Bergson Energie Spirituelle

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    29-Oct-2015

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<ul><li><p>Henri Bergson (1919)</p><p>Lnergie spirituelleESSAIS ET CONFRENCES</p><p>Un document produit en version numrique par Gemma Paquet, bnvole,professeure la retraite du Cgep de Chicoutimi</p><p>Courriel: mgpaquet@videotron.ca</p><p>dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales"fonde dirige par Jean-Marie Tremblay,</p><p>professeur de sociologie au Cgep de ChicoutimiSite web: http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html</p><p>Une collection dveloppe en collaboration avec la BibliothquePaul-mile-Boulet de l'Universit du Qubec Chicoutimi</p><p>Site web: http://bibliotheque.uqac.uquebec.ca/index.htm</p></li><li><p>Henri Bergson, L'nergie spirituelle. Essais et confrences. (1919) 2</p><p>Cette dition lectronique a t ralise par Gemma Paquet, bnvole,professeure de soins infirmiers la retraite du Cgep de Chicoutimi partir de :</p><p>Henri Bergson (1919)</p><p>L'nergie spirituelle. Essais et confrences.</p><p>Une dition lectronique ralise partir du livre de Henri Bergson (1859-1941),L'nergie spirituelle. Essais et confrences. (1919). Textes et confrences publisentre 1901 et 1913. Premire dition : 1919. Paris: Les Presses universitaires deFrance, 1967, 132e dition, 214 pp. Collection: Bibliothque de philosophiecontemporaine.</p><p>Polices de caractres utilise :</p><p>Pour le texte: Times, 12 points.Pour les citations : Times 10 points.Pour les notes de bas de page : Times, 10 points.</p><p>dition lectronique ralise avec le traitement de textesMicrosoft Word 2001 pour Macintosh.</p><p>Mise en page sur papier formatLETTRE (US letter), 8.5 x 11)</p><p>dition complte mercredi le 17 juillet 2003 Chicoutimi, Qubec.</p></li><li><p>Henri Bergson, L'nergie spirituelle. Essais et confrences. (1919) 3</p><p>Table des matires</p><p>Avant-propos</p><p>Chapitre I : La conscience et la vie</p><p>(Confrence Huxley, faite l'Universit de Birmingham, le 29 mai 1911)</p><p>Les grands problmes. - La dduction, la critique et l'esprit de systme. - Les lignes defaits. - Conscience, mmoire, anticipation. - Quels sont les tres conscients ? - Lafacult de choisir. - Conscience veille et conscience endormie. -Conscience etimprvisibilit. - Mcanisme de l'action libre. -Tensions de dure. - L'volution de lavie. - L'homme. -L'activit cratrice. - Signification de la joie. - La vie morale. -La viesociale. - L'au-del.</p><p>Chapitre II : L'me et le corps</p><p>(Confrence faite Foi et Vie, le 28 avril 1912)</p><p>La thse du sens commun. - La thse matrialiste. - Insuffisance des doctrines. -Origines mtaphysiques de l'hypothse d'un paralllisme ou d'une quivalence entrel'activit crbrale et l'activit mentale. - Que dit l'exprience ? - Rle probable ducerveau. - Pense et pantomime. - L'attention la vie. - Distraction et alination. - Ceque suggre l'tude de la mmoire et plus particulirement de la mmoire des mots. -O se conservent les souvenirs ? - De la survivance de l'me</p><p>Chapitre III : Fantmes de vivants et recherche psychique </p><p>(Confrence faite la Society for psychical Research de Londres, le 28 mai 1913)</p><p>Prventions contre la recherche psychique . - La tlpathie devant la science. -Tlpathie et concidence. - Caractre de la science moderne. - Objections levescontre la recherche psychique au nom de la science. - Mtaphysique implique dans cesobjections. - Ce que donnerait une tude directe de l'activit spirituelle. - Conscience etmatrialit. - Avenir de la recherche psychique</p><p>Chapitre IV : Le rve</p><p>(Confrence faite l'Institut gnral psychologique, le 26 mars 1901)</p><p>Rle des sensations visuelles, auditives, tactiles, etc., dans le rve. - Rle de lammoire. - Le rle est-il crateur ? - Mcanisme de la perception dans le rve et dans laveille : analogies et diffrences. - Caractristique psychologique du sommeil. -Dsintressement et dtente. - L'tat de tension</p></li><li><p>Henri Bergson, L'nergie spirituelle. Essais et confrences. (1919) 4</p><p>Chapitre V : Le souvenir du prsent et la fausse reconnaissance</p><p>(tude parue dans la Revue philosophique de dcembre 1908)</p><p>Description de la fausse reconnaissance. - Traits qui la distinguent : 1 de certainstats pathologiques ; 2 de la reconnaissance vague ou incertaine. - Trois systmesd'explication, selon qu'on voit dans la fausse reconnaissance un trouble de lareprsentation, du sentiment ou de la volont. - Critique de ces thories. - Principed'explication propos pour tout un ensemble de troubles psychologiques. - Comment seforme le souvenir. - Le souvenir du prsent. - Ddoublement du prsent en perceptionet souvenir. - Pourquoi ce ddoublement est ordinairement inconscient. - Comment ilredevient conscient. -Effet d'une inattention la vie . - L'insuffisance d'lan.</p><p>Chapitre VI : L'effort intellectuel</p><p>(tude parue dans la Revue philosophique de janvier 1902)</p><p>Quelle est la caractristique intellectuelle de l'effort intellectuel ? - Les diversplans de conscience et le mouvement de l'esprit qui les traverse. - Analyse de l'effort demmoire : rappel instantan et rappel laborieux. - Analyse de l'effort d'intellection :interprtation machinale et interprtation attentive. - Analyse de l'effort d'invention : leschma, les images et leur adaptation rciproque. - Rsultats de l'effort. -Portemtaphysique du problme.</p><p>Chapitre VII : Le cerveau et la pense :une illusion philosophique</p><p>(Mmoire lu au Congrs de philosophie de Genve en 1904 et publi dans la Revue demtaphysique et de morale sous le titre : Le paralogisme psycho-physiologique)</p><p>quivalence admise par certaines doctrines entre le crbral et le mental. - Peut-ontraduire cette thse soit en langage idaliste soit en langage raliste ? - Expressionidaliste de la thse : elle n'vite la contradiction que par un passage inconscient auralisme. - Expression raliste de la thse : elle n'chappe la contradiction que par unglissement inconscient l'idalisme. -Oscillations rptes et inconscientes de l'espritentre l'idalisme et le ralisme. - Illusions complmentaires qui renforcent l'illusionfondamentale.</p></li><li><p>Henri Bergson, L'nergie spirituelle. Essais et confrences. (1919) 5</p><p>Henri Bergson (1919)</p><p>L'nergie spirituelleEssais et confrences</p><p>Paris: Les Presses universitaires de France, 1967, 214 pagesCollection : bibliothque de philosophie contemporaine</p><p>132e dition.</p><p>Retour la table des matires</p></li><li><p>Henri Bergson, L'nergie spirituelle. Essais et confrences. (1919) 6</p><p>Lnergie spirituelle. Essais et confrences (1919)</p><p>Avant-proposPar Henri Bergson (1919)</p><p>Retour la table des matires</p><p>Depuis longtemps nos amis voulaient bien nous engager runir envolume des tudes parues dans divers recueils et dont la plupart taientdevenus introuvables. Ils nous faisaient observer que plusieurs avaient ttraduites et dites sparment, dans divers pays, en forme de brochure : l'uned'elles ( l'Introduction la mtaphysique) tait maintenant la disposition dupublic en sept ou huit langues diffrentes, mais non pas en franais. Il y avaitd'ailleurs, dans le nombre, des confrences donnes l'tranger et quin'avaient pas t publies en France. Telle d'entre elles, faite en anglais,n'avait jamais paru dans notre langue.</p><p>Nous nous dcidons entreprendre la publication qu'on nous a si souventconseille en termes si bienveillants. Le recueil formera deux volumes. Dansle premier sont groups des travaux qui portent sur des problmes dterminsde psychologie et de philosophie. Tous ces problmes se ramnent celui del'nergie spirituelle ; tel est le titre que nous donnons au livre. Le secondvolume comprendra les essais relatifs la mthode, avec une introduction quiindiquera les origines de cette mthode et la marche suivie dans les appli-cations.</p></li><li><p>Henri Bergson, L'nergie spirituelle. Essais et confrences. (1919) 7</p><p>Lnergie spirituelle. Essais et confrences (1919)</p><p>Chapitre I</p><p>La conscience et la vie</p><p>Confrence Huxley 1, faite lUniversit de Birmingham,le 29 mai 1911</p><p>Retour la table des matires</p><p>Quand la confrence qu'on doit faire est ddie la mmoire d'un savant,on peut se sentir gn par l'obligation de traiter un sujet qui l'et plus ou moinsintress. Je n'prouve aucun embarras de ce genre devant le nom de Huxley.La difficult serait plutt de trouver un problme qui et laiss indiffrent cegrand esprit, un des plus vastes que l'Angleterre ait produits au cours du sicledernier. Il m'a paru toutefois que la triple question de la conscience, de la vieet de leur rapport, avait d s'imposer avec une force particulire la rflexiond'un naturaliste qui fut un philosophe ; et comme, pour ma part, je n'enconnais pas de plus importante, c'est celle-l que j'ai choisie.</p><p>Mais, au moment d'attaquer le problme, je n'ose trop compter sur l'appuides systmes philosophiques. Ce qui est troublant, angoissant, passionnant </p><p>1 Cette confrence a t faite en anglais. Elle a paru dans cette langue, sous le titre de Life</p><p>and Consciousness, dans le Hibbert Journal d'octobre 1911; elle a t reproduite dans levolume des Huxley memorial lectures publi en 1914. Le texte que nous donnons ici esttantt la traduction, tantt le dveloppement de la confrence anglaise.</p></li><li><p>Henri Bergson, L'nergie spirituelle. Essais et confrences. (1919) 8</p><p>pour la plupart des hommes n'est pas toujours ce qui tient la premire placedans les spculations des mtaphysiciens. D'o venons-nous ? que sommes-nous ? o allons-nous ? Voil des questions vitales, devant lesquelles nousnous placerions tout de suite si nous philosophions sans passer par les syst-mes. Mais, entre ces questions et nous, une philosophie trop systmatiqueinterpose d'autres problmes. Avant de chercher la solution, dit-elle, ne faut-il pas savoir comment on la cherchera ? tudiez le mcanisme de votre pen-se, discutez votre connaissance et critiquez votre critique : quand vous serezassurs de la valeur de l'instrument, vous verrez vous en servir. Hlas ! cemoment ne viendra jamais. Je ne vois qu'un moyen de savoir jusqu'o l'onpeut aller : c'est de se mettre en route et de marcher. Si la connaissance quenous cherchons est rellement instructive, si elle doit dilater notre pense,toute analyse pralable du mcanisme de la pense ne pourrait que nousmontrer l'impossibilit d'aller aussi loin, puisque nous aurions tudi notrepense avant la dilatation qu'il s'agit d'obtenir d'elle. Une rflexion prmaturede lesprit sur lui-mme le dcouragera d'avancer, alors qu'en avanant pure-ment et simplement il se ft rapproch du but et se ft aperu, par surcrot,que les obstacles signals taient pour la plupart des effets de mirage. Maissupposons mme que le mtaphysicien ne lche pas ainsi la philosophie pourla critique, la fin pour les moyens, la proie pour l'ombre. Trop souvent, quandil arrive devant le problme de l'origine, de la nature et de la destine del'homme, il passe outre pour se transporter des questions qu'il juge plushautes et d'o la solution de celle-l dpendrait . il spcule sur l'existence engnral, sur le possible et sur le rel, sur le temps et sur l'espace, Sur la spiri-tualit et sur la matrialit ; puis il descend, de degr en degr, la conscienceet la vie, dont il voudrait pntrer l'essence. Mais qui ne voit que ses spcu-lations sont alors purement abstraites et qu'elles portent, non pas sur les chosesmmes, mais sur l'ide trop simple qu'il se fait d'elles avant de les avoirtudies empiriquement ? On ne s'expliquerait pas l'attachement de tel ou telphilosophe une mthode aussi trange si elle n'avait le triple avantage deflatter son amour-propre, de faciliter son travail, et de lui donner l'illusion dela connaissance dfinitive. Comme elle le conduit quelque thorie trs gn-rale, une ide peu prs vide, il pourra toujours, plus tard, placer rtro-spectivement dans l'ide tout ce que l'exprience aura enseign de la chose : ilprtendra alors avoir anticip sur l'exprience par la seule force du raisonne-ment, avoir embrass par avance dans une conception Plus vaste les concep-tions plus restreintes en effet, mais seules difficiles former et seules utiles conserver, auxquelles on arrive par l'approfondissement des faits. Comme,d'autre part, rien n'est plus ais que de raisonner gomtriquement, sur desides abstraites, il construit sans peine une doctrine o tout se tient, et quiparat s'imposer par sa rigueur. Mais cette rigueur vient de ce qu'on a opr surune ide schmatique et raide, au lieu de suivre les contours sinueux etmobiles de la ralit. Combien serait prfrable une philosophie plus modeste,qui irait tout droit l'objet sans s'inquiter des principes dont il parat dpen-dre ! Elle n'ambitionnerait plus une certitude immdiate, qui ne peut trequ'phmre. Elle prendrait son temps. Ce serait une ascension graduelle lalumire. Ports par une exprience de plus en plus vaste des probabilits deplus en plus hautes, nous tendrions, comme une limite, vers la certitudedfinitive.</p><p>J'estime, pour ma part, qu'il n'y a pas de principe d'o la solution desgrands problmes puisse se dduire mathmatiquement. Il est vrai que je ne</p></li><li><p>Henri Bergson, L'nergie spirituelle. Essais et confrences. (1919) 9</p><p>vois pas non plus de fait dcisif qui tranche la question, comme il arrive enphysique et en chimie. Seulement, dans des rgions diverses de l'exprience,je crois apercevoir des groupes diffrents de faits, dont chacun, sans nousdonner la connaissance dsire, nous montre une direction o la trouver. Or,c'est quelque chose que d'avoir une direction. Et c'est beaucoup que d'en avoirplusieurs, car ces directions doivent converger sur un mme point, et ce pointest justement celui que nous cherchons. Bref, nous possdons ds prsent uncertain nombre de lignes de faits, qui ne vont pas aussi loin qu'il faudrait, maisque nous pouvons prolonger hypothtiquement. Je voudrais suivre avec vousquelques-unes d'entre elles. Chacune, prise part, nous conduira uneconclusion simplement probable ; mais toutes ensemble, par leur convergence,nous mettront en prsence d'une telle accumulation de probabilits que nousnous sentirons, je l'espre, sur le chemin de la certitude. Nous nous en rappro-cherons d'ailleurs indfiniment, par le commun effort des bonnes volontsassocies. Car la philosophie ne sera plus alors une construction, uvre syst-matique d'un penseur unique. Elle comportera, elle appellera sans cesse desadditions, des corrections, des retouches. Elle progressera comme la sciencepositive. Elle se fera, elle aussi, en collaboration.</p><p>Voici la premire direction o nous nous engagerons. Qui dit esprit dit,avant tout, conscience. Mais, qu'est-ce que la conscience ? Vous pensez bienque je ne vais pas dfinir une chose aussi concrte, aussi constamment pr-sente l'exprience de chacun de nous. Mais sans donner de la conscience unedfinition qui serait moins claire qu'elle, je puis la caractriser par son trait leplus apparent : conscience signifie d'abord mmoire. La mmoire peut man-quer d'ampleur ; elle peut n'embrasser qu'une faible partie du pass ; elle peutne retenir que ce qui vient d'arriver ; mais la mmoire est l, ou bien alors laconscience n'y est pas. Une conscience qui ne conserverait rien de son pass,qui s'oublierait sans cesse elle-mme, prirait et renatrait chaque instant :comment dfinir autrement l'inconscience ? Quand Leibniz disait de la mati-re que c'est un esprit instantan , ne la dclarait-il pas, bon gr, mal gr,insensible ? Toute conscience est donc mmoire -conservation et accum...</p></li></ul>