Laccompagnement spirituel dune demande d'euthanasie. Réflexion pratique

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    03-Apr-2015

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<ul><li> Page 1 </li> <li> Laccompagnement spirituel dune demande d'euthanasie. Rflexion pratique. </li> <li> Page 2 </li> <li> Rflexion pratique Extrait dune conversation Approche spirituelle: la personne de l intervenant (spirituel) comme instrument spirituel (substantifs / attitudes de base dvelopper) Points dattention spcifiques dans laccompagnement dune demande deuthanasie (verbes / tches) Approche (spi)rituelle de leuthanasie Approche institutionelle: Allons-nous admettre la pratique de leuthanasie dans notre quipe? </li> <li> Page 3 </li> <li> Le rle dun intervenant spirituel dans laccompagnement dune euthanasie Les raisons dcisives: dordre spirituel et psychologique Mdecins/infirmires: pris par beaucoup daspects pratiques qui risquent de refouler le spirituel Processus court et intense (93% en phase terminale) Informer (maladie et thrapie, procdure) Trouver un (deuxime, troisime) mdecin Runions dquipes prparatoires (1) consultation (2) acte Administration (dossier, demande crite, rassembler des infos) Arrangements avec la pharmacie Dautres patients Travail motionnel personnel et collectif </li> <li> Page 4 </li> <li> Le rle dun intervenant spirituel dans laccompagnement dune euthanasie Lintervenant spirituel: gardien de cet aspect spirituel central? Prire et /ou rituel : Pas seulement espace de consolation mais aussi de discernement? La mmoire de longues historiques mdicales, de frquentes admissions en diffrents services souvent absente dans lhpital superspcialis et compartiment Rle de soutien auprs du patient, de lentourage, du personnel (cf. formation morale, philosophique / thologique) cet acte que signifie-t-il pour cette personne? </li> <li> Page 5 </li> <li> Laccompagnement spirituel par des soignants: 2 sortes de moyens 1. Moyens techniques: au niveau de la conversation et de lobservation (checklist!) cela sexerce 2. Moyens personnels: au niveau de la spiritualit du soignant, son tre, son attitude, sa personne cela sexerce aussi! </li> <li> Page 6 </li> <li> A la recherche de lessence Essence Ce qui est intime, insondable Parfum: essence de soins palliatifs Essence: carburant - dissolvant </li> <li> Page 7 </li> <li> A. Le dsir ou le rve O le patient avec une demande deuthanasie est-il devenu rel? Dans sons sens le plus lmentaire lamour est la dcouverte extrmement difficile de ce que quelque chose dautre que nous-mmes existe vraiment (Iris Murdoch) Leuthanasie, comment je la considre: simplement comme qc de drangeant, pur problme, ou aussi: dfi, ralit dans laquelle je me sens appel humaniser? </li> <li> Page 8 </li> <li> B. La blessure ou le rveil dsenchantant O ai-je t bless par des demandes deuthanasies? O ai-je vcu les sentiments mls dimpuissance et de responsabilit, de savoir et de ne pas savoir: ce lieu o jai besoin de vrit, de dlivrance? Dans quel entourage ai-je fait lexprience de vrit et dtre guri? Vrit ngale pas information Vrit: une relaxation profonde, un grain de vie nouvelle, chemin de vie Importance dtre bien entour </li> <li> Page 9 </li> <li> C. La dcision ou la longue journe Prendre une dcision....ou en recevoir une? Recevoir de lintrieur: La rponse va venir...Je me sentais trs calme par rapport au fait... Cest ce que jai observ en moi-mme. Faire le lien entre mes mouvements intrieurs et le language de mon corps: quest-ce qui donne Paix - inquitude? Fatigue sain - malsain? Lgret lourdeur? Simplicit confusion (au milieu de la complexit)? Vide plnitude? Attention distraction? </li> <li> Page 10 </li> <li> C. La dcision ou la longue journe Importance de la libert intrieure Ce quil nous faut pour tre bon soignant: (1) Comptence technique peut crer de lespace pour une autre attention (2) Empathie (3) Temps et exprience (4) Libert intrieure </li> <li> Page 11 </li> <li> C. La dcision ou la longue journe Quelles sont ces bonnes choses auxquelles je suis tellement attaches quelles me conduisent dans des impasses? Ne touche pas mon non principal leuthanasie peut conduire une mauvaise coute qui suggre: mon principe est plus important que ton problme Ne touche pas lautonomie du malade peut conduire une coute superficielle qui ne sonde plus les raisons sousjacentes </li> <li> Page 12 </li> <li> D. La souffrance ou la nuit sans sommeil Rpondre la souffrance: activit: Soins intensifs du genre palliatif Cette activit cre un espace dans lequel la souffrance change et quune gurison intrieure devient possible Pas de gurison intrieure sans passivit </li> <li> Page 13 </li> <li> D. La souffrance ou la nuit sans sommeil Triple passivit dans lactivit (1) Pas-si-vite: une suite existentielle (2) Passivit comme vraie com-passion (3) Passivit comme rceptivit </li> <li> Page 14 </li> <li> D. La souffrance ou la nuit sans sommeil (1) Suivre pas-si-vite veut dire: Suivre le patient qui prside Que vais-je entendre? Pas: Que dirai-je? Appliquer ce que Kbler-Ross nous a enseign Ne pas suggrer toujours des solutions: attendre jusqu ce que mes yeux commencent petit petit distinguer des formes dans lobscurit </li> <li> Page 15 </li> <li> D. La souffrance ou la nuit sans sommeil (2) La vraie compassion nest pas la projection de mon horreur Fais la distinction entre la souffrance du patient et la souffrance que provoque la souffrance du patient en moi La vraie com-passion: Je souffre-avec, donc je suis... (Lytta Basset) </li> <li> Page 16 </li> <li> D. La souffrance ou la nuit sans sommeil (3) Rceptivit: La force et la dignit tonnantes avec lesquelles les grands malades portent leur joug Lintimit aprs la bataille Comment tait ton weekend, docteur? Humour:Comment va ta douleur? Elle va trs mal puisque je nen ai plus. Retournement dangoisse en srnit </li> <li> Page 17 </li> <li> Le soignant etq instrument principal de laccompagnement spirituel A O le patient avec une demande deuthanasie est-il devenu rel? Leuthanasie, comment je la considre: simplement qc de drangeant, pur problme, ou aussi: dfi, ralit dans laquelle je me sens appel humaniser? B O ai-je t bless par des demandes deuthanasies (impuissance responsabilit)? Dans quel entourage ai-je fait lexprience de vrit et dtre guri? C Ne touche pas mon principe thique... D Quelle passivit je dveloppe dans lactivit par rapport la souffrance: pas-si-vite / com-passion / rceptivit? </li> <li> Page 18 </li> <li> Rflexion pratique Extrait dune conversation Approche spirituelle: la personne de lintervenant (spirituel) comme instrument spirituel (substantifs / attitudes de base dvelopper) Points dattention spcifiques dans laccompagnement dune demande deuthanasie (verbes / tches) Approche (spi)rituelle de leuthanasie Approche institutionelle: Allons-nous admettre la pratique de leuthanasie dans notre quipe? (garder?) </li> <li> Page 19 </li> <li> Points dattention et de travail 1 Parler correctement 2 Attnuer la souffrance 3 Admettre le conflit 4 Temporiser 5 Informer 6 Approfondir : reconnatre les soucis 7 Distinguer: le patient au centre 8 Elargir: et la famille? 9 Proposer 10 Sentir des donnes spirituelles 11 Assumer en quipe </li> <li> Page 20 </li> <li> 1 Parler correctement Quel dilemme thique? Cest lmentaire, Watson Refus ou arrt de traitement Intensification du controle des symptmes / Sdation palliative Euthanasie / Aide au suicide / Abrgement de vie sans demande du pt Le malade, veut-il vraiment quun mdecin injecte des mdicaments afin de terminer sa souffrance et sa vie de faon douce et radicale? Qui pose le problme: Le malade? des membres de famille? lentourage plus large? les soignants? </li> <li> Page 21 </li> <li> 2 Attnuer la souffrance Effort technique: Des soins avec du temps: du vrai nursing Nutrition et hydratation Contrle de la douleur et des symptmes Technique pastorale/spirituelle: prires et rituels </li> <li> Page 22 </li> <li> 2 Attnuer la souffrance Effort relationnel: Oser revenir: les intervenants spirituels et les psychologues nont pas le pare--vent de la technique mdicale Ils sont directement confronts au nonsens, la souffrance relationnelle, lpuisement mental Cf. La personne du soignant etq instrument spirituel Assimiler ses propres douleurs et impuissances </li> <li> Page 23 </li> <li> 3 Admettre le conflit Ne pas fuire et oser expliciter La confrontation une demande claire: Pris la gorge La loi des sries (parfois suscite par un vnement mdiatique): Non Encore une Une demande deuthanasie porte en elle un potentiel de conflits </li> <li> Page 24 </li> <li> 3 Admettre le conflit Conflits entre mes convictions et celle du malade opinions divergentes dans lquipe ce quon veut donner et ce quon peut donner la demande du patient et la position du mdecin responsable que je connais lobligation daider et linterdit de tuer terminer la souffrance et terminer la vie </li> <li> Page 25 </li> <li> 3 Admettre le conflit Ce qui aide admettre la demande claire: Comment se fait-il que ce patient sadresse moi, intervenant(e) spirituel(le), peut-tre membre dune glise qui rejette leuthanasie? Do sa confiance? Comment vais-je apprcier ce geste? </li> <li> Page 26 </li> <li> 3 Admettre le conflit Confrontation une demande sousentendue Oser expliciter une demande non exprime: Vous est-il venu lesprit de demander quelquun de finir vos souffrances? Angoisse: je ne peux pas satisfaire votre demande Soulagement pour laccompagnateur: pas de demande Pourquoi me dites-vous chaque soire: Je nespre pas vous revoir demain? Est-ce que vous voudriez mourir et est-ce que vous voudriez que je vous y aide? </li> <li> Page 27 </li> <li> 3 Admettre le conflit Confrontation une demande sousentendue Oser expliciter une demande non exprime: Soulagement pour le malade: Pouvoir exprimer une demande deuthanasie peut tre librateur pour le patient qui peut tre confus par son propre dsir de mettre fin ses souffrances. Je me sens soulage. Exprimer une telle demande un(e) intervenant spirituel(le) a qc de scurisant: cest plus dangeureux de le demander au mdecin. </li> <li> Page 28 </li> <li> 4 Temporiser Nest pas du truqage, cest transformer la plainte, la demande, la pression en processus qui claire la porte relle de la demande Comment temporiser? Informer (voir point 5) Lexigence dune procdure lgale: On ne fait pas deuthanasie comme a Jai entendu votre question et si vous le souhaitez jen fais part linfirmire ou au mdecin Voudriez-vous en parler au mdecin? Si la demande vient aussi des membres de famille: Nous voudrions que a se passe maintenant Temporiser: Les membres de famille pensent-ils tous la mme chose Faire droit lambivalence des malades et des familles </li> <li> Page 29 </li> <li> 5 Informer Possibilits et limites du contrle de la douleur et des symptmes, des soins palliatifs domicile Evolution de la maladie quand on arrte le traitement vise curative. Esprance de vie: la souffrance nest pas sans fin Euthanasie: linfo et lventuelle possibilit dune leuthanasie (et la sdation palliative parfois) peuvent crer de lespace pour un processus </li> <li> Page 30 </li> <li> 6 Approfondir: reconnatre les soucis sousjacents Reconnatre: re-co-natre antidote contre la condamnation qui peut surgir en chacun: en principe beaucoup sont ouverts, dans la ralit je ragis parfois de faon dfensive (Cest encore Desmet qui peut tout rsoudre) Lapprofondissement cre de la bienveillance: Moi aussi, je ne vous condamne pas Lapprofondissement conduit quelque solution </li> <li> Page 31 </li> <li> 6 Approfondir: reconnatre les soucis sousjacents ABCDE (Zylicz): Angoisse Si jai des nauses, je veux leuthanasie La dtrioration, je ne veux pas la vivre Papa naurait jamais voulu a Burnout Controle: vouloir contrler Dpression Extrmes </li> <li> Page 32 </li> <li> 6 Approfondir: reconnatre les soucis sousjacents La souffrance motionelle et spirituelle est souvent dcisive : Dpendance, poids, plus de sens La douleur insupportable de la sparation (p.e. dun couple symbiotique) Souffrance insupportable ou volont de mourir? Distinguer limaginaire et le rel D-couvrir et retoucher des images de la dure et de lvolution Dcouvrir des images dans la famille: Papa sest aussi touff; je ne veux pas mourir comme ma mre dmente que jai soigne </li> <li> Page 33 </li> <li> 6 Approfondir: reconnatre les soucis sousjacents Est-ce que le malade a dj mentionn la possibilit de leuthanasie dans le pass? Demander au malade Contacter le mdecin gnraliste (si malade est daccord) Y a-t-il des dclarations anticipes? (contenu + fait mme de faire une dclaration) </li> <li> Page 34 </li> <li> 7 Distinguer: le patient au centre Clich Parler en vrit avec le malade simplifie beaucoup de dcisions (Aider ) distinguer la souffrance du malade de la souffrance de lentourage et de moi- mme: Cest pas possible pour qui? (Aider ) distinguer mon attachement certains principes ou une personne du problme de la personne </li> <li> Page 35 </li> <li> 8 Elargir: et la famille? SP: considrer le malade dans son contexte familial La famille nexiste pas; il y a plusieurs membres de famille avec des ides divergentes (mme chose pour lquipe) Il faut une loyaut plurielle </li> <li> Page 36 </li> <li> 8 Elargir: et la famille? Grer la pression sur les soignants Arrtez cela maintenant Ne pas condamner, mais essayer de comprendre une demande den finir ou une demande dacharnement thrapeutique: Votre proccupation doit tre immense pour en arriver demander de mettre fin la vie de votre pre Reconnatre le poids des promesses faites au malade: Jai promis quil ne souffrirait pas Lire une attitude exigeante Comme expression dune proximit intense Comme compensation pour une dette par rapport au malade (p.e. absence longue) </li> <li> Page 37 </li> <li> 8 Elargir: et la famille? Ecouter, mais ne pas surcharger des membres de famille avec la responsabilit finale qui est la tche du mdecin Tenir autrement celui quon aime beaucoup plutt que le discours il faut lcher prise dailleurs pas cohrent avec limage biblique du Dieu qui ne nous lche jamais Tenir autrement lide quun bien aim disparasse par euthanasie </li> <li> Page 38 </li> <li> 9 Proposer Info pastorale: position de lEglise au sujet de leuthanasie: demande dinfo ou de support et daccompagnement? Place ultime de la conscience Importance de (in)former sa conscience Parfois la personne est plus svre que lEglise Parfois proposer dlicatement dans un cas de conscience (rsistence p.e. de membres de famille) la possibilit de la sdation palliative Diffrence thique avec leuthanasie </li> <li> Page 39 </li> <li> 10 Sentir les donnes spirituelles aider discerner Dcision: nat dune rflexion sur des donnes (1) technico-mdicales (2) psychofamiliales: ge p.e. (3) spirituelles: prsence ou absence de srnit, dune relaxation intrieure profonde (consolation dsolation) Plus largement: con-sensus? (litt. sentir ensemble) Lintervenant en soins spirituels peut avoir une sensibilit particulire pour ce type de donnes </li> <li> Page 40 </li> <li> 10 Sentir les donnes spirituelles: aider discerner Ce qui est vraiment spirituel a toujours des effets corporels Sens, joie, paix, se sentir chez soi...</li></ul>

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