le MES dans Supply chain

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    N27 - SUPPLY CHAIN MAGAZINE - SEPTEMBRE 2008

    D O S S I E R P r o d u c t i o n

    Le MES sinvitedans

    la SupplyChain

    Longtemps considrs comme des botes noires, isoles du reste de la Supply Chain, les outils de pilotage et de suivi

    de la production (MES) commencent sortir de leur carcan. Ces passerellesentre linformatique de gestion (ERP) et les systmes

    de contrle-commande peuvent aussi dans certains cas jouer un rle central pour tout ce qui concerne la gestion des alas et laide la prisede dcision en temps rel au niveau des ateliers. La nouvelle gnrationde solutions, davantage porte sur une rflexion globale de lintgration

    du MES dans la Supply Chain, tient compte de ces volutions.

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  • ntre le marteau et len-clume. Voil rsumela position quoccu-pent la plupart desoutils de MES (Manu -facturing ExecutionSys tem) installs sur

    les postes de travail des chanesdassemblage, pris en sandwichentre lERP et la couche desmachines de production. Doun sentiment confus de botenoire , cloisonne, isole dureste de la Supply Chain. Cettat de fait na rien danormal,puisque ces logiciels sont desti-ns principalement collecterdes informat ions ( temps 57

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    Emachine, temps de cycle, tauxde panne, etc.), pour suivre aumieux la production au niveaudes ateliers, et consolider etremonter les donnes verslERP. Mais depuis quelquesannes, les offres, trs souventmodulaires, se sont toffes pourcouvrir diverses problmatiques :traabilit, suivi de la qualit,ordonnancement, suivi de per-formances des quipements etdes quipes, gestion de la main-tenance, etc. De manire plusgnrale, lide fait son chemindlargir le champ dapplicationdu MES, en lintgrant plus t ro i t emen t avec l ERP (voir encadr page 58), maisaussi avec dautres applicationstransversales comme les outilsde PLM (gestion de cycle de vie des produits), les WMS (gestion dentrepts) et les APS(planification).

    Une nouvelle vague de MESLes grands cabinets dtudeamricains comme AMRResearch, Gartner ou encoreARC Advisory Group nhsi-

    tent pas parler de nouvellegnration (voir interview page60), baptise selon les casMOM (Manufacturing Opera -tion Management), OES (Ope -ra tion Execution System) ouencore CPM (CollaborativePro duction Management). Pre -mier constat : cette nouvellevague est principalement soute-nue par des diteurs provenantnon pas de linformatiqueindustrielle mais de linforma-t ique plus t radi t ionnel le(comme CDC Software) ou dela Supply Chain Execution(Apriso, HighJump, RedPrairie). Cela dit, les acteursvenant du monde de lautoma-tisme, comme Camstar ouRockwell Automation, sy met-tent galement. Tout comme lesditeurs dERP, qui commen-cent sintresser de prs aumonde des MES, limagedOracle et de SAP. Ce derniera ainsi annonc avant lt sonintention de racheter Visiprise.Rien dtonnant cela, lestudes de march promettentdes croissances annuelles deux chiffres, alors mme que

    EDI/Internet

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    Temps rel

    Tactique

    Oprationnel

    Excution

    ACHETER FABRIQUER STOCKER LIVRER VENDRE

    Optimisation du rseau logistique

    PrvisionATP/CTP

    Gestiondes achats

    Gestiondes stocks

    GPAOordonnan-cement

    PlanificationProduction

    PlanificationDistribution

    PlanificationTransport

    Gestiondes

    transports

    Adminis-tration

    des ventes

    AdvancedOrder

    Management

    Supply ChainManagementMESMES SCESCE

    ERPERP

    APSAPS

    WMSWMS

    Sour

    ce :

    CX

    P

    Classiquement, le MES se situe auniveau excution,

    avec une mailletemps compriseentre le jour et

    le temps rel.Certains diteurs

    cherchent tendreses interfaces

    au-del de lERP,vers les applications

    de PLM, de WMS,voire dAPS.

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    le segment des ERP commence ralentir. Selon une rcentetude ARC Research, le marchdes outils de gestion des opra-tions de production slevait 8 milliards de dollars en 2007,et devrait atteindre les 14,5 mil-liards en 2012.

    Un mouvement pluttorient grands comptesA quoi correspond cette ten-dance au MES largi , qui nevise plus seulement les respon-sables de production, maisaussi et surtout les DSI et lesdirections gnrales ? A noyerle poisson, et tenter de gom-mer les mauvais souvenirs des dus des projets MES ,rpon dent les plus mfiants. Apasser dun systme de gestionde lexcution un suivi globalet transversal en temps rel auniveau entreprise, en tenantcompte de la logistique, de lamaintenance, de la gestion destemps et des activits ainsi quede la qualit, rtorquent les plusenthousiastes. Il existe effecti-vement une tendance rappro-cher le MES des autres l-ments de la Supply Chain et lintgrer plus troitement aveclERP, le WMS et le LIMS (pro-giciel de gestion de labora-toire), mais cela concerne plu-tt les industries de 500 3.000 per sonnes et au-del,tempre Nicolas Stori, Respon -sable solutions logicielles chezCour bon. Paralllement, il y aune autre tendance dans lesPME qui est de rester sur desfonctionnalits de base, fonc-tion par fonction : gestion de laqualit, performances, traabi-lit . Manuel Venchiarutti, Res -pon sable daffaires en charge duMES chez lintgrateur Acte -mium, fait la mme analyse surle segment des PME : Le fullMES avec toutes les fonctionna-lits traabilit, ordonnance-ment, etc., on en est revenu.Cest compliqu vendre, ra-liser, cest presque une utopie.Nos clients ont tendance serecentrer sur des besoins trs

    Lintgration entre MES et ERP est trop souvent

    minimale Jobserve quentre lERP et le MES, les entreprises en res-tent le plus souvent au simple change des ordres de fabri-cation alors que lon pourrait, et lon devrait, aller beau-coup plus loin. Il ne s'agit pas ncessairement d'un maillageplus fin de la planification (suivi au niveau de l'opration,pas seulement l'ordre de fabrication), du suivi de l'utilisa-tion des machines, des temps opratoires, de la qualit, etc.permettant une supervision plusanalytique ou une meilleurevision de lutilisation des capaci-ts de production. Ceci d'ailleursne concerne pas ncessairementl'interface entre l'ERP et le MES :l'accs l'information et sa gra-nularit doivent tre dfinis parrapport des responsabilitsbien tablies entre la gestion etl'excution, et les systmes dci-sionnels adapts aux besoins correspondants du gestionnaireou de l'exploitant. Au del del'change d'information entre MES et ERP, c'est de la robustesse de l'interface dont dpend la prise de bn-fice dune dmarche d'intgration de la production dans lachane logistique et la valorisation de l'outillage MES. Ainsi,on doit pouvoir travailler avec latelier comme sil sagissaitdun sous-traitant, en sentendant sur des lments de pro-cessus standardiss, des donnes de rfrence bien gres,des mtriques, etc. Au lieu de cela, lintgration est souventaborde de manire pragmatique , au moindre cot ini-tial, sans considration du dphasage obligatoire des cyclesde vie des produits, des processus physiques, de l'ingnierieet des systmes informatiques et de l'volution ncessaireet permanente de la stratgie et des pratiques de gestionindustrielle. Rsultat, la moindre volution (modificationdes processus physiques, gestion dun nouveau produit,dune nouvelle machine, volution du MES ou de lERP...), ilest ncessaire de resynchroniser les systmes informatiquesde gestion et de production. Une intgration mal penseinduit des contraintes qui rduisent d'autant les bnfices fonctionnels attendus, voire pire... En fait, les entre-prises rechignent pousser plus loin leur rflexion enmatire de gestion et de pilotage de la production et gar-dent une vision simpliste en considrant qu'il s'agit d'un problme informatique . La norme ISA S95 dispose desmodles ncessaires, mais n'offre pas de directives de miseen uvre, de sorte quelle nest que trs partiellement miseen pratique. La difficult n'est pas de relier les systmes,mais de les rendre coopratifs/collaboratifs, c'est--direcoupls mais indpendants: rflchir sur la dimension infor-mationnelle/orga nisa tionnelle de l'entreprise en amont dela ralisation purement informatique des interfaces.

    Jean Vieille,Consultant MESet fondateur de Control ChainGroup

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    concrets, avec une rentabilitimmdiate : gestion des perfor-mances (TPM/TRS, ...), suivitemps rel de l'avancement des ordres de fabrication dansles ateliers et la partie rgle-mentation, traabilit notam-ment en pharmacie et en agroali men taire .

    Le WMS, une intgration qui a du sensSans matrise de lapprovision-nement et de la rception dematires premires et de com-posants, pas de production effi-cace. Do lintrt de certainsditeurs de MES pour lesaspects de logistique, non seu-lement pour grer les en-courset les matires premires, maisaussi les produits finis et semi-finis. Cest notamment lun desdiffrenciateurs historiquesdApriso, dont le MES a descapacits de WMS pour grerles flux matires (tiquetage,gestion des contenants, etc.) enmme temps que lexcution dela production. Largument delditeur : lintgration nativeavec les processus de produc-tion permet dliminer lesinventaires statiques, fournitune traabilit complte tout lelong de la production et de laSupply Chain, et accrot la qua-lit et le niveau de ractivit auxchangements de la demande. Ds que des oprations detype Manufacturing sont nces-saires dans de la diffrencia-tion retarde, du kitting parexemple, le choix dune solu-tion comme la ntre pour leWMS se justifie pleinement parnotre capacit couvrir lint-gration Warehouse avec la par-tie production, affirme RmyVernet, Manager avant-ventesEMEA chez Apriso. Notam -ment dans lautomobile, pourrpondre des besoins de ges-tion doptions, dappairage decomposants ou de gestion desquence pour lapprovisionne-ment des cons tructeurs. High Jump et Red Prairie, qui

    La troisime gnration de MESaide coordonner toutes

    les oprations de production SCMag - Comment analysez-vous lvolution des MES ?Greg Gorbach - Au pralable, jaimerais insister sur le fait quil en existe unegrande diversit sur le march aujourdhui. Et que mme si globalement leursorientations futures sont assez similaires, notamment en ce qui concerne unemeilleure connectivit entre la production et la Supply Chain, les points dedpart et les options choisies sont assez diffrentes. Disons que le MES de pre-

    mire gnration tait une application isole,spcifique un secteur particulier. Les fabricantsde semi-conducteurs et lindustrie pharmaceu-tique se sont rendus compte de la ncessit detelles solutions pour grer la complexit ou seconformer aux rglementations. Puis il y a envi-ron dix ans, le terme MES a commenc sap-pliquer une multitude dapplications placesjuste au-dessus de la couche des systmes dau-tomatismes, cest ce que jappelle parfois lesMES Gen 2. Mais prsent, les industriels ontbesoin dun logiciel qui les aide coordonnerleur production travers toutes les oprations,depuis le quai de dchargement, jusqu lex-pdition en passant par la fabrication, et depuisla conception du produit jusqu sa mainte-nance et sa fin de vie en passant par la planifi-cation du processus de fabrication et produc-tion. Les solutions de troisime gnration illus-trent cette conception largie du logiciel. Nousles appelons solutions de management des

    oprations (Operation Management) plutt que MES, parce quelles ontun champ daction beaucoup plus large. Elles englobent souvent desapplications telles que le WMS ou la GMAO (gestion de la maintenance),des moyens de synchroniser les processus entre les applications et desoutils pour grer des oprations de fabrication mondiale de manire dis-tribue. Les industriels peuvent assembler eux-mmes ces systmes demanagement des oprations partir des offres dditeurs diffrents, oubien choisir des logiciels tout intgrs.

    SCMag - Aujourdhui les MES sont principalement connects aux ERP. Etdemain ? Quelles sont les principales applications qui seront concernes ?G.G. - Chez ARC Advisory Group, notre modle Collaborative Manufacturingplace le management des oprations lintersection de trois axes : la SupplyChain, la gestion du cycle de vie des produits et des processus, et lactivit delentreprise (Business-to-Plant Floor). Tout cela va devenir de plus en plus int-gr parce que les industriels ne peuvent plus se permettre les dlais et les pro-blmes de qualit quils peuvent rencontrer actuellement. Et ce nest pas justeune vision, cela se produit dj dans plusieurs domaines. Par exemple, il y aune reconnaissance croissante du besoin de mieux grer les flux internes dematriaux. Un systme de management des oprations coordonne les activi-ts WMS, MES et EAM (gestion des actifs et de la maintenance), non seule-ment pour affecter les commandes une ligne de production, mais aussi poursynchroniser le travail de loprateur dentrept qui doit amener les bons com-posants en pied de ligne au bon moment, le tout en sassurant que les calen-driers de maintenance ne vont pas impacter la production.

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    Greg Gorbach, Vice-prsident CollaborativeManufacturing du cabinet de conseilamricain ARC Advisory Group

  • production temps rel, djmise en uvre dans lindustrieau tomob i l e no tamment ,entrane de nouveaux besoinsen termes de visibilit, de colla-boration transversale entre lesdiffrentes applications poursynchroniser la production et la

    logistique avec la demande desclients. Il faut tre capable deragir le plus rapidement pos-sible au moindre ala de pro-duction dans latelier et en dis-posant de toutes les informa-tions permettant de prendre labonne dcision. Dans ce con -

    viennent du monde des WMS,commencent adopter la mmeapproche. Courbon a galementsorti lanne dernire unmodule gestion des flux et desstocks. Nous visons deux mar-chs : le Midmarket, pour grerle stock intermdiaire et lesstocks usine, et la PME qui napas les moyens de se payer unWMS, pour la gestion du stockmatires premires, embal lages,produits finis, exp dition et tra-abilit , dtaille Nicolas Stori(Courbon).

    Mieux adapt au temps rel que lERPLvolution du MES ne sarrtepas l. Dans de nombreux sec-teurs industriels, les flux sontdavantage tirs par la demandeclient, et le fonctionnement tra-ditionnel en squence (approvi-sionnement, production, distri-bution), avec une fabricationsur stocks, nest plus adapt. La

    Manuel Venchiarutti,Responsable daffaires chez lintgrateur Actemium : Nos clients ont tendance se recentrer sur desbesoins trs concrets, avecune rentabilit immdiate :gestion des performances(TPM/TRS...), suivi tempsrel de l'avancement desordres de fabrication dansles ateliers et la partierglementation, traabilitnotamment en pharmacieet en agroalimentaire .

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    D O S S I E R P r o d u c t i o n

    texte temps rel, le MES peutjouer un rle moteur. Avec ungros avantage sur lERP (quifonctionne en mode transac-tionnel) si lon en croit lesexperts : son mode de fonction-nement vnementiel lappa-rition de tel vnement condi-tionne lvnement suivant est parfaitement adapt autemps rel. Si on change delot de matires premires lentre et que cela engendre unprob...