Bonnes pratiques en matière d'Intelligence Economique

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    05-Jan-2017

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  • Guide Pratique et DcouverteCollection

    Bonnes pratiquesen matire

    dIntelligence Economique

  • 3

    Editorial

    Si la CRCIL est spcialise depuis plus de 20 ansdans la recherche et la diffusion dinformationspcialise aux entreprises lorraines, la promotionde lintelligence conomique, tant au sein durseau consulaire, quauprs des institutionnelset des entreprises pouvait paratre un peu ambitieux.

    Dabord, il a fallu expliquer ce que cette expression barbare etconceptuelle signifiait, puis convaincre quil sagissait dun nouvelenjeu pour la Lorraine, tout en soulignant que cela navait rien denouveau en soi puisque la dmarche tait dj pratique par degrands stratges dans les temps les plus reculs.

    Aujourd'hui, aprs trois ans dun travail de terrain intense faitdenqutes, de runions de sensibilisation, dateliers thmatiques,de pr-diagnostics et de diagnostics, je suis heureux de pouvoirvous livrer ce document. Il reprsente la fois laboutissement delexprience engrange de 1998 2001 et le point de dpart dunmouvement rgional que je souhaite constructif et prenne.

    Il a pu tre ralis grce aux entreprises qui ont bien voulupartager avec nous leurs savoir-faire et leurs expriences enla matire. Je tiens leur rendre hommage.

    Je tiens galement remercier ici le Ministre de la Recherche pour le soutien accord et tous les partenaires rgionaux qui se sont engags, nos cts et sans dfaillir, dans le pari de faire dcouvrir lintelligence conomique.

    Que ce document rveille en chaque lecteur laventurier quisommeille en lui !

    Maurice GRUNWALD

  • L A D C O U V E R T E D E L I N T E L L I G E N C E C O N O M I Q U E4

    SOMMAIRE

    PRFACE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 5

    CHAPITRE I : Une entreprise avertie en vaut au moins deux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 7La collecte de linformation

    CHAPITRE II : Une entreprise rflchie en vaut au moins deux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 13Dfinir ses besoins, analyser et traiter linformation

    CHAPITRE III : Une entreprise structure en vaut au moins deux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 19Diffuser en interne et mmoriser linformation

    CHAPITRE IV : Une entreprise discrte en vaut au moins deux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 25La protection de lentreprise

    CHAPITRE V : Assembler les diffrentes pices du puzzle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 31Intgrer toute la dmarche dIntelligence Economique

    EPILOGUE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 37

    POUR ALLER PLUS LOIN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 40

  • 5

    PRFACE

    Intelligence Economique, deux mots apposs lun ct de lautre qui dans un premiertemps semrent le trouble dans mon esprit.Les images ne cessaient de menvahir. Intelligence comme comprhension, adaptation,finesse, talent, sagacit. Economique comme entreprises, business, marketing, finance.LIntelligence Economique serait-elle lapanage des commerciaux, des financiers ? Une nou-velle technique mise au point pour mieux vendre, faire des profits ?

    Rflexion faite, je pensais bien faire fausse route. Javais dj entendu parler de ce thmedans les mdias, mais quel sujet dj ? Peut-tre lespionnage industriel ?Oui, cest a !Je me souviens, lpoque on parlait de secrets vols et de techniques de renseignementsutilises par des entreprises pour mieux connatre leurs concurrents, leurs produits, leursstratgiesTout coup ces deux termes accols me faisaient froid dans le dos, lIntelligenceEconomique tait-elle au service dobjectifs que la loi rprouve ?Javais des doutes

    Quelque temps plus tard, une runion dinformation organise par la CRCI de Lorrainemouvrit les yeux. Oh, je nai pas tout retenu mais disons que jy vois un peu plus clair.Ils semblaient dire que lIntelligence Economique consiste trouver des informations, les exploiter et tirer des conclusions qui peuvent orienter les dcisions de lentreprise. Ils affirmaient galement que tous, nous tions concerns, de la plus petite la plus grandeentreprise. Et que finalement, linformation tait un enjeu capital qui permettait de conqu-rir de nouveaux marchs, ou tout du moins prserver ceux actuels.Voil qui mintressait au plus haut point !

    Mais comment passer du discours la pratique? Javais beaucoup trop de questions en tte,et peut-tre des concurrents dans la salle, pour me permettre de poser des questions auxspcialistes prsents.Je dcidai donc de prendre mon bton de plerin etdaller rencontrer quelques entreprises lorraines enavance sur moi.Quelques coups de tlphone suffirent, javais djcinq rendez-vous aux quatre coins de la rgion. Enplus des entreprises dans tous les secteurs dactivit.

    Dsormais, cest parti : je veux tout savoir surlIntelligence Economique et trouver des solutionspratiques pour mon entreprise.

  • L A D C O U V E R T E D E L I N T E L L I G E N C E C O N O M I Q U E6

  • 7

    CHAPITRE IUne entreprise avertie

    en vaut au moins deuxLa collecte de linformation

    Premier rendez-vous de dcouverte de lIntelligence Economique, direction lesVosges.Par ce petit matin assez frais, au volant de ma voiture, les questions se pressentdans ma tte. Jai rendez-vous avec une entreprise proche de Saint-Di avec laquel-le nous allons discuter de la collecte de linformation.

    Or le doute massaille ! Est-ce que je ne me suis pas enflamm trop vite pourlIntelligence Economique parce que franchement collecter de linformation je lefais tous les jours. Je lis la presse quotidienne pour me tenir au courant de lactua-lit conomique de la rgion, je suis abonn des revues spcialises pourconnatre les volutions des matriels, et grce Internet jai consult les sites demes principaux concurrents.

    Alors, que puis-je apprendre de plus ?

    Il est 9h 35. Jai 5 minutes de retard mais mon interlocuteur ne men tient pasrigueur Je dteste ne pas tre lheure !Nous nous installons dans son bureau et il commence me parler de son entre-prise et de ses activits.

  • L A D C O U V E R T E D E L I N T E L L I G E N C E C O N O M I Q U E8

    Depuis 1988, ce bureau dtudes travaille principalement comme sous-traitantpour des quipementiers automobiles, il ralise galement des tudes pour desmarques aussi prestigieuses que Perrier-Vittel ou Baccarat et enfin il conoit desmachines spciales, outillages, gabarits de contrle et bancs tests.Lentreprise est compose denviron une vingtaine de personnes dont une partietravaille chez les clients.

    Par la grande baie vitre, derrire moi, japerois les salaris devant leur cran infor-matique. Ici les matres mots sont crativit et CAO: Conception Assiste parOrdinateur.

    Trs rapidement nous entrons dans le vif du sujet : la collecte de linformation.

    Et l, en une seule phrase, mon interlocuteur lve tous les doutes qui commen-aient simmiscer en moi propos de lIntelligence Economique. Dans la collecte de linformation, nous distinguons deux types dinformations : les infor-mations caractre technique et technologique, et les informations de veille stratgique me dit-il.Ces mots raisonnaient dans ma tte. Durant les quelques minutes qui suivirentcette rvlation, je dois bien lavouer, jacquiesai mcaniquement aux propos demon interlocuteur mais mon esprit tait ailleurs. Je me disais que si cette entrepri-se tait capable deffectuer une telle classification de linformation, il y avait eu lune bonne dose de rflexion et nen pas douter une mthodologie sous-jacente.Je menfonais tout doucement dans mon sige en pensant la charge de travailncessaire pour en arriver l. Ide bien fonde ou non ? Je dcidai donc de contre-attaquer par des questions. Les rponses venaient naturellement, fruit de lexp-rience et dune vritable matrise de linformation dans cette entreprise.

    Ici linformation technique et technologique est avant tout destine connatre lesderniers savoir-faire des fournisseurs, les meilleures performances, les meilleursprix. A ne pas oublier, galement, la veille sur les outils de conception, essentielle-ment logiciels. Cette information, qualifions-la de fonctionnelle, provient la foisdarticles de presse spcialise, de documentations techniques, de demandes derenseignements adresses aux fournisseurs. Fait nouveau pour moi, lentreprisepuise galement ces informations dans des banques de donnes lectroniques spcialises ou encore dans les bases brevets.

    Je commenais relativiser les choses. Pour cette entreprise qui se doit dtre aufait des dernires innovations techniques, il me paraissait normal de se tenir aucourant. Je me sentais un peu moins concern vu mon domaine dactivit, maisdsireux dinnover je pressentais la ncessit future de telles dmarches. Dunautre ct, disposer en permanence dun fichier de fournisseurs jour, de carac-tristiques produits et prix mauraient srement permis de remporter certainesaffaires pour lesquelles mon offre tait trop standardise.

  • U N E E N T R E P R I S E AV E R T I E E N VAU T AU M O I N S D E U X 9

    Il y a bien l, me dis-je, une piste creuser ds mon retour au bureau !

    Et mon interlocuteur denchaner sur le deuxime volet de la collecte dinforma-tions, la veille stratgique. Et l nouvelle surprise, les choses sont tout aussi structures. Les cibles sont identifies : les clients, les concurrents, les fournisseurs.Les outils de collecte dinformations mis en uvre sont adapts chaque cible.

    Ainsi, la connaissance des clients avec lesquels lentreprise est en rapport passe par de nombreux contacts physiques ou tlphoniques. De plus le personneldlocalis chez le client peut faire remonter des informations, notamment dansle cadre des runions de suivi de projet.

    Concernant les prospects, lentreprise sappuie la fois sur la lecture de revues spcialises et sur la participation active des salons professionnels. Cest locca-sion de nombreux contacts, dans un cadre moins formel que le rendez-vous, et lapossibilit dchanger plus librement. Dailleurs, pour chaque salon, un tableaureprend les coordonnes des visiteurs sur le stand, leurs centres dintrt, ce quifacilite les contacts futurs.Javais toujours conditionn ma participation un salon professionnel au retourimmdiat sur investissement, il faut que je reconsidre ma position, pensais-je.

    Mon interlocuteur de poursuivre : les concurrents font galement lobjet dun suiviactif. Les salons sont aussi loccasion de les croiser et de discuter entre deux alles.Lentreprise privilgie aussi les contacts avec les fournisseurs qui sont souvent lesplus mme de donner des informations sur les concurrentsEncore un axe que je vais devoir creuser.Par contre je suis rconfort, cette entreprise utilise comme moi Internet, mais parcontre elle ne sattarde pas seulement sur le site des concurrents, elle effectue desrequtes sur plusieurs moteurs de recherche et recoupe les informations.

    Enfin dernire cible de la veille stratgique, qui rejoint en partie la collecte dinfor-mations techniques et technologiques, la veille fournisseurs. Elle sappuie sur les catalogues, CD-Rom et beaucoup sur les revues spcialises pour dtecter denouveaux fournisseurs.

    Il est dj 12 h 30, le temps est pass une vitesse !

    Sur le chemin du retour, je commence dresser un premier bilan de cet entretien.Finalement, la collecte de linformation repose sur lcoute, la lecture, la rigueur,lchange et quelques recettes que chacun peut adapter sa manire.Linvestissement en temps et en argent me semble maintenant bien relatif si je metsen parallle les retombes. Dautant plus que les derniers mots de mon interlocu-teur sonnent encore en moi : La crativit ne peut sexprimer que si lon disposede linformation et quon la matrise Une phrase mditer.

  • FICHE PRATIQUE10

    La collecte de linformation

    Pourquoi collecter de linformation ? Pour acqurir la matire premire qui permettra de rpondre aux besoins

    de veille (alerte, anticipation, dcisions, actions). Pour augmenter les connaissances de lentreprise. Pour valider, recouper, enrichir des informations dj disponibles.

    Qui est concern par cette action ? Au quotidien, tout le personnel de lentreprise est concern par le recueil

    dinformation, et chaque salari doit tre conscient quil est un maillon important de la chane de linformation.

    Sur les champs particuliers de surveillances prioritaires, certaines personnes seront des acteurs privilgis de la collecte, de par leur fonction, leur mtier, leurs contacts ou connaissances des sources dinformations concernes par lesujet. Ces traqueurs peuvent tout aussi bien tre le commercial, une personne de la R&D, la standardiste, les chauffeurs Chacun est en contact avec des sources dinformations spcifiques, ce nest pas forcment le spcialiste du sujet.

    A quel moment ? La collecte est une activit continue. Il est ncessaire dtre toujours en veille

    et de recueillir toute information qui semble utile ou qui tonne. Sur les axes de surveillance prdtermins, il est important de faire rgulirement

    le point sur les avances et rorienter si ncessaire la collecte.

    Comment collecter ? Quotidiennement, en tant curieux et en dveloppant son sens de lobservation,

    en gardant lesprit quune information qui ne concerne pas son service et sesfonctions peut avoir de la valeur pour un autre service.

    Sur les axes de surveillance prdtermins, il faut organiser le recueil de linformation en tablissant un plan dactions structur, autrement appel plan de renseignement. Ce plan prend en compte :

    - le sujet (questions prcises),- les sources exploiter (dterminer au pralable les plus pertinentes),- la rpartition des rles (source(s) par personne),- la dtermination de dlais (pour faire un point ou engager le traitement),- le budget.

    Ce plan dactions permet de passer dune attitude ractive une surveillance active,voire offensive.

    Par quels moyens ? Par tout moyen lgal, en exploitant toutes les varits de sources disponibles :

    papier, lectroniques, orales, rseaux

  • FICHE PRATIQUE 11

    Zoom sur 3 sources dinformation incontournables

    Ce quil faut retenir

    2 Dveloppez lesprit de curiosit.2 Impliquez le personnel, toute fonction confondue.2 Attribuez des rles et missions en fonction des sujets

    et organisez la collecte.2 Variez vos sources.

    Les brevets 80 % de linformation technologique se trouve dans les brevets. Ils fournissent aussi des informations sur la concurrence, les experts

    ou partenaires potentiels (dposants et inventeurs) et sur les marchs (pays dsigns pour la protection).

    Ils donnent accs une information franaise, europenne et internationale. De plus en plus accessibles, autrefois hbergs sur des serveurs

    professionnels (Questel, Dialog), ils sont aujourdhui de plus en plus nombreux en accs libre sur Internet.

    Un bmol : tout nest pas brevetable, et le temps de latence est de 18 mois.

    Linformation informelle Il sagit dune information caractrise par labsence de support. Cest...

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