Impact dInternet sur lconomie franaise ? Les rsultats sont cohrents avec les autres

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  • Impact dInternet sur lconomie franaise Comment Internet transforme notre pays

  • 1Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    Table des matires

    3

    4

    7

    11

    17

    26

    33

    34

    41

    Prface

    Avant-propos

    Synthse

    Un poids et des effets considrables lchelle de lconomie franaise

    11 UnefortecontributionauPIBetlemploiaujourdhui

    15 Depuis15ans,unmoteuressentieldelacroissanceetdelacrationnettedemplois

    Des bnfices pour les agents conomiques

    17 Internetamliorelaperformancedesentreprisesfranaises

    24 Internetprocureunsurplusdevaleurlinternaute

    25 Internetparticipeaubien-treducitoyen

    Perspectives de croissance et de dveloppement horizon 2015

    26 UnrenforcementsignificatifdupoidsconomiquedInternetdici2015

    28 DesmargesdeprogressionpourexploiterpleinementlepotentielnumriquedelaFrance

    Conclusion

    Annexes

    34 Glossaire

    34 Notemthodologique

    40 Bibliographie

    A propos de McKinsey & Company

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  • 3Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    Prface

    Ltude de McKinsey sur lvaluation de limpact conomique dInternet en France est construite sur une approche mthodologique utilise par la comptabilit nationale. Lvaluation de la contribution de la filire conomique Internet au Produit Intrieur Brut (PIB) fait notamment appel aux trois valuations servant de base la comptabilit nationale: valuation par les dpenses, par la production et par les rmunrations. Les rsultats sont cohrents avec les autres indicateurs sur les emplois directs et indirects dans cette filire conomique.

    En 2009, la valeur ajoute de la filire a t de 60milliards deuros, soit 3,2% du PIB, le PIB tant ici la somme des valeurs ajoutes pour lensemble de lconomie. Une prvision relativement prudente conduit anticiper une valeur ajoute de la filire de lordre de 130 milliards deuros en 2015, soit 5,5% du PIB de cette anne-l.

    Cette tude dfriche un champ de connaissances essentiel pour la bonne comprhension du fonctionnement de nos conomies. Il serait souhaitable que les Instituts nationaux de statistiques de lUnion europenne sen emparent pour nous donner une base internationale de comparaisons. En attendant une ventuelle officialisation de cette analyse, on pourrait juger souhaitable que la mthodologie dveloppe par McKinsey soit utilise pour tablir des comptes de la filire Internet dans les principaux pays de lUnion europenne.

    Non seulement cette tude offre une vue globale sur ce secteur dactivit transversal, mais elle ajoute aux outils danalyse un indice Web dutilisation dInternet par les entreprises. Or, il apparat que les entreprises forte intensit Web (EFIW) croissent deux fois plus vite que les autres, exportent deux fois plus et sont plus profitables. Il faut y voir une corrlation plutt quune ncessaire causalit : les EFIW ne sont pas surperformantes parce quelles utilisent intensment Internet, mais elles utilisent davantage Internet parce quelles sont plus dynamiques et plus orientes vers la croissance. Or, mme sil ne sagit que dune corrlation, elle est trs forte et permet donc de considrer que lindice Web dutilisation dInternet est un remarquable indicateur de performance dont on peut imaginer de nombreuses applications. En se fondant sur la mthode de calcul de cet indice prsente dans ce rapport, on pourrait imaginer que la Banque de France lutilise, en complment des indicateurs financiers classiques, pour juger du dynamisme et de la qualit du management des entreprises du pays. De mme, les banques pourraient recourir cet indice comme indicateur de la performance venir des entreprises auxquelles elles prtent.

    Alors que les indicateurs financiers classiques rendent compte du pass, lindice Web dutilisation dInternet est un indicateur de performance future. A ce titre, cette tude constitue avant tout un outil daide la dcision, au service des pouvoirs publics comme des dirigeants dentreprise.

    Mars 2011

    Par Christian Saint-EtienneProfesseur titulaire de la Chaire dEconomie industrielle au Conservatoire National des Arts et Mtiers,

    Membre du Conseil dAnalyse Economique plac auprs du Premier ministre

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    Avant-propos

    Quapporte Internet notre conomie? Alors que ses premires applications sont apparues il y a seulement 25 ans, plus de 37millions de Franais y ont dsormais accs et la moiti dentre eux se connecte au quotidien. Les entreprises franaises ont, elles aussi, conscience des opportunits quoffre le Web* pour favoriser leur dveloppement. Selon lINSEE, en janvier 2009, 93 % des entreprises comptant plus de 10 salaris disposaient dun accs au haut-dbit et 54 % dun site web. Autant de facteurs qui laissent penser que limpact dInternet sur lconomie et la productivit de la France est loin dtre ngligeable. Pourtant, bien que de nombreuses analyses sur lconomie numrique aient dj t menes en France, aucune noffre notre connaissance de vision globale, permettant de mesurer la contribution dInternet lconomie nationale.

    Cest prcisment ce projet que sest attach McKinsey et le prsent rapport est la synthse de son travail, men conformment au principe dindpendance qui rgit les activits du cabinet.

    Cette recherche a t ralise avec le soutien de Google au cours du dernier trimestre 2010.

    Par ailleurs, nous tenons remercier plusieurs contributeurs, qui ont pris part cette tude en nous faisant partager leurs analyses, leur vision, leur exprience et leurs connaissances. En particulier, nous exprimons toute notre reconnaissance:

    Aux quelque 400 entrepreneurs qui, au travers des entretiens quils nous ont accords, nous ont permis de mieux comprendre les mcanismes microconomiques de cration de valeur par Internet,

    A un chantillon de 15 dirigeants dentreprise qui nous ont permis dillustrer, travers leur exprience, lapport de la Toile la dynamique entrepreneuriale franaise,

    A Croissance Plus qui a facilit ces rencontres,

    A Christian Saint-Etienne, Professeur titulaire de la Chaire dEconomie industrielle au Conservatoire National des Arts et Mtiers et Membre du Conseil dAnalyse Economique plac auprs du Premier ministre,

    A Fabien Postel-Vinay, professeur dEconomie lUniversit de Bristol,

    Au McKinsey Global Institute, qui a fourni la fois des lments de contexte et des outils danalyse fondamentaux pour raliser notre recherche,

    Aux responsables des ples de comptences High Tech, Medias et Tlcommunications de McKinsey au niveau mondial et au bureau de Paris.

    Cette tude a t dirige par Jacques Bughin, directeur associ senior au bureau de Bruxelles, et Eric Hazan, directeur associ au bureau de Paris, avec le concours de Rmi Said, consultant au bureau de Paris.

    Les chiffres de ce rapport proviennent de diffrentes sources publiques de rfrence (comme lINSEE ou la Banque de France), mais aussi et pour une large part de donnes indites issues de recherches ralises en France auprs des particuliers et sur le segment des PME par les quipes de McKinsey.

    Comprendre lconomie Internet: un effort de longue date au sein de McKinsey

    Notre tude sest largement appuye sur plusieurs travaux raliss par le MGI (McKinsey Global Institute), centre de recherche indpendant au sein du cabinet, qui tudie depuis de longues annes et de faon intensive les relations entre lindustrie des TIC (Technologies de lInformation et de la Communication) et la productivit. Trois rapports, publis au dbut des annes 2000 aux Etats-Unis, en France et en Allemagne, ont permis de confirmer lexistence de ce lien et lont tudi en dtail, en coupe sectorielle. Il en ressort des diffrences sensibles entre ces trois pays. Ainsi, dans les annes 1995-2000, les TIC ont contribu plus de 30% de la croissance de la productivit aux Etats-Unis et moins de 20 % en France et en Allemagne. Si ces carts sexpliquent pour un tiers par un plus faible niveau de dpenses TIC dans les deux Etats europens, les deux tiers restants sexpliquent par des diffrences portant sur la nature des environnements rglementaires et les niveaux de la demande locale entre ces pays.

    * Dans lensemble de ce rapport, nous avons considr, conformment la terminologie usuelle, quInternet, le Web, la Toile et le Net taient synonymes.

  • 5Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    Ces premiers travaux et leurs apports mthodologiques mais aussi lintuition que les nouvelles TIC issues de lInternet ont davantage contribu la croissance entre 2000 et 2010 que les technologies informatiques sur la priode 1995-2000 , nous ont permis de nourrir lambition plus forte porte par la prsente tude, qui vise explorer de manire approfondie le cas de la France. Nous nous sommes en effet fix pour objectif de mieux valuer et comprendre la contribution dInternet lconomie nationale, et le cas chant, de mettre jour les ressorts de cette contribution sur la priode 2000-2010.

    Dans cette optique, nous avons considr que nos travaux se devaient de rpondre quatre questions fondamentales : Quel est le poids dInternet dans lconomie franaise ? Comment apprhender la contribution dInternet lconomie et la socit dans son ensemble, et plus prcisment quels sont les mcanismes luvre ? Quelles volutions de cette contribution peuvent tre anticipes ? Par quels moyens les effets observs peuvent-ils tre accrus ou optimiss?

    Un concept original pour apprhender le sujet: la filire Internet

    Dans ce cadre, il nous est apparu indispensable de dfinir clairement le champ de lanalyse. Diverses notions sont en effet employes pour apprhender lconomie numrique (secteur des TIC, changes dmatrialiss, services en ligne, acteurs du Net), qui recouvrent des ralits bien diffrentes. Il nous a alors sembl pertinent de fonder nos analyses sur un concept clair : celui de filire Internet (voir encadr page12).

    A nos yeux en effet, Internet ne peut tre cantonn un simple mdia; il apparat au contraire que toutes les activits dont il est le support ou le canal obissent des mcanismes de cration de valeur et des pistes de croissance proches qui justifient de les considrer comme une authentique filire conomique pouvant, de fait, faire lobjet dune politique de dveloppement volontariste.

    Nous incluons donc dans le primtre de nos recherches lensemble des infrastructures, quipements et services lis, directement ou indirectement, des rseaux IP.

    Une approche de quantification indite, croisant les points de vue macro et microconomique

    Notre approche prsente loriginalit de mesurer les effets dInternet sur la cration de richesse en France en croisant deux approches dvaluation (voir encadr pages14-15).

    Nous avons tout dabord appliqu notre champ dtude une vision macroconomique, qui value les apports de la filire en termes de valeur ajoute et demplois. Pour ce faire, nous avons adopt la fois une approche statique qui nous permet de mesurer la part du PIB franais attribuable Internet en 2009 et 2010 et le nombre demplois occups par les travailleurs de la filire au sens large (chacun de ces bilans intgrant les effets directs et indirects). Puis, nous avons complt ces analyses dune vision dynamique permettant de comprendre, sur les quinze dernires annes, la contribution dInternet la croissance et la cration nette demplois.

    En miroir de cette premire approche, nous avons appliqu lobjet de nos recherches le prisme microconomique. Celui-ci permet, dune part, de confirmer les effets observs lchelle nationale en identifiant limpact dInternet sur les acteurs conomiques (entreprises, internautes, citoyens), mais aussi de dterminer les mcanismes prcis de cration de valeur gnrs par le Web.

    Cette combinaison unique de perspectives, nous offre donc une vision solide et intgrale de la contribution dInternet au dveloppement conomique national.

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    Des instruments danalyse nouveaux pour complter la rflexion

    Au-del de cette approche mthodologique nouvelle pour apprhender la place du Web en France, nos travaux se sont galement efforcs denrichir la palette doutils pouvant servir lanalyse et laction des dcideurs, tant privs que publics. Parmi ces instruments innovants, on peut citer:

    La quantification du surplus de valeur pour linternaute. Afin dintgrer dans le bilan dInternet la totalit des effets conomiques induits, nous nous sommes attachs chiffrer le surcrot de valeur quil apporte linternaute en quantifiant le gain tir des services gratuits offerts par le Web, que ne mesurent pas les outils conomiques traditionnels .

    Lindice dintensit Web des entreprises. Cet indicateur permet de qualifier, de manire fine, lexploitation du levier numrique par les acteurs

    conomiques, mais surtout dtablir une corrlation riche denseignements entre cet indice et la performance des entreprises. Par ailleurs, il constitue un prcieux rvlateur de disparits rgionales sur le territoire franais (voir encadr page18).

    Lindicateur e3. Intgrant trois dimensions, cet indice permet de mesurer la maturit numrique atteinte par une conomie nationale. Celui-ci permet notamment de voir comment les pays de lOCDE schelonnent en matire de connectivit, autrement dit de matrise des usages Internet (voir page28).

    Grce cette tude, prolonge par une vision prospective horizon 2015, nous esprons dmontrer limportance de la contribution dInternet entendu comme filire lconomie franaise. Mais nous voulons aussi valuer lopportunit de croissance et de dveloppement futurs que reprsente la Toile, ainsi que suggrer quelques pistes daction pour optimiser cette plus-value Internet en France.

  • 7Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    Synthse

    Toutes les tudes sur lconomie numrique en France menes jusqu prsent suggraient que le poids macroconomique dInternet et son impact sur les agents conomiques taient significatifs. Par exemple, lINSEE a tabli quun quart des entreprises franaises achetaient en ligne1. La Banque de France a, quant elle, dmontr qu chaque point de croissance de le-commerce tait associ 0,5 point de dflation du prix des biens de dtail2. Enfin, une tude rcente ralise par lARCEP3 rappelait quen 2009, dans un contexte morose, les socits du e-commerce avaient continu recruter et amliorer leur productivit.

    Toutefois, chacune de ces tudes abordait la question de limpact conomique du Web sous un angle spcifique. Une vision priphrique, intgrant la fois le poids conomique dInternet et ses effets sur les dynamiques de croissance et dveloppement, restait dessiner. Telle est lambition de ce rapport, ralis fin 2010 en combinant sources publiques et analyses menes par McKinsey auprs des particuliers et des PME, qui aboutit des enseignements indits.

    De ces travaux, il ressort que limpact dInternet est rest largement sous-estim. La Toile reprsente dores et dj une part substantielle de lconomie franaise, en tant que filire, mais aussi par sa contribution la croissance de secteurs connexes. De surcrot, Internet apporte des bnfices aux agents conomiques de notre pays employs, entreprises, consommateurs et citoyens et ds lors, gnre une dynamique de croissance et de dveloppement pour la France. Toutefois, au regard dautres pays de lOCDE, son potentiel pourrait encore tre optimis, et la mise en uvre dune politique volontariste de dveloppement de la filire Internet serait susceptible de dmultiplier ses effets bnfiques sur lconomie franaise.

    Un poids et des effets considrables sur lconomie franaise

    Lanalyse macroconomique rvle quInternet est dj devenu une composante majeure de lconomie du pays, par sa contribution tant au PIB qu lemploi. Une vision photographique de son poids global en 2009 et 2010 permet dobserver quen termes de valeur ajoute comme de postes occups, Internet est loin dtre une part ngligeable de lactivit en France. Mais une vision dynamique sur les quinze dernires annes met plus clairement en lumire lampleur de la ralit conomique que recouvre le Web, en tablissant quil a contribu pour environ un quart la croissance en 2010, et dans les mmes proportions la cration nette demplois en France sur la priode 1995-2010.

    Plus de 3% du PIB et 1,15million demplois en 2010

    Nous valuons 60 milliards deuros en 2009 la contribution directe au PIB franais de la filire Internet, qui regroupe les activits de tlcommunication via IP, les activits informatiques (matriel et logiciel) lies Internet, et les activits conomiques ayant le Web pour support, telles que le e-commerce ou la publicit en ligne par exemple. Cette contribution devrait slever 72milliards deuros en 2010. Avec une part du PIB national de 3,2% en 2009 (3,7% estims en 2010), la filire Internet pse dores et dj davantage que des secteurs cls de lconomie franaise comme lnergie, les transports ou encore lagriculture, en valeur ajoute.

    A cette contribution de la filire Internet sajoutent les effets indirects du Web, cest--dire les achats raliss dans les rseaux physiques de distribution, mais facilits, prpars ou dclenchs par une recherche pralable en ligne, estims environ 28 milliards deuros en 2009.

    1 INSEE, LInternet haut-dbit se gnralise dans les entreprises, novembre 2010.2 Banque de France : Vente distance, Internet et dynamique des prix, Document de travail n288, Juillet 2010.3 Observatoire trimestriel des marchs de communication en France - Arcep.

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    Tandis que ces contributions directes et indirectes proviennent pour prs de 75 % de la valeur ajoute cre par les entreprises traditionnelles ayant dvelopp des activits en ligne, elles ne correspondent que pour un quart des pure players Internet : cest--dire des acteurs de la Net-conomie exclusivement prsents sur le Web.

    Sur le front de lemploi, en 2009, la filire Internet occupait 1,15 million demplois directs, indirects et induits.

    25% de la croissance et de la cration nette demplois

    Depuis lan 2000, la contribution dInternet la croissance de lconomie franaise sest acclre : 10 % au cours des 15 dernires annes, 20 % sur la priode 2005-2009, et 25% entre 2009 et 2010.

    Le Web apparat comme lun des principaux facteurs de la croissance franaise depuis 15 ans, et aurait contribu au quart environ de la progression du PIB franais en 2010.

    Par ailleurs, Internet a, en lespace de 15 ans, permis la cration nette de 700000 emplois, soit un quart du total des crations nettes demplois en France sur cette priode. En dautres termes, Internet a permis dajouter 1,4 nouvel emploi chaque emploi rallou (cest--dire supprim dans un secteur traditionnel et recr dans la filire Internet).

    Des bnfices pour les agents conomiques

    Pour complter la vision agrge du poids dInternet dans lconomie franaise, notre tude a analys les mcanismes microconomiques luvre lchelle des agents conomiques que sont les entreprises, les consommateurs-internautes et les citoyens. Cette approche permet de corroborer les rsultats de la vision macroconomique, mais surtout de mieux comprendre les ressorts de cration de valeur du Web.

    Un impact sur la performance des entreprises, en particulier des PME

    Internet engendre des gains de rentabilit pour les entreprises franaises. En effet, les socits qui ont investi dans les technologies ont bnfici de rendements attractifs. Chaque euro investi dans ces technologies sest traduit par deux euros de marge oprationnelle. De mme, chaque euro dpens en marketing en ligne a rapport 2,5 euros de bnfice.

    Internet reprsente plus particulirement un acclrateur de dveloppement pour les PME. Notre tude met en lumire lexistence dune corrlation forte entre lutilisation des technologies Web par les salaris des entreprises ainsi que leurs clients et fournisseurs, dune part, et, dautre part, leur rythme de croissance et leur capacit exporter. Notre tude a quantifi lutilisation de ces technologies travers un indice propre lindice dintensit Web. Au cours des trois dernires annes, les entreprises forte intensit Web ont cr deux fois plus vite que les autres (7%, contre 3,2%). Elles ont aussi export deux fois plus (ralisant en moyenne 4 % de leur chiffre daffaires lexport, contre 2,6 % pour celles intensit Web moyenne et 2 % pour celles faible intensit Web). Par ailleurs, les PME franaises trs forte croissance se caractrisent par une utilisation plus intensive des technologies du Web et sont galement celles qui crent le plus demplois.

    Des bnfices pour les internautes

    Les internautes bnficient dun surplus de valeur, cest--dire dune valeur conomique gratuite, travers lutilisation de services Internet financs par la publicit en ligne. Ce surplus de valeur sest lev en 2009 7 milliards deuros, soit 36 euros par mois et par foyer connect. En dautres termes, chaque euro investi en dpenses marketing sest traduit par un bnfice de trois euros par internaute, au travers de lusage gratuit des services financs par la publicit en ligne.

  • 9Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    Par ailleurs, la dflation subie par les produits commercialiss en ligne, par rapport leurs quivalents distribus dans des rseaux physiques, gnre des conomies de lordre de 2,5milliards deuros pour les consommateurs.

    Une influence favorable sur le bien-tre des citoyens

    Bien que difficile quantifier au travers des indicateurs conomiques classiques, des gains rels ont t apports aux citoyens par Internet. Notre rapport en cite quelques-uns titre illustratif : acclration de la recherche demploi, meilleure qualit de soins, dmocratisation du savoir, simplification de la vie quotidienne, tablissement de nouveaux liens sociaux via les rseaux communautaires.

    Perspectives de croissance et pistes de dveloppement horizon 2015

    Les technologies du Web sont rentables pour les entreprises. De plus, elles continuent dvoluer rapidement, notamment avec lInternet mobile ou lapparition de nouveaux modles tels le cloud computing. Ladoption et la diffusion de ces technologies devraient donc se poursuivre un rythme soutenu, laissant prsager un doublement de la contribution dInternet au PIB franais dici 2015. La France pourrait mme accrotre encore ce potentiel de cration de richesse en mettant en uvre une politique Internet cible et volontariste qui viserait la faire progresser de la moyenne des pays OCDE o elle se situe aujourdhui, jusquau niveau des pays les plus avancs, dont elle pourrait sinspirer.

    Un renforcement significatif du poids conomique dInternet dici 2015

    Le dveloppement de la consommation, au travers notamment de le-commerce, devrait faire crotre la valeur du PIB franais lie Internet denviron 14% par an, pour atteindre 129milliards deuros en 2015 (soit

    environ 5,5% du PIB franais cet horizon). La filire contribuerait alors prs dun quart de la croissance franaise dans les trois prochaines annes, et la cration nette denviron 450 000 emplois directs et indirects horizon 2015.

    Des marges de progression subsistent pour exploiter pleinement le potentiel numrique de la France

    Bien que le secteur Internet ait dj acquis un poids conomique considrable en France, appel se renforcer dans les annes venir, il ressort des comparaisons internationales que notre pays recle encore un potentiel de dveloppement supplmentaire. Pour latteindre, la France peut sinspirer des pratiques observes ltranger pour fonder une politique volontariste de promotion de la filire Internet. Un tel effort, engageant conjointement pouvoirs publics et entreprises, permettrait de capter un potentiel conomique thorique estim 31 milliards deuros supplmentaires dici 2015, soit au total 160milliards deuros.

    En matire de dveloppement numrique, la France se situe dans la moyenne des pays de lOCDE.

    Dans le concert des pays dvelopps, la France figure en milieu de classement sagissant du dveloppement de la socit de linformation. Elle se situe au 17me rang sur les 34 pays de lOCDE, tandis que le Royaume-Uni par exemple occupe la 4me place. Ce classement montre que, bien quimportante dans lconomie franaise, la filire Internet possde encore un fort potentiel de croissance.

    Deux paradoxes majeurs expliquent ce diagnostic: dune part, la proportion des dpenses publiques consacre la filire Internet est infrieure la contribution moyenne du secteur public au PIB franais, et dautre part, la majorit des PME affichent un retard (aussi bien au regard des grandes entreprises que de leurs homologues de lOCDE) dans le dploiement de solutions Internet, ce qui se solde notamment par un dficit de la balance commerciale de la filire Internet franaise.

  • 10

    La France pourrait sinspirer de pistes de dveloppement ltranger.

    Le plan de dveloppement de lconomie numrique France numrique 2012 a dj lanc un ensemble dinitiatives visant dvelopper le secteur internet: rduction de la fracture numrique y compris auprs des PME, dveloppement des usages et services numriques tant dans la sphre prive que publique, et soutien au dveloppement de lconomie numrique en rnovant sa gouvernance et son cosystme. Ces efforts doivent tre poursuivis et dvelopps afin de sassurer de leur impact.

    Dans cette optique, lexemple de plusieurs pays, comme le Royaume-Uni, certains pays scandinaves ou encore asiatiques, permet desquisser des pistes damlioration. La cration dun environnement favorable au dveloppement du secteur, par le soutien linnovation, lincitation lusage et la diffusion des technologies du Web dans lconomie, le renforcement de linfrastructure franaise ou encore la formation Internet des PME constituent, en particulier, des axes dintervention prometteurs.

    La contribution dInternet au PIB pourrait atteindre 160 milliards deuros en 2015 si la France alignait sa performance sur le top 5 des pays dvelopps.

    Si elle parvient atteindre la maturit numrique des cinq premiers pays de lOCDE, la France peut aller plus loin que ne lui promettent les projections horizon 2015. Au lieu des 129 milliards deuros de poids conomique prvus, correspondant la simple prolongation de sa courbe de dveloppement actuelle, elle pourrait ainsi porter 160 milliards deuros, dici cinq ans, la contribution dInternet au PIB.

  • 11Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    Un poids et des effets considrables lchelle de lconomie franaise

    Au niveau macroconomique, limportante contribution dInternet la richesse nationale peut tre apprhende tant en stock quen flux : Internet au sens large reprsente lheure actuelle une part significative du PIB national et de lemploi. En outre, Internet a t un moteur de croissance et de cration nette demplois au cours des 15 dernires annes.

    Lapproche photographique rvle quen 2009, la filire Internet franaise, elle seule, a contribu au PIB national hauteur de 60 milliards deuros (soit 3,2 % du PIB) ; cette contribution devrait slever 72milliards deuros pour lanne 2010 (3,7% du PIB). A cette contribution directe sajoutent les effets indirects dInternet sur laccroissement du PIB, qui correspondent aux 28 milliards deuros en 2009 dachats de biens et services qui, bien que raliss dans les rseaux physiques de distribution, ont t facilits, prpars ou dclenchs par une recherche pralable en ligne de la part des consommateurs. Il est noter que 75% de la valeur ajoute apporte au PIB franais par Internet proviennent de lusage du Web par les entreprises des secteurs traditionnels de lconomie, contre un quart pour les pure players du Web. En termes demploi, 1,15 million de personnes bnficiaient dun emploi direct, indirect ou induit grce Internet.

    Lapproche dynamique offre des enseignements plus saisissants encore : depuis son apparition dans le paysage conomique franais, la contribution dInternet a acclr, et reprsente le quart de la croissance en 2010 et le quart des crations nettes demplois dans les 15dernires annes.

    Une forte contribution au PIB et lemploi aujourdhui

    Mesurer la part numrique du PIB franais ou valuer le nombre demplois Internet suppose de parvenir valuer la fois la contribution directe dInternet (autrement dit, de quantifier le poids de la filire Internet proprement dite), mais aussi ses effets indirects sur les autres secteurs de lconomie traditionnelle.

    Une contribution directe hauteur de plus de 3% du PIB

    En 2009, la contribution de la filire Internet au PIB de la France a reprsent 60 milliards deuros, et devrait slever 72 milliards deuros pour lanne 2010. Reprsentant ainsi 3,2% du PIB de la France en 2009 et 3,7 % en 2010, cette contribution est suprieure celle de secteurs cls de lconomie franaise comme lnergie, les transports ou encore lagriculture.

    La part de la filire Internet dans le PIB franais se dcompose comme suit:

    Les deux tiers de sa contribution sont dus la consommation de biens et de services. Alors que 25 des 35millions dinternautes franais ont achet en ligne en 2009, le-commerce de biens et services a compt pour 25 milliards deuros en 2009. Ce rsultat place la France derrire des pays comme lAllemagne, les Etats-Unis ou le Royaume-Uni en matire de dpenses par habitant. En France, le panier moyen stablissait en 2009 environ 1000euros par acheteur et par an, contre 1900 euros au Royaume-Uni. Voyages-SNCF reprsente le premier site de-commerce en France, avec plus de 10millions dacheteurs sur le site sur les 6 derniers mois de 20104.

    Le tiers restant du PIB attribuable la filire Internet provient dinvestissements privs, qui correspondent pour lessentiel des dpenses destines ladaptation des entreprises aux technologies numriques.

    Quoique importante, cette contribution directe semble pourtant avoir t limite par deux facteurs essentiels:

    Alors que les dpenses publiques reprsentent plus de 23% du PIB franais en 2009, la part du secteur public (consommation + investissements) ne reprsente que 13% du PIB de la filire Internet (contre 25% pour un pays comme le Royaume-Uni), et ce malgr les programmes denvergure dj lancs (tl-dclaration des impts, dossier mdical numrique).

    4 Synthse du tableau des entres-sorties de lINSEE.

  • 12

    Le primtre de notre tude intgre lensemble des activits lies la cration et lexploitation des rseaux daccs Internet de mme que les services proposs sur Internet. Quatre types dactivits sont donc concerns, au prorata de leur utilisation du Net:

    les tlcommunications sur IP ou ayant un lien avec une communication IP (essentiellement les fournisseurs daccs),

    la fabrication et la maintenance de matriel informatique destin au Web (par exemple, ordinateurs, smart phones, composants lectroniques, routeurs),

    les activits de services informatiques ayant une connexion avec le Web (par exemple, conseil informatique, dveloppement de logiciels),

    toutes les activits ayant le Web comme support (depuis le-commerce jusqu la publicit en ligne).

    La filire Internet telle que nous la dfinissons correspond donc la totalit des acteurs commercialisant leurs services sur la Toile (les pure players) auxquels sajoute un sous-ensemble du secteur des technologies de linformation et de la communication (TIC) restreintes aux activits, technologies, services et rseaux lis lusage du Web. Pour obtenir une dfinition plus prcise, nous avons divis le secteur des TIC en sous-secteurs : industrie des services informatiques, industrie des fabricants de matriel informatique, et industrie des tlcommunications et avons chaque fois identifi le coefficient li la part dInternet dans ce sous-secteur en utilisant des benchmarks.

    Ds lors, limpact dInternet dans lconomie franaise reprsente la somme du poids conomique de la filire Internet elle-mme (cest--dire des entreprises qui doivent leur existence au Web) et des effets sur lensemble des entreprises franaises de lusage des technologies Internet : messagerie lectronique, Intranet, Extranet, site Web avec ou sans ventes en ligne, marketing numrique, technologies Web 2.0. Sont ainsi mesurs au titre de limpact du numrique les gains de productivit quune entreprise traditionnelle tire de lutilisation dune ou plusieurs technologies Internet. (Figure 1).

    Pertinence du concept de filire appliqu Internet

    Contribution dInternet lconomie franaise

    SOURCE : McKinsey

    1 Technologies utilisant Internet comme support : Intranet, Extranet, messagerie lectronique, site Web avec ou sans ventes en ligne, marketing en ligne, technologies du Web 2.0

    Fabricants de matriel informatique lis Internet

    Entreprises Tlcom permettant laccs Internet

    Bnfices retirs par lensemble des entreprises utilisant les technologies de l'Internet1

    Filire Internet

    Fournisseurs de services informatiques lis Internet

    Entreprises "Internet pur" uniquement prsentes sur Internet (par exemple site dee-commerce)

    Figure 1

    Primtre de ltude

  • 13Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    Au vu de cette part relativement modeste, lEtat et les pouvoirs publics disposent donc en France dune marge de progression substantielle, aussi bien dans leur rle de catalyseurs que dagents conomiques.

    Par ailleurs, la balance commerciale de la filire Internet demeure dficitaire, suggrant un manque de performance lexport des entreprises qui la composent (Figure 2).

    Un effet indirect considrable sur les autres secteurs

    A travers ses rpercussions sur dautres filires, Internet se caractrise galement par un fort impact indirect sur le PIB, au travers, par exemple, de son apport auprs de secteurs comme le commerce et la distribution grand public.

    Cet effet indirect est intimement li aux volutions des comportements des consommateurs. Ainsi, une analyse sappuyant sur des chiffres publis par TNS-Soffres et la Fevad5, dmontre quen 2009, 28 milliards deuros dachats en magasins ou points de vente physiques ont t dclenchs ou facilits par une recherche pralable en ligne. Il sagit l dachats dits ROPO research online purchase offline.

    A ce titre, on peut noter que 53% des internautes ont prpar leur achat en ligne avant dacheter en magasin. Les catgories de produits affichant le coefficient de ROPO le plus lev sont les meubles, lhabillement ou les jeux, tandis que la catgorie voyage / tourisme dispose du plus faible coefficient, dmontrant la propension des Franais acheter directement sur Internet leurs billets davion ou leurs voyages.

    61 %

    36 %

    6 %

    43 %

    -46 %

    1 Extrapolation 2009 en cas de donnes 2009 indisponibles (voir annexes mthodologiques)2 Le PIB franais en 2009 tait de 1 907,1 milliards deuros selon lINSEE 3 Arrondi

    Contribution directe dInternet au PIB franaisDonnes 20091, Milliards deuros

    100 %

    SOURCE : Fevad 2009, INSEE, ARCEP, Strategy Analytics, IDC, Analyse McKinsey

    3,22 % du PIB

    % du total

    32

    27

    25

    3

    22

    5

    Investissement public

    Exportations

    37Consommation

    603

    Importations

    Investissement priv

    Total

    Priv

    Public

    Figure 2

    Internet contribue plus de 3% du Produit Intrieur Brut franais

    5 Etude mene par TNS auprs de 2 029 internautes franais, avril 2010.

  • 14

    Trois mthodes concurrentes permettent de calculer la contribution dun secteur au produit intrieur brut, mais aucune dentre elles ne rend compte de la totalit de la valeur apporte par Internet lconomie et la socit franaise.

    Le calcul du PIB par la production mesure la valeur ajoute des entreprises au travers de la production de biens et de services,

    Le calcul du PIB par les revenus mesure les revenus bruts des secteurs institutionnels (y compris la rmunration des salaris),

    Le calcul du PIB par la consommation mesure les dpenses finales des consommateurs et de lEtat en biens et services.

    En rgle gnrale, pour mesurer la contribution au PIB dun secteur, on recourt au calcul par la production. Toutefois, pour quantifier de manire inductive et dtaille la contribution dInternet par cette mthode, il nous aurait fallu collecter pour chacune des entreprises franaises dans lensemble des secteurs, leur part de revenus sur Internet et leur marge, ce qui aurait engendr un trop grand nombre dapproximations potentielles.

    Nous avons donc dcid dopter pour le calcul du PIB par la consommation, sur la base des donnes communiques par lINSEE6.

    Une approche indite pour quantifier la contribution directe dInternet au PIB

    Une contribution qui excde largement la valeur ajoute de la Net-conomie

    Une analyse dtaille de la contribution dInternet au PIB, tant directe quindirecte, rvle que lessentiel de la valeur ajoute est cre, non par les acteurs de la Net-conomie (ceux dont lactivit se cantonne exclusivement la Toile), mais par les entreprises de tous les secteurs traditionnels qui dveloppent leurs usages des technologies Internet.

    On observe en effet que ladoption du Web au sein des entreprises sest gnralise. Ainsi en France, 93 % des entreprises disposent dune connexion haut-dbit (87 % des PME)7. La moiti dentre elles possde un site Internet, 42% un Intranet et 33%, dun Extranet8. De surcrot, plus de 40 % des salaris franais ont accs Internet sur leur lieu de travail9.

    Cette gnralisation des usages a galement entran des volutions dans les pratiques professionnelles. Ainsi en 2008, les entreprises business-to-business ont ralis sur Internet 15 % de leurs achats (pour 258 milliards deuros), et 13 % de leurs ventes (365milliards deuros)10.

    Ces constats remettent largement en question lintuition selon laquelle la cration de valeur dInternet se ferait principalement grce aux entreprises dites Internet pur, qui reprsentent 15% des entreprises en France.

    Nos analyses11 tablissent au contraire quenviron 75% de la valeur ajoute dInternet a t cre dans des entreprises qui ne sont pas des pure players du Web.

    Une part substantielle de lemploi

    Notre analyse dmontre quInternet peut tre aujourdhui crdit de 1,15 million demplois, soit 4 % de la population active. Cette contribution comprend:

    Prs de 700000 emplois directs, qui se rpartissent parts gales entre des postes auprs de socits dont Internet est le cur dactivit (socits de services SI, oprateurs tlcom, dveloppeurs de logiciels, diteurs de contenus) et des emplois correspondant des fonctions en rapport avec Internet dans les entreprises de tous les secteurs (par exemple, le marketing en ligne au sein dune entreprise industrielle).

    6 Voir annexes Note mthodologique.7 Ministre de lEconomie, des Finances et de lIndustrie : Tableau de bord des TIC dans les entreprises franaises, novembre 2010.8 Ibid.9 Ibid.10 INSEE, LInternet haut-dbit se gnralise dans les entreprises, novembre 2010.11 Cette valuation se fonde sur lenqute de McKinsey auprs des PME franaises et sur une analyse des revenus des entreprises Internet appuye

    sur des donnes publies par le Journal du Net.

  • 15Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    Cette mthodologie repose sur lagrgation de trois lments constitutifs:

    La consommation: consommation finale des biens et services par les consommateurs et lEtat sur Internet ou pour obtenir un accs Internet (y compris appareils lectroniques au pro rata des usages Internet).

    Les investissements: investissements raliss par les entreprises prives et lEtat dans des technologies lies Internet (tlcommunications, Extranet, Intranet, site Web).

    Les importations nettes: exportations de biens, services et quipements Internet auxquelles sont soustraites les importations associes.

    Dans le chiffre de 60 milliards deuros que nous avanons pour 2009, il est ncessaire de clarifier les hypothses sous-jacentes. Plus prcisment, les biens et services vendus sur Internet sont comptabiliss au titre de la valeur totale de le-commerce, puisquils permettent de dmontrer limportance de la filire Internet comme relais de distribution, mme si certaines transactions ralises sur la Toile auraient pu avoir lieu indpendamment de lexistence dInternet.

    Prcisons enfin que nous avons vrifi notre valuation chiffre en recourant aux deux autres mthodologies de calcul du PIB (emplois et production), et que toutes deux aboutissent un rsultat identique6.

    De lordre de 300000 emplois indirects (par exemple, les salaris chargs de transporter et livrer les achats effectus sur Internet).

    Environ 150 000 emplois induits, dans le secteur commercial, par les achats raliss au sein de rseaux de distribution physiques mais issus dune recherche pralable en ligne.

    Par ailleurs, il convient de relever que la majorit des emplois issus du numrique crs en France le sont dans les PME.

    Depuis 15 ans, un moteur essentiel de la croissance et de la cration nette demplois

    Internet a t un contributeur majeur la croissance franaise des 15 dernires annes, avec une tendance lamplification de ce rle moteur. Sur lensemble de la priode, Internet est lorigine de 10% de la croissance. Entre 2005 et 2009, cet effet a doubl pour atteindre 20%, et devrait slever 25 % entre 2009 et 2010. Notons qualors mme que lconomie franaise se contractait de 40milliards deuros entre 2008 et 2009, la Toile a engendr une amlioration de la rentabilit des entreprises de 15milliards deuros.

    En contribution nette, Internet a permis, depuis son apparition en France, une cration denviron 700 000 emplois (1,4 emploi ajout chaque emploi rallou, cest--dire transfr dun secteur traditionnel vers la filire Internet). Ceci correspond au quart des crations nettes demplois au cours des 15dernires annes.

  • 16

    Nous avons crois trois modes de calcul pour parvenir une mesure aussi fiable que possible de limpact net dInternet sur lemploi en France.

    Une mthodologie construite partir de lanalyse de chacun des secteurs conomiques touchs par le numrique (soit la quasi-totalit de lconomie franaise) dans laquelle, nous appuyant sur les donnes demploi de lINSEE secteur par secteur, nous avons valu les emplois directs crs par Internet, cest--dire les emplois attachs aux technologies Web soit dans les entreprises de la filire, soit dans dautres entreprises. Nous avons dans un second temps calcul les emplois indirects lis Internet, cest--dire les emplois dautres secteurs qui nauraient pas t crs si Internet nexistait pas (par exemple, les employs chargs de transporter les achats effectus sur Internet ou les emplois dentreprises demballages). En parallle, nous avons valu les emplois transfrs vers la filire Internet, en raison des gains de productivit dans chacun des secteurs (en fonction de la pntration Internet) et avons calcul la cration nette demplois qui en rsultait.

    Une mthodologie construite partir du PIB Internet dans laquelle, en nous appuyant sur les chiffres de la contribution dInternet au PIB franais, nous avons invers le calcul du PIB par les revenus pour dterminer le nombre demplois crs par Internet.

    Une mthodologie construite partir de la productivit par employ dans laquelle nous avons valu pour chaque secteur les ventes par Internet et, partir du ratio de productivit du secteur, le nombre demploys.

    Les trois mthodologies convergent vers le mme rsultat, savoir quInternet a contribu la cration nette denviron 700000 emplois en France au cours des 15 dernires annes.

    Mthodologie de calcul des crations demplois de la filire Internet

  • 17Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    Des bnfices pour les agents conomiques

    Au-del dune contribution macroconomique majeure, voque dans la premire partie, Internet a galement procur des bnfices tangibles aux agents conomiques : entreprises, consommateurs-internautes et citoyens. Nous avons souhait explorer les mcanismes microconomiques par lesquels Internet aboutissait crer de la valeur pour ses usagers: quil sagisse dune rentabilit accrue ou dune acclration du dveloppement des entreprises dont le poids dInternet dans le PIB est en dfinitive le reflet , du surplus de valeur procur aux consommateurs, ou encore du bien-tre, mme difficilement quantifiable, des citoyens. Internet se rvle alors au-del de son poids dans le PIB, lemploi et la croissance comme un moteur essentiel au service des dynamiques de dveloppement de la France.

    Internet amliore la performance des entreprises franaises

    Les entreprises franaises et notamment les PME bnficient de lusage dInternet plusieurs titres : Internet permet toutes damliorer leur rentabilit ; Internet apparat de surcrot comme un acclrateur de dveloppement pour les PME. On observe en effet une double corrlation entre lintensit de lusage des technologies Internet par les PME, dune part, et leur rythme de croissance, ainsi que leur capacit dexport, dautre part.

    Ce sont l les principaux enseignements qui ressortent de deux tudes que nous avons menes successivement pour valuer limpact dInternet sur les entreprises. La premire a t ralise en juin 2010 auprs dun chantillon reprsentatif de lensemble des entreprises franaises. Plusieurs lments de cette enqute ayant rvl un impact particulirement important dInternet sur la croissance et la comptitivit des PME de moins de 250 employs, une seconde tude ciblant plus spcifiquement cette catgorie dentreprises a t conduite en dcembre 2010.

    Internet permet aux entreprises de raliser des gains de rentabilit

    Nos deux enqutes aboutissent des rsultats concordants: les entreprises dclarent quInternet leur

    a permis de raliser 15 % de gains de rentabilit en moyenne, la fois grce lamlioration de leur chiffre daffaires et la rduction de leurs cots.

    Il sagit l dune amlioration trs substantielle : si on applique ce ratio au rsultat dexploitation de lensemble des entreprises franaises en 2009, on aboutit un montant comparable la contribution dInternet au PIB. Au cours de la seule priode 2008-2009 alors mme que lconomie franaise se contractait de 40 milliards deuros Internet a permis une amlioration de la rentabilit des entreprises de 15 milliards deuros.

    En analysant le taux de retour des investissements Internet, les deux tudes ralises auprs des entreprises en gnral, puis des PME en particulier, rvlent quinvestir dans les technologies du Web est rentable:

    les investissements Internet, toutes technologies Web confondues, affichent un rendement de lordre de 200% selon les entreprises interroges. Autrement dit, chaque euro investi dans des technologies Web leur a permis de dgager deux euros de profit.

    en particulier, la rentabilit des dpenses de marketing en ligne apparat mme sensiblement suprieure. Les annonceurs dclarent en moyenne avoir ralis 2,5 euros de bnfice pour chaque euro investi en publicit en ligne, soit un taux de rentabilit moyen de 250%.

    Internet constitue un acclrateur de dveloppement pour les PME

    Le rle des PME dans la dynamique de croissance dune conomie et dans lemploi est bien connu. Aux Etats-Unis par exemple, plus de 50% de lemploi est li aux entreprises de moins de 500 personnes. Dans les pays europens, les PME reprsentent 67 % des emplois et environ 60 % de la contribution au PIB, selon Eurostat. Par ailleurs, cette importance va croissant: au cours de la priode 2002-2008, toujours selon les donnes dEurostat, le chiffre daffaires des PME a cr de prs de 4,2 % par an soit une croissance 10 % plus rapide que celle des grandes entreprises , tandis que lemploi y progressait de 2%, contre 0,8% pour les grandes entreprises.

  • 18

    Lindice dintensit Web cr par McKinsey prend en compte deux dimensions : dune part le nombre doutils ou technologies Internet adopts par une entreprise (messagerie lectronique, site Web, Intranet, Extranet, technologies du Web 2.0 ou encore marketing online), dautre part le taux de pntration de chacun de ces outils (le nombre demploys, de clients ou de fournisseurs ayant accs ces technologies). Limportance relative des diffrents outils est pondre selon leur importance relative, value par les entreprises elles-mmes, pour aboutir un score compris entre 0 et 100%.

    Les PME de notre chantillon ont t classes en trois groupes : faible intensit Web celles qui ont un indice compris entre 0 et 20%; moyenne intensit Web celles qui ont un indice entre 20% et 40% et forte intensit Web celles qui ont un indice suprieur 40%.

    Il en ressort quau niveau national, 49% des PME de notre chantillon sont des entreprises faible intensit Web, 22% sont de moyenne intensit Web, tandis que 29% sont des entreprises forte intensit Web. Cet talonnage permet de mettre en lumire de fortes disparits rgionales.

    Lindice dintensit Web de McKinsey

    Limpact dInternet sur cette catgorie spcifique dentreprises tait pourtant rest largement inexplor. Ainsi, la vaste tude mondiale mene en 2002 par lconomiste amricain Hal Varian13, et qui avait mis en vidence limpact dInternet sur la rentabilit et sur la performance des entreprises aux Etats-Unis, en France, au Royaume-Uni et en Allemagne, portait de manire indiscrimine sur lensemble de la population des entreprises franaises.

    Or une grande partie du tissu conomique franais et de son dynamisme futur, en termes de cration demplois et de croissance, rside dans les PME. De plus, lutilisation dInternet par ces entreprises sest sensiblement rpandue au cours des dernires annes. Cest pour ces raisons que McKinsey a men en dcembre 2010 une enqute auprs des PME franaises, destine valuer limpact dInternet sur leur performance prsente et future. Le questionnaire a t rempli par plus de 1 000 PME, mais pour des raisons de cohrence et dchantillonnage, 400 entreprises ont t retenues. Cet chantillon est reprsentatif de la population des PME franaises tant au niveau rgional quen termes de reprsentation sectorielle.

    Cette enqute confirme que les principaux facteurs de cration de valeur dInternet, valables pour lensemble des entreprises, le sont aussi pour les PME.

    Il en ressort que les PME considrent quInternet a permis damliorer leur performance conomique de prs de 15 % en moyenne, dcomposs en 8 %

    daugmentation de leurs revenus, principalement via laccs de nouveaux clients (dans de nouvelles zones gographiques et sur de nouveaux segments), et 7% de rduction de cots, via la rduction du cot des approvisionnements et la rduction des dpenses marketing.

    Internet a galement permis aux PME de crer des emplois: on retrouve au niveau des PME la dynamique de cration demplois observe pour lensemble des entreprises franaises, puisque un emploi supplmentaire a t cr pour chaque emploi rallou.

    Outre la cration demplois, les chiffres dmontrent que les investissements raliss dans les technologies Internet sont rentables. Ainsi, pour chaque euro dpens dans le marketing en ligne par les PME en 2010, un retour sur investissement de 2,5 euro tait attendu. De la mme manire, un investissement dun euro dans la cration dun site Internet facilitant la commande ou la vente en ligne permettait de doubler la mise, avec un rendement de 200%. Cet apport concerne aujourdhui 47% des PME qui se sont dotes dun site Web, et 20% dun site avec des fonctionnalits de vente en ligne (pour les PME forte intensit Web, ces deux donnes passent respectivement 93% et 42%).

    Mais surtout, lenqute dmontre quInternet est un vritable levier de croissance pour les PME franaises. En effet, les entreprises ayant fortement investi dans les technologies du Web ont tendance crotre plus rapidement que les autres, et plus que la moyenne de leur secteur, ainsi qu exporter davantage (Figure 3).

    13 Hal Varian: The Net Impact Study The Projected Economic Benefits of the Internet in the US, UK, France and Germany, 2002.

  • 19Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    Les entreprises avec un indice Web important "haute intensit Web" ont une croissance 2 fois plus importante que le reste de lchantillon

    Rpartition de lchantillon

    29%

    22%

    49%

    Forte intensit Web

    Moyenne intensit Web

    Faible intensit Web

    %

    SOURCE : Analyse de lenqute sur 407 PME en France ralise par McKinsey

    7,0 %

    3,3 %

    3,1 %

    Croissance annuelle surles 3 dernires annes

    Dfinition dun indice Web McKinsey dfini en fonction du nombre de technologies possdes par les entreprises et la pntration de ces technologies (cest--dire le nombre demploys / de clients ou de fournisseurs ayant accs ces technologies)

    Rpartition des entreprises entre : Faible intensit Web : entreprises

    avec un indice Web

  • 20

    BabyloanBabyloan a t co-fond par Arnaud Poissonnier en 2008. Babyloan est une entreprise but non lucratif, qui agit comme intermdiaire entre internautes et institutions de micro-finance. Elle permet ainsi la collecte du crdit et son affectation sous forme de micro-prts solidaires des entrepreneurs, en France comme ltranger. Les 8 500 internautes membres de la communaut Babyloan ont accs via le site aux projets des entrepreneurs en qute de crdits, et peuvent choisir de participer au financement du projet de leur choix.

    Depuis sa cration, Babyloan a ainsi permis de financer 4 400 projets de cration dentreprise. Avec une collecte doublant chaque anne depuis sa cration, le site a accord un montant cumul de prts solidaires de 1,3million deuros.

    Babyloan emploie lheure actuelle dix salaris et apparat comme le fer de lance du Web solidaire franais. Babyloan est un outil de lutte contre la pauvret: en facilitant le financement de ces projets, Internet permet aux diffrentes personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvret de sen sortir. Exemple: en France, Babyloan a permis cette femme de 52 ans de mener bien son projet ouvrir son propre institut de beaut, dans lequel elle emploie aujourdhui trois personnes.

    BeThe1Cr en 2001 et prsid depuis lors par Franois Bouyer, BeThe1 est un cabinet international de recrutement spcialis dans les secteurs de la mode, de la beaut et du luxe.

    Depuis sa cration, BeThe1 a affich une croissance annuelle moyenne deux chiffres et ralise aujourdhui 300 400 missions par an dans une trentaine de pays. Avec les 120 000 membres de sa communaut, BeThe1 reprsente le plus grand vivier de professionnels du secteur dans le monde.

    BeThe1 a bti son succs sur une trs forte expertise sectorielle (mode, beaut, luxe) et fonctionnelle (ressources humaines), adosse la matrise des technologies dInternet : Nos technologies nous permettent datteindre de manire massive des candidats potentiels des domaines les plus

    pointus: par exemple, si une entreprise recherche un commercial Export dans les chaussures de luxe bas en rgion parisienne, l o un cabinet standard, en plusieurs semaines, ne russira contacter au mieux que quelques dizaines de candidats sur les 1 200 1 400 existants, nous russirons atteindre plus de 800 candidats, ce qui nous permet davoir une efficacit, une productivit, une rapidit et in fine une qualit suprieure !

    PlanteveoPlanetveo.com a t cre par Geoffroy de Becdelivre mi-2008 ; lentreprise propose llaboration de voyages sur mesure.

    Planetveo propose aux internautes de crer leur voyage vers plus de 15 destinations, au travers de ses 15 sites Web (usaveo.com, chinaveo.com et japanveo.com tant les plus populaires) et sert les internautes par lintermdiaire de 30 conseillers clientle (la moiti des 60 employs de lentreprise).

    Depuis sa cration, Planetveo a connu une croissance exponentielle, passant de 1million deuros de chiffre daffaires en 2008 plus de 12millions deuros en 2010, grce notamment une stratgie de marketing en ligne particulirement efficace: pour 1 euro investi dans le marketing en ligne,

    10euros de revenus sont gnrs. Avec nos outils, nous connaissons les taux de conversion chaque tape du parcours de linternaute, depuis sa recherche jusqu lachat dun circuit, et sommes donc en mesure de prvoir notre chiffre daffaires, notre croissance et nos besoins de recrutement par avance et de manire prcise !

    Depuis une quinzaine dannes, Internet a permis lclosion en France dune multitude de nouvelles entreprises:

    les start-ups internet. Mais il a galement t un vecteur de dveloppement parfois spectaculaire pour des

    entreprises prexistantes, qui se sont empares des opportunits dinnovation et de croissance engendres

    par cet outil. Il nous a paru intressant dillustrer la fertilit de cette dynamique entrepreneuriale travers une

    galerie de portraits.

  • 21Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    RestovisioLentreprise restovisio.com a t cre fin 2007 et Valrie Milward en est la prsidente. Elle produit des vidos publi-ditoriales de qualit pour les restaurateurs et les diffuse sur 150 sites partenaires.

    Depuis sa cration, Restovisio a cr plus de 400 vidos dans toute la France, visionnes plus de 10millions de fois. Le rythme de production a tripl chaque anne depuis la cration de lentreprise.

    En apportant des nouvelles technologies cls en mains aux restaurateurs, nous crons de la valeur nette puisque nous gnrons une frquentation supplmentaire sans proposer de remises promotionnelles ; nous permettons ainsi aux restaurateurs daugmenter leur chiffre daffaires. Nous avons des outils qui permettent de comptabiliser le nombre de rservations gnres par

    Restovisio et valuons le retour sur investissement dun restaurateur 25 fois minimum son investissement.

    Le concept marche tellement bien que Valrie Milward a prvu de lexporter linternational en 2011.

    QosmosLentreprise Qosmos est prside par Thibaut Bechetoille depuis 2005. Elle occupe la 39me place dans le dernier classement Deloitte des 50 entreprises plus forte croissance en France au cours des cinq dernires annes, avec une croissance de 954% !

    Qosmos propose des logiciels permettant de collecter des informations dtailles sur un rseau dinformation (rseau informatique interne, rseau de tlphonie mobile...). En 2010, Qosmos employait 50 personnes et comptait 30 clients parmi lesquels Hewlet Packard ou GfK, ainsi que plusieurs gouvernements en Europe et en Asie.

    Qosmos investit plus de 3% de son chiffre daffaires en marketing en ligne notamment pour accrotre sa notorit via les sites de rseaux sociaux (LinkedIn, Twitter), mais aussi dans son site Web, vritable vitrine de la socit. Nous investissons massivement dans notre site Web. Il est la fois un outil de pdagogie expliquant, de manire interactive, quoi servent nos solutions, mais aussi un outil de communication trs puissant permettant datteindre des clients partout dans le monde ! Un de nos clients singapouriens nous a dcouverts sur Internet et nous a expliqu quil avait t trs tonn de voir que ce site tait celui dune entreprise de seulement 30 employs !.

    SkisetSkiset, cest lhistoire dune PME qui, malgr une arrive tardive sur Internet, connat dsormais une croissance deux chiffres depuis des annes grce ce canal.

    Lentreprise, fonde en 1994, est une chane de magasins indpendants de location de skis en montagne. Le rseau se dveloppe bien jusquen 2003, sappuyant notamment sur des partenariats avec les tours oprateurs et dexcellents emplacements, et compte alors 250 magasins en France. Cest ce moment que Philippe Koiransky dcide de lancer le premier site Internet de Skiset.

    En proposant au client de rserver et louer directement ses skis sur le site de Skiset, Internet devient alors un acclrateur de croissance trs important et permet Skiset de partir la conqute de linternational: Autriche, Suisse, Italie, puis Amrique du Nord... aujourdhui le rseau compte 800 magasins, et prvoit den avoir 1 500 dans les cinq ans venir.

    Internet est un formidable outil de dveloppement pour nous. Dabord ct clients, la location de skis saccommode trs bien de loutil internet et cela nous permet datteindre rapidement un grand nombre de clients par nos campagnes de marketing en ligne. Mais les technologies du Web au sens large sont aussi un catalyseur pour nos relations avec les tours oprateurs, qui peuvent se connecter trs facilement notre plateforme dclare Philippe Koiransky.

    Le potentiel de croissance est donc considrable pour Skiset, malgr un march de la location de ski en stagnation, et la part dInternet est destine grandir: En France, 30% des locations se font aujourdhui par Internet, et le potentiel est probablement du double. Cest larrive des nouvelles gnrations qui modifie les comportements de la clientle au ski, et lutilisation dInternet va devenir le principal canal de vente.

    HoyadoHoyado est une agence de publicit en ligne fonde fin 2006 par Bruno Zilber. Son positionnement est simple, mais porteur: Nous nous spcialisons exclusivement sur lachat de mots-cls, le plus gros poste de dpenses en publicit en ligne confie le directeur marketing et dveloppement, Jean-Philippe Horard.

    Cette agence a donc fait dInternet son cur de mtier. Ce qui lui permet, depuis son sige 60 kilomtres de Toulouse, davoir des clients dans toute la France, et mme quelques-uns linternational.

    Hoyado emploie aujourdhui six personnes et a ralis en 2010 un chiffre daffaires de 250000euros. Il table sur une forte croissance venir: les PME, du fait dune mconnaissance et dune certaine crainte du mdia Internet, avaient traditionnellement tendance orienter leurs investissements marketing vers les supports offline, quils connaissaient mieux. Alors quune campagne Internet peut leur permettre de multiplier par 10, voire par 50, leur chiffre daffaires. Heureusement les mentalits ont chang !

  • 22

    Ma TerreMa Terre a t fonde en 2004 par Sandrine Catoire pour dmontrer avant tout que lon peut btir une entreprise rentable conomiquement sur des valeurs. Son objectif : permettre aux consommateurs des Bouches-du-Rhne de bien se nourrir, tout en respectant et soutenant lenvironnement de leur dpartement. Elle propose donc chaque semaine des paniers de lgumes bio et produits localement.

    Ma Terre, qui compte aujourdhui dix employs, ralise un chiffre daffaires de 1,4million deuros, coulant entre 1500 et 2000 paniers par semaine, avec une base de 10000 clients.

    Lentreprise a dabord cr via un dmarchage actif offline. Le passage lInternet, avec le lancement du site en 2007, a permis de faciliter grandement le traitement et le suivi des clients: 80% des ventes passent dsormais par le site. Mais attention: Internet a chang le rapport de Ma Terre avec ses clients: les internautes sont des clients bien plus volatiles ! Dun autre ct, cela permet dinteragir avec eux diffremment. Par exemple, nous avons eu lide dorganiser un concours des meilleurs vux sur notre site, impliquant la fois nos clients et nos producteurs partenaires, avec un grand repas en commun comme rcompense !

    Pecheur.com Quand Olivier Bernasson a cr Pecheur.com en 2000, au dbut simple blog lintention des fans de pche, il ne sattendait pas ce que son entreprise gnre plus de 10millions deuros de chiffre daffaires quelques annes plus tard. Pecheur.com commercialise aujourdhui plus de 100000 rfrences de produits de pche, de chasse, de nautisme et danimalerie sur Internet.

    Avec 30 employs, nous sommes lun des principaux employeurs de Gannat, petite ville de 5000habitants dans lAllier, et probablement le plus gros crateur demplois de ces dernires annes ! Et nous allons continuer recruter !, explique Olivier Bernasson.

    Pour optimiser la disponibilit de ses produits et amliorer la satisfaction du client, Pecheur.com a notamment investi dans des technologies du Web pour communiquer plus rapidement avec certains de ses 100fournisseurs. Rsultat: une rduction des stocks, qui nempche pas le client de voir sa commande expdie en moyenne dans les deux jours suivant sa commande sur le site.

    eSearchVisionLentreprise eSearchVision a t cre par Stanislas di Vittorio en 2004. eSearchVision propose un logiciel permettant aux entreprises doptimiser leurs campagnes marketing sur les moteurs de recherche, mais est galement une agence conseil pour les entreprises clientes qui souhaitent tre accompagnes dans cette optimisation.

    Avec plus de 120 employs et 200 clients (dont Orange, Sephora, Amazon, Disney...), eSearch connat une croissance suprieure 30% par an depuis sa cration, et est maintenant galement prsent ltranger (Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Etats-Unis). Nous allons continuer recruter et crotre nous explique Stanislas di Vittorio. Internet est un outil trs puissant pour les

    annonceurs puisque tout est mesurable ! Le retour sur investissement suprieur aux autres mdias est directement calculable et notre mtier, cest de loptimiser.

    La ChastanhaLa Chastanha est une maison dhtes cre par Catherine et Christophe Collinet en Ardche en 2000. Depuis son ouverture, La Chastanha accueille des familles ou des couples pour un week-end ou une semaine bien-tre en Ardche.

    Pour se faire connatre et doubler son chiffre daffaires en dix ans, la Chastanha a investi dans son site Web, ce qui a tripl le budget marketing de cette petite entreprise, mais sest rvl rentable puisquInternet est lorigine de 80% du chiffre daffaires de lentreprise aujourdhui, contre 20% il y a cinq ans. Alors

    que nous ne sommes pas situs sur une route touristique, notre investissement dans un site Web nous a permis dattirer des gens de tous horizons. Aujourdhui 15% de notre chiffre daffaires est ralis par des visiteurs trangers, issus des quatre coins du monde, et qui ne peuvent nous connatre que par lintermdiaire du site Web.

  • 23Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    Demenagerseul.comCr en 2006 avec une premire agence Paris, demenagerseul.com propose aux particuliers la location de vhicules, la vente de matriel et de multiples services pour les aider dmnager. Avec 43 agences en 2010 dans toute la France, demenagerseul.com a connu une trs forte croissance ces dernires annes et emploie maintenant 65 personnes.

    Lentreprise a choisi de crer un site Web en 2006 et la dot de fonctionnalits de ventes en ligne en 2009. De 2007 2010, le nombre de visiteurs uniques sur le site a doubl chaque anne et reprsente prsent plus de 20% de sa clientle.

    Entre 2009 et 2010, le chiffre daffaires de lentreprise est pass de 2 3 millions deuros et 85% de cette croissance est due notre site Web qui compte maintenant pour un tiers du chiffre daffaires de lentreprise nous explique Brice Castaing, responsable e-business de lentreprise.

    Entreparticuliers.comStphane Romanyszyn est prsident dun groupe de presse cr en 1985 dont Les Annonces Immobilires entre Particuliers constituait le titre phare. En 2000, avec lclosion dInternet, il dcide de crer le site entreparticuliers.com pour complter son offre papier. Fin 2008, devant le succs de son site, il abandonne ldition du journal pour ne plus publier que les annonces reues sur le site.

    Entreparticuliers.com emploie aujourdhui 60 personnes et a vu son chiffre daffaires quasiment tripler depuis 2004. Notre croissance, nous la devons Internet. Avec plus de 50% des annonces immobilires en France prsentes sur notre site, dont 80% en province, nous offrons la possibilit

    aux acheteurs de biens en France et linternational davoir en quelques clics accs une offre trs large explique Stphane Romanyszyn. Internet, cest moins de cots, plus defficacit et une couverture plus large du march !

    AquarelleHenri de Maublanc et son frre Franois ont cr Aquarelle en 1987, en ouvrant le premier magasin Rennes avec un concept novateur: des bouquets ronds prts emporter.

    En dcembre 1997, le groupe Aquarelle comptait prs de 50magasins pour un chiffre daffaires de 12millions deuros, quand il dcide de lancer une offre Internet, moins chre et offrant plus de garanties avec une photo du bouquet prise avant envoi et envoye au client que les concurrents dj prsents dans la transmission florale.

    Aprs des dbuts modestes, avec 31 bouquets vendus en ligne en 1997, aquarelle.com fabrique et vend aujourdhui prs de 700000 bouquets par an, emploie plus de 120 personnes, et ralise un

    chiffre daffaires de plus de 30 millions deuros dont 20% avec des clients bass ltranger. Au-del de la croissance de notre entreprise par le Web, les outils de linternet et du numrique nous permettent aujourdhui doptimiser les processus dune chane qui demeure artisanale: 50% de la chane de valeur est digitalise, ce qui a un impact considrable sur la gestion de la croissance, et nous sommes capables en temps rel de modliser les flux et donc dadapter nos prix explique Henri de Maublanc.

    TalendYves de Montcheuil est vice prsident en charge du Marketing de Talend, entreprise cre en 2005, qui commercialise la version Entreprises, payante, dun logiciel libre (open source) tlchargeable gratuitement sur Internet, et qui permet dinterconnecter diffrentes bases de donnes et applications.

    A lheure actuelle, la version libre du logiciel a t tlcharge plus de 12millions de fois, compte un demimillion dutilisateurs, tandis que la version Entreprises payante est utilise par plus de 2000clients. Le chiffre daffaires de la socit a doubl chaque anne depuis sa cration et elle emploie aujourdhui plus de 300 collaborateurs sur trois continents.

    Internet nous permet de dployer massivement la version open source du logiciel et donc dengendrer la demande pour notre complment payant. Il y a 15ans, dans mon premier poste chez un diteur de logiciels, nous tions obligs denvoyer des kits dvaluation par la poste suite des demandes tlphoniques. Internet permet un dploiement 5 10fois plus rapide et favorise la viralit ! Ainsi, sans investir le moindre euro en marketing, Internet nous a permis de conqurir des clients dans des pays comme lAfrique du Sud ou le Brsil !

  • 24

    14 Etude Mdiamtrie Netratings, juillet 2010.15 McKinsey: Assessing the consumer benefits of online advertising, juillet 2010.16 Banque de France : Vente distance, Internet et dynamique des prix, Document de travail n288, juillet 2010.17 Enqute ralise par le cabinet Invest RH auprs de 3 782 candidats, ciblant les jeunes diplms la recherche dun premier emploi (~50 %) et les

    personnes dj en activit et la recherche de nouvelles opportunits demploi (~50% de lchantillon), 2007.

    Internet procure un surplus de valeur linternaute

    Les Franais sont de grands consommateurs dInternet, mais mesurent-ils le bnfice quils retirent de leur utilisation des services Web? Alors que prs dun Franais sur deux se connecte chaque jour Internet14, que les internautes franais ont pass en 2009 en moyenne une heure et vingt minutes chaque jour surfer sur Internet (soit presque une journe et demie par mois), nous avons souhait valuer la valeur apporte par Internet au consommateur. Il ressort de cette analyse quInternet a permis de gnrer 9,5 milliards deuros de valeur non payante pour le consommateur-internaute, via des services financs essentiellement par la publicit en ligne pour 7 milliards deuros, dune part, et des conomies ralises sur des produits meilleur march lorsquils sont disponibles en ligne de 2,5 milliards deuros, dautre part.

    Lutilisation de services gratuits via Internet apporte un surplus de valeur de 7 milliards deuros aux internautes franais.

    Le surplus de valeur du consommateur internaute se dfinit comme la diffrence entre la valeur quil attribue aux services Internet dont il bnficie, et les cots quil associe ces services: cots rels (services payants, montant de labonnement Internet) et cots attribus aux externalits ngatives associes ces services (pollution publicitaire ou divulgation de donnes personnelles).

    McKinsey a effectu avec lIAB (Interactive Advertising Bureau) une recherche15 pour estimer ce surplus de valeur, fonde sur lanalyse dtaille des arbitrages raliss par les consommateurs. Nous avons repris les donnes de ce travail, et slectionn les donnes concernant la France. Elles ont rvl que les consommateurs franais valorisaient au total prs de 8 milliards deuros lutilisation des services dInternet tels

    que la messagerie lectronique, les rseaux sociaux, la recherche ou les rservations en ligne. Dans le mme temps, les consommateurs se dclaraient prts payer 1 milliards deuros pour saffranchir de linconvnient de la publicit en ligne et du risque de non contrle de leurs donnes personnelles. Se dgage ainsi un surplus de 7 milliards deuros pour le consommateur. On note que ce montant correspond au triple des revenus issus de la publicit en ligne; Internet offre donc un bnfice non payant de 3euros linternaute, issu de lusage gratuit des services sponsoriss par la publicit en ligne, pour chaque euro investi en dpenses publicitaires.

    Ltude ralise avec lIAB montre ainsi quen moyenne, linternaute franais nest pas prt dpenser plus de 30centimes deuro par mois pour saffranchir des risques lis la divulgation de donnes personnelles sur le Web, soit environ 60 fois moins que les bnfices quil attribue lutilisation des services gratuits dInternet.

    La disponibilit de produits meilleur march en ligne reprsente un bnfice de 2,5milliards deuros pour les internautes franais

    Les conomies effectues par le consommateur lorsquil achte en ligne constituent pour lui une seconde source de valeur induite par Internet.

    En effet, nous avons compar les prix dun panier de plus de 150produits dans toutes les catgories, dans la distribution grand public et la distribution spcialise dune part, et sur Internet dautre part. Cette comparaison rvle que les achats effectus en ligne sont en moyenne 10% moins chers que ceux raliss dans des magasins, pour des produits identiques. Internet a donc permis de faire conomiser aux consommateurs prs de 2,5milliards deuros en 2009.

    Ce rsultat est en ligne avec une tude ralise par la Banque de France avec la Fevad17, qui tait parvenue des rsultats concordants.

  • 25Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    Internet participe au bien-tre du citoyen

    En matire de performance et de dveloppement, il existe des dimensions que les indicateurs conomiques traditionnels peinent apprhender. Parmi ces bnfices difficilement mesurables, certains sont pourtant favoriss par Internet. Notre analyse lillustre travers quelques exemples et faits.

    En 2009, la Commission sur la mesure de la performance conomique et du progrs social, runissant notamment Joseph E. Stiglitz, Amartya Sen et Jean-Paul Fitoussi, avait dvelopp une rflexion sur les moyens dchapper une approche trop quantitative, trop comptable de la mesure de nos performances collectives et rpertori notamment huit dimensions prendre en considration pour valuer le bien-tre de chacun : les conditions de vie matrielles, la sant, lducation, les activits personnelles, la participation la vie politique, les liens et rapports sociaux, lenvironnement et la scurit. Par dfinition, ces dimensions sont difficilement quantifiables mais, en observant limpact dInternet sur quelques-unes dentre-elles, on peroit aisment comment, au quotidien, Internet a pu apporter une contribution positive au bien-tre des individus.

    Conditions de vie matrielles : Il est avr quInternet facilite, par exemple, la recherche dun emploi. Selon une enqute ralise en 200718, Internet sest impos comme loutil privilgi pour trouver un emploi, prs de 96 % des personnes interroges considrant Internet comme le moyen de recherche le plus efficace. Plus de 28 % des candidats frachement diplms taient, cette date, recruts via une annonce publie sur Internet. Autre avantage: les employeurs bnficient avec Internet de services performants pour mieux grer leurs recrutements, avec pour rsultat de diviser par trois la dure moyenne dun recrutement. Une plus grande fluidit dans la rencontre entre loffre et la demande demploi constitue un exemple patent de la manire dont Internet peut amliorer les conditions de vie matrielles.

    Sant: Internet facilite laccs linformation sur la sant par les patients, permet de gagner en efficacit dans le partage dinformations entre professionnels de sant, et de dvelopper de nouveaux types de soins et de surveillance comme, par exemple, le suivi de patients cardiaques distance.

    Education: La diffusion du savoir et la performance des lves peuvent tre amliores grce aux nouveaux modes denseignement autoriss par Internet, au niveau scolaire (cration despaces numriques de travail destins lensemble des intervenants, introduction de nouveaux outils de validation des acquis) comme universitaire (nouveaux outils numriques de diffusion des connaissances pour en faciliter laccs et dvelopper lenseignement distance). Ces lments illustrent la capacit dInternet rduire les cots daccs ce que John Rawls dfinit, dans sa Thorie de la Justice, comme les biens primaires du citoyen (sant, ducation, etc.). Pour peu que la fracture numrique soit rduite localement, Internet agit donc comme un facteur dquit.

    Vie quotidienne: La croissance rapide du nombre de smartphones permet de simplifier le quotidien de nombreux Franais, par exemple via des applications de go-localisation. Ainsi, 44 % des utilisateurs de smartphones se connectent chaque jour et 55% dentre eux utilisent des services de go-localisation19.

    Liens et rapports sociaux: La forte augmentation du nombre de blogs et le dveloppement exponentiel des rseaux sociaux permettent aux internautes aussi bien de participer davantage au dbat politique que de rester connects entre eux. Ainsi, 78% des internautes franais se dclarent membre dau moins un rseau social; ceux-ci sont en moyenne membres de 2,9 rseaux, selon lObservatoire des rseaux sociaux de lIfop.

    18 Observatoire de lInternet Mobile, 2me dition, Group M et SFR Rgie, juin 2010.

  • 26

    Perspectives de croissance et de dveloppement horizon 2015

    La filire recle des facteurs de croissance qui laissent augurer dun essor majeur dans les annes venir. En effet, ses rpercussions positives actuelles sur lconomie constituent autant de raisons objectives de son succs futur. Pour autant, des marges de progression subsistent afin dexploiter davantage encore le potentiel numrique de la France, notamment la lueur des bonnes pratiques observes ltranger. Sen inspirer permettrait daccrotre encore la contribution dInternet au PIB franais.

    Un renforcement significatif du poids conomique dInternet dici 2015

    Le dveloppement de la consommation interne, tire notamment par le e-commerce, conjugu laccroissement des investissements pour une adoption rapide des technologies Internet, devraient conduire un accroissement de 13 % par an de la contribution directe dInternet au PIB franais; Internet contribuerait alors au quart de la croissance franaise des trois prochaines annes, ainsi qu la cration de

    450 000 emplois supplmentaires (directs et indirects) horizon 2015.

    Une contribution au PIB franais hauteur de 5,5% dici 2015

    Selon nos hypothses tendancielles de projection, Internet contribuera 5,5% du PIB en 2015, hauteur de 129 milliards deuros, soit une croissance de 13% par an en valeur absolue, due essentiellement une augmentation de la consommation (17% par an dont 21% pour le e-commerce). La filire dpasserait ainsi par son poids dans le PIB des secteurs comme lautomobile ou les services financiers (banques, assurances). (Figure4).

    Ces projections sont cohrentes avec lenqute mene au sein des PME. Celles-ci considrent en effet que les gains de productivit futurs raliss grce lusage des technologies Internet seront de lordre de 12% au cours des trois prochaines annes. Cela implique une contribution directe au PIB de 40 50milliards deuros supplmentaires, soit une contribution de plus de 100milliards deuros lhorizon 2013.

    2009

    Croissance horizon 2015

    Contribution dInternet au PIB franais en 2015Milliards deuros

    Croissance annuelle moyenne 2009-2015

    37

    22

    60

    0 -2

    129Total

    Balance commerciale

    69

    Investissement public 52

    Investissement priv 3311

    Consommation 9356

    7 %

    17 %

    5 %

    0

    13 %

    SOURCE : IDC, INSEE, Strategy Analytics, FMI, Ministre de lEconomie et des Finances, PLF 2011, Analyse McKinsey

    1 Croissance du Produit intrieur brut franais de prs de 3,4 % en nominal entre 2009 et 2015, hypothse prise sur les donnes de croissanceet de linflation du FMI, du Ministre de lEconomie, des Finances et de lIndustrie, et du projet de loi de finances 2011

    5,51 % du PIB

    Figure 4

    Internet devrait contribuer 5,5 % du PIB en 2015

  • 27Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    Nous avons ralis une projection de la contribution directe dInternet au PIB franais sur trois dimensions:

    Consommation: La consommation sur Internet va continuer de se dvelopper.

    Le e-commerce, dabord, va crotre avec la gnralisation du haut-dbit (qui concernera 78% des foyers connects Internet, contre 62% aujourdhui). De mme, la valeur du panier moyen par acheteur va crotre (12% par an) avec la multiplication du nombre de sites sur Internet et laugmentation de la part des achats effectus en ligne, pour atteindre en France, dici 2015, le niveau du panier moyen actuel des Britanniques (en devise locale). Le e-commerce britannique a cr de plus de 25milliards de livres Sterling en quatre ans (entre 2005 et 2009) pour atteindre 50milliards de livres Sterling en 2009. Nous faisons lhypothse que les achats en ligne en France connatront le mme rythme de croissance.

    Par ailleurs, les revenus gnrs par Internet vont augmenter avec la gnralisation du haut-dbit dune part, et la prolifration des smartphones et tablettes dautre part (Strategy Analytics prvoit une augmentation du nombre de smartphones, de 9millions en 2009 35millions en 2015).

    Enfin, les dpenses des particuliers en PC vont augmenter de 7% par an jusquen 2015 (selon lIDC) .

    Investissements publics et privs: Nous avons adopt une hypothse daugmentation des investissements dans le prolongement de la tendance historique.

    Balance commerciale: Nous avons considr quelle resterait inchange par rapport son niveau de 2009 (Figure5).

    Hypothses retenues dans nos projections

    0

    2

    Investis-sementpublic

    Marchhaut-dbit + SmartPhone+ PC

    Conso admin. publique

    11 2

    37

    -2 360

    -2

    Balance commerciale

    5

    Total 2009

    8

    46

    e-commerce

    129

    93

    33

    Total 2015Investis-sement priv

    22

    3,2 % du PIB

    SOURCE : Fevad 2009, INSEE, Analysis (taille du march haut-dbit franais), McKinsey

    5,5 % du PIB

    Principales hypothses

    Augmentation du panier moyen e-commerce de 12 % par an en moyenne sur 2009-2015 pour atteindre en 2015 le niveau du Royaume-Uni en 2009

    Augmentation de la pntration haut dbit de 62 % en 2009 78 % en 2015 Augmentation des revenus PC de 7 % par an et de smartphones de 9 35 millions d'units en 2015 Augmentation des investissements selon la tendance historique

    y

    Consommation

    Investissement priv

    Investissement public

    Balance commerciale

    Figure 5

    Dtail des hypothses de croissance

  • 28

    Une contribution au quart de la croissance franaise des trois prochaines annes

    Ainsi, sur la base dune projection de la croissance du produit intrieur brut nominal de 3,4 %19 en moyenne jusquen 2015, Internet devrait contribuer prs du quart de la croissance franaise qui sera gnre au cours des trois prochaines annes (jusquen 2013). A titre de comparaison, le rapport France numrique prvoit que la contribution la croissance du secteur numrique au niveau mondial se situera entre 25% et 30%20. La projection ralise aurait galement pour consquence la cration de 450 000 emplois en France lhorizon 2015.

    Des marges de progression pour exploiter pleinement le potentiel numrique de la France

    Une analyse mene par McKinsey (voir Encadr) situe notre pays dans la moyenne des pays de lOCDE, au 17me rang sur 43, en matire de connectivit Internet. De plus, en dpit du poids que reprsente dj Internet

    en France et des perspectives de progrs substantielles pour les annes venir, il perdure des ingalits, dans laccs comme dans lusage, entre les diffrentes rgions. Il apparat donc clairement que des marges de progression existent. La France peut sinspirer des pratiques observes ltranger pour fonder une authentique politique de dveloppement du numrique; un tel effort, engageant conjointement pouvoirs publics et entreprises, permettrait de porter le potentiel conomique 160milliards deuros dici 2015.

    La France dans la moyenne des pays de lOCDE

    Dans le cadre dune analyse comparant la France aux autres pays de lOCDE, et ayant vocation approfondir la mesure de lutilisation du Web en France, McKinsey a labor un indice de connectivit Internet, e3, permettant de comparer les niveaux dutilisation dInternet (voir encadr). Selon cet indice, la France se situe au 17me rang sur les 34 pays de lOCDE en matire de dveloppement Internet, alors que les Pays-Bas et le Royaume-Uni se placent respectivement en 3me et 4me

    position (Figures 6 et 7).

    19 Croissance du Produit intrieur brut franais de ~3,4 % en nominal entre 2009 et 2015, hypothse prise sur les donnes de croissance et de linflation du FMI, du Ministre de lconomie, de lIndustrie et de lEnergie en France et du projet de loi de finances 2011 (septembre 2010).

    20 Ministre de lEconomie, des Finances et de lIndustrie : France Numrique 2012 - Plan de dveloppement de lconomie numrique, Octobre 2008.

    Lindice e3 permet de mesurer la connectivit Internet de la France et son positionnement par rapport aux autres pays de lOCDE.

    Il repose sur 3 piliers:

    le-ngagement: mesure lusage dInternet la fois par les particuliers, les entreprises ou ladministration publique.

    le-nvironnement: mesure la qualit de linfrastructure, son dbit et la pntration Web dans les foyers.

    le-dpenses: mesure les dpenses ralises sur Internet (publicit, e-Commerce).

    Les intensits Web des diffrents piliers sont calcules partir de 17 indicateurs spcifiques issus principalement du Networked Readiness Index du WEF Global Information Technology Report. Limportance de lusage et des infrastructures sont pris en compte dans lindice par une pondration de le-ngagement et de le-nvironnement de 40% chacun, le-dpenses reprsentant les 20% restant. Le score de chacun des piliers est dtermin par la moyenne des indicateurs le constituant.

    Indice de connectivit Internet e3

  • 29Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    y

    Classement & Pays Score normalis1

    Les pays Scandinaves, lAmriquedu Nord, les Pays-Bas, le Royaume-Uni,

    la Suisse et la Core du Sudsont les 10 plus performants

    Mexique

    13%Turquie

    Chili 16%Pologne 19%Slovaquie 20%Hongrie 26%Italie 27%Portugal 29%Slovnie 30%

    38%Rpublique Tchque38%Espagne

    Nouvelle-Zlande44%Irlande44%

    Belgique 49%Isral 49%Autriche 54%France 58%Islande 58%Luxembourg 59%Japon 60%Allemagne 61%Australie 62%Estonie 62%Finlande 68%Suisse 68%

    14%

    70%Etats-Unis 70%Canada 75%Norvge 75%Royaume-Uni

    Core du Sud

    Pays-Bas 78%Sude 81%Danemark 83%

    14%Grce

    76%

    La France se situe en 17meposition parmi les pays de lOCDE

    Moyenne OCDE47 %

    123456789

    10111213141516171819202122232425262728293031323334

    1 Le score est norm de 0 100 pour les 34 pays. Il est bas sur la moyenne pondre des indicateurs e-nvironnement, e-ngagement et e-dpenses

    SOURCE : WEF Global Info. Technology Report, Forrester Research, OCDE, The Internet Economy 25 years later 2010, Pyramid Tracker, McKinsey

    Figure 6

    En matire de connectivit Internet, la France se situe dans la moyenne des pays de lOCDE

    e-ngagement e-nvironnement e-dpenses

    0 20 40 60 80 100

    TurquiePologneMexiqueGrceChiliHongrieSlovaquieItaliePortugalRpublique TchqueSlovnieEspagneIrlandeNouvelle-ZlandeBelgiqueAutricheAustralieFranceIslandeLuxembourgIsralJaponEstonieFinlandeAllemagneEtats-UnisNorvgeSuisseCore du SudCanadaRoyaume-UniPays-BasDanemarkSude

    0 20 40 60 80 100

    MexiqueTurquiePologneChiliGrceSlovaquieHongriePortugalItalieRpublique TchqueEspagneSlovnie

    IrlandeIsralJaponBelgique

    Nouvelle-Zlande

    AllemagneAustralie

    FranceAutricheEstonieCore du SudFinlandeRoyaume-UniCanadaLuxembourgNorvgeEtats-UnisSudeIslandeDanemarkSuissePays-Bas

    0 20 40 60 80 100

    GrceSlovnieChiliTurquieSlovaquieIslandePortugalItalieSuisseIsralLuxembourgBelgiqueHongrieEspagnePologneNouvelle-ZlandeAutricheIrlandeRpublique TchqueEstonieAllemagnePays-BasFinlandeEtats-UnisFranceJaponCore du SudDanemarkSudeCanadaAustralieNorvgeRoyaume-Uni

    17

    15

    9

    SOURCE : WEF Global Info. Technology Report, Forrester Research, OCDE, The Internet Economy 25 years later 2010, Pyramid Tracker, McKinsey

    Figure 7

    La France dans la moyenne des pays de lOCDE, lgrement en avance pour les dpenses online (e-dpenses)

  • 30

    Alors que la France dispose dun bon niveau dquipement en infrastructures haut-dbit, le retard quelle a accumul par rapport aux pays de lOCDE les plus avancs est essentiellement li un usage plus faible dInternet, que ce soit par les particuliers (le taux dutilisation de lInternet mobile est plus bas que celui du peloton de tte de lOCDE), par les entreprises, ou par le secteur public. Deux lments dexplication apparaissent, notamment au travers de nos comparaisons internationales:

    On observe dune part que le secteur public contribue encore relativement peu la filire Internet : alors que la France a rcemment investi fortement pour permettre le traitement de certaines procdures administratives en ligne (par exemple, la tl-dclaration des revenus), ladministration semble investir encore peu pour promouvoir le dveloppement de lusage dInternet en son sein et au sein des entreprises publiques. Ainsi en 2009, la contribution des dpenses publiques la filire Internet tait deux fois plus faible que la contribution des dpenses publiques lensemble de lconomie (huit milliards sur 60milliards, soit 13%, contre 23% du PIB total franais en 2008).

    Il ressort dautre part que les PME sont en retrait sagissant de ladoption des nouvelles technologies dInternet. Par exemple, seules 47 % des PME franaises disposent dun site Web (contre 80% de leurs homologues britanniques). Il sagit l dun des facteurs expliquant que la balance commerciale de la filire Internet soit ngative: le ratio des exportations sur importations de technologies Web natteint que 0,9 en France.

    Une fracture numrique territoriale

    Par ailleurs, ltude que nous avons mene auprs des PME rvle notamment une forte disparit de pntration et dusage dInternet entre les rgions : cest lIle-de-France qui dtient la plus faible proportion dentreprises faible intensit Web (31 %) et la plus forte part dentreprises forte intensit Web (47 %), alors que les rgions du centre de la France (Bourgogne, Centre, Limousin, Auvergne) prsentent la plus grande part dentreprises faible intensit Web (70%) voir Figure3 page 19.

    Des bonnes pratiques en Europe et dans le monde dont la France pourrait sinspirer

    La France, notamment grce France Numrique 2012, au Grand Emprunt et au programme Investissements davenir, a dj lanc un ensemble dinitiatives ayant vocation favoriser laccs et lusage du Web. Celles-ci doivent bien sr tre poursuivies et encourages:

    la rduction de la fracture numrique (en garantissant laccs lInternet haut-dbit fixe et mobile pour tous),

    le dveloppement des usages et services numriques, tant dans la sphre prive (ex : offre de financement privilgie pour lacquisition dquipements informatiques, de tlcommunications et Internet) que publique (ex : dploiement des TIC au service de lenseignement, de la sant, dveloppement de ladministration lectronique),

    le soutien lconomie numrique par la rnovation de sa gouvernance et son cosystme (ex : soutien des PME innovantes et de la recherche et dveloppement dans le numrique, cration dinstances transversales aux ministres et autres structures dEtat et en charge des enjeux du numrique),

    sont autant de mesures ayant vocation favoriser lessor dInternet en France.

    Au-del de ces mesures et dans la mme optique, la France a la possibilit damliorer encore son positionnement dans lindice e3, la double condition dune volont daction renforce et du dveloppement dune politique de dveloppement de la filire Internet, en tenant compte des pratiques internationales de rfrence. Les comparaisons que nous avons ralises montrent en effet que les pouvoirs publics acclrent le dveloppement de lconomie numrique en influant sur les lments de son cosystme (environnement, secteurs producteurs et utilisateurs) et en dclinant une vision stratgique densemble en actions concrtes. A travers les trois pistes identifies ci-dessous, deux grands modles dintervention se dessinent: lun centr sur linfrastructure et lusage, lautre sur lenvironnement productif reposant sur des facteurs cls de russite spcifiques. (Pour autant, aussi intressantes quelles apparaissent ce stade, limpact prcis de ces mesures sur lconomie franaise reste valuer).

  • 31Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    Piste n1: Renforcer linfrastructure et dvelopper lusage dInternet

    Nous avons identifi des exemples significatifs de politiques visant renforcer linfrastructure et lusage dInternet en Core du Sud, en Sude et Singapour:

    Prennisation dune vision stratgique de long terme au plus haut niveau de ltat, clarifiant les priorits dinvestissement court, moyen et long termes. A ce titre, il conviendrait probablement de prolonger les ambitions de France Numrique 2012 au del de cette chance ;

    Dveloppement de linfrastructure en incitant la sphre prive investir (soit en jouant le rle dinitiateur et en faisant du secteur priv le leader du dploiement, soit en dployant directement linfrastructure dans les zones non rentables pour les oprateurs privs, afin den garantir laccs pour tous);

    Formation et accs aux TIC de la population (au travers de formations lutilisation des outils TIC, et en facilitant laccs lquipement);

    Positionnement de ltat comme catalyseur de lusage dInternet (par une diffusion des TIC au sein de ses services, et le dveloppement de le-administration).

    Piste n2: Crer un environnement favorableau dveloppement du secteur producteur des TIC

    Des politiques visant crer un environnement favorable au dveloppement du secteur producteur des TIC ont t mises en place par les Etats-Unis, la Finlande, Isral, le Japon ou encore lAllemagne;

    Maintien par la rgulation dun niveau de concurrence lev destin assurer la diffusion des TIC dans lconomie, favoriser le dmarrage doffres mergentes de TIC et assurer le dploiement de linfrastructure (en particulier la fibre);

    Cration dun pool de talents du secteur TIC, par la mise en place dune formation scientifique de base de qualit, par une collaboration avec le secteur TIC pour rpondre certains de ses besoins, et par une

    politique dimmigration volontariste de travailleurs qualifis dans ce domaine;

    Positionnement de ltat comme catalyseur de linnovation travers la commande publique, en accordant la priorit aux entreprises de la filire Internet et au dveloppement de lusage dInternet, le financement de la R&D prive, et les dispositifs incitatifs en faveur du financement priv de linnovation;

    Positionnement du dveloppement du secteur TIC dans un contexte international, notamment pour favoriser laccs des acteurs nationaux un vaste march.

    Piste n3: Renforcer ladoption des technologies au sein des PME pour rduire la fracture numrique rgionale

    Dans le cas spcifique de la France, une rflexion complmentaire sur le dveloppement de lusage des technologies Internet au sein des PME et la rduction de la fracture numrique rgionale serait utile pour complter ces bonnes pratiques, travers notamment:

    Lacclration de ladoption des NTIC par les particuliers et par les entreprises, et leur formation, notamment dans le but daccrotre le nombre de PME forte intensit Web;

    Lutilisation de linvestissement public comme un vecteur de dveloppement de lusage dInternet (par exemple en poursuivant les investissements de-gouvernement, de-ducation, et les efforts de modernisation de ladministration publique);

    La rduction de la fracture numrique (plus dun tiers des franais ne se sont encore jamais connects Internet);

    Le dveloppement du haut et trs haut-dbit.

    Afin de mettre en perspective leffet dune amlioration significative de la position franaise dans lindice e3 voqu plus haut, nous avons simul un alignement thorique de la France dici 2015 sur le top 5 des pays prsentant les meilleures performances en matire dusage dInternet (ceux ayant intgr les

  • 32

    bonnes pratiques listes ci-dessus). Considrant que la France disposait dune marge de progression importante dans son usage des technologies Internet, nous avons simul laugmentation de ces usages par linternaute-consommateur et dans les entreprises. Ces simulations, appuyes sur une plus forte pntration Web par rapport au scnario tendanciel, rvlent quen salignant sur le top 5 des pays ayant la plus forte maturit

    Internet, la contribution directe dInternet au PIB franais pourrait atteindre 160milliards deuros en 2015 (soit 7% du PIB en 2015). On voit bien, ds lors, comment lanalyse de limpact de dInternet sur lconomie et ses acteurs ouvre la voie une rflexion plus globale sur les moyens de stimuler la croissance et le dveloppement franais, tout en y apportant des rponses concrtes.

  • 33Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    Conclusion

    Nos recherches invitent reconsidrer limpact dInternet sur lconomie franaise et notamment prendre en compte toutes ses dimensions de cration de valeur. Au vu de limportante contribution au PIB et la croissance passe et future que gnre Internet, de manire directe et indirecte, il apparat dsormais indispensable de lapprhender non pas uniquement comme un secteur, mais comme une filire part entire. Au-del des chiffres, Internet, on la soulign, est galement un facteur de modernisation et de progrs, dont les effets se font ressentir sur lconomie comme sur la socit. Le dveloppement et la prennisation de cette filire ne pourront nanmoins se faire sans lappui des pouvoirs publics. Cest en mettant en place une politique de filire adapte que la France pourra tirer le meilleur parti du dveloppement dInternet sur son territoire, avec des effets bnfiques pour son conomie, pour ses entreprises et pour ses citoyens.

    Nous avons identifi trois pistes de dveloppement prouves dans dautres pays, et dont la France pourrait sinspirer. A travers ces trois pistes, deux grands modles dintervention se dessinent. Lun vise renforcer linfrastructure et dvelopper lusage dInternet dans notre pays, avec un effort particulier sur les PME dont il ressort clairement, compte tenu de leur poids dans notre conomie, quelles sont cls dans cette quation. Lautre vise appuyer lenvironnement productif en apportant un soutien actif aux facteurs cls de russite. Dans tous les cas, cest la condition dune volont daction claire et de la mise en place de mesures concrtes que la France pourra exploiter pleinement son potentiel numrique et en rcolter les fruits.

  • 34

    Annexes

    1. Glossaire

    Technologies dInternet : dsigne les technologies utilises par les entreprises franaises et rendues possibles par Internet: le e-commerce, lutilisation de la messagerie lectronique, lIntranet, lExtranet, les sites Internet, le marketing online et toutes les technologies de Web 2.0.

    Surplus consommateur : valeur accorde par les consommateurs aux services gratuits fournis par Internet, corrig des cots daccs et de la valeur estime de la pollution lie ces services (publicit, partage de donnes personnelles).

    Contribution directe dInternet au PIB (voir encadr pages 14-15 et annexe mthodologique) : estime par la mthode de consommation, sur la base de donnes communiques par lINSEE. Mthodologie reposant sur le calcul de trois lments constitutifs:

    La Consommation: consommation finale des biens et services par les consommateurs et lEtat sur Internet ou pour avoir accs Internet (y compris appareils lectroniques).

    Les investissements: investissements raliss par les entreprises prives et lEtat dans des technologies lies Internet (Telecom, Extranet, Internet, site Internet).

    Le Net import : Les biens et services vendus et exports sur Internet de mme que les quipements Internet moins les importations associes.

    ROPO (Research Online, Purchase Offline): achats raliss en magasin conscutivement une recherche ou lexposition une publicit sur Internet.

    Gains de productivit: ensemble des gains provenant dune augmentation des revenus conjugue la rduction des cots bruts et des frais administratifs et gnraux.

    Filire Internet: chane de valeur dInternet regroupant les services informatiques (y compris marketing online), les fabricants de matriel et les tlcommunications.

    2. Note mthodologique

    A - Mthodologie de quantification de la contribution lconomie franaise

    Contribution au PIB

    Nous avons calcul la contribution Internet au PIB via la mthode de calcul par la Consommation ou Dpenses. Cette mthode comporte trois composantes: Consommation finale + Investissement + Net export.

    La Consommation finale : consommation des biens et services par les consommateurs et lEtat sur Internet ou pour avoir accs Internet (y compris appareils lectroniques):

    Consommation prive: e-commerce21 + Chiffre daffaires haut-dbit des oprateurs tlcom franais sur le march des particuliers22 + march Internet sur les Mobiles23 + Consommation en matriel informatique24 + consommation en smartphones25 pondres par des hypothses dutilisation Internet

    Consommation publique : analyse McKinsey base sur sept sources26 valuant les dpenses SI de lEtat franais sur plusieurs postes de dpenses avec un pourcentage pris pour la part Internet pour chaque poste de dpenses (moyenne de 40-50% des dpenses SI)

    Investissements : investissements raliss par les entreprises prives et lEtat dans des technologies lies Internet (tlcom, Extranet, site Web,).

    Investissement Internet priv : moyenne des dpenses des entreprises prives en activits informatiques et quipement Internet27.

    21 Chiffres FEVAD, 2009.22 Chiffre ARCEP, 2009.23 Revenus Internet mobile communiqus par lARCEP en 2009.24 IDC, 2009.25 Gartner, 2009.26 IDC, Markles, INSEE, Inspection gnrale des finances, McKinsey, ARCEP, Eurostat.27 INSEE.

  • 35Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    Investissement Internet public : moyenne du prorata de part dInternet dans les dpenses de lEtat en activits informatiques et quipements Internet, selon diffrentes sources28.

    Importations nettes: les biens et services vendus lexport sur Internet ainsi que lexportation des quipements Internet nets des importations associes

    Import: 20% de la part e-commerce (biens et services) franais B2C + importation e-commerce B2B29 + importation des activits informatiques et quipement Hardware30 pondre par des hypothses de part Internet :

    Export : 20 % de la part e-commerce (biens et services) franais B2C31 + exportation e-commerce B2B32 + exportation des activits informatiques et quipement Hardware, pondre par des hypothses de part Internet

    Nous avons crois la mthode de calcul du PIB par la Consommation avec les mthodes de calcul par la Valeur Ajoute ou Production (gains de productivit des entreprises de 12 % qui, rapporte au rsultat dexploitation des entreprises franaises33, donne le chiffre de 60milliards deuros) et par les Revenus (un million demplois valus 45000 par emploi, ce qui reprsente 70% de la contribution au produit intrieur brut34). Les diffrentes mthodes employes ont donn des rsultats concordants.

    Contribution lemploi

    La part demplois crs par lInternet a t calcule par diffrentiel entre les emplois directs, indirects et induits lis Internet, et les emplois qui se sont substitus des emplois dans dautres secteurs dactivit grce des gains de productivit. Nous avons utilis pour chaque

    calcul deux approches, une mthode dtaille inductive et deux mthodes dductives, afin de valider les ordres de grandeur (voir encadr page 16).

    Mthodes inductives

    Parts des emplois Internet : Sur la base des donnes INSEE35 et dhypothses, et sur la base de la part dInternet dans les diffrents secteurs dactivits, nous avons estim le nombre demplois directement lis Internet (e-commerce, services sur Internet, dveloppeurs de logiciels, publicit en ligne), auquel nous avons ajout le nombre demplois lis Internet dans les entreprises (exemple: service de marketing online dans les entreprises) et enfin les emplois indirectement lis Internet (par exemple les emplois crs dans les entreprises de livraison domicile).

    Substitution : Nous avons estim les gains de productivit de chaque technologie Internet sur la base dune enqute McKinsey. Nous avons dduit la substitution demplois associe par secteur dactivit selon la pntration des diffrentes technologies Internet (Intranet, Extranet, site Internet,) en nous appuyant sur les donnes du MEFI36 du taux de pntration de chacune des technologies dans chaque secteur dactivit.

    Mthodes dductives

    Parts des emplois Internet:

    Sur base du calcul de la contribution dInternet au PIB, nous avons calcul la masse salariale et dduit le nombre demplois associs.

    Sur base du calcul du chiffre daffaires gnr par Internet par secteur, rapport au chiffre daffaires gnr par employ, nous avons calcul le nombre demploys par secteur pour Internet.

    28 INSEE 2008 projet ; IDC 2009 ; Analyse McKinsey.29 Rapport Greenwich Consulting pour le Snat.30 INSEE.31 Selon le Journal du Net en 2007.32 Rapport Greenwich Consulting pour le Snat.33 Pondre avec le taux dutilisation des entreprises franaises.34 Tableau conomique de lINSEE, 2010.35 Emploi par secteur dactivit, INSEE.36 Ministre de lEconomie, des Finances et de lIndustrie : Tableau de bord des TIC dans les entreprises franaises, novembre 2010.

  • 36

    Substitution: Sur base des gains de productivit globale annoncs par les entreprises franaises, nous avons dduit le nombre demplois substitus par Internet.

    Nous avons enfin triangul les rsultats de ces trois mthodes et les avons compars aux rsultats de notre enqute PME : ceux-ci sont concordants, et mettent en vidence une cration nette de 700000 emplois par la filire Internet, soit 2,4emplois crs pour un emploi rallou.

    Projection de la contribution au PIB

    La contribution dInternet au PIB en 2015 a t estime en reprenant les composantes du calcul de la contribution au PIB 2009 et en leur appliquant des hypothses de croissance (voir encadr page 27).

    Contribution indirecte dInternet la consommation: Research Online Purchase Offline (ROPO)

    Nous avons calcul le ROPO (achats en boutique issus dune recherche ou publicit sur Internet) en estimant les coefficients ROPO associs aux ventes e-commerce par catgorie de produits:

    Calcul de la rpartition des ventes e-commerce par catgorie de produits partir des donnes FEVAD Mdiamtrie37.

    Calcul des coefficients de ROPO de chaque catgorie de produits grce aux chiffres ROPO des tudes Consumer Barometer et TNS38 (hypothse que 80% des achats rsultent dune recherche et 20% de la publicit).

    Dduction de la contribution ROPO par catgorie de produit.

    Bnfice Consommateur

    Le surplus Consommateur correspond lvaluation de la valorisation par les internautes des services et contenus gratuits auxquels Internet leur permet laccs, nuance par les contraintes et nuisances perues, lies lutilisation des donnes personnelles et aux annonces publicitaires. Cette valuation a t ralise partir dune analyse darbitrage (conjoint study) ralise auprs de 750 internautes franais en 2009.

    Economies ralises : deux approches diffrentes ont gnr des rsultats similaires

    Un rapport de la Banque de France39 montre que limpact dun doublement du e-commerce bas sur des donnes FEVAD est dun demi point sur linflation, nous lavons donc dduit des gains raliss par le consommateur.

    Nous avons ralis une comparaison des prix sur Internet et en boutique de 150produits dans toutes les catgories de produits (tude ralise en dcembre 2010) et avons montr que les prix Internet taient prs de 10% moins levs que les prix pratiqus dans le rseau physique.

    Indice de connectivit Internet e3

    Voir Figures 8 et 9 et encadr page 28

    37 Baromtre FEVAD - Mdiamtrie, 2009.38 Etude TNS - Sofres, 2010.39 Banque de France : Vente distance, Internet et dynamique des prix, Document de travail n288, juillet 2010.

  • 37Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    NRI

    Strategy Analytics

    NRI

    NRI

    Indice IndicateursSous-indices Piliers Source

    NRI

    NRI

    NRI

    NRI

    NRI

    NRI

    NRI

    The Internet economy25 years later 2010

    Pyramid data tracker

    NRI1

    Forester research online

    World digital media trends

    OCDE

    Dbit Internet

    Nombre de foyers connectables au haut-dbit

    Nombre de serveurs Internet scurissAccessibilit au contenu digital

    Nombre dabonnements mobile

    Nombre dabonns haut-dbit

    Nombre dutilisateurs Internet

    Utilisation dInternet dans les entreprises

    Participation du gouvernement au dveloppement dInternetNombre de services du gouvernement accessible en ligneNombre dinformations du gouvernement en ligne

    Nombre dentreprises avec un site web

    Nombre dentreprises connects au haut-dbit

    Nombre dordinateurs personnels

    Pourcentage de la population qui achte en ligne

    Dpenses publicitaires en ligne

    E-commerce en % du total des revenus

    e-nvironnement

    40 %

    Indice e3 de McKinsey

    e-ngagement

    Usage particuliers

    Usage entreprises

    Usage gouvernement

    40 %

    e-dpenses

    20 %

    1

    2

    3

    4

    5

    6

    7

    8

    9

    10

    11

    12

    13

    14

    15

    16

    17

    SOURCE : Global Technology Report 2009-20101 Indice inspir de l'indice NRI (Networked Readiness Index) du World Economic Forum

    Poids dans le score global

    Figure 8

    McKinsey a cr lindice e3 pour mieux comprendre la place relative de la France en termes de connectivit Internet1

    e-ngagement rang 17 e-nvironnement rang 15

    e-dpenses rang 9

    1 Pour ces indicateurs, les donnes ntaient pas disponibles pour tous les pays, le classement est alors extrapol sur 34 paysSOURCE : WEF Global Info. Technology Report, Forrester Research, OECD, The Internet Economy 25 years later 2010, Pyramid Tracker, McKinsey

    Usage particuliers

    Usage entreprises

    Usage gouvernement

    Dpenses publicitaires en ligne

    Pourcentage de la population qui achte en ligne

    E-commerce en % du total des revenus

    Nombre dordinateurs personnels

    Nombre dabonnements mobile

    Nombre dabonns haut-dbit

    Nombre dutilisateurs Internet

    Utilisation dInternet dans les entreprisesNombre dentreprises avec un site Web

    Nombre dentreprises connects au haut-dbit

    Participation du gouvernement au dveloppement dInternetNombre de services du gouvernement accessible en ligneNombre dinformations du gouvernement en ligne

    101

    11

    19

    261

    131

    14

    8

    12

    Rang gnral de la France

    Dbit Internet7

    181

    101

    91

    Rang gnral de la France

    Nombre de serveurs Internet scuriss

    22

    Accessibilit au contenu digital21

    Nombre de foyers connectables au haut-dbit

    111

    28

    17 17

    17

    Classement gnral de la France : 17 sur 34 pays de lOCDE

    Figure 9

    La France se situe dans la moyenne des pays de lOCDE pour la plupart des indicateurs avec une petite avance pour les dpenses en ligne

  • 38

    chantillon

    Rpartitionpar secteur

    52 % services 28 % commerce 20 % industrie et construction

    48 % services 28 % commerce 24 % industrie (y compris construction)

    Croissance +5-6 % par an en moyenne

    sur l'chantillon +4-5 % par an en France pour les PME

    Pntration web

    87 % ont le haut-dbit 93 % des entreprises (PME et autres) ont le haut-dbit

    Chiffres INSEE

    47 % ont un site Web ~50 % des PME ont un site Web(46 % des PME de 50 250 employs)

    43 % ont un intranet 42 % des entreprises (PME et autres)ont un intranet

    31 % ont un extranet 33 % des entreprises (PME et autres)ont un extranet

    10-16 % des achats/ventes en ligne 13 % des ventes par voie lectronique (PME et autres)

    ~48 % des employs ont accs Internet

    43 % des salaris ont accs InternetSource : Chiffres janvier 2009 Enqute TIC, statistiques publiques

    B - Mthodologie de la recherche spcifique

    ralise sur les entreprises

    Analyses sur les entreprises

    Nous avons men deux analyses complmentaires sur les sur les entreprises.

    Dune part, nous avons cr en 2010 un chantillon dentreprises Internet qui rapportent leurs statistiques de chiffre daffaires et demploi la banque de France, donnes compiles entre autres par le Journal du Net40. En regroupant des entreprises hors PME (par exemple Pixmania ou Rue du Commerce, qui emploient plus de 250personnes, et dont le chiffre daffaires est largement au-dessus de 250 millions deuros) et des socits mixtes (nous retirons par exemple le monde interactif, nous avons pu mettre en vidence que les entreprises de la net conomie ont mieux rsist en 2009, anne particulirement morose.

    Dautre part, nous avons men en dcembre 2010 une enqute sur un chantillon reprsentatif des PME franaises dans leur diversit. Lenqute visait

    valuer limportance des technologies du Web sur la performance et la dynamique industrielle des petites et moyennes entreprises franaises de moins de 250 employs, gnrant un chiffre daffaires infrieur 250millions deuros. Le questionnaire a t rempli par plus de 1 000 petites et moyennes entreprises ; plus de 400dentre elles avaient ralis des dpenses dans les technologies Internet. Ces PME ont par ailleurs rpondu lintgralit du questionnaire, nous permettant dobtenir des rsultats probants quant limpact dInternet sur leur performance.

    Reprsentativit de lchantillon

    Lchantillon labor est reprsentatif de la population des PME franaises dans leur rpartition rgionale, sectorielle, et de taille en fonction du nombre demploys. Outre ces dimensions, nous avons ensuite vrifi sa reprsentativit la lecture dautres paramtres afin den comparer les donnes avec celles de lINSEE. Il apparat que lchantillon de PME que nous avons labor est bien reprsentatif de lconomie franaise dans toutes les dimensions, y compris en ce qui concerne la pntration Web (voir ci-dessous).

    40 Rfrence : http://www.journaldunet.com/ebusiness/le-net/resultats-2009-societes-Internet/.

  • 39Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    Dtail des technologies prises en compte

    Les technologies Internet qui ont t prises en compte dans lenqute sont la messagerie lectronique, lIntranet, lExtranet, les sites Web, les technologies du Web 2.0 ou encore le marketing on-line.

    Outils dvelopps

    Questionnaire de lenqute

    Lenqute est compose de quatre parties : signaltique de lentreprise, chiffres cls et positionnement de lentreprise dans son secteur, pntration des technologies Internet dans lentreprise et impact des technologies Web sur le dveloppement et la performance de lentreprise. Llaboration de la partie portant sur lvaluation de limpact dInternet sur la performance conomique sinspire notamment de lenqute ralise en 2002 par lconomiste amricain Hal Varian.

    Elaboration de lindice Web-McKinsey

    Nous avons ensuite dfini un indice de pntration et dutilisation des technologies Internet (galement dsign comme indice de

    maturit des PME sur le Web) destin notamment observer les paramtres cls de la performance des entreprises selon leur utilisation dInternet ou encore la pntration gographique. Lindice dintensit Web de McKinsey se dfinit comme le produit de la pntration dune technologie Internet avec lutilisation de cette technologie par les employs, clients ou fournisseurs, pondr ensuite par limportance accorde chaque technologie par notre chantillon (voir encadr page 18).

    Sur la base de cet indice, nous avons class les entreprises de notre chantillon en trois groupes distincts :

    les faible intensit Web, ayant un indice Web compris entre 0 et 20%, reprsentant 49% des entreprises de notre chantillon

    les moyenne intensit Web, ayant un indice Web compris entre 20% et 40%, reprsentant 22% des entreprises de notre chantillon

    les forte intensit Web, ayant un indice Web suprieur 40 %, reprsentant 29 % des entreprises de notre chantillon.

  • 40

    3. Bibliographie

    Etude sur lemploi

    Etude de lACSEL en parterariat avec powerboutique (http://www.powerboutique.com/publications-etudes-Internet.cfm#enquetes)

    Etude Net impact

    David Johnston, Michael Wade and Ron McClean: Does ebusiness matter for SMEs? A comparison of the financial impacts of Internet business solutions on European and North American SMEs, Journal of Small Business Management, 2007, 45(3), pp.354- 361

    Hal Varian, Robert Litan, Andrew Elder and Jay Shutter : The net impact study : the projected economic benefits of the Internet in the US, UK, France and Germany, working paper University of Berkeley, January 2002.

    Etude PME

    European commission : European SMEs under pressure, Annual Report on EU small and medium sized enterprises, EU directorate general for enterprise and industry, 2009.

    Etudes gnrales

    Bruno Mura, direction rgionale de Midi-Pyrnes: LInternet haut-dbit se gnralise dans les entreprises, INSEE Premire, n1 323, Novembre 2010.

    Greenwich Consulting : Evaluer limpact du dveloppement dInternet sur les finances de lEtat, synthse du rapport dtude ralis pour le Snat, octobre 2009.

    INSEE Nord-Pas-de Calais: Les TIC dans le paysage conomique, n25, Juillet 2007.

    Claude Picart: Les PME franaises- rentables mais peu dynamiques? INSEE, document de travail, n g 2008/01, Fvrier 2008.

    Mark Dutz, Jonathan Orszag and Robert Willig, The substantial consumer benefits of broadband connectivity for US households, Compass Lexecon, Juillet 2009.

    Austan Goolsbee and Peter J. Klenow, Valuing Consumer Products by the Time Spent Using Them: An Application to the Internet, National Bureau of Economic Research, Working Paper N 11995, Fvrier 2006.

    Hamilton Consultants, The Economic Value of the Advertising-Supported Internet Ecosystem, IAB report, Juin 2009.

    Masorini Kondo, Akihiro Nakamura, and Hitoshi Mitomo, Quantifying the benefits of the Internet and its applications, Keio Communication Review, pp.11-23, 2009.

  • 41Impact dInternet sur lconomie franaiseComment Internet transforme notre pays

    A propos de McKinsey & Company

    Fond aux Etats-Unis en 1926 et tabli en France depuis plus de quarante ans, McKinsey & Company est aujourdhui implant dans une cinquantaine de pays et compte prs de 8500 consultants, dont environ 300 en France.

    Leader mondial du conseil auprs des directions gnrales, le cabinet accompagne des entreprises de premier plan appartenant tous les grands secteurs de lconomie, ainsi que des organismes publics et des institutions but non lucratif. Ses principaux domaines dintervention portent sur trois grands types de problmatiques: la stratgie, lorganisation et lefficacit oprationnelle.

  • Mars2011CopyrightMcKinsey&Company

    McKinsey&Company79,avenuedesChamps-Elyses75008Paris,FranceTlphone:0140691400

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