federation, journal 2

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    La Fdration se veut un rassemblement informel dartistes et de thtres qui tentent dinventer ensemble raisons et faons de crer du thtre. Certains de ces thtres sont des amis fidles et dtermins, dautres observent avec bienveillance ce qui est luvre et se cherchent une place, dautres enfin ouvrent occasionnellement des pistes gnreuses. Rien ne nous engage, mais beaucoup nous lie. Mettre en commun nos raisons et nos faons de faire du thtre se fonde sur un prsuppos simple : nous avons des raisons et des faons de faire du thtre. Seulement voil : qui sait aujourdhui simplement ce qui le conduit fabriquer du thtre, et de cette manire plutt que dune autre ?

    Notre premire tche est de parvenir doucement ce constat commun quil est difficile, peut-tre mme de plus en plus difficile, de donner sens nos buts et nos pratiques. Daccepter les doutes, les questionnements. De ne pas savoir :

    Quel thtre faire aujourdhui ? Avec qui ? O ? Quels sont les thtres dont nous avons aujourdhui besoin : des grandes salles, des petites ? Grandes comment ? Petites comment ? La rue ? Des lieux de la vraie vie ? La campagne ? Un thtre itinrant ? Un thtre sdentaire qui investit des lieux diffrents chaque saison ? Un thtre sdentaire pour de longues sries de reprsentations ? Pour qui ces reprsentations ? Comment aller la rencontre de nouveaux publics ? Qui sont-ils ? Devons-nous crer pour eux ? Comment lutter contre linexorable vieillissement des publics de thtre ? Les artistes de thtre doivent-ils tre comptables dun rapport au public ? Et si oui, de quel type ? Ne doivent-ils tre que les auxiliaires dune action culturelle et dun imaginaire lien social ou

    doivent-ils tre associs voire ports la direction des lieux ? Pourquoi ne pardonne-t-on rien au thtre (quand on pardonne tant au cinma) ? Quelle est la nature de ce risque que lon prend en venant au thtre ? Quy attend-on ? Quy espre-t-on ? Pour-quoi ces attentes et ces espoirs sont-ils si souvent dus ? Et quelles fins reprsente-t-on ? Les thtres sont-ils toujours des thtres ou sont-ils devenus des salles de spectacles ? Le spectateur du rang K est-il venu voir du thtre ou un spectacle ? Lacteur sur scne fait-il du thtre ou joue-t-il dans un spectacle ? La distance entre celui-ci et celui-l doit-elle sabolir ou saccuser ? Pourquoi est-on subven-tionn ? Pour faire du thtre ou des spectacles ? Pour partager lamour dune uvre ou travailler darrache-pied la promotion de soi-mme ? Pour partager un propos, des ques-tions ou pour le simple pouvoir den tenir un (de propos) et den poser (des questions) ? Quelle place pour les critures daujourdhui ? Que signifie commander un texte un auteur ? Quel type de contrat cette dmarche

    implique-t-elle ? La mise en scne est-elle un art ? Un artisanat fdra-teur ? Une scandaleuse appropriation des moyens de production ? Un mal ncessaire ? Une criture singulire et profonde ou une exploitation honte du talent des autres ? Peut-on se passer des metteurs en scne ? Doit-on se passer deux et explorer dautres manires de faire ? Comment repenser pour le thtre une conomie juste ? Quest-ce quune conomie juste pour le thtre ? Une conomie lgre ? Quest-ce qui cote cher au thtre ? Doit-on continuer consi-drer comme seulement anormal quun spectacle ne tourne pas ou peu ? Doit-on continuer sanctionner les compagnies qui ne tournent pas ou peu et laisser volont (et discr-tion) cette possibilit aux directeurs de centres dramatiques ? Doit-on continuer laisser les thtres (subventionns par des rgions, des dpartements et un ministre) ne pas accueillir un nombre raisonnable de reprsentations de compagnies (subventionnes par les mmes rgions, dpartements et ministre) ?

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  • 2Quelle place pour les directeurs de thtres non-artistes dans les processus de cration ? Que signifie coproduire ? Quel type de contrat lie-t-il les coproducteurs ? Sommes-nous dans une conomie publique ? Prive ? Mixte ? Cette conomie gomtrie variable (lon se revendique de la grande histoire de la Dcentrali-sation pour exiger des subsides publics et lon pratique des marges financires sur les ventes de nos spectacles) nin-duit-elle pas des rgles contractuelles gomtrie variable elles aussi ? Qui dit la rgle ? Qui rpond de la rgle ?

    Accepter de ne pouvoir toujours rpondre et chercher. Chercher, cest aussi notre mtier. Ouvrir pour cela la porte dautres que nous, gens de thtre. Ouvrir la porte des scien-tifiques, des intellectuels, des enseignants, des historiens, des philosophes, des psychanalystes. Des chercheurs.

    Cest ce que nous avons tent de faire tout au long de ce numro 2 : relier nos paroles dautres paroles qui ouvrent leur tour sur dautres possibles, dautres champs, dautres propos. Dployer et ouvrir les espaces de rflexion. Je tiens remercier toutes celles et ceux qui ont accept de rpondre nos espoirs de nouveaux points de vue. Ils lont fait avec talent, gnrosit, bienveillance (nous tions novices) et pertinence.

    Merci donc Chantal Weizmann, Franoise Lantheaume, Anne Flottes, Grard Noiriel, Marjorie Glas. La Fdration y a sans doute dcouvert la possibilit de nouveaux partena-riats pour lavenir. Je tiens aussi remercier Samuel Gallet, jeune auteur dramatique, qui a accept le risque dune carte blanche : je souhaitais quil porte un regard singulier, son regard, sur ce que pouvait voquer pour lui, aujourdhui, une aventure de thtre. Un immense merci enfin Sabrina Perret qui a conu et coordonn la ralisation de ce journal.

    Aujourdhui, la Fdration cherche des endroits justes de paroles possibles.

    Le Lyce en est un, qui a vu la naissance dun premier Cahier dhistoires en France. Un second Cahier dhistoires verra le jour dans des lyces et thtres marocains et algriens. Un troisime est engag en Hati. Le milieu rural normand en est un second o nous crons en ce moment-mme lombre de Pauline Sales. Une autre faon daborder le monde rural aprs des annes de Comdie Itinrante avec la Comdie de Valence : vivre et crer dans un village dans le cadre dune association entre une communaut de communes et un centre dramatique (Le Prau de Vire).

    Demain, une pice dEnzo Cormann (Hors-jeu) sur les traces dun deman-deur demploi, une commande dcriture venir sur le thme de lher-maphrodisme, une affaire : une autre faon de partir la rencontre des diff-rents publics partir dune thmatique majeure dcline en multiples varia-tions (forme grand plateau, conf-rence, ateliers avec les populations, cabaret, tour de chant, petites formes crer in situ) et toutes celles encore que nous nous promettons dinventer ensemble.

    PHILIPPE DELAIguE

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    l'ombre met en scne trois collaborateurs de Bertolt Brecht, Marianne, Hans et Walter, librement inspirs de certains compagnons de route du grand dramaturge (Elisabeth Hauptmann, Margarethe Steffin, Hanns Eisler, mais aussi Walter Benjamin). La pice commence en RDA dans les annes soixante dix dans l'ancien atelier d'criture o quelqu'un (enquteur, agent de la stasi, universitaire, double de l'crivain, reprsentant du public ?) vient questionner les trois protagonistes propos d'un opra non sign, l'opra des ombres. On les retrouve alors en 1932 dans ce mme atelier