Fantomette Et La Dent Du Diable Original

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    19-Jun-2015

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<p>1</p> <p>DU MME AUTEUR dans la mme collection : Liste des romansLes Exploits de Fantmette 1961 2. Fantmette contre le Hibou 1962 Juillet 3. Fantmette contre le gant 1963 Janvier 4. Fantmette au carnaval 1963 Septembre 5. Fantmette et l'le de la sorcire 1964 Aout 6. Fantmette contre Fantmette 1964 7. Pas de vacances pour Fantmette 1965 8. Fantmette et la tlvision 1966 9. Opration Fantmette 1966 10. Les sept Fantmettes 1967 11. Fantmette et la Dent du Diable 1967 12. Fantmette et son prince 1968 13. Fantmette et le brigand 1968 14. Fantmette et la lampe merveilleuse 1969 15. Fantmette chez le roi 1970 16. Fantmette et le trsor du pharaon 1970 17. Fantmette et la maison hante 1971 18. Fantmette la Mer de Sable 1971 19. Fantmette contre la Main Jaune 1971 20. Fantmette viendra ce soir 1972 21. Fantmette dans le pige 1972 22. Fantmette et le secret du dsert 1973 23. Fantmette et le Masque d'Argent 1973 24. Fantmette chez les corsaires (octobre 1973 25. Fantmette contre Charlemagne 1974 Mars 26. Fantmette et la grosse bte 19741. 2</p> <p>27. Fantmette</p> <p>et le palais sous la mer 1974 28. Fantmette contre Diabola 1975 29. Appelez Fantmette ! 1975 30. Ol, Fantmette ! 1975 31. Fantmette brise la glace 1976 32. Les Carnets de Fantmette 1976 33. C'est quelqu'un, Fantmette ! 1977 34. Fantmette dans l'espace 1977 35. Fantmette fait tout sauter 1977 36. Fantastique Fantmette 1978 37. Fantmette et les 40 milliards 1979 38. LAlmanach de Fantmette 1979 39. Fantmette en plein mystre 1979 40. Fantmette et le mystre de la tour 1979 Aout 41. Fantmette et le Dragon d'or 1980 Juin 42. Fantmette contre Satanix 1981 Avril 43. Fantmette et la couronne 1982 Janvier 44. Mission impossible pour Fantmette 1982 Octobre 45. Fantmette en danger 1983 Octobre 46. Fantmette et le chteau mystrieux 1984 47. Fantmette ouvre l'il 1984 48. Fantmette s'envole 1985 49. C'est toi Fantmette ! 1987 50. Le retour de Fantmette 2006 51. Fantmette a la main verte 2007 52. Fantmette et le magicien 2009</p> <p>3</p> <p>GEORGES CHAULT</p> <p>FANTOMETTEET LADENT DU DIABLEILLUSTRATIONS DB JOSBTTB STBFANI</p> <p>HACHETTE</p> <p>4</p> <p>RESUMEIl se passe d'tranges choses dans ce chalet de montagne o une colonie de vacances s'est installe ! Le tlviseur tombe en panne, ainsi que le tlphone. Et toutes les piles des postes transistor disparaissent ! La nuit, on entend des bruits bizarres, des cris, des appels... Des silhouettes noires se promnent dans l'escalier intrieur, et une odeur de produit chimique flotte dans l'air... En escaladant le toit, Fantmette va rsoudre une partie des problmes qui se posent dans le chalet du Diable, et s'apercevoir que la colonie est victime d'une effroyable machination !Personnages Adversaires Gographie Remarques : Ficelle, Franoise, Boulotte, Commissaire Frosse. : Le Furet, Alpaga, Bulldozer : Chamonix : 15 chapitres et un pilogue</p> <p>5</p> <p>6</p> <p>CHAPITRE PREMIEREn tlphrique A AAAH ! ! ! Nous allons tomber dans le ravin , hurla la grande Ficelle, verte de peur. L'autocar frlait dangereusement le mince parapet qui bordait une route sinueuse, troite, rendue glissante par des plaques de neige demi fondues.</p> <p>7</p> <p>Depuis prs de trois heures, le lourd vhicule grimpait l'assaut des Alpes, grondant, ptaradant, empoisonnant l'air pur de la montagne avec des nuages gris et malodorants. Ses vingt jeunes passagres taient balances droite et gauche, projetes en avant, en arrire, secoues, assourdies, mais ravies, car la perspective de glisser sur les pentes neigeuses leur faisait oublier les inconvnients du voyage. Et la petite colonie manifestait sa joie en braillant des airs la mode, au risque de provoquer des avalanches. Seule, la grande Ficelle ne semblait point partager l'allgresse gnrale. Blme, les yeux hagards, la gorge sche, elle collait son nez la vitre pour sonder avec effroi les profondeurs des valles, calculer les risques de culbute et imaginer la dgringolade au long de la pente parseme de sapins, jusqu'au torrent glac qui serpentait tout en bas...</p> <p>8</p> <p>Elle se tourna vers sa voisine, une grosse fille aux joues rebondies, qui dpliait l'emballage en aluminium d'un triangle de fromage. Boulotte! Tu n'as pas peur, toi? La gourmande engloutit le triangle et demanda avec surprise : Peur! Peur de quoi? Eh bien, a, l... Ce prcipice! C'est bouriffant! Si nous tombions dedans... Ce serait horrible! Boulotte haussa les paules : Du moment que j'ai l'estomac plein, je n pense pas. La grande Ficelle se retourna. Sur le sige arrire, une brunette aux cheveux boucls se faisait bercer par le mouvement du car. Ficelle l'interpella : H! Franoise! Tu n'as pas peur, toi? Pas de rponse. Franoise, tu dors? Tu vois bien que oui , fit la brunette, sans ouvrir les yeux.</p> <p>9</p> <p>Ficelle frona les sourcils. Ce nest pas vrai! Si tu dormais, tu ne pourrais pas me rpondre. Et puisque tu me rponds, c'est que tu es rveille. Alors, puisque je suis veille, pourquoi me demandes-tu si je dors? Parce que... Et puis, tiens! Jaime mieux ne pas te rpondre! Je vais faire marcher mon transistor. Elle couta de la musique pendant dix</p> <p>10</p> <p>secondes, puis poussa une exclamation en apercevant au long d'une pente blanche un chapelet de points noirs. Elle se dressa en criant : Oh! Regardez! Des skieurs... Une voix d'homme ordonna : Ficelle! Asseyez-vous! C'tait l'un des trois moniteurs chargs d'accompagner la colonie. Ils taient tous trois blonds, athltiques et revtus d'impressionnants anoraks rouges. Ficelle obit et saisit le bras de Boulotte, pour attirer son attention. Tu as vu ces skieurs? Ils sont tellement petits qu'ils ressemblent des microbes... Boulotte jeta un coup d'il distrait, dclara que la piste de ski lui faisait penser des ufs la neige, puis entreprit de croquer une tablette de chocolat blanc parfum la noix de coco. Quelques instants plus tard, l'autocar parvint au sommet d'une cte.</p> <p>11</p> <p>Dans un cadre de sapins, apparut une petite ville aux maisons de bois coiffes de longs toits ross, dont les fentres s'ornaient de balcons peints en bleu, jaune, rouge... Tout tait propre et clair, gai et accueillant. Le moniteur-chef annona : Nous arrivons Chamoix... Tout le monde descend! A ces mots, un grand remue-mnage se produisit. Les filles se prcipitrent sur les valises, les sacs et les skis en poussant mille exclamations, et se bousculrent pour sortir du car. Les moniteurs rassemblrent tant bien que mal tout leur monde, s'assurrent qu'il ne manquait personne, puis donnrent le signal de la marche. On allait traverser Chamoix pied pour se rendre la station de tlphrique. Ces demoiselles dfilrent tout au long de la rue principale en martelant la neige du talon et en hurlant avec enthousiasme, sur un air fantaisiste :</p> <p>12</p> <p>Faire du traneau C'est rigolo Faire du ski C'est exquis !</p> <p>La colonie entra en se bousculant dans la station, puis dans la cabine. Ficelle franchit la porte en confiant Boulotte : C'est la premire fois que je-monte dans un engin comme celui-l... Ce que je vais avoir peur ! Jen suis toute bouriffe ! </p> <p>13</p> <p>On entendit le son aigrelet d'une trompette, puis le ronflement d'un moteur lectrique et quelques grincements. Avec douceur, la cabine quitta la gare et s'leva obliquement. Aprs un instant, Ficelle oublia ses craintes pour admirer le panorama qui dfilait sous ses yeux. Les Alpes taient grises, ocres, violettes, barbouilles de neige, parsemes d'picas vert fonc, surmontes d'un ciel bleu parfaitement nettoy. Ficelle s'cria : Ah! Quel spectacle bouriffant! On dirait une diapositive en couleurs naturelles! La cabine survola une corde d'alpinistes qui semblaient colls la paroi verticale. Ce fut un nouveau sujet d'tonnement pour la grande fille, qui demanda Franoise : Pourquoi ne prennent-ils pas le tlphrique, comme nous? Ils seraient plus vite arrivs! A peine eut-elle prononc cette</p> <p>14</p> <p>phrase, qu'une brusque secousse jeta les passagers les uns sur les autres. La cabine venait de stopper net. Elle se balana un moment, puis demeura immobile, suspendue son cble, tandis que les filles poussaient des cris assourdissants!</p> <p>15</p> <p>CHAPITRE IILe Chalet du Diable Nous sommes en panne! cria Ficelle. Un employ casquette assura que ce n'tait pas grave, puis le moniteur-chef leva la voix : Allons, un peu de calme, s'il vous plat! Inutile de hurler, nous ne courons aucun danger. 16</p> <p>Ficelle tourna un visage angoiss vers Franoise : Tu crois qu'il n'y a pas de danger? Non, c'est sans doute une coupure de courant. Le pire qui puisse nous arriver, c'est de mijoter dans cette bote pendant quelques heures. A ces mots, Boulotte devint trs ple. Ah! Mais si nous restons ici trop longtemps, je n'aurai plus rien manger! J'ai tout juste emport trois paquets de biscuits, un peu de chocolat et deux tubes de lait condens... J'ai peine de quoi tenir pendant une petite heure... Peut-tre, dit Franoise, que Fantmette viendra t'apporter du ravitaillement en hlicoptre... - Fantmette? Penses-tu! Elle ne s'occupe que des voleurs ou des contrebandiers. Je n'en suis pas si sre. Il lui arrive</p> <p>17</p> <p>de porter secours des personnes en danger. - Alors, qu'elle se dpche de m'apporter manger, parce que je sens que je vais mourir de faim! Et la grosse fille mordit avec vigueur dans une tablette de chocolat. L'instant d'aprs, la cabine vibra et reprit son mouvement ascendant. Ce nouveau dpart fut salu par un Ah! gnral de soulagement. Quelques secondes plus tard, on croisa la cabine descendante, ce qui donna une fois de plus aux filles l'occasion de crier, en agitant les mains pour dire bonjour aux touristes qui regagnaient Chamonix. Il n'y eut plus d'autre incident jusqu' la station suprieure, o le tlphrique s'arrta. Les filles sortirent de la gare et s'alignrent sur une plate-forme de bton qui s'accrochait au flanc de la montagne. De ce point, une piste skiable descendait dans la valle. L, les moniteurs</p> <p>18</p> <p>firent l'appel sans doute pour s'assurer que personne n'avait saut en cours de route. L'atmosphre se composait d'un agrable mlange de soleil, d'air lger, de vent frais et de lumire. Ficelle ternua et se moucha en grognant : a y est! Je m'enrhume! Non, dit Franoise, c'est un effet de l'altitude. Ton nez va couler pendant trois ou quatre jours... - Ah? Merci du renseignement! Mais aprs, tu te sentiras lgre comme une douzaine de papillons. Satisfaite par cette perspective, Ficelle cessa de geindre. Elle tourna son regard vers le sommet qui se terminait en pointe recourbe, et demanda : Au fait, comment s'appelle ce pic sur lequel nous montons? La Dent du Diable. -Oh! Quel nom effrayant! C'est vrai, cette dent a quelque chose de diabolique! Quelle vision affreusement</p> <p>19</p> <p>angoissante! J'ai les cheveux qui se dresseraient sur ma tte si je ne portais pas un bonnet. Tu ne trouves pas a horrible, Franoise? Mais non. C'est trs joli, au contraire. Moi, a me fait une peur bouriffante! Franoise haussa les paules. Ce que tu peux tre stupide, ma pauvre Ficelle!</p> <p>20</p> <p>-Possible, mais si tu tais ma place, tu aurais encore plus peur que moi! Les filles se mirent en route vers un chalet bti mi-chemin entre la station suprieure et le sommet. Il fallait lever haut les pieds pour progresser dans une paisse couche de neige poudreuse, peu propice la marche, mais idale pour les glissades sur skis. Aprs dix minutes d'ascension, on parvint en vue du chalet. Grande btisse en sapin, avec des encadrements de fentres peints en rouge vif et une terrasse ceinture d'une balustrade blanche. Plaque contre un ct, s'levait une haute chemine de pierres massives. Le logis fit une bonne impression sur la petite troupe, et Ficelle dclara avec satisfaction : Elle me plat beaucoup, cette maison en bois. Je me demande si elle a un nom? </p> <p>21</p> <p>Un des moniteurs avait entendu la phrase. Il rpondit : On l'appelle le Chalet du Diable. - Oh! gmit Ficelle, quel nom affreux! Il doit se passer l-dedans des choses pouvantables! Rien cependant ne pouvait justifier les craintes de Ficelle. Tout autant que l'extrieur du chalet, l'intrieur tait accueillant. On y trouvait une grande salle commune, aux parois faites de planches en mlze, au plafond soutenu par de grosses poutres carres. Une chemine noircie par ls feux de bois occupait une extrmit, et servait d'paulement un imposant stock de bches. Non loin de la chemine se trouvaient deux cuisinires. L'une, surmonte de casseroles en cuivre rouge, tait une grosse bote rectangulaire en fonte noire et laiton jaune. L'autre, qui se tenait devant la premire, tait une grosse femme aux joues luisantes. C'est</p> <p>22</p> <p>grce ses soins qu'un fumet de bonne soupe s'chappait des marmites. Dsignant une cloche accroche sur le ct de la chemine, elle annona : Quand vous entendrez la cloche, cela voudra dire que le dner est prt! Encore un petit quart d'heure... La gourmande Boulotte chuchota l'oreille de Ficelle : Un quart d'heure... je ne tiendrai jamais jusque-l... Vous avez senti ce parfum de gratin dauphinois? Ah! Je23</p> <p>voudrais tre plus vieille d'un quart d'heure! Pendant ce laps de temps, les moniteurs procdrent l'installation de la colonie. Installation qui se fit dans une certaine confusion, les trois hommes ne pouvant surveiller tout le monde. Mais il tait prvu qu'une monitrice et une infirmire viendraient en renfort le surlendemain. Au premier tage, une vaste chambre transforme en dortoir fut envahie par les filles, qui sautrent sur les lits de camp pour en prouver l'lasticit, ou fourrrent leur tte dans les sacs de couchage pour voir si l'intrieur cachait quelque chose. A peine eurent-elles le temps d'ouvrir les valises et de commencer en dballer le contenu, que la cloche tinta. En poussant des cris de joie, les jeunes vacancires se prcipitrent dans la grande salle, s'assirent sur des bancs devant de longues tables et se mirent taper en cadence</p> <p>24</p> <p>sur leurs assiettes avec leurs couteaux, pour exprimer l'intensit de leur apptit. Aprs le dner, les choses ne tranrent pas. Le sommeil se faisait dj sentir, et bientt les jeunes personnes se dirigrent vers leurs lits de camp. Pour la plupart d'entre elles, c'tait la premire fois qu'elles entraient en contact avec un sac de couchage. En se fourrant dans le sien, Ficelle dit Franoise : J'ai l'impression d'tre une lettre que l'on met dans une enveloppe. Tu peux remuer les jambes, l-dedans? - Non, mais quand on dort bien, on ne bouge pas tellement. - Moi, si. De temps en temps, je me rveille avec les pieds sur le traversin. Une fois, je me suis mme retrouve par terre sur la descente de lit. J'en tais tout bouriffe! Et une autre fois... Elle billa, ferma les yeux et s'endormit.</p> <p>25</p> <p>Dans le dortoir, il y eut encore quelques rires touffs, des propos changs mi-voix, puis ce fut le silence. Dix minutes plus tard, Fantmette se rveilla.</p> <p>26</p> <p>CHAPITRE IIIL'trange nuitFANTMETTE ne dormait jamais compltement. Une "petite parcelle de son esprit restait toujours en veil. Son sixime sens montait la garde tout au long de la nuit. Ce fut un crissement sur la neige durcie par le froid qui atti...</p>