41 Le Petit Nicolas Voyage

  • View
    85

  • Download
    6

Embed Size (px)

Transcript

  • Semp / Goscinny

    Le Petit Nicolasvoyage

    Le Petit Nicolas, les personnages, les aventures et les lments caractristiquesde l'univers du Petit Nicolas sont une cration de Ren Goscinny et Jean-Jacques Semp.

    Droits de dpt et d'exploitation de marques lies l'univers du Petit Nicolasrservs IMAV ditions. Le Petit Nicolas est une marque verbale

    et figurative dpose. Tous droits de reproduction ou d'imitationde la marque et de tout logo interdits et rservs.

    > 2004, IMAV ditions / Goscinny - Semp, pour le texte et les illustrations Editions Gallimard Jeunesse, 2008, pour la prsente dition IMAV ditions

  • On part en Mvacances

    Nous allons partir en vacances, mon papa, mamaman et moi ; nous sommes tous drlementcontents.

    Nous avons aid maman tout ranger dans lamaison, il y a des housses partout et, depuis deuxjours, nous mangeons dans la cuisine. Maman, ellea dit : II faut que nous finissions tout ce qui reste ,alors, nous mangeons du cassoulet. Il en restait sixbotes, parce que papa n'aime pas le cassoulet ; moi,je l'aimais bien jusqu' hier soir, mais quand j'ai suqu'il en restait encore deux botes, une pour midi etune pour ce soir, alors, j'ai eu envie de pleurer.

    Aujourd'hui, on va faire les bagages, parce quenous partons demain matin par un train o il fautse lever six heures pour l'avoir.

    - Cette fois-ci, a dit maman, nous n'allons pasnous encombrer avec une foule de colis.

  • - Tu as parfaitement raison, chrie, a dit papa.Je ne veux rien savoir pour trimbaler des tas depaquets mal ficels ; nous prendrons trois valisesmaximum !

    - C'est a, a dit maman, nous prendrons la mar-ron qui ferme mal, mais avec une ficelle elle tien-dra, la grosse bleue et la petite tante Elvire.

    - Voil, a dit papa.Et moi, je trouve que c'est chouette que tout le

    monde soit d'accord, parce que c'est vrai, chaquefois que nous partons en voyage, nous emmenonsdes tas et des tas de paquets et on oublie chaque foiscelui o il y a des choses intressantes. Comme lafois o nous avons oubli le paquet avec les ufsdurs et les bananes et c'tait trs embtant, parceque nous, on ne mange pas au wagon-restaurant.Papa dit qu'on vous sert toujours la mme chose etc'est de la longe de veau avec des pommes boulan-gres, alors on n'y va pas et on emmne des ufsdurs et des bananes. C'est bon ; et avec les plu-chures on s'arrange, mme si les gens font des his-toires dans le compartiment.

    Papa est descendu dans la cave pour chercher lavalise marron qui ferme mal, la grosse bleue et lapetite tante Elvire, et moi je suis mont dans machambre pour chercher les affaires dont je vais avoirbesoin en vacances. J'ai d faire trois voyages, parceque ce qu'il y a dans mon placard, dans la commodeet sous mon lit, a fait un drle de tas. J'ai tout des-

    6

    cendu dans le salon et j'ai attendu papa. On enten-dait beaucoup de bruit dans la cave et puis papa estarriv avec les valises, tout noir et pas content.

    - Je me demande pourquoi on met toujours desmalles au-dessus des valises que je cherche, pour-quoi on remplit cette cave avec du charbon et pour-quoi l'ampoule est grille, il a demand papa, et ilest all se laver.

    Quand papa est revenu et qu'il a vu le tas dechoses que je dois emporter, il a t trs mchant.

    - Qu'est-ce que c'est que ce bric--brac ? il a cri,papa ; tu ne crois tout de mme pas que nous allonsemmener tes ours en peluche, tes autos, tes ballonsde football et ton jeu de construction, non ?

    Alors, moi, je me suis mis pleurer et papa estdevenu tout rouge dans le blanc des yeux et il m'adit : Nicolas, tu sais bien que je n'aime pas a , et

  • que je lui ferais le plaisir de cesser ce mange ou ilne m'emmnerait pas en vacances ; et puis moi jeme suis mis pleurer plus fort, c'est vrai, a, la fin.

    - Je crois qu'il est inutile de crier aprs l'enfant,a dit maman.

    - Je crierai aprs l'enfant s'il continue me cas-ser les oreilles en pleurant sans arrt comme uneMadeleine, a dit papa, et a m'a fait rigoler, le coupde la madeleine.

    - Je pense qu'il n'est pas trs juste de passer tesnerfs sur l'enfant, a dit maman en parlant tout dou-cement.

    - Je ne passe pas mes nerfs sur l'enfant, jedemande l'enfant de se tenir tranquille, a dit papa.

    - Tu es insupportable et de mauvaise foi, a crimaman, et je ne permettrai pas que tu fasses unsouffre-douleur de cet enfant ! a cri maman.

    Alors, moi, j'ai recommenc pleurer.- Quoi encore ? Pourquoi pleures-tu, mainte-

    nant ? m'a demand maman, et je lui ai expliquque c'tait parce qu'elle n'tait pas gentille avecpapa. Alors, maman a lev les bras vers le plafondet elle est alle chercher ses affaires.

    Avec papa, on a discut sur ce que je pouvais

  • emporter. Je lui ai laiss l'ours, les soldats de plombet la panoplie de mousquetaire et lui il a t d'ac-cord pour les deux ballons de football, le jeu deconstruction, le planeur, la pelle, le seau, le train etle fusil. Pour le vlo, je lui en parlerai plus tard.Papa est mont dans sa chambre.

    J'ai entendu qu'on criait dans la chambre de papaet maman, et je suis all voir si on avait besoin demoi. Papa tait en train de demander mamanpourquoi elle emmenait les couvertures et l'dre-don rouge.

    - Je t'ai dj expliqu que les nuits sont frachesen Bretagne, lui a dit maman.

    - Pour le prix que je paie, a rpondu papa, j'espreque l'htel acceptera de me donner une couverture.Comme c'est un htel breton, ils doivent le savoir,le coup des nuits fraches.

    - Peut-tre, a rpondu maman, mais je medemande o nous allons mettre cette normecanne pche que tu tiens emporter, je ne sais paspourquoi.

    - Pour pcher des fritures que nous mangeronssur la plage, assis sur les couvertures, a rpondu papa.

    Et ils ont descendu les choses dans le salon.- Tu sais, a dit maman, je me demande si, pour

    emporter tous ces lainages et les couvertures, pluttque la valise marron, nous ne ferions pas mieux deprendre la petite malle qui n'a qu'une poigne.

    - Au fond, tu as raison, a dit papa.

    10

    II est all chercher la malle et c'tait trs bien pourles lainages, mais la canne pche n'y entrait pas,mme dmonte et de travers.

    - a ne fait rien, a dit papa. Je prendrai la canne part, on l'enveloppera avec du papier journal, etpuisque nous prenons la malle, nous n'avons plusbesoin de la grosse valise bleue. On n'a qu' prendrele petit panier linge. On pourra y mettre les jouetsde Nicolas et les affaires de plage.

    - C'est a, a dit maman, pour le repas dans letrain, on fera un paquet, ou on prendra le cabas. Jepense emmener des ufs durs et des bananes.

    Papa a dit que c'tait une bonne ide et qu'ilmangerait n'importe quoi, pourvu que ce ne soit

  • pas du cassoulet. Pour les autres choses, on a pris lagrosse valise verte o il y avait le vieux pardessus depapa. Et puis maman s'est donn une claque sur lefront et elle a dit qu'on allait oublier les deuxchaises longues pour la plage, et moi je me suisdonn une claque sur le front et j'ai dit qu'on allaitoublier mon vlo. Papa, il nous a regards commes'il avait envie de nous donner des claques, luiaussi, et puis il a dit que bon, a va, mais qu'alors,tant qu' faire, il emmnerait le panier et lesaffaires de pique-nique. Nous, on a t d'accord etpapa a t trs content.

    Et puisque tout le monde tait d'accord, il ne merestait plus qu' aider maman faire les paquetsdans le salon, pendant que papa descendait dans lacave la valise marron qui ferme mal, mais avec uneficelle elle aurait tenu, la grosse bleue et la petite tante Elvire.

    En voiture !

    Sur le quai, ils ont cri : En voiture ! Attentionau dpart ! , le train a fait : Tuuuuut ! et puis,moi, j'tais drlement content, parce que nous par-tions en vacances, et c'est chouette.

    Tout s'est trs bien pass. Nous nous tions levs six heures du matin pour ne pas rater le train, etpuis papa est all chercher un taxi, et il n'en a pastrouv, et alors on a pris l'autobus ; c'tait rigolo,avec toutes les valises et les paquets, et on est arri-vs la gare, o il y avait des tas de monde, et noussommes monts dans le train, juste quand il partait.

    Dans le couloir, on a compt les bagages, et leseul paquet qu'on n'a pas retrouv, c'est la canne pche de papa. Mais elle n'est pas perdue. Mamans'est souvenue de l'avoir oublie la maison. Elles'en est souvenue tout de suite aprs que papa a dit

    13

  • au contrleur que c'tait plein de voleurs dans lagare, que c'tait une honte et qu'on allait voir cequ'on allait voir. Et puis, on a cherch le comparti-ment o papa avait lou des places.

    - C'est ici, a dit papa, et il est entr dans le com-partiment en marchant sur les pieds d'un vieux mon-sieur qui tait assis ct de la porte et qui lisait unjournal. Pardon, monsieur, a dit papa.

    - Faites, a dit le monsieur.Ce qui n'a pas plu papa, c'est qu'on n'avait pas

    les places ct de la fentre, comme il l'avaitdemand.

    - a ne se passera pas comme a ! a dit papa.Il a demand pardon au vieux monsieur et il est

    sorti dans le couloir chercher le contrleur. Lecontrleur, c'tait celui de la canne pche.

    - J'avais rserv des places de coin, ct de lafentre, a dit papa.

    - Il faut croire que non, a dit le contrleur.- Dites tout de suite que je suis un menteur, a dit

    papa.- Pour quoi faire ? a demand le contrleur.Alors moi, je me suis mis pleurer et j'ai dit que

    si je ne pouvais pas tre ct de la fentre pourregarder les vaches, j'aimais mieux descendre dutrain et rentrer la maison ; c'est vrai, quoi, la fin.

    - Ah ! Nicolas, tu vas me faire le plaisir de te tenirtranquille, si tu ne veux pas recevoir une fesse ! acri papa.

    14

    Alors a, c'tait vraiment injuste, et je me suismis pleurer plus fort, et maman m'a donn unebanane, et elle m'a dit que je me mettrais en facedu monsieur, ct de la fentre du couloir, et quec'tait j