabilit. Figure 1 : Modle du comportement planifi (Ajzen, 1991) Variables dmogra phiques Individuell es (personnal it, motions ) Sociales (ge, sexe, culture)Croyances comportementalesAttitude perueCroyancesNormenormativessocialeCroyancesContrlede contrleperuIntentionComportement 4. Au final, le comportement (entrepreneurial, crer une entreprise) a pour origine une intention fonde sur lattractivit du comportement (la dsirabilit) et le contrle de ce comportement (la faisabilit). Ajzen et Fishbein prcisent que les normes sociales influencent les attitudes personnelles ; famille, amis et autres (en fonction du contexte) peuvent influencer les attitudes de lindividu en matire de dsirabilit perue, voire mme de faisabilit perue. La perception de la faisabilit a t bien dfinie par Bandura (1986, 1995) avec la notion dautoefficacit perue (self-efficacy). Il sagit de la capacit de lindividu a effectuer certaines tches au sens large : comptences techniques et managriales dans le domaine de la cration dentreprise par exemple. Krueger (2000) prcise que ces comptences peuvent faire lobjet dun apprentissage qui relve de lenseignement mais aussi de dimensions plus psychologiques et motionnelles. Dans son modle thorique originel de lvnement entrepreneurial, Shapero (1982) navait pas intgr la norme sociale. En revanche, au-del de lintention, Shapero avait pris en compte les facteurs dclencheurs du passage lacte, facilitant la ralisation des intentions : disponibilit de ressources, propension agir sur une opportunit. Figure 2 : Modle de lvnement entrepreneurial de Shapero (1975) Disposition lactionCrdibilit de lacte(motivations, attitudes, intuitions)(milieu familial, groupe de rfrence, environnement local, environnement organisationnel, essaimage)Variable psychologiqueVariable sociologiqueEntrepreneur potentielEvnement entrepreneurial(exprience personnelle et formation)(cration ou reprise dentreprise, transmission-succession)Variable de situationVariable conomiqueDiscontinuit ou dplacementFaisabilit-accessibilit des ressources(nfatif ou push, positif ou pull)(ressources humaines, financires, technologiques, aides, march) 5. Krueger proposera (Krueger, Brazeal, 1994, p.95) un modle de synthse intgrant la thorie du comportement planifi et lvnement entrepreneurial dans le modle dintention entrepreneuriale. Figure 3 : Modle de lintention entrepreneuriale de Krueger (1993) et Krueger, Brazeal (1994)Fa cte urs Ex og n essDsirabilit personnelle Dsirabilit Normes sociales IntentionAuto-efficacit perueFaisabilitFacteurs dclencheurs1.2. Un ancrage thorique transversal intgrant Entrepreneuriat et Management Stratgique (Krueger, ETP, 2000)En 2000, Krueger publie un article dans Entrepreneurship Theory &amp; Practice intitul The Cognitive Infrastructure of Opportunity Emergence . Il sagit de montrer lintrt du modle dintention, y compris dans lentreprise, afin dapprcier le rle entrepreneurial de ses membres (intrapreneurs) et la fonction dincitation que doit jouer lorganisation, le collectif. On passe de lindividu au collectif : capacits individuelle et collective, dsirabilits 6. individuelle et collective. Cet largissement du contexte de lindividu lorganisation prexistante peut tre rapproch dun pont entre entrepreneuriat et management stratgique. Krueger (2000) montre le rle des membres dune organisation par leurs intentions sur lidentification et la poursuite dopportunits notamment dinnovation, de croissance rentable. Ce modle dpasse le modle entrepreneurial individuel. Il peut sinscrire dans la dynamique des organisations et des comportements intrapreneuriaux des individus, intresser le management des entreprises. Lopposition des menaces aux opportunits sinscrit dans le modle historique SWOTde Harvard (LCAG, 1969). Lunit danalyse est nanmoinscentre sur lindividu (versus lorganisation). Le potentiel entrepreneurial de lentreprise relve du potentiel de ses individus ; lorganisation est l pour soutenir ce potentiel des individus. Il rejoint les travaux de Shapero (1982) sur le lien du potentiel entrepreneurial des individus et celui de lorganisation. Krueger invite une nouvelle conception du modle SWOT en se posant davantage le problme du comment faire ? plutt que du pouvonsnous faire ? Il fait aussi le lien encore entre travaux en management stratgique et entrepreneuriat, plus prcisment entre la vision stratgique (strategic intent , Prahalad et Hamel, 1989), les processus dapprentissage (Mintzberg, 1994) et lorientation entrepreneuriale (Covin et Slevin, 1991 ; Lumpkin et Dess, 1996). On retrouve cette imbrication management stratgique et entrepreneuriat, organisation et individus, plus tard dans les travaux de Teece (2007). Il souligne le rle dterminant des comptences entrepreneuriales dans la comptitivit des grandes entreprises en favorisant lidentification des opportunits de croissance durable. Lorganisation doit favoriser la dtection des opportunits et le passage lacte, linnovation, en particulier pour favoriser la croissance des entreprises.Les travaux de Krueger sont proches dune dmarcheconstructiviste en rappelant avec Mintzberg (1994) que lopportunit nexiste pas en tant que telle mais quelle est construite (2000, p.6) : We do not find opportunities, we construct them . Il insiste sur lenjeu des modles de dcision, de cognition pour comprendre le processus de pense entrepreneuriale, notamment sur lapport des modles dintention en psychologie sociale.1.3. Un modle fondamental pour guider laction dans le domaine de lducation en Entrepreneuriat chez les jeunes (Krueger, ETP, 2007) 7. Krueger est bien conscient des limites du modle dintention entrepreneuriale : simplification de la complexit du processus cognitif, dterminisme, interrogation sur le basculement intention / action, ncessit dapproches qualitatives des processus de dcision, individu / collectif, la non stabilit des processus donc de lintention, laction peut parfois prcder lintention Mais Krueger (2007) prcise que la thorie du comportement planifi est bien adapte au processus dintention vers lobjectif comportemental de crer une activit, en particulier dans le domaine des choix de carrire. Il est primordial de reprer ce qui diffre dans les structures cognitives profondes des individus. Lexamen des croyances profondes procure lopportunit de mieux comprendre comment lesprit entrepreneurial se dveloppe. Figure 4 : Structuration de lesprit entrepreneurial daprs Krueger Les croyances profondesStructures CognitivesLes attitudes entrepreneurialesLes intentions entrepreneurialesLaction dentreprendreDans le domaine de lducation, Krueger insiste sur son positionnement dans les processus dapprentissage par essai et erreur ancrs dans un contexte social et qui faonnent la construction des structures de connaissances de lindividu. Les croyances, les attitudes et les traits de personnalit voluent, surtout aprs ou lorsque des vnements importants ont lieu dans notre vie et jouent un rle trs important dans notre intention de carrire (mtier). Diffrentes recherches empiriques ont t conduites sur les modles dintention entrepreneuriale bass sur les apports de Krueger. A la suite de Kolvereid (1996), de nombreux travaux empiriques francophones (ou notamment mens dans des pays francophones)ont test le modle dintention (Emin, 2003 ; Touns, 2003 ; Audet, 2004 ;Boissin et al., 2007, 2009 ; Shinnar et al., 2012). Dans le contexte du dveloppement dun plan entrepreneuriat tudiant lchelle de lensemble de lenseignement suprieur franais (http://www.apce.com/pid14170/planentrepreneuriat-etudiants.html?espace=5),laccent est mis sur les mesures dimpact. Outre lamise en place dindicateurs dimpact de court terme, tels que le nombre de modules pdagogiques et effectifs, linsertion professionnelle dans les PME, le nombre de projets 8. engags ou le nombre de crations et de reprises dactivit, il est ncessaire de dvelopper des outils dimpact de plus long terme sur la culture entrepreneuriale. Les questionnaires sur lintention entrepreneuriale des tudiants inspirs des travaux de Krueger sont riches denseignement pour guider laction. Ces questionnaires sont particulirement bien adapts la population tudiante dans la mesure o lindividu nest pas ncessairement dans une phase de passage lacte. Lobservation de lvolution des croyances, des attitudes et des intentions de carrire permet de prsenter la structuration des schmas mentaux des tudiants, de reprer les ventuelles effets des filires denseignement ou de diffrentes psychosociologiques. Des travaux en cours (Boissin, 2013) montrent que les modles dintention ne sont pas structurs de la mme faon selon que ltudiant a une forte intention dentreprendre ou non court terme. Ainsi, lapplication de ce type de questionnaire sur des grandes masses (site universitaire de 50 100 000 tudiants) permettrait de mieux cibler et de diffrencier les programmes enrenforantlattractivitauprsdeceuxloignsdelintentiondentreprendre et/ou en agissant sur les comptences de ceux qui veulent passer lacte court terme et qui sont convaincus en matire de dsirabilit. Krueger fait des propositions pour lapprentissage de lentrepreneuriat. 2. LAPPRENTISS...</p>