Boucle nord

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    10-Mar-2016

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Neuf citoyens interrogent leur dput Roland Muzeau

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<ul><li><p>Co lombes Gennev i l l i e rs V i l l eneuve - la -Garenne</p><p>Neuf citoyens interrogent leur dput Roland Muzeau</p><p>Boucle Nord</p><p>Edouard Mackpayen</p><p> Dlgu CGT de lentreprise Tata Steel, Gennevilliers :</p><p>Jai accept de participer cette rencontre car notre entreprise ferme le site de Gennevilliers. Lentreprise justifie cela par des raisons cono-miques . Mais la volont est de faire plus de pro-fits pour les actionnaires. Mes collgues veulent par mon intermdiaire poser des questions au dput. Avant les patrons avaient plaisir faire travailler les salaris, aujourdhui ce nest plus cela. Les patrons ne connaissent mme plus leurs salaris. Dans cette situation de quels pouvoirs rels disposez-vous comme politique ? Que pou-vez-vous faire ?</p><p>Roland Muzeau : A partir des annes 80 nous sommes passs de lconomie relle, celle qui fait de la plus-value avec la participation du travail des humains, une conomie irrelle avec les spculateurs. Que peut faire le politique ?Un ancien Premier ministre socialiste avait eu une phrase malheureuse propos dune ferme-ture chez Michelin ; il avait dit que les politiques ne pouvaient rien faire. Mais pourtant les mots conomies , commission de Bruxelles , lois cachent des dcisions politiques.</p><p>Neuf citoyennes et citoyens, habitants ou salaris des villes de Colombes, Gennevilliers et Villeneuve-la-Garenne ont interrog leur dput, Roland Muzeau. Une table ronde anime par le journaliste Michel Soudais, rdacteur en chef dun hebdomadaire national. Franche et dcontracte, cette rencontre a permis de questionner le dput de la circonscription sur les grandes questions que se posent les citoyens et notamment sur la crise conomique.</p><p>SalaireEmploiCrise conomique</p><p>LogementJeunesse</p><p>InterviewExclusive</p><p>BOUCLE NORD 4P.indd 1 5/01/12 16:54:17</p></li><li><p>Les politiques peuvent dcider de valoriser le tra-vail et de dissuader la spculation financire. La vraie question est en ont-ils envie ? .La gauche en France aura-t-elle le courage daf-fronter ces questions qui ne sont rien dautre que des questions de choix de socit dans laquelle nous voulons voluer.</p><p>Finance Jean Rabinovici</p><p> Citoyen engag </p><p>de Villeneuve-la-Garenne, ancien journaliste et adjoint la direction de Tmoignage Chrtien :</p><p>Le problme ce sont les agences de notation qui sont en fait des entreprises prives. Pourquoi lire des dputs si les dcisions ne sont prises que par les financiers ? Comment sy opposer ? Ce nest pas normal que les tablissements finan-ciers prennent des dcisions la place des lus.</p><p>Roland Muzeau :Cela ramne au dbat que nous avons eu en 2005 sur la Constitution europenne avec le rle de la Banque Centrale Europenne (BCE). Les politi-ques lus au suffrage universel nont plus la main sur la BCE.Et qui aujourdhui est la tte de la BCE ? Ma-rio Draghi, qui a t vice-prsident de la branche europenne de la banque daffaires amricaine Goldman Sachs entre 2002 et 2005. Pire, en Ita-lie, le nouveau prsident du Conseil Mario Monti tait, depuis 2005, consultant pour Goldman Sachs et en Grce, le Premier ministre est Loukas Papadimos, ancien vice-prsident de la Banque centrale europenne jusquen 2010. Si la droite reste au pouvoir, elle va aggraver ces abandons. Or, les politiques doivent avoir le courage daf-fronter ces questions. Cest tout lenjeu dun bon rsultat dune gauche qui place lhumain dabord en 2012.</p><p>Emploi Edouard Mackpayen La France produit moins de vhicule aujourdhui quavant. Pourtant il y a toujours autant de v-hicules vendus.Les patrons dtruisent lemploi par les dlocali-sations, ils ne jouent pas le jeu. Ils agissent contre les salaris qui aiment leur pays. Les politiques doivent sopposer ces dlocalisations.</p><p>Roland Muzeau :Je suis daccord avec vous. Rappelez-vous Wil-vorde. Les constructeurs de lpoque disaient </p><p>quils voulaient souvrir aux pays mergents pour vendre des voitures dans ces pays. En fait ils importent aujourdhui les vhicules que lon pourrait fabriquer ici.</p><p>Edouard Mackpayen :Ce sont ceux qui ont de largent qui dcident. La politique doit changer pour inverser cette ten-dance. Ils ne voient que les chiffres.Pour moi, ce sont les gens qui doivent tre prio-ritaires. Les machines ne doivent pas tre plus importantes que lhumain.</p><p>Nicole Marliac</p><p> Habitante de Colombes engage dans des associations de locataires, contre le racisme et aussi crivain public :</p><p>En plus les machines ne cotisent pas !</p><p>Roland Muzeau :Au premier semestre 2011, les entreprises du CAC 40 ont dgag 46 milliards de profits.</p><p>On ne demande pas que les entreprises perdent de largent, on demande juste que les profits b-nficient au travail et non pas la finance. </p><p>Aurlie Kany </p><p> Militante politique Villeneuve-la-Garenne, assistante commerciale dans un laboratoire mdical :</p><p>Tout nest pas fait pour assurer le financement de la scurit sociale.Des contributions ne sont pas reverses, les poli-tiques pourraient rclamer les sommes dues !</p><p>Roland Muzeau :Nous venons de dbattre de deux budgets pha-res : celui de la Nation et celui de la scurit so-ciale.Toutes les mesures daustrit de ces deux bud-gets vont peser 86% sur les mnages les plus modestes.Nous disons quil faut construire une Europe so-lidaire et mettre fin au dumping fiscal et social. Il faut mettre fin aux paradis fiscaux.</p><p>Valrie Pcresse prtend renforcer la lutte contre la fraude fiscale. Mais ce ne sont que de belles pa-roles.</p><p>Sant</p><p>Leila Bavay </p><p> Militante syndicale SUD lhpital Louis-Mourier Colombes, responsable associative :</p><p>Vous avez prononc le mot humain . Depuis 2008 nous luttons contre la loi Bachelot qui rduit les budgets hospitaliers. La situation se dgrade lhpital. Les patients deviennent des clients. La prcarit des personnels saccrot. Nous ne r-pondons plus aux besoins. Quen pensez-vous ?</p><p>Roland Muzeau :La loi Hpital Patients Sant Territoire est une loi de plus pour dmanteler la mdecine publique. Le fil rouge cest favoriser le secteur priv et faire en sorte quil nait pas subir les charges dune politique de sant publique. Les urgences dans les hpitaux publics accueillent tout le monde. Le secteur priv se rserve les pathologies les plus lucratives...</p><p>Leila Bavay :Oui je confirme, ils nous pillent.</p><p>Roland Muzeau :La proccupation normale dun Etat devrait tre de favoriser laccs aux soins de tous. Cette se-maine, jai vu le directeur de lAgence Rgionale de Sant, Claude Evin. Il y a eu un foss entre le projet politique prsent par lARS et les attentes des citoyens dans la salle. ..</p><p>Leila Bavay :Les directions rgionales auront des pouvoirs tendus avec la rorganisation rgionale de la sant. Avant les maires avaient un pouvoir dans les conseils dadministration des hpitaux, main-tenant ils pourront moins intervenir. </p><p>Roland Muzeau :Ctait surtout vrai en province. </p><p>Leila Bavay :Nous ne pouvons plus fidliser les mdecins dans un hpital. Il faut du personnel, du mat-riel pour crer de bonnes conditions de travail. Aujourdhui, ils suppriment des postes de m-decin ou diminuent des vacations. Tout est bon pour faire des conomies ; avant une femme res-tait 8 jours lhpital aprs un accouchement, aujourdhui 3 jours.Le personnel souffre et fait beaucoup dheures supplmentaires. Il y a eu 38 tentatives de suicide lAPHP. Parfois, jai honte de ne pas pouvoir rpondre aux besoins cause de la baisse de nos moyens. Quand Evin nous dit laisser les experts </p><p>Interview2</p><p>BOUCLE NORD 4P.indd 2 5/01/12 16:54:17</p></li><li><p>grer les affaires , il ne prend pas en compte no-tre expertise de terrain !</p><p>Roland Muzeau :Vous avez raison. Globalement, les crdits des hpitaux diminuent de 700 millions deuros. La seule marge de manuvre que les directions des hpitaux utilisent cest la suppression dactivit et du personnel qui va avec. Deux millions de RTT nont pas t prises dans les hpitaux mais la situation vaut aussi dans tous les corps dEtat. Il faut augmenter le budget consacr la sant, sattaquer au numrus clausus pour former plus de personnels soignants.</p><p>Nicole Marliac :Dans mon activit dcrivain public je vois la si-tuation se dgrader. Je me demande comment des gens peuvent vivre avec si peu. La situation du logement est dramatique entre le logement insa-lubre et la pnurie de logements.</p><p>Des personnes en arrivent refuser des logements sociaux car elles ont trop peu de ressources. Elles sont dos au mur ! Le priv fait monter le prix des loyers, les gens ne sendettent plus pour acheter des biens, mais pour manger. Les socits de cr-dit se font de largent sur la pauvret.</p><p>Comment la jeunesse peut-elle aller bien dans une telle situation ? Et tout ce que vous dites est loin deux. Comment faire pour ce soit ceux qui sont en difficult qui se battent pour une autre socit ? Comment les aider ? Les gens en difficul-t accusent lautre, ltranger, celui qui fraude , ils se dsolidarisent et se divisent. On culpabi-lise les gens. Il faut arriver convaincre les gens quils peuvent changer les choses.</p><p>Ecole</p><p>Catherine Laigle </p><p> Directrice dcole Colombes, syndicaliste, conseillre municipale :</p><p>Quand on nous parle de crise conomique cest comme si elle existait par elle-mme. Comme si ctait naturel. Pour moi la gauche et la droite, ce nest pas pareil. Le gouvernement est en train de dtruire tout ce qui est Etat parce quavec moins dEtat on peut faire plus de profits.</p><p>Dans lEducation nationale, la masterisation cest bien, (bac+5) mais les salaires sont faibles avec 1500 euros. Cela pose des problmes de re-crutement. Lcole subit une crise comme lhpi-tal : prcarisation des personnels et pauprisa-tion des usagers.</p><p>Jai des craintes si en 2012, il ny a pas dalterna-tive politique vraiment gauche. En Espagne, il y a eu de grandes avances socitales avec le PS mais lheure de la crise peu de courage politique et en fin de compte une droite dure qui revient. </p><p>Michel Soudais </p><p> Est-ce que nous sommes condamns diminuer les effectifs publics dans leur ensemble. On nous dit que lEtat est en faillite, y-a-t-il des recettes miracles?</p><p>Roland Muzeau :On en revient la question des choix et du cou-rage politique. On nous dit longueur de jour-ne quon ne peut pas faire autrement. La dette a doubl avec la droite.</p><p>La dette : est-ce un gros mot ? La dette cest un outil qui doit tre au service dune politique din-trt gnral.Elle doit servir pour des investissements publics davenir. Nous ne pouvons pas accepter la sup-pression de 80 000 postes dans lEducation natio-nale durant ce quinquennat.La droite dit que lenseignement cote cher. Nous disons que cest un choix politique de dveloppe-ment humain et conomique.Nicolas Sarkozy ne cesse de vanter lide du tous propritaires en expliquant quune men-sualit de remboursement est gal un loyer.</p><p>Or ce quil ne dit pas, cest que derrire la men-sualit, il y a les charges. On a vu ce que cette po-litique a donn aux Etats-Unis. Il faut rpondre aux besoins de 70% de nos concitoyens ligibles au logement social.</p><p>Jean RabinoviciA Villeneuve nous sommes en bataille contre ICADE qui vend ses logements la dcoupe.</p><p>Ceux qui peuvent acheter, achtent mais trs ra-pidement ils narrivent plus payer les charges.</p><p>Le gouvernement ne construit pas de logements sociaux et dveloppe lillusion du tous propri-taires . </p><p>Handicap</p><p>Mohamed Zarban </p><p> Responsable dassociation, </p><p>habitant de Gennevilliers. :</p><p>Je souhaite avoir lavis du dput sur les person-nes handicapes. Elles vivent les discriminations lemploi, au logement Comment abordez-vous ces questions ?</p><p>Leila Bavay :Le secteur public est dans lobligation dembau-cher un certain pourcentage de personnes handi-capes. En ralit, les directions prfrent payer une amende !</p><p>Roland Muzeau :Le taux de chmage des personnes en situation de handicap est le double des personnes valides. Les personnes handicapes sont doublement vic-times de la crise. Des lois avaient t votes en 1975 et surtout en 2005. Le prsident Chirac avait fait de grandes annonces sur le sujet. Ceux qui en attendaient beaucoup ont t dus. Il y a eu des freins et des tentatives dattnuer certaines mesu-res par ceux qui jugeaient que des amnagements sur le bti pouvaient coter cher.</p><p>Jeunesse</p><p>Khalid Damoun</p><p> tudiant</p><p>En tant que jeune, je suis indign de la place que prend Wall-Street dans nos vies. Cette loi de lar-gent dgrade toutes les questions qui intressent les jeunes citoyens franais, elle rduit nos pers-pectives. Il y a de graves problmes sur lorienta-tion scolaire. La jeunesse ne trouve pas sa place dans la socit.</p><p>Roland Muzeau :Nous avons examin, lAssemble nationale, le budget emploi. Le gouvernement baisse de 12% les crdits du travail et de lemploi. Ma connais-sance du terrain me fait dire aussi que les jeu-nes de banlieues russissent bien plus quon ne veut nous le faire croire. La non prise en compte de leur travail en est dautant plus dramatique. Avoir acquis des comptences au prix dtudes longues et souvent onreuses et se voir fermer toutes les portes, cest rageant. Les discrimina-tions lembauche me rvoltent.Il y a des choix et des positionnements politiques ncessaires pour affronter ces rsistances et ces refus.</p><p>Michel Soudais :il y a la question des jeunes discrimins mais ne faudrait-il pas aussi lgifrer contre lutilisation abusive des stages. Des jeunes ont 4, 5, 6 stages avant davoir un CDD. On ne parle mme plus de CDI.</p><p>Jean Rabinovici :Les entreprises abusent de ce systme de stage.</p><p>Roland Muzeau :Sept offres demplois sur dix concernent un em-ploi prcaire. N.sarkozy a assoupli les conditions </p><p>BOUCLE NORD Janvier 20123</p><p>BOUCLE NORD 4P.indd 3 5/01/12 16:54:18</p></li><li><p>dembauche en prcarisant nombre demplois. Le gouvernement a suivi et appuy les desiderata du patronat en allgeant le cot du travail mais aussi les conditions daccs au travail. </p><p>Les grandes entreprises de service public ont in-tgr cela galement. LEducation nationale re-crute Ple Emploi. La Poste a t condamne plusieurs reprises pour avoir embauch du per-sonnel avec des multiples CDD. De plus en plus, la prcarit devient la rgle au travail : CDD, ho-raires clats, postes polyvalents. La dgradation de la qualit de travail est dramatique. </p><p>Ecologie</p><p>Eric Bourmault</p><p> Habitant de Villeneuve-la-Garenne, salari de la petite enfance, responsable damap :</p><p>Je souhaite intervenir sur la transition nergti-que. Lnergie va coter de plus en plus cher. Des gens rflchissent sur la transition nergtique en 2030 o il devrait y avoir une crise nergtique. Il faut sy prparer en consommant moins, en relo-calisant les productions. Avec lAMAP on cre un lien entre le producteur et les consommateurs. Si nous dveloppons une nourriture de plus grande qualit, il y aura moins de malades. Combien de cancers de gens malade cause des pesticides, de la pollution ? Jaimerai connatre votre position sur le nuclaire. Nous sommes dans une chelle de temps o lon voit trop court. Il faudrait tra-vailler sur lavenir. Il faut redonner du sens la politique, quelle soit au service de lhomme et non au service de largent.</p><p>Jean Rabinovici :Nous sommes dans une socit du court terme.</p><p>Edouard Mackpayen :La droite utilise la dette, la crise pour nous ef-frayer et faire passer sa politique.</p><p>Roland Muzeau :Lcologie politique ne doit pas sarrter quel-ques mesurettes. Je suis pour un d...</p></li></ul>