[Alchimie] Geber - La Somme de La Perfection

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    29-Oct-2015

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<ul><li><p>LA SOMME DE LA PERFECTION</p><p>OU LABR G DU MAGIST RE P AR FAIT</p><p>Summa perfectionis magisteriiG E B E R</p><p>Divis en deux livres.</p><p>Apocryphe latin du XIIIe sicle,sign GEBER, philosophe arabe.</p><p>Traduit en franais au XVIIe sicle.</p><p>Rien nindique quil sagisse dune transcription de luvre du philosophe arabe DJBER (VIIIIXe s.)La Somme de Perfection semble tre due Paul de Tarante OFM (fin du XIIIe sicle) selon W. R. Newman, The genesis of the Summa perfectionis, Archives internationales dhistoire des sciences 35 (1985), 240-302.</p></li><li><p>ABU MUSA JBIR IBN HAYYAN (721 - 815)eber est un alchimiste arabe, clbre pour son enseignement sur la transmutation des mtaux. Connu sous le nom dAbu Musa Jbir ibn Hayyan, plus de 500 traits lui ont t attribus. Cependant, daprs les humanistes contemporains, la plupart de ces travaux </p><p>datent du IXme et du XIIme sicles. En outre, plusieurs ouvrages imprims en latin et attribus Geber, la transcription latine de son nom arabe, semblent dater du XIVme sicle. Ces travaux exposent en dtail des processus chimiques, comme ses expriences sur les proprits des mtaux. Ils dveloppent la thorie dimportance primordiale pour les humanistes du Moyen ge et de la Renaissance, selon laquelle tous les mtaux sont composs de mercure et de soufre, et quil est possible de transmuter les mtaux de base en or. Il aurait dcouvert lacide sulfurique, lacide nitrique et leau rgale ; il a obtenu du carbonate de plomb, a isol larsenic et lantimoine ; il a dcrit la fabrication de lacier, la teinture du drap et du cuir, la distillation du vinaigre en vue de lobtention de lacide actique.</p><p>G</p><p>eber (Djabir ibn Hajjan at-Tusi) qui aurait vcu dans la seconde moiti du VIIIe sicle et aurait t la tte dune cole hermtique. L encore, rien dassur et lon discute de lauthenticit de ses crits car les traits latins qui lui ont t attribus sont tous des faux, </p><p>sauf semble-t-il des manuscrits arabes plus rcemment dcouverts. Il semble bien que lon se trouve confront une fois encore des compilations, celles-l en tout cas dues une cole islamique de limam Djafar as-Sadiq qui aurait t le matre de Djabir. Pour les uns, Geber [Djabir] naquit au Khorassan [souvenez-vous du chien du Khorassan dArtphius Y aurait-il un rapport avec Gber ?]. Son nom, Abou Abdallah Djabir ben Hayyan, indique celui de son pre. On connat un Hayyan, apothicaire qui mourut excut au Khorassan vers 725 ; il avait t accus despionnage au profit de limam shiite. Dautres chroniqueurs le font natre Harran et prcisent sa qualit de Saben. Djabir semble avoir connu le Trait du Secret de la Cration des Etres dApollonius de Thyane, car il cite la Table dEmeraude en lattribuant Belinous le Sage. Pour dautres, Djafar et Geber sont une seule personne : selon Lon lAfricain, Geber tait un Grec converti lislamisme. Un manuscrit arabe, de la bibliothque de Leyde, indique quil tait philosophe de Thus ou Thousso, ville de Hauran en Msopotamie, province de la Perse [Histoire de la philosophie hermtique, Lenglet-Dufresnoy, Paris, 1747] ; dautres Adeptes le disent roi de lInde ; Rhazs lappelle fils dAyrn et cite de lui un trait des combinaisons [Mutatorum, qui est perdu]. Quoi quil en soit, Gber vivait une poque assez recule et peut tre considr comme le plus ancien chimiste arabe : Rhazs, Avicenne, Calid et tous les mdecins arabes postrieurs au IXe et Xe sicles le citent comme leur matre.</p><p>G</p><p>Presque tous les ouvrages attribus Geber sont en latin. La bibliothque de Leyde renferme plusieurs manuscrits arabes de Geber qui nont pas encore t imprims [Hoefer, Hist. Chim., IIme priode, p. 310]. La liste des ouvrages de Geber qui se trouvent la bibliothque royale de Paris est la suivante [ces ouvrages sont apocryphes] : Summa collectionis complementi secretorum naturae [n 6314] ; Summa perfectionis [n 6670 et 7156] ; Testamentum [n 7173] ; Fragmentum de triangulis sphaericis [n 7399] ; Libri de rebus ad astronomium pertinenetibus [n 7406].Tous ces manuscrits ont t imprims, sauf le fragment sur les triangles sphriques. Louvrage le plus important de Geber est le n 6314. Il est peu prs identique avec un manuscrit du Vatican qui se trouve la bibliothque de Sainte-Genevive. Il est reproduit dans la Bibl. de Manget dans le Gynoeceum chimicum, 1679.</p><p> lpoque de Jbir, le monde islamique tait beaucoup plus tolrant que le monde chrtien. De nombreux ouvrages philosophiques et hermtiques sont crits en langue arabe, et la culture grecque, puis alexandrine ont imprgn tout le monde arabe. Au VIIIe sicle, </p><p>Byzance dclinant, les minences scientifiques et artistiques sont arabes, consquence directe dune culture tolrante. Jbir nest pas une exception, mais cest peut-tre un de ceux qui a eu le plus dinfluence en Occident, o on la appel Geber. Jbir, n Koufa, appartenait une confrrie de Soufis. Il a tudi le cosmos travers les mathmatiques, et dcouvert des corps chimiques nouveaux, comme leau rgale, lacide sulfurique et lacide azotique. La Summa perfectionis magisterii est son uvre la plus importante. On nen connat que la traduction latine</p><p>A</p><p>GEBER 2 SOMME DE LA PERFECTION</p></li><li><p>LIVRE PREMIERAVANT-PROPOS ET CHAPITRE I</p><p>De la manire denseigner lArt de Chimie, et de ceux qui sont capables de lapprendre.</p><p>Jai rduit brivement en cette Somme de la Perfection toute la Science de Chimie, ou de la Transmutation des Mtaux. Dans mes autres Livres, jen avais fait plusieurs Recueils que javais tirs et abrgs des Ecrits des Anciens : mais en celui-ci jai achev ce que je navais qubauch en ceux-l. Jy ai ajout en peu de paroles ce que javais omis dans les autres ; jy ai mis tout au long ce que je navais dit ailleurs quimparfaitement, et jy ai dclar entirement et aux mmes endroits ce que javais cel dans mes autres uvres. Et je lai fait afin de dcouvrir aux personnes intelligentes et sages laccomplissement et la perfection dune si excellente et si noble partie de la Philosophie. Ainsi, mon cher Fils ! Je puis tassurer avec vrit que dans les Chapitres gnraux de ce Livre, jai mis suffisamment le Procd de cet Art tout entier et sans nulle diminution. Et je proteste devant Dieu, que quiconque travaillera comme ce Livre enseigne de le faire, aura la satisfaction davoir trouv la vritable fin de cet Art, et dy arriver. Mais, mon Cher, je tavertis aussi que celui qui ignorera les Principes naturels de la Philosophie, est fort loign de cette Connaissance, parce que le vritable fondement, sur lequel il doit appuyer son dessein, lui manque ; comme au contraire en est bien prs celui qui connat dj les Principes naturels des Minraux. Ce nest pas que pour cela il ait encore la vritable racine, ni la fin profitable de cet Art trs cach : mais ayant plus de facilit en dcouvrir les Principes que celui qui forme quelque projet de notre uvre sans en connatre la voie ni la manire, il est aussi moins loign que lui de lentre de cette Science. Mais que celui qui connatra tous les Principes de la Nature, quelles sont les Causes des Minraux, et de quelle manire la Nature les forme, il ny a que fort peu dire quil ne sache luvre toute entire, quoique sans ce peu l qui lui manque, il soit absolument impossible de faire notre Magistre. Parce que lArt ne peut pas imiter la Nature en toutes ses Oprations, mais il limite seulement autant quil lui est possible. Et cest ici un Secret que je te rvle, mon Fils, qui est que ceux qui recherchent cet Art, et les Artistes mme, manquent tous en ce quils prtendent imiter la Nature en toute ltendue et en toutes les diffrences et les proprits de son action. Applique-toi donc soigneusement tudier nos Livres, et attache-toi surtout celui-ci. Considre et mdite mes paroles attentivement et trs souvent, afin que ttant rendu familire notre manire de parler, et entendant notre idiome ou langage particulier, tu puisses pntrer dans notre vritable intention et la dcouvrir. Car tu trouveras dans les Livres sur quoi faire un Projet assur </p><p>de ce que tu cherches ; tu y apprendras viter toutes les erreurs, et par ce mme moyen tu sauras en quoi tu peux imiter la Nature dans lartifice de notre uvre.</p><p>CHAPITRE IIDivision de ce Livre en quatre Parties.</p><p>Voici lordre que je tiendrai en ce livre : Premirement, je parlerai succinctement des obstacles qui peuvent empcher lArtiste de russir et de parvenir la fin vritable (de lArt). A quoi jajouterai les qualits que doit avoir celui veut sy appliquer. Secondement, je convaincrai les Ignorants et les Sophistes, lesquels, cause quils ne peuvent comprendre cet Art, et que par toutes les recherches quils en font, ils nen retirent jamais lavantage ni le profit quils staient proposs, prtendent en dtruire la vrit, en soutenant que ce nest rien du tout. Pour cet effet, je rapporterai premirement toutes leurs raisons, que je dtruirai si videmment quil ny a personne de bon sens qui ne voie que tout ce quils allguent contre, na ni en tout, ni en partie, nulle apparence de vrit. Troisimement, je traiterai des Principes naturels, cest--dire des Principes dont la Nature sert faire ses productions ; jexpliquerai la manire dont ils se mlent ensemble dans les Mixtes, selon quil se connat par les Ouvrages de la Nature ; et je parlerai de leurs Effets suivant lopinion des Anciens Philosophes. En quatrime et dernier lieu, je dclarerai quels sont les Principes que lon doit employer pour la Composition de notre Magistre, en quoi nous pouvons imiter la Nature, et la manire de mler et daltrer ces Principes selon le cours et la manire dagir ordinaire de la Nature ; avec leurs Causes et les Expriences manifestes quon en peut faire, afin de donner moyen lArtiste industrieux dappliquer ces choses, et de sen servir lusage de notre uvre.</p><p>PREMIRE PARTIE DU PREMIER LIVRE</p><p>DES EMPCHEMENTS CET ART.</p><p>CHAPITRE IIIDivision des empchements.</p><p>Ces empchements en gnral viennent, ou de limpuissance naturelle de lArtiste, ou de ce quil na pas le moyen de faire la dpense ncessaire, ou de ce quil ny peut vaquer cause de ses autres occupations. A lgard de limpuissance naturelle de lArtiste, elle vient, ou de ses organes, qui sont ou faibles, ou tout fait corrompus ; ou elle vient de son esprit qui ne peut agir librement, soit par la mauvaise disposition des mmes organes, qui sont ou pervertis, ou gts, comme </p><p>GEBER 3 SOMME DE LA PERFECTION</p></li><li><p>je lai dit, ainsi quil se voit aux Fous et Insenss ; soit parce que lEsprit est plein de fantaisies, et quil passe facilement dune opinion une autre toute contraire ; soit enfin quil ne sache ce quil veut prcisment, ni quoi se devoir dterminer</p><p>CHAPITRE IVDes Empchements luvre, qui peuvent </p><p>venir de la mauvaise disposition du Corps de lartiste.</p><p>Voil en gros quels sont les Empchements cet uvre. Nous allons maintenant les examiner en dtail, et lun aprs lautre. Je dis donc que lArtiste ne pourra jamais faire notre uvre, sil na ses organes entiers et sains : Par exemple, sil est aveugle, ou sil est estropi des mains et des pieds ; parce que devant tre le Ministre de la Nature, il ne pourra pas sen aider pour faire les travaux ncessaires, et sans lesquels luvre ne peut tre parfaite. Il en sera de mme, sil a le Corps infirme ou malade, comme ceux qui ont la fivre, ou qui sont ladres, qui les membres tombent par pices ; sil est dans la dcrpitude, et dans une extrme vieillesse : car il est certain quun Homme qui aura quelques-unes de ces imperfections ne pourra de lui-mme, (et travaillant seul), faire luvre, ni la conduire sa dernire perfection.</p><p>CHAPITRE VDes Empchements qui viennent de lesprit.</p><p>Ce sont l les Empchements que lArtiste peut avoir de la part du Corps. Ceux qui peuvent lui survenir du ct de lEsprit sont encore plus considrables et plus nuisibles laccomplissent de luvre. Les voici. Un Homme, qui na pas lesprit naturellement assez bon pour rechercher subtilement les Principes naturels, et pour dcouvrir quels sont les fondements de la Nature, et les artifices par lesquels on peut imiter cette grande Ouvrire dans ses Oprations, celui-l ne trouvera jamais. La vritable racine, ni le commencement de cet Art trs prcieux. Car il y en a beaucoup qui ont la tte dure, qui nont pas lEsprit de faire aucune recherche, qui ont de la peine concevoir ce quon leur dit le plus clairement, et dans les termes les plus intelligibles et les plus usits ; et qui ne sauraient quavec difficult comprendre les ouvrages qui se font ordinairement devant leurs yeux. Il y en a dautres qui conoivent aisment tout ce quils veulent, et qui, cause de cette facilit quils ont, croyant bien souvent avoir dcouvert la vrit, ils se heurtent opinitrement leur sens, quoique ce quils simaginent ne soit quune fantaisie vaine, absurde, et tout fait loigns de la raison ; parce quelle na aucune conformit avec les Principes naturels. Cela vient de ce que ces Gens-l, ayant la tte remplie dimaginations et de vapeurs, sont incapables de recevoir les impressions et les vritables notions des choses naturelles. Il y en a aussi qui nont pas lesprit ferme ni arrt, qui passent facilement dune opinion et dun dessein un autre ; qui croient parfois une chose comme certaine, et qui sy attachent sans nulle raison ; puis ils changent aussitt de sentiment et de volont, </p><p>avec aussi peu de fondement. Et comme ils ont lesprit volage, ils entreprennent plusieurs ouvrages quils ne font seulement qubaucher, sans en achever jamais aucun. Il y en a dautres, stupides comme des Btes, qui ne sauraient comprendre aucune vrit en ce qui concerne les choses naturelles ; comme sont les Fous, les Imbciles et les Enfants. Dautres ont simplement du mpris pour notre Science, ne pouvant croire quelle soit Possible ; et ceux-l, la Science les mprise tout de mme, et elle les loigne delle, comme indignes darriver jamais laccomplissement dune uvre si prcieuse Enfin il y en a qui sont Avares et Esclaves de leur argent. Ceux-l voudraient bien trouver notre Art, ils sont persuads quil est vritable, et ils le cherchent mme par raisonnement ; mais ils craignent la dpense, et leur avarice est cause quils ne font rien. Tous ces Gens-l ne sauront jamais notre uvre. Car comment ceux qui lignorent, ou qui ne se soucient pas de la chercher, pourraient-ils en avoir la connaissance ?</p><p>CHAPITRE VIDes Empchements extrieurs.</p><p>Aprs avoir parl dans les deux chapitres prcdents de tous les Obstacles Subvenant des deux parties essentielles de lhomme, qui peuvent lempcher de russir en cette uvre, il nous reste dire un mot des Empchements qui, lui survenant de dehors, peuvent tout de mme rendre son dessein inutile. Il y a des Gens...</p></li></ul>