Emile Zola, Jacques Damour

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    11-Jul-2015

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J ACQUESDAMOURMILE ZOLAJ ACQUES DAMOURIL-bas,Nouma,lorsqueJ acquesDamourregardaitl'horizonvidedelamer,ilcroyaityvoirparfoistoutesonhistoire,lesmisresdusige,lescolresdelacommune,puiscetarrachementquil'avaitjetsiloin,meurtrietcommeassomm.Cen'taitpasunevisionnettedessouvenirsoilseplaisaitets'attendrissait,maislasourderuminationd'uneintelligenceobscurcie,quirevenaitd'elle-mmecertainsfaitsrests debout et prcis, dans l'croulement du reste.Avingt-sixans,J acquesavaitpousFlicie,unegrandebellefillededix-huitans,laniced'unefruitiredelaVillette,quiluilouaitunechambre.Lui,taitciseleursurmtauxetgagnaitjusqu'desdouzefrancsparjour;elle,avaitd'abordtcouturire;mais,commeilseurenttoutdesuiteungaron,ellearrivabienjustenourrirlepetitetsoignerlemnage.Eugnepoussaitgaillardement.Neufansplustard,unefillevintsontour;etcelle-l,Louise,restalongtempssichtive,qu'ilsdpensrent beaucoup en mdecins et en drogues.Pourtant,lemnagen'taitpasmalheureux.Damourfaisaitbienparfoislelundi;seulement,ilsemontraitraisonnable,allaitsecoucher,s'ilavaittropbu,etretournaitlelendemainautravail,ensetraitantlui-mmedeproprerien.Dsl'gededouzeans,Eugnefutmisl'tau.Legamin savait peine lire et crire, qu'il gagnait dj sa vie. Flicie, trspropre,menaitlamaisonenfemmeadroiteetprudente,unpeuchiennepeut-tre,disaitlepre,carelleleurservaitdeslgumesplussouventquedelaviande,pourmettredessousdect,encasdemalheur.Cefutleurmeilleurepoque.Ilshabitaient,Mnilmontant,ruedesEnvierges,unlogementdetroispices,lachambredupreetdelamre,celled'Eugne,etunesallemangeroilsavaientinstalllestaux,sanscompterlacuisineetuncabinetpourLouise.C'taitaufondd'unecour,dansunpetitbtiment;maisilsavaienttoutdemmedel'air,carleursfentresouvraientsurunchantierdedmolitions,o,dumatinausoir,descharrettesvenaientdchargerdestasdedcombreset de vieilles planches.Lorsquelaguerreclata,lesDamourhabitaientlaruedesEnviergesdepuisdixans.Flicie,bienqu'elleapprochtdelaquarantaine,restaitjeune,unpeuengraisse,d'unerondeurd'paulesetdehanchesquienfaisait la belle femme du quartier.Aucontraire,J acquess'taitcommesch,etleshuitannesquilessparaientlemontraientdjvieuxctd'elle.Louise,tirededanger,maistoujoursdlicate,tenaitdesonpre,avecsesmaigreursdefillette;tandisqu'Eugne,alorsgdedix-neufans,avaitlataillehauteetledoslargedesamre.Ilsvivaienttrsunis,endehorsdesquelqueslundisolepreetlefilss'attardaientchezlesmarchandsdevin.Flicieboudait,furieusedessousmangs.Mme,deuxoutroisreprises,ilssebattirent;maiscelanetiraitpointconsquence,c'taitlafauteduvin,etiln'yavaitpasdanslamaisondefamilleplusrange.Onlescitaitpourlebonexemple.QuandlesPrussiensmarchrentsurParis,etqueleterriblechmagecommena,ilspossdaientplusdemillefrancslaCaissed'pargne.C'taitbeau,pourdes ouvriers qui avaient lev deux enfants.Lespremiersmoisdusigenefurentdoncpastrsdurs.Danslasallemanger,olestauxdormaient,onmangeaitencoredupainblancetdela viande. Apitoy par la misre d'un voisin, un grand diable de peintre enbtiment nomm Berru et qui crevait de faim, Damour put mme lui fairelacharitdel'inviterdnerparfois;etbienttlecamaradevintmatinetsoir.C'taitunfarceurayantlemotpourrire,sibienqu'ilfinitpardsarmerFlicie,inquiteetrvoltedevantcettelargebouchequiengloutissaitlesmeilleursmorceaux.Lesoir,onjouaitauxcartes,entapantsurlesPrussiens.Berru,patriote,parlaitdecreuserdesmines,dessouterrainsdanslacampagne,etd'allerainsijusquesousleursbatteriesdeChtillonetdeMontretout,afindelesfairesauter.Puis,iltombaitsurlegouvernement,untasdelchesqui,pourramenerHenriV,voulaientouvrirlesportesdeParisBismarck.Larpubliquedecestratresluifaisaithausserlespaules.Ah!larpublique!Et,lesdeuxcoudessurlatable,sacourtepipelabouche,ilexpliquaitDamoursongouvernementlui,tousfrres,touslibres,larichessetoutlemonde, la justice et l'galit rgnant partout, en haut et en bas.- Comme en 93, ajoutait-il carrment, sans savoir.Damourrestaitgrave.Luiaussitaitrpublicain,parceque,depuisleberceau,ilentendaitdireautourdeluiquelarpubliqueseraitunjourletriomphedel'ouvrier,lebonheuruniversel.Maisiln'avaitpasd'idearrtesurlafaondontleschosesdevaientsepasser.Aussicoutait-ilBerruavecattention,trouvantqu'ilraisonnaittrsbien,etque,poursr,larpubliquearrivaitcommeilledisait.Ils'enflammait,ilcroyaitfermementque,siParisentier,leshommes,lesfemmes,lesenfants,avaientmarchsurVersaillesenchantantLaMarseillaise,onauraitculbutlesPrussiens,tendulamainlaprovinceetfondlegouvernementdupeuple,celuiquidevaitdonnerdesrentestouslescitoyens.-Prendsgarde,rptaitFliciepleinedemfiance,afiniramal,avectonBerru.Nourris-le,puisqueatefaitplaisir;maislaisse-leallersefaire casser la tte tout seul.Elleaussivoulaitlarpublique.En48,sonpretaitmortsurunebarricade.Seulement,cesouvenir,aulieudel'affoler,larendaitraisonnable.Alaplacedupeuple,ellesavait,disait-elle,commentelleforceraitlegouvernementtrejuste:elleseconduiraittrsbien.LesdiscoursdeBerrul'indignaientetluifaisaientpeur,parcequ'ilsneluisemblaientpashonntes.EllevoyaitqueDamourchangeait,prenaitdesfaons,employaitdesmots,quineluiplaisaientgure.Maiselletaitplusinquiteencoredel'airardentetsombredontsonfilsEugnecoutaitBerru.Lesoir,quandLouises'taitendormiesurlatable,Eugnecroisaitlesbras,buvaitlentementunpetitverred'eau-de-vie,sansparler,lesyeuxfixssurlepeintre,quirapportaittoujoursdeParisquelquehistoireextraordinairedetratrise:desbonapartistesfaisant,deMontmartre,dessignauxauxAllemands,oubiendessacsdefarineetdesbarilsdepoudrenoysdanslaSeine,pourlivrerlavilleplus tt.-Envoildescancans!disaitFliciesonfils,quandBerrus'taitdcid partir. Ne va pas te monter la tte, toi ! Tu sais qu'il ment.- J e sais ce que je sais, rpondait Eugne avec un geste terrible.Verslemilieudedcembre,lesDamouravaientmangleursconomies.Achaqueheure,onannonaitunedfaitedesPrussiensenprovince,unesortievictorieusequiallaitenfindlivrerParis;etlemnagenefutpaseffrayd'abord,esprantsanscessequeletravailreprendrait.Fliciefaisaitdesmiracles,onvcutaujourlejourdecepainnoirdusige,queseulelapetiteLouisenepouvaitdigrer.Alors,DamouretEugneachevrentdesemonterlatte,ainsiquedisaitlamre.Oisifsdumatinausoir,sortisdeleurshabitudes,etlesbrasmousdepuisqu'ilsavaientquittl'tau,ilsvivaientdansunmalaise,dansuneffarementpleind'imaginationsbaroquesetsanglantes.Tousdeuxs'taientbienmisd'unbataillondemarche,seulement,cebataillon,commebeaucoupd'autres,nesortitmmepasdesfortifications,caserndansunposteoleshommespassaientlesjournesjouerauxcartes.EtcefutlqueDamour,l'estomacvide,lecoeurserrdesavoirlamisrechezlui,acquitlaconviction,encoutantlesnouvellesdesuns et des autres, que le gouvernement avait jur d'exterminer le peuple,pour tre matre de la rpublique.Berruavaitraison:personnen'ignoraitqu'HenriVtaitsaint-Germain,dansunemaisonsurlaquelleflottaitundrapeaublanc.Maisafinirait.Undecesquatrematins,onallaitleurflanquerdescoupsdefusil,cescrapulesquiaffamaientetquilaissaientbombarderlesouvriers,histoire simplement de faire de la place aux nobles et aux prtres.QuandDamourrentraitavecEugne,tousdeuxenfivrsparlecoupdefolie du dehors, ils ne parlaient plus que de tuer le monde, devant Fliciepleetmuette,quisoignaitlapetiteLouiseretombemalade,causede la mauvaise nourriture.Cependant,lesiges'acheva,l'armisticefutconclu,etlesPrussiensdfilrentdanslesChamps-Elyses.RuedesEnvierges,onmangeadupain blanc, que Flicie tait alle chercher saint-Denis.Maislednerfutsombre.Eugne,quiavaitvouluvoirlesPrussiens,donnaitdesdtails,lorsqueDamour,brandissantunefourchette,criafurieusementqu'ilauraitfalluguillotinertouslesgnraux.Fliciesefcha et lui arracha la fourchette.Lesjourssuivants,commeletravailnereprenaittoujourspas,ilsedcidaseremettrel'taupoursoncompte:ilavaitquelquespicesfondues,desflambeaux,qu'ilvoulaitsoigner,dansl'espoirdelesvendre.Eugne,nepouvanttenirenplace,lchalabesogne,auboutd'uneheure.QuantBerru,ilavaitdisparudepuisl'armistice;sansdoute,iltaittombailleurssurunemeilleuretable.Mais,unmatin,ilseprsentatrsallum,ilracontal'affairedescanonsdeMontmartre.Desbarricadess'levaientpartout,letriomphedupeuplearrivaitenfin;etilvenaitchercherDamour,endisantqu'onavaitbesoindetouslesbonscitoyens.Damourquittasontau,malgrlafigurebouleversedeFlicie.C'taitla Commune.Alors,lesjournesdemars,d'avriletdemaisedroulrent.LorsqueDamourtaitlasetquesafemmelesuppliaitderesterlamaison,ilrpondait: .- Et mes trente sous ? Qui nous donnera du pain ?Fliciebaissaitlatte.Ilsn'avaient,pourmanger,quelestrentesousdupreetlestrentesousdufils,cettepaiedelagardenationalequedesdistributionsdevinetdeviandesaleaugmentaientparfois.Dureste,Damourtaitconvaincudesondroit,iltiraitsurlesVersaillaiscommeilauraittirsurlesPrussiens,persuadqu'ilsauvaitlarpublique et qu'il assurait le bonheur du peuple.Aprslesfatiguesetlesmisresdusige,l'branlementdelaguerrecivilelefaisaitvivredansuncauchemardetyrannie,oilsedbattaitenhrosobscur,dcidmourirpourladfensedelalibert.Iln'entraitpasdanslescomplicationsthoriquesdel'idecommunaliste.Asesyeux,laCommunetaitsimplementl'ged'orannonc,lecommencementdelaflicituniverselle;tandisqu'ilcroyait,avecplusd'enttementencore,qu'ilyavaitquelquepart,saint-GermainouVersailles,unroiprtrtablirl'inquisitionetlesdroitsdesseigneurs, si on le laissait entrer dans Paris. Chez lui, il n'aurait pas tcapabled'craseruninsecte;mais,auxavant-postes,ildmolissaitlesgendarmes,sansunscrupule.Quandilrevenait,harass,noirdesueuretdepoudre,ilpassaitdesheuresauprsdelapetiteLouise,l'couterrespirer.Flicienetentaitplusdeleretenir,elleattendaitavecsoncalme de femme avise la fin de tout ce tremblement.Pourtant,unjour,elleosafaireremarquerquecegranddiabledeBerru,quicriaittant,n'taitpasassezbtepourallerattraperdescoupsdefusil.Ilavaiteul'habiletd'obtenirunebonneplacedansl'intendance;cequinel'empchaitpas,quandilvenaitenuniforme,avecdesplumetsetdesgalons,d'exalterlesidesdeDamourpardesdiscoursoilparlaitdefusillerlesministres,laChambre,ettoutelaboutique,lejour o on irait les prendre Versailles.-Pourquoin'yva-t-ilpaslui-mme,aulieudepousserlesautres?disaitFlicie.Mais Damour rpondait :- Tais-toi. J e fais mon devoir. Tant pis pour ceux qui ne font pas le leur !Unmatin,verslafind'avril,onrapporta,ruedesEnvierges,Eugnesurun brancard. Il avait reu une balle en pleine poitrine, aux Moulineaux.Comme on le montait, il expira dans l'escalier.QuandDamourrentralesoir,iltrouvaFliciesilencieuseauprsducadavre de leur fils. Ce fut un coup terrible, il tomba par terre, et elle lelaissasangloter,assiscontrelemur,sansrienluidire,parcequ'ellenetrouvaitrien,etque,sielleavaitlchunmot,elleauraitcri:C'esttafaute!Elleavaitfermlaporteducabinet,ellenefaisaitpasdebruit,depeurd'effrayerLouise.Aussialla-t-ellevoirsilessanglotsduprenerveillaientpasl'enfant.Lorsqu'ilsereleva,ilregardalongtemps,contrelaglace,unephotographied'Eugne,olejeunehommes'taitfaitreprsenterengardenational.Ilprituneplumeetcrivitaubasdelacarte:J etevengerai,avecladateetsasignature.Cefutunsoulagement.Lelendemain,uncorbillarddrapdegrandsdrapeauxrougesconduisitlecorpsauPre-Lachaise,suivid'unefoule norme.Lepremarchaitttenue,etlavuedesdrapeaux,cettepourpresanglantequiassombrissaitencorelesboisnoirsducorbillard,gonflaitsoncoeurdepensesfarouches.RuedesEnvierges,FlicietaitresteprsdeLouise.Dslesoir,Damourretournaauxavant-postestuerdesgendarmes.Enfin,arrivrentlesjournesdemai.L'armedeVersaillestaitdansParis.Ilnerentrapasdedeuxjours,ilserepliaavecsonbataillon,dfendantlesbarricades,aumilieudesincendies.Ilnesavaitplus,iltiraitdescoupsdefeudanslafume,parcequeteltaitsondevoir.Lematindutroisimejour,ilreparutruedesEnvierges,enlambeaux,chancelantethbtcommeunhommeivre.Flicieledshabillaitetluilavaitlesmainsavecuneserviettemouille,lorsqu'unevoisineditquelescommunardstenaientencoredanslePreLachaise,etquelesVersaillais ne savaient comment les en dloger. .- J ' y vais, dit-il simplement.Ilserhabilla,ilrepritsonfusil.MaislesderniersdfenseursdelaCommunen'taientpassurleplateau,danslesterrainsnus,odormaitEugne.Lui,confusment,espraitsefairetuersurlatombedesonfils.Ilneputmmeallerjusque-l.Desobusarrivaient,cornaientlesgrandstombeaux.Entrelesormes,cachsderrirelesmarbresquiblanchissaientausoleil,quelquesgardesnationauxlchaientencoredescoupsdefeusurlessoldats,dontonvoyaitlespantalonsrougesmonter.EtDamourarrivajustepointpourtrepris.Onfusillatrente-septdesescompagnons.Cefutmiracles'ilchappacettejusticesommaire.Commesafemmevenaitdeluilaverlesmainsetqu'iln'avaitpastir,peut-trevoulut-onluifairegrce.D'ailleurs,danslastupeurdesalassitude,assommpartantd'horreurs,jamaisilnes'taitrappellesjournesquiavaientsuivi.Celarestaitenluil'tatdecauchemarsconfus:delonguesheurespassesdansdesendroitsobscurs,desmarchesaccablantesausoleil,descris,descoups,desfoulesbantesautraversdesquellesilpassait.Lorsqu'ilsortitdecetteimbcillit,iltait Versailles, prisonnier.Flicievintlevoir,toujourspleetcalme.QuandelleluieutapprisqueLouiseallaitmieux,ilsrestrentmuets,netrouvantplusriensedire.Enseretirant,pourluidonnerducourage,elleajoutaqu'ons'occupaitdeson affaire et qu'on le tirerait de l. Il demanda :- Et Berru ?-Oh!rpondit-elle,Berruestensret...Ilafiltroisjoursavantl'entre des troupes, on ne l'inquitera mme pas.Unmoisplustard,DamourpartaitpourlaNouvelle-Caldonie.Iltaitcondamnladportationsimple.Commeiln'avaiteuaucungrade,leconseildeguerrel'auraitpeut-treacquitt,s'iln'avaitavoud'unairtranquillequ'ilfaisaitlecoupdefeudepuislepremierjour.Aleurdernire entrevue, il dit Flicie :- J e reviendrai. Attends-moi avec la petite.Etc'taitcetteparolequeDamourentendaitleplusnettement,danslaconfusiondesessouvenirs,lorsqu'ils'appesantissait,lattelourde,devantl'horizonvidedelamer.Lanuitquitombaitlesurprenaitlparfois.Auloin,unetacheclairerestaitlongtemps,commeunsillagedenavire,trouantlestnbrescroissantes;etilluisemblaitqu'ildevaitseleveretmarchersurlesvagues,pours'enallerparcetterouteblanche, puisqu'il avait promis de revenir.I IANouma,Damourseconduisaitbien.Ilavaittrouvdutravail,onluifaisait esprer sa grce.C'taitunhommetrsdoux,quiaimaitjoueraveclesenfants.Ilnes'occupaitplusdepolitique,frquentaitpeusescompagnons,vivaitsolitaire;onnepouvaitluireprocherquedeboiredeloinenloin,etencoreavait-ill'ivressebonneenfant,pleurantchaudeslarmes,allantsecoucherdelui-mme.sagrceparaissaitdonccertaine,lorsqu'unjourildisparut.Onfutstupfaitd'apprendrequ'ils'taitvadavecquatre de ses compagnons.Depuisdeuxans,ilavaitreuplusieurslettresdeFlicie,d'abordrgulires,bienttplusraresetsanssuite.Lui-mmecrivaitassezsouvent.Troismoissepassrentsansnouvelles.Alors,undsespoirl'avaitpris,devantcettegrcequ'illuifaudraitpeut-treattendredeuxannesencore;etilavaittoutrisqu,dansunedecesheuresdefivredontonserepentlelendemain.Unesemaineplustard,ontrouvasurlacte,quelqueslieues,unebarquebriseetlescadavresdetroisdesfugitifs,nusetdcompossdj,parmilesquelsdestmoinsaffirmrent qu'ils reconnaissaient Damour.C'taientlammetailleetlammebarbe.Aprsuneenqutesommaire,lesformalitseurentlieu,unactededcsfutdress,puisenvoyenFrancesurlademandedelaveuve,quel'Administrationavaitavertie.Toutelapresses'occupadel'aventure,unrcittrsdramatiquedel'vasionetdesondnouementtragiquepassadanslesjournauxdumonde entier.Cependant,Damourvivait.Onl'avaitconfonduavecundesescompagnons,etcelad'unefaond'autantplussurprenantequelesdeuxhommesneseressemblaientpas.Tousdeux,simplement,portaientleurbarbelongue.Damouretlequatrimevad,quiavaitsurvcucomme...