Composition Sectorielle de La Croissance

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    05-Dec-2014

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<p>Composition sectorielle de la croissance En 2011, lactivit conomique a profondment souffert des consquences des vnements intrieurs (inscurit, couvre-feu, grves) ; il est rappeler que le nombre de jours de travail perdus a atteint un niveau jamais enregistr depuis lindpendance : prs de 248.000 jours de travail perdus en 2011 contre 73.000 en 20101, sachant que ces chiffres ne tiennent pas compte des sit-in et des actes de barrage de route. Outre les troubles sociaux internes, sur fond de revendications sociales nombreuses et lgitimes, sont venus sajouter les vnements en Libye2 et la crise de la dette en Europe qui a impact les exportations et les recettes du tourisme. Le pays a ainsi connu une grave rcession durant le 1er trimestre 2011 (- 2 % aux prix de lanne 2005 et 3,7% aux prix de lanne prcdente en glissement annuel). Limpact des vnements de janvier 2011 ont t trs importants, mais le choc subi a t amorti puis stabilis sous le gouvernement Essebsi et cest partir du 1er trimestre 2012 que les prmices dune reprise de lactivit ont t enregistres. En effet, le PIB rel sest rtabli depuis dune manire progressive en renouant avec la croissance. Selon les premires estimations de lINS, le PIB aux prix de lanne prcdente a augment de 3,6% en 2012 en glissement annuel3. Toutefois, lanalyse de la composition sectorielle de la croissance montre la fragilit de la reprise observe en 2012 en raison de la nature des secteurs qui lont porte et des facteurs qui lont soutenue ; la croissance est dautant plus fragile que des secteurs dactivit qui constituent la base de lconomie nationale, en termes demploi et dexportations, demeurent fortement sinistrs et continuent de pricliter. Par ailleurs, dautres secteurs ont certes pu retrouver le chemin de la croissance en 2011, mais ils restent en de de leur niveau dactivit de 2010.</p> <p>1</p> <p>http://www.africanmanager.com/137379.html</p> <p>2</p> <p>Selon la BAD, limpact conomique des troubles sociaux pr-rvolution sont estims environ 4 % du PIB. La crise libyenne est estime avoir rduit la croissance tunisienne de 36 %. http://www.afdb.org/fileadmin/uploads/afdb/Documents/Publications/Tunisie %20D%C3%A9fis%20%C3%89conomiques%20et%20Sociaux.pdf3</p> <p>http://www.ins.nat.tn/communiques/PIB_2012-T4.pdf</p> <p>Valeur ajoute par secteur aux prix de 2005 (en millions de DT)Secteur dactivit Industries textiles habillement et cuir Extraction de ptrole et de gaz Matriaux de construction cramique et verre Btiment et gnie civil Industries chimiques Mines Services dhtellerie et restauration Transports 2010 1.890,8 2.135,6 733,3 2.358,4 693,5 267,8 2.583,2 2.655,4 2011 1.913,4 1.670,6 703,0 2.293,3 417,1 123,9 2.112,1 2.929,9 2012 1.840,0 1.550,2 725,3 2.326,7 481,1 125,6 2.359,8 3.204,4 Var. 2012/2010 - 50,8 - 585,4 - 7,9 - 31,7 - 212,4 - 142,2 - 223,4 - 273,6</p> <p>Le dficit de croissance de ces secteurs a eu des impacts conomiques et sociaux trs sensibles. En effet, ce dficit de croissance est associ une perte de vitesse des exportations qui a aggrav le dficit commercial du pays et a mis en difficult le financement de lconomie et la valeur de la monnaie nationale. Il y a lieu de rappeler que les secteurs des Industries textiles, habillement et cuir, extraction de ptrole et gaz, mines, ainsi que le secteur des produits chimiques reprsentent eux seuls plus de 50 % des exportations de biens. De mme, la rcession de ces secteurs, souvent intensifs en travail, a induit de nombreuses pertes demplois et a sensiblement aggrav le chmage ainsi que la prcarit et la pauvret qui en rsultent. Face cette volution catastrophique de quasiment la moiti de lconomie tunisienne, dautres secteurs ont dmontr une plus grande rsilience. Il sagit dune part dactivits relevant des secteurs traditionnels et/ou peu structurs : lagriculture et la pche, les services traditionnels (rparation, services immobiliers), les services domestiques et enfin les industries diverses domines par les micros entreprises, les petits mtiers et les artisans. Elles sont gnralement fortement cratrices demploi, mais lemploi y est le plus souvent informel et bnficie peu des protections lgales. Valeur ajoute par secteur aux prix de 2005 (en millions de DT)Secteur dactivit Agriculture et pche Industries agro-alimentaire Commerce Entretien et rparation 2010 4.129,4 1.420,6 4.047,8 195,2 2011 4.556,1 1.436,2 4.103,9 198,5 2012 4.734,8 1.488,9 4.132,8 204,2 Var. 2012/2010 + 14,7 + 4,8 + 2,1 + 4,6</p> <p>Il sagit dautre part dactivits du secteur protg et de lconomie moderne et structure, essentiellement des services publics et privs : - services publics : eau, lectricit, poste, - services administratifs et sociaux : ducation, sant, collectivits locales et diverses administrations, - activits tertiaires modernes : tlcommunications et services financiers. Valeur ajoute par secteur aux prix de 2005 (en millions de DT)Secteur dactivit Eau Electricit et gaz Services dadministration publique Services financiers Poste et tlcommunications Autres services marchands 2010 161,8 395,4 7.516,1 2.128,3 2.655,4 6.614,1 2011 162,4 410,8 7.920,9 2.270,2 2.929,9 6.650,5 2012 169,8 461,5 8.310,9 2.355,7 3.204,4 6.845,1 Var. 2012/2010 + 4,9 + 16,7 + 10,6 + 10,7 + 20,7 + 3,5</p> <p>Ces secteurs sont le fait de lEtat ou dactivits prives jouant un rle damortisseur dans les situations de crise et constituant un refuge temporaire pour des populations vulnrables. Ils ont bnfici dun effort exceptionnel de recrutements qui sest rpercut sur leur niveau dactivit tout en pesant trs fortement sur le budget de lEtat. La croissance quont connue ces secteurs a permis de contrecarrer la perte dactivit de la vritable base conomique du pays. Ainsi, les activits rsilientes depuis janvier 2011, relvent du secteur des biens non changeables et ne peuvent conforter la comptitivit du pays ni son devenir conomique long terme. Au contraire, parce quune large partie de ces activits va peser durablement sur le budget de lEtat, elles risquent dhandicaper le potentiel de croissance du pays en aggravant le dficit budgtaire et son financement inluctable par lendettement. En outre, engendrant une distribution de revenus sans contrepartie en termes de production marchande, le dveloppement de ces activits a aliment dimportantes pousses inflationnistes en 2012.</p> <p>En conclusion, lanalyse de la composition sectorielle de la croissance montre la fragilit de la reprise observe en 2012 en raison de la nature des secteurs qui lont porte et des facteurs qui lont soutenue. En effet, limportant effort de recrutement observ dans la fonction publique ne peut tre indfiniment effectu sans mettre davantage en pril le budget de lEtat surtout compte tenu des augmentations de salaires concdes lors des dernires ngociations collectives. De mme, la croissance du secteur agricole fortement tributaire de la pluviomtrie risque de ne pas tre au rendez-vous aprs deux bonnes saisons conscutives. Enfin, les restrictions au crdit pourraient freiner la demande des biens durables et mettre davantage en difficult des secteurs comme le btiment. Sans une reprise base principalement sur les secteurs des biens changeables et tant que les industries manufacturires et les services dexportation restent en mal dun environnement favorable leur dveloppement, les problmes de dficits courants, dendettement, de chmage des diplms, dinflation et de dprciation du dinar resteront entiers. Prvision de la COFACE pour 2013 : Sous rserve dune normalisation de la situation politique, une lgre progression de la croissance est attendue en 2013, avec une reprise de la consommation des mnages et de linvestissement, stimuls par une politique budgtaire souple. En outre, la reconstruction de l'conomie libyenne pourrait offrir des dbouchs, dans les secteurs du transport et de la construction notamment. Toutefois, lactivit conomique sera freine par une conjoncture conomique mondiale difficile, surtout dans les principaux pays europens partenaires (France et Italie). Elle risque en outre de ltre par de fortes tensions sociales et des grves, notamment dans les rgions marginalises conomiquement, les secteurs minier et public.</p>