dossier Ma Chambre Froide - Le Grand ?· 4 LE PROPOS « On a trop l’habitude de figurer l’enfer…

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    05-Jun-2018

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  • DOSSIER JEUNE PUBLIC

    DU LUNDI 6 AU VENDREDI 10 FVRIER 2012 AU GRAND T

    MA CHAMBRE FROIDE

    Saison 2011 / 2012

    Elisabeth Carecchio

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    SOMMAIRE

    PRSENTATION ......................................................................................... 3

    LE PROPOS ............................................................................................... 4

    NOTES SUR LINTRIGUE .............................................................................. 5

    PROPOS DE MA CHAMBRE FROIDE ............................................................ 6

    TRE SPECTATEUR PAR JOL POMMERAT .............................................. 8

    JOL POMMERAT, METTEUR EN SCNE ........................................................ 9

    JOL POMMERAT ET LE THTRE .............................................................. 11

    MA CHAMBRE FROIDE : PHOTOS ................................................................ 12

    MA CHAMBRE FROIDE : EXTRAITS .............................................................. 13

    MA CHAMBRE FROIDE : EXTRAITS VIDO .................................................... 17

    LES CHOS DE LA PRESSE ........................................................................ 18

    Dossier ralis partir de documents divers dont ceux fournis

    par lOdon / Thtre de lEurope.

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    MA CHAMBRE FROIDE

    TEXTE ET MISE EN SCNE JOL POMMERAT

    Scnographie et lumire Eric Soyer Collaboration la lumire Jean-Gabriel Valot

    Collaboration aux accessoires Thomas Ramon Costumes et corps danimaux Isabelle Deffin avec Morgane Olivier et Karelle Durand Sculptures et ttes danimaux Laurence Brodot et Vronique Genet Collaboration aux perruques Nathalie Regior

    Recherche iconographique Isabelle Deffin Recherches, documentations Martine De Michele et Garance Rivoal

    Son Franois Leymarie et Gregoire Leymarie Ralisation du gradin Napo-HMMH Ralisation du dcor Les Ateliers de lOdon / Thtre de lEurope

    Construction du dcor A travers Champs / Tourcoing

    AVEC

    Jacob Ahrend

    Bertrand, un frre d'Estelle, notaire, directeur de labattoir, un ours polaire, un moine

    Saadia Bentaeb

    Adeline, une religieuse, une chvre Agns Berthon Claudie, une religieuse, une inspectrice de police Lionel Codino

    Chi, voisin dEstelle, un employ de labattoir, un moine

    Ruth Olaizola

    Estelle Frdric Laurent

    Alain, un moine

    Serge Larivire

    Blocq, client du bar, employ de labattoir, inspecteur de police

    Marie Piemontese

    Nathalie, une danseuse de bar Dominique Tack

    Jean-Pierre, le mari dEstelle, une huppe, un moine

    PRODUCTION Compagnie Louis Brouillard

    COPRODUCTION Odon / Thtre de l'Europe, Thtre National de Bruxelles, TNP de Villeurbanne,

    Le Grand T / Scne conventionne Loire-Atlantique, La Foudre / Scne nationale de Petit-Quevilly, La Coupole / Scne nationale de Snart,

    Thtre dArras, Espace Malraux / Scne nationale de Chambry et de la Savoie, Scne nationale de Cavaillon et la communaut de spectateurs, Bonlieu / Scne nationale d'Annecy,

    Chteauvallon / Centre national de cration et de diffusion culturelles, Thtre du Nord / Thtre national Lille Tourcoing Rgion Nord-Pas-de-Calais

    Ma chambre froide a t en rsidence au CNCDC de Chteauvallon, lOdon / Thtre de lEurope.

    La compagnie Louis Brouillard est conventionne et reoit le soutien du Ministre de la Culture / la Drac Ile-de-France et de la Rgion Ile-de-France.

    Jol Pommerat est artiste associ LOdon / Thtre de LEurope - Ateliers Berthier pour trois saisons (2010-2013) et au Thtre National de Bruxelles.

    DU LUNDI 6 AU VENDREDI 10 FVRIER 2012 AU GRAND T Le lundi 6 et le vendredi 10 20h30, du mardi 7 au jeudi 9 20h.

    DURE : 2h15

    PUBLIC : partir de la 1e TARIF : 9 ou un pass-culture

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    LE PROPOS

    On a trop lhabitude de figurer lenfer comme une chaudire. Le nouveau spectacle de la compagnie Louis Brouillard, dont le nom ne fut jamais plus densment investi, lui conserve sa structure en cercles concentriques, mais lui invente un envers froid. Pour toucher au cur de lhomme, Pommerat imagine une double approche, entre chambre froide et chambre noire, o dvelopper dans le silence et distance ses prises de vue fictives sur la condition humaine contemporaine. Que les premiers mots du spectacle, Tout est fiction , fassent cho au titre de la pice quil avait mise en scne lan pass aux Bouffes du Nord, Cercles / Fictions, et dont il reprend le dispositif scnique en arne noire surmonte de gradins, ntonne donc pas. Les deux crations font diptyque, tant dans les thmes traits que dans lpret et la prcision de la mise en scne, si caractristiques de la manire de Jol Pommerat.

    Marion Alev, critique Ma chambre froide

    Avec Ma chambre froide, Jol Pommerat semble avoir voulu puiser ses forces thtrales dans le rythme et la forme d'un feuilleton qui rserve une large place au rire. Nous dcouvrons dans sa vie quotidienne une jeune femme simple, exploite sans vergogne. Mais jamais Estelle ne se plaint pas mme de Blocq, pourtant dtest de tous. Elle est en effet certaine : seules les ides du patron sont mauvaises, et s'il pouvait voir en quoi il se trompe, il serait transform Ainsi dmarre une aventure ponctue d'hommages discrets tantt Brecht, tantt Shakespeare. Mais l'art avec lequel Pommerat entrelace les fils de son rcit, aiguisant l'un par l'autre suspense et humanit, nappartient dcidment qu lui.

    Lassociation dhistoires parallles permettent Pommerat de se situer aux lisires du rel et de la fiction, en sondant les ambigits et les zones dombre de lhumain sur fond de ralit conomique et sociale, sans optimisme ni didactisme, mais avec un humour souvent jubilatoire. Sous la forme dun feuilleton dcoup en squences claires, ponctues de noirs absolus et enchanes de manire cinmatographique, la mise en uvre et le rythme de la reprsentation fascinent.

    Elisabeth Carecchio

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    NOTES SUR LINTRIGUE

    [...] Nous entrons dabord dans la vie au jour le jour dun magasin, avec ses coulisses mesquines, ses rivalits de travail, ses moments de lassitude et de vertige de pure comdie, aussi. Estelle, qui sait toujours prendre de la hauteur sur les choses , y a commenc comme caissire avant de devenir polyvalente ce qui semble signifier dans son cas que nimporte qui peut lui demander nimporte quoi nimporte quelle heure. Et ses camarades ne sen privent pas plus que Blocq, le propritaire et le patron, un tre dont la grossiret et le cynisme brutal lui valent dtre dtest de tous ses employs. Sauf dEstelle, justement vrai dire, quand commence cette histoire, on croirait presque une hagiographie moderne : lhrone se comporte en tous points comme une sainte, toujours dvoue, prte se mettre en quatre au service dautrui, sans jamais sen plaindre, sans mme se permettre de juger ceux qui lexploitent. [...] La bont de lhrone, son dvouement, son refus de condamner les tres, ne sont-ils quun trait de caractre sans dimension spirituelle particulire, une sorte de masochisme, le symptme dune certaine faiblesse ? Cachent-ils un besoin de se fondre en autrui, de vivre sous le signe de lautre et du devenir-autre ? Qui est-elle donc, cette Estelle ? Pas pas, lenqute de personnalit progresse, et ltranget de lhrone va grandissant : elle a parfois de ces rflexions qui sur le moment paraissent bizarres, voire cocasses, mais quon sempresse de ngliger [...] et ce nest quaprs coup, aprs sa disparition, des mois ou des annes plus tard, que leur cho revient hanter ceux qui lont connue et leur impose dy dchiffrer un autre sens. [...] Ce genre de remarques, qui constituent par petites touches la singularit dEstelle, auraient t voues loubli si un vnement ntait venu tout faire basculer. Et ds lors, de surprises en rebondissements, Pommerat nous entrane dans un vritable feuilleton, qui ne sachve quaux dernires secondes du spectacle : Blocq, apprenant quil est atteint dun mal qui le condamne brve chance, va proposer ses employs un contrat. Il leur cde lensemble de ses entreprises condition quils inventent en change une faon de le sauver du nant pur et simple. Et Estelle de saisir sa chance : avec ses collgues, elle sengage par-devant notaire crire, rpter et monter un spectacle sur lexistence de Blocq, dans des dlais qui permettront celui-ci dy assister et donc de comprendre ce quaura t sa vie, de ne pas la quitter sans stre mtamorphos. [...] Cependant lhrone, en simprovisant auteur, metteur en scne, chef de troupe, nest pas la seule devoir sengager dans une tche et sur un terrain inconnus pour elle. Ses collgues, eux devenus patrons leur tour, se voient confronts aux choix conomiques les plus douloureux, qui leur semblaient nagure inhumains et leur paraissent prsent inluctables [] Et tandis que les urgences se tlescopent et saggravent, on sent monter peu peu la tentation dimposer entre elles un arbitrage par la violence Une femme a disparu, une femme va disparatre : le spectacle se tient dans cet cart et construit ce suspens. Nous revoyons vivre et agir un tre qui ne sait pas encore quil va se soustraire ce monde. Et au moment o le public et lintime, saffolant rciproquement, viennent se briser net sur un coup de thtre au moment, donc, o la comdie sociale parat tourner au drame policier, Pommerat parvient nous surprendre encore en refermant tous les cercles au point mme do il est parti

    Daniel Loayza, crivain

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    PROPOS DE MA CHAMBRE FROIDE

    SUFFIRAIT-IL DE VOIR - DE VRAIMENT VOIR - POUR TRE TRANSFORM ?

    limage de son dcor circulaire, Ma chambre froide est un spectacle multiples entres. Depuis quelques temps, la manire de Jol Pommerat semble progresser dans deux directions apparemment opposes (ce qui, chez un crateur, est gnralement bon signe). Dun ct, les lignes narratives sont dsormais mises en avant de faon plus explicite. De lautre, elles se multiplient et senchevtrent, comme pour recrer leur mystre sur un autre plan. Chaque scne correspond dsormais une situation claire, dont les enjeux sont formuls avec nettet : comme on dit couramment, on comprend trs bien lhistoire . Cest comme si le rcit, ayant gliss uvre aprs uvre vers le prsent du conte, navait plus contester des rgles donnes davance, et quau besoin il pouvait dsormais construire les siennes propres, en toute libert, avec la complicit de son public. Cela na pas toujours t le cas. Le caractre nigmatique du thtre de Pommerat sest longtemps appuy sur un ct Nouveau Roman , une fascinante bizarrerie objective (pouvant aller jusqu limpossibilit) des vnements mis en scne. Dune seule main (cr en 2005) en offre sans doute lexemple le plus frappant. Le fonctionnement traditionnel de la narration y est systmatiquement subverti peu prs tous les lments donns pour certains et objectifs finissent par y tre nis ou renverss (un personnage la main coupe rapparat avec ses deux mains, des morts ont lieu puis nont pas eu lieu, des propos tenus par A B sont ensuite adresss par B A, et ainsi de suite exactement comme si la pice runissait sans aucune solution de continuit deux tats du monde apparents, mais incompatibles entre eux, afin den dgager les invariants). Cependant, ds Cet enfant (publi dans le mme volume que Dune seule main, mais dont le projet remonte en fait 2003), premier exemple publi dune uvre constitue dune multiplicit dhistoires distinctes quoique thmatiquement lies, Pommerat avait dj amorc de tout autres recherches, renonant la dimension ouvertement fantastique qui le caractrisait pour adopter une facture toute classique : les personnages, leurs rapports, leurs conflits, y sont assez clairement identifis et lisibles. Est-ce ensuite lexprience concrte du spectacle pour enfants Le Petit Chaperon rouge est cr en juin 2004 Brtigny-sur-Orge qui a accentu cet inflchissement de son style thtral ? Depuis lors, le mystre semble stre en quelque sorte dplac. Ce nest plus tant la fiction en elle-mme qui parat hante par on ne sait quelle tranget vocatoire ; ce ne sont plus, ou ce sont moins les ellipses, les points aveugles ou les nuds oniriques de lintrigue qui confrent aux spectacles leur nergie sombre et silencieuse. Dsormais, la mise en uvre au plateau y suffit, en creusant, contestant ou entrelaant les histoires les plus simples : cest leur contrepoint scnique qui btit sous nos yeux les arrire-plans indfinis, fuyants et secrets si typiques des atmosphres de Pommerat. Il est dailleurs remarquable que depuis Les Marchands (o le puzzle thtral se rduit deux pices : la voix dune narratrice pose comme un voile invisible sur des scnes muettes), Pommerat ncrit plus lexception, bien entendu, du cas particulier de Pinocchio (cr l'Odon en 2008), spectacle pour jeunes publics que des spectacles-mosaque, des agencements de narrations plus ou moins fragmentaires, clates, vasives, sans rapport immdiatement dchiffrable entre elles et pourtant toutes dune aveuglante vidence, comme autant de flches au trac net et pointant toutes vers un point singulier quil appartient chacun de construire et de rejoindre (Cercles/Fictions, cr en janvier 2010, compose ainsi des scnes

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    qui vont de 1370 nos jours, et cest comme un collier de microcosmes dont le public doit trouver ou fabriquer le fil). Et dans tous les spectacles de la compagnie Louis Brouillard, une prsence au statut variable parat stre substitue la logique du grand rcit pour prendre en charge le bon droulement et lunification de lensemble du temps scnique : que ce soit une voix dsincarne, un bonimenteur, un Monsieur Loyal, un conteur, il se trouve toujours quelquun pour contribuer nouer, cadrer et ponctuer le rapport entre les vnements qui se droulent au plateau et leur perception par les spectateurs. Quel nouveau jalon Ma chambre froide vient-il poser dans ce parcours de cration ? Luvre est en cours dcriture et le sera jusquaux derniers jours de rptition (Pommerat procde toujours ainsi, crivant mme les prsences au plateau, avec et pour ses interprtes). On y retrouve une multiplicit de narrateurs qui nous introduisent au rcit dvnements remontant plusieurs annes et soulignent pour nous les principales articulations de la longue histoire quils ont vcue ensemble. Oui, une histoire, unique, en dpit de ses rebondissements et des diffrents plans sur lesquels elle se droule. Telle est la surprise : Pommerat, dans Ma chambre froide, revient au cadre du grand rcit quil avait dlaiss depuis cinq ou six ans. Mais sans rien sacrifier pour autant de la clart quil sest forge entre temps, ni de la capricieuse diversit des plans narratifs. Car cette fois-ci, il semble avoir voulu puiser ses forces thtrales dans le rythme et la forme du feuilleton ! Comme tous les feuilletons, il serait dommage de raconter la fin de celui-ci. [] Comme disait Hamlet, le jeu est le pige / o je prendrai la conscience du Roi On le devine, le thtre (tragdie ou comdie, car Ma chambre froide rserve une large place au rire) a ici un rle essentiel jouer. Mais lhrone nest pas la seule devoir sengager dans une tche et sur un terrain i...