Janet Evolution Psy

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    13-Dec-2015

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<p>Lvolution psychologique de la personnalit. </p> <p>Pierre Janet, Lvolution psychologique de la personnalit.)3</p> <p>Pierre Janet (1929)</p> <p>Lvolutionpsychologiquede la personnalit</p> <p>Compte-rendu intgral des confrences faites au Collge de Francedaprs les notes stnographiques revues par Miron Esptein.1re dition, 1929, dition ChahineUn document produit en version numrique par Jean-Marie Tremblay,</p> <p>professeur de sociologie au Cgep de Chicoutimi</p> <p>Courriel: jmt_sociologue@videotron.ca </p> <p>Site web: http://pages.infinit.net/sociojmtDans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales"</p> <p>Site web: http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.htmlUne collection dveloppe en collaboration avec la Bibliothque</p> <p>Paul-mile-Boulet de l'Universit du Qubec Chicoutimi</p> <p>Site web: http://bibliotheque.uqac.uquebec.ca/index.htm</p> <p>Cette dition lectronique a t ralise par Jean-Marie Tremblay, bnvole, professeur de sociologie au Cgep de Chicoutimi partir de:</p> <p>Pierre Janet (1929)</p> <p>Lvolution psychologique de la personnalit (1929)</p> <p>Une dition lectronique ralise partir du livre de Pierre Janet, Lvolution psychologique de la personnalit. Compte-rendu intgral des confrences faites au Collge de France daprs les notes stnographiques revues par Miron Esptein. 1re dition, 1929, dition Chahine. Nouvelle dition, 1984, La Socit Pierre Janet avec le concours du CNRS, 1984, 327 pp.</p> <p>Polices de caractres utilise:</p> <p>Pour le texte: Times, 12 points.</p> <p>Pour les citations: Times 10 points.</p> <p>Pour les notes de bas de page: Times, 10 points.</p> <p>dition lectronique ralise avec le traitement de textes Microsoft Word 2001 pour Macintosh.</p> <p>Mise en page sur papier format</p> <p>LETTRE (US letter), 8.5 x 11)</p> <p>dition complte le 24 dcembre 2002 Chicoutimi, Qubec.</p> <p>Table des matiresPremire partie: La personnalit corporelleI.Le problme de la personnalitIl.La cnesthsieIII.Le sens de l'attitude et de l'quilibreIV.Le corps propreV.La dpersonnalisationVI.Les sentiments fondamentauxVII.Le problme de la conscienceVIII.La prise de conscienceDeuxime partie: La personnalit socialeIX.Les sentiments sociaux d'amourX.Les sentiments de haineXI.L'gosme et l'intrt personnelXII.L'individuationXIII.Les possessionsXIV.Les pouvoirs et la hirarchieXV.Le personnageXVI.La valorisation socialeXVII.Les dlires de valorisation </p> <p>XVIII.Les sentiments d'empriseXIX.Le moi, l'espritXX.Les illusions de l'autismeTroisime partie: La personnalit temporelleXXI.Les somnambulismesXXII.Les doubles personnalitsXXIII.La biographie de l'individuXXIV.L'individualitXXV.L'avenir de la personnalitPierre Janet</p> <p>L'volution psychologique</p> <p>de la personnalit</p> <p>Compte-rendu intgral des confrences</p> <p>faites en 1929 au collge de France</p> <p>d'aprs les notes stnographiques</p> <p>revues par Miron Epstein</p> <p>1re dition, 1929.</p> <p>dition Chahine, 8, rue de l'Odon, Paris</p> <p>Nouvelle dition</p> <p>Rdit en 1984</p> <p>par les soins de la socit pierre janet</p> <p>avec le concours</p> <p>du Centre National de la Recherche Scientifique</p> <p>Paris 1984</p> <p>Retour la table des matiresPremire partie</p> <p>La personnalitcorporelle</p> <p>Retour la table des matiresPremire partie: La personnalit corporelle</p> <p>3 dcembre 1928.</p> <p>I - Le problme de la personnalit</p> <p>Mesdames,</p> <p>Messieurs,</p> <p>Retour la table des matiresNous avons dcid ensemble que nous prendrions cet hiver pour objet de nos tudes l'examen psychologique de la personnalit. Au fond, ce sujet continue bien les prcdents, l'volution dans le temps et l'tude des sentiments.</p> <p>Ce titre tude psychologique de la personnalit me rappelle moi-mme un petit souvenir un peu motionnant: cela a t le premier titre de mes cours au Collge de France. En dcembre 1895, quand j'ai eu l'honneur de prendre la supplance du cours de Ribot, j'avais pris comme titre de mes cours tude de la Personnalit. C'tait un sujet que Ribot lui-mme m'avait indiqu. Il trouvait qu'il tait bien d'accord avec mes tudes prcdentes sur les somnambulismes, sur les doubles existences, qu'il tait bien la mode, et il me disait qu'il plairait aux auditeurs, qu'il les intresserait. Pendant tout le cours de l'anne, Ribot qui, naturellement, s'intressait la supplance de son cours, en suivait un peu les chos; il coutait les dolances des auditeurs et il me les rapportait. Or les auditeurs de ce temps-l taient trs tonns de ma manire de procder. Ils avaient certaines indignations. Par exemple, disaient-ils, quel singulier mlange fait-il dans ses citations</p> <p>Il nous cite des philosophes et mme des philosophes spiritualistes - comme Spencer, comme Garnier, surtout comme Maine de Biran qu'il nomme chaque instant - et immdiatement aprs, il rapporte des phrases de Charcot, de Sherrington et de Krpelin. Quelle pouvantable salade! De mme, dans la description des faits, j'examinais de grandes thories mtaphysiques ct d'observations de dtail sur telle ou telle nvrose. Tout cela paraissait un peu confus.</p> <p>Je me dfendais de mon mieux et, ce qui est bizarre et ce qui montre que les hommes ne se perfectionnent gure, malgr tout, depuis cette poque recule - cela fait 33 ans -, j'ai continu battre devant vous la mme salade. Pourquoi cela?</p> <p>C'est parce que j'ai le sentiment, et je crois avoir fini par vous le faire partager, que l'troitesse d'esprit et le rtrcissement dans les spcialits n'est jamais une bonne chose et que, surtout lorsqu'on s'occupe de psychologie, il a des effets dplorables. La psychologie, par la dfinition mme de son objet, touche absolument tout. Elle est universelle. Il y a des faits psychologiques partout. Il y en a aussi bien dans les ouvrages d'un littrateur que dans les tudes anatomiques sur un cerveau. Si vous ne voulez considrer que le littrateur, que le moraliste ou que l'anatomiste, vous restreignez la psychologie une partie trs troite, et vous arrivez forcment des erreurs. Il faudrait au contraire tre capable de gnralisation, il faudrait tre universel pour s'occuper d'tudes psychologiques, car il faudrait savoir ce que tous les hommes ont pens dans tous les domaines et de quelle manire ils ont pens.</p> <p>Mais quand on admet cette ncessit de la gnralisation en psychologie, il faut la pousser trs loin. A l'poque dont je vous parle, dans mon premier cours en 1895, j'obissais la mode et je m'occupais surtout d'une maladie particulire: les somnambulismes, les doubles existences qu'on appelait alors des symptmes hystriques. Je crois aujourd'hui que j'avais raison d'en parler, mais que ce n'tait qu'une petite partie du problme, car il y a bien d'autres troubles de la personnalit en dehors de ces doubles existences, et ce qu'il faudrait mlanger avec les spculations mtaphysiques, ce serait toute la pathologie mentale, et particulirement l'tude des troubles mlancoliques et des troubles des perscuts dont nous aurons parler car ils sont bien tranges dans leurs conceptions de la personnalit. Il faudrait mlanger tout cela avec les aperus philosophiques de Maine de Biran sur l'ensemble de la personnalit.</p> <p>Seulement, quand on se place ce point de vue, on tombe dans un autre danger car il y en a de tous cts. On tombe dans le danger de rendre les tudes interminables car, en somme, on peut, propos de la personnalit, tudier n'importe quoi, et j'ai bien remarqu, en prparant le cours de cette anne, qu'il n'y avait pas de limites ce sujet, qu'on pouvait mettre tous les problmes possibles dans l'tude de la personnalit. Les problmes religieux videmment, ne parlent que de la personnalit, de sa rcompense, de sa punition, de son volution et de son avenir. Les problmes moraux se rattachent la personnalit. Les problmes lmentaires sur les sens sont des problmes de personnalit.</p> <p>Vous rappelez-vous un livre qui mrite beaucoup de succs, le livre de M. Villey sur Le monde des aveugles, en 1914? Dans ce livre, M. Villey soutient perptuellement une thse, c'est que les aveugles de naissance sont des hommes comme les autres, qu'ils ont la personnalit comme les autres et qu'ils ont la mme psychologie que les autres. Il voit donc l un problme et, en effet, c'est un problme de savoir si la prsence ou l'absence de la vision ne change pas l'volution de la personnalit.</p> <p>On peut donc, propos de la personnalit, parler de tout. Nous n'en finirions jamais. Ce n'est pas un cours en vingt-cinq leons qu'il faudrait vous faire: c'est vingt-cinq cours de ce genre. J'ai mme song un moment diviser cette tude en deux annes, mais ce ne serait pas bon maintenant. Nous sommes arrivs une poque o il n'est pas mauvais de rsumer notre enseignement psychologique et de vous prsenter quelques ides gnrales en raccourci. Il nous faudra donc abrger et abrger beaucoup.</p> <p>Bien entendu, nous sommes obligs maintenant de laisser un peu de ct les maladies appeles autrefois hystriques qui avaient jou un trs grand rle dans mon premier cours. Nous avons consacr autrefois une douzaine de leons aux fugues, aux somnambulismes varis, aux doubles existences comme celles de la Flida X. de Azam. Nous les rsumerons cette anne en une seule leon et cela vers la fin du cours.</p> <p>Mais, mme en rsumant autant que possible, il faut prsenter des aperus gnraux et, pour cela, il me semble qu'une premire notion est indispensable, c'est de nous faire entre nous une ide, non pas de ce que c'est que la personnalit - ce qu'elle est au fond nous est profondment inconnu - mais de nous faire une ide de ce que nous voulons appeler de ce mot, des objets que nous voulons tudier sous le nom de personnalit. C'est dj quelque chose d'assez compliqu.</p> <p>Je ne veux pas au commencement prsenter une dfinition de la personnalit. C'est plutt une conclusion qu'un commencement. Je voudrais prsenter une dfinition verbale, dire de quoi on s'occupe et tcher de nous en donner une ide d'ensemble.</p> <p>Il me semble que ce que nous appelons personnalit, personne humaine, rentre dans un groupe de notions trs gnrales, les notions d'unit, d'individualit, et les notions de distinction.</p> <p>Commenons par les notions d'unit sous la forme la plus gnrale, et puis nous prciserons peu peu pour voir ce que l'on peut appeler une personne.</p> <p>Nous sommes habitus - c'est l une notion gnrale, c'est une forme de nos perceptions - distinguer les objets les uns des autres. Nous ne les voyons pas tous confondus ple-mle dans une image vague; nous les voyons sparment et nous sommes capables de les considrer sparment. Par exemple, je puis trs bien attirer votre attention sur la lampe qui est sur ma table. Immdiatement vous avez dans l'esprit que c'est un objet distinct. Cette lampe n'est pas identique au pupitre, la table; elle ne se confond pas avec un banc; elle est dans la salle mais elle n'est pas la mme chose que la salle. Cette lampe est donc un objet particulier. Cela veut dire qu'elle prsente deux proprits: la premire, c'est que, mme si elle est compose de parties, ces parties se runissent, elles forment un ensemble unique. Dans cette lampe, il y a un abat-jour, il y a une ampoule de verre, il y a des fils, des tubes mtalliques, un pied, etc. Vous n'y pensez pas. Quand je vous dis: la lampe, la lampe runit dans une mme expression et peut-tre mme dans une mme ide plusieurs choses que l'on pourrait sparer, si l'on voulait, matriellement, qu'on peut sparer intellectuellement. La lampe prsente donc mes yeux une unit.</p> <p>En second lieu - ce qui va avec ce premier caractre - elle prsente une distinction. Comme je vous le disais, cette lampe n'est pas identique aux personnes, elle s'en spare - sparation matrielle et sparation morale car, au moment o nous pensons la lampe, nous ne pensons pas une personne parmi vous, un individu; nous ne pensons pas au banc ni la table. Nous avons donc cette vieille habitude de sparer les objets en leur donnant une distinction.</p> <p>Ces deux caractres pourraient peut-tre se runir dans ce mot qu'employait le physiologiste Sherrington, le mot intgration: un objet est intgr quand il forme quelque chose lui seul, une unit distincte, spare des autres. Dans la personnalit, ce caractre-l se retrouve videmment. Il joue un rle essentiel. Une personne, premire vue, c'est un organisme humain, avec une tte, des bras, des jambes, mais c'est un corps unique. Nous n'appelons jamais une personne une runion de deux corps. Quand deux jumeaux sont colls par le dos, nous sommes mme trs embarrasss pour dire o est la personnalit et nous aboutissons presque toujours dire qu'il y a deux personnalits.</p> <p>La personnalit implique donc une premire notion: l'unit et la distinction des objets. Mais cependant, ne poussons pas les choses trop loin, car ce serait vite ridicule. Est-ce que je fais de cette lampe une personne? Est-ce que je la considre comme une personnalit? Et puis-je dire que ce pupitre, cette table, sont des personnalits distinctes les unes des autres, exactement comme vous tes vous-mmes des personnalits distinctes? videmment non. Les objets ont une unit et une distinction qui est plus lmentaire, qui n'est pas la mme chose que la distinction des personnalits. Essayons de nous rendre compte de cette diffrence. Pourquoi est-ce que je ne veux pas faire de la lampe une personne? Pourquoi suis-je arrt devant cette considration? Voici la rflexion qui me vient l'esprit et qui, je crois, est assez dmonstrative sur ce point.</p> <p>Quand nous considrons la lampe, qui donc tablit et qui donc fait l'unit et la distinction? L'unit de la lampe, elle est faite par moi, c'est moi qui l'ai tablie; et non seulement c'est moi qui l'ai tablie, mais il y a avant moi un autre homme qui a construit la lampe, qui a pris sparment les fils, l'abat-jour, le pied, qui les a runis. Cette unit est une construction artificielle faite par un ingnieur et par un ouvrier, et elle est actuellement une construction artificielle faite par moi-mme. C'est moi qui donne la lampe son unit, qui en fais un instrument particulier ayant un rle spcial, lequel rle lui donne son unit.</p> <p>Il en est de mme pour la sparation de la lampe et de tous les objets. Elle est faite par les hommes et par moi, car aprs tout, l'ouvrier aurait trs bien pu s'arranger pour que la lampe ft partie de la table. Il y a des lampes qui sont insres dans les tables et ne forment avec elles qu'un seul objet. C'est l'ouvrier qui les a spares. C'est moi encore qui les spare: je spare la lampe des autres objets parce que je donne la lampe un rle diffrent de celui des autres.</p> <p>Pour que vous compreniez cette description, rappelez-vous cette mthode psychologique dont je vous ai parl l'anne dernire, propos de la mmoire et du temps. Le psychologue se trouve dans un embarras particulier qui n'existe pas au mme degr dans les autres sciences, c'est qu'il y a des phnomnes psychologiques en lui et en dehors de lui. Le psychologue fait de la psychologie: lui-mme il pense, il donne de l'unit, il peroit; or les objets, ce sont prcisment des phnomnes de perception et des phnomnes d'intelligence. Le sujet et l'objet se rapprochent tellement qu'on est perptuellement expos les confondre. Un trs grand nombre des erreurs de la psychologie vient de l. Nous sommes to...</p>