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  • BIBEBOOK

    ALEXANDRE DUMAS

    LE COLLIER DE LAREINE

    dition complte

    Les Mmoires dun mdecin

  • ALEXANDRE DUMAS

    LE COLLIER DE LAREINE

    dition complteLes Mmoires dun mdecin

    1850

    Un texte du domaine public.Une dition libre.

    ISBN978-2-8247-1377-9

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  • Credits

    Sources : Rencontre Bibliothque lectronique du Qubec

    Ont contribu cette dition : Association de Promotion de lEcriture et de la

    Lecture

    Fontes : Philipp H. Poll Christian Spremberg Manfred Klein

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  • Avant-propos

    E , propos mme du titre que nous venons dcrire,quon nous permette davoir une courte explication avec noslecteurs. Il y a dj vingt ans que nous causons ensemble, et lesquelques lignes qui vont suivre, au lieu de relcher notre vieille amiti,vont, je lespre, la resserrer encore.

    Depuis les derniers mots que nous nous sommes dits, une rvolutiona pass entre nous : cette rvolution, je lavais annonce ds 1832 , jenavais expos les causes, je lavais suivie dans sa progression, je lavaisdcrite jusque dans son accomplissement : il y a plus javais dit, il y aseize ans, ce que je ferais il y a huit mois.

    Quon me permette de transcrire ici les dernires lignes de lpilogueprophtique qui termine mon livre de Gaule et France. Voil le gouffreo va sengloutir le gouvernement actuel. Le phare que nous allumonssur sa route nclairera que son naufrage ; car, voult-il virer de bord, ilne le pourrait plus maintenant, le courant qui lentrane est trop rapide etle vent qui le pousse est trop large. Seulement, lheure de perdition, nossouvenirs dhomme lemportant sur notre stocisme de citoyen, une voixse fera entendre qui criera : Meure la royaut, mais Dieu sauve le roi !

    1. pilogue de Gaule et France.

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  • Le collier de la reine Chapitre

    Cette voix sera la mienne. Ai-je menti ma promesse, et la voix qui, seule en France, a dit adieu

    une auguste amiti a-t-elle, au milieu de la chute dune dynastie, vibrassez haut pour quon lait entendue ?

    La rvolution prvue et annonce par nous ne nous a donc pas pris limproviste. Nous lavons salue comme une apparition fatalement at-tendue ; nous ne lesprions pas meilleure, nous la craignions pire. Depuisvingt ans que nous fouillons le pass des peuples, nous savons ce que cestque les rvolutions.

    Des hommes qui lont faite et de ceux qui en ont profit, nous nenparlerons pas. Tout orage trouble leau. Tout tremblement de terre amnele fond la surface. Puis, par les lois naturelles de lquilibre, chaque mo-lcule reprend sa place. La terre se raffermit, leau spure, et le ciel, mo-mentanment troubl, mire au lac ternel ses toiles dor.

    Nos lecteurs vont donc nous retrouver le mme, aprs le 24 fvrier,que nous tions auparavant : une ride de plus au front, une cicatrice deplus au cur. Voil tout le changement qui sest opr en nous pendantles huit terribles mois qui viennent de scouler.

    Ceux que nous aimions, nous les aimons toujours ; ceux que nous crai-gnions, nous ne les craignons plus ; ceux que nous mprisions, nous lesmprisons plus que jamais.

    Donc, dans notre uvre comme en nous, aucun changement ; peut-tre dans notre uvre comme en nous, une ride et une cicatrice de plus.Voil tout.

    Nous avons lheure quil est, crit peu prs quatre cents volumes.Nous avons fouill bien des sicles, voqu bien des personnages blouisde se retrouver debout au grand jour de la publicit.

    Eh bien ! ce monde tout entier de spectres, nous ladjurons de dire sijamais nous avons fait sacrifice au temps o nous vivions de ses crimes,de ses vices ou de ses vertus : sur les rois, sur les grands seigneurs, surle peuple, nous avons toujours dit ce qui tait la vrit ou ce que nouscroyions tre la vrit ; et, si les morts rclamaient comme les vivants,de mme que nous navons jamais eu faire une seule rtractation auxvivants, nous naurions pas faire une seule rtractation aux morts.

    certains curs, tout malheur est sacr, toute chute est respectable ;

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  • Le collier de la reine Chapitre

    quon tombe de la vie ou du trne, cest une pit de sincliner devant lespulcre ouvert, devant la couronne brise.

    Lorsque nous avons crit notre titre au haut de la premire page denotre livre, ce nest point, disons-le, un choix libre qui nous a dict ce titre,cest que son heure tait arrive, cest que son tour tait venu ; la chrono-logie est inflexible ; aprs 1774 devait venir 1784 ; aprs Joseph Balsamo,Le Collier de la Reine.

    Mais que les plus scrupuleuses susceptibilits se rassurent : par celamme quil peut tout dire aujourdhui, lhistorien sera le censeur du pote.Rien de hasard sur la femme reine, rien de douteux sur la reine martyre.Faiblesse de lhumanit, orgueil royal, nous peindrons tout, cest vrai ;mais comme ces peintres idalistes qui savent prendre le beau ct de laressemblance ; mais comme faisait lartiste au nom dAnge, quand, dans samatresse chrie, il retrouvait une madone sainte ; entre les pamphlets in-fmes et la louange exagre, nous suivrons, triste, impartial et solennel,la ligne rveuse de la posie. Celle dont le bourreau a montr au peuplela tte ple a bien achet le droit de ne plus rougir devant la postrit.

    Alexandre Dumas29 novembre 1848.

    n

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  • Prologue

    Un vieux gentilhomme et un vieux matredhtel

    Vers les premiers jours du mois davril 1784, trois heures un quart peu prs de laprs-midi, le vieux marchal de Richelieu, notre ancienneconnaissance, aprs stre imprgn lui-mme les sourcils dune tein-ture parfume, repoussa de la main le miroir que lui tenait son valet dechambre, successeur mais non remplaant du fidle Raft ; et, secouant latte de cet air qui nappartenait qu lui :

    Allons, dit-il, me voil bien ainsi.Et il se leva de son fauteuil, chiquenaudant du doigt, avec un geste tout

    juvnile, les atomes de poudre blanche qui avaient vol de sa perruque sursa culotte de velours bleu de ciel.

    Puis, aprs avoir fait deux ou trois tours dans son cabinet de toilette,allongeant le cou-de-pied et tendant le jarret :

    Mon matre dhtel ! dit-il.Cinq minutes aprs, le matre dhtel se prsenta en costume de cr-

    monie.Le marchal prit un air grave et tel que le comportait la situation.

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  • Le collier de la reine Chapitre

    Monsieur, dit-il, je suppose que vous mavez fait un bon dner ? Mais oui, monseigneur. Je vous ai fait remettre la liste de mes convives, nest-ce pas ? Et jen ai fidlement retenu le nombre, monseigneur. Neuf couverts,

    nest-ce point cela ? Il y a couvert et couvert, monsieur ! Oui, monseigneur, maisLe marchal interrompit le matre dhtel avec un lger mouvement

    dimpatience, tempr cependant de majest. Mais nest point une rponse, monsieur ; et chaque fois que jen-

    tends le mot mais, et je lai entendu bien des fois depuis quatre-vingt-huitans, eh bien ! monsieur, chaque fois que je lai entendu, ce mot, je suisdsespr de vous le dire, il prcdait une sottise.

    Monseigneur ! Dabord, quelle heure me faites-vous dner ? Monseigneur, les bourgeois dnent deux heures, la robe trois, la

    noblesse quatre. Et moi, monsieur ? Monseigneur dnera aujourdhui cinq heures. Oh ! oh ! cinq heures ! Oui, monseigneur, comme le roi. Et pourquoi comme le roi ? Parce que sur la liste que Monseigneur ma fait lhonneur de me

    remettre, il y a un nom de roi. Point du tout, monsieur, vous vous trompez, parmi mes convives

    daujourdhui, il ny a que de simples gentilshommes. Monseigneur veut sans doute plaisanter avec son humble serviteur,

    et je le remercie de lhonneur quil me fait. Mais M. le comte de Haga, quiest un des convives de Monseigneur

    Eh bien ? Eh bien ! le comte de Haga est un roi. Je ne connais pas de roi qui se nomme ainsi. Que Monseigneur me pardonne alors, dit le matre dhtel en sin-

    clinant, mais javais cru, javais suppos

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  • Le collier de la reine Chapitre

    Votre mandat nest pas de croire, monsieur ! Votre devoir nest pasde supposer ! Ce que vous avez faire, cest de lire les ordres que je vousdonne, sans y ajouter aucun commentaire. Quand je veux quon sacheune chose, je la dis ; quand je ne la dis pas, je veux quon lignore.

    Le matre dht