L'entraînement en force chez les jeunes

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    05-Jan-2017

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  • Les jeunes doivent avoir atteint un niveauadquat de maturit (Faigenbaum parle de12 ans), afin daccepter et de suivre lesrecommandations et les contre-indicationslies lentranement en force. Il estsurtout important que lentraneur soit assezqualifi pour reconnatre les jeunes ayant des comportements risque.Lencadrement est une ncessit et le ratiojeune/entraneur devrait tre dun maximumde 10 jeunes pour 1 entraneur. De plus,les jeunes doivent comprendre que le butnest pas de soulever la charge la pluslourde possible mais bien dutiliser lentranement en force comme un moyendamliorer leurs capacits musculaires etleur dveloppement moteur.

    Les entraneurs doivent tre qualifis eten mesure de bien diriger les jeunes dansleur entranement. De ce fait, ils doiventtre capables dvaluer correctement lesaptitudes et les capacits de leur jeuneathlte afin dtablir une progressionadquate. Dans un deuxime temps, ilsdoivent pouvoir enseigner, dmontrer etcorriger les mouvements lors de la ralisationdes exercices. Lemphase doit tre mise surlacquisition dune technique adquate etnon sur la charge utilise.

    notre connaissance, aucune recherchescientifique na tabli une combinaisonparfaite de sries et de rptitions pourlentranement en force chez les jeunes.Toutefois, 1 3 sries de 6 15 rptitionspar exercice musculaire et ce, pratiquesde 2 3 fois par semaine lors de jours nonconscutifs semble tre raisonnable selonACSM. Par contre, lACSM recommandedviter lutilisation de charge maximaledue laugmentation potentielle du risquede blessures aux plaques de croissance.

    1.

    3.

    2.

    Les recommandationsM : La supervision nest pas essentielle lorsdune sance dentranement en force.

    R : Il est clair que la supervision est importantedans toutes formes dentranement enforce. Dailleurs, les points prcdentsont mis en vidence que lencadrementpar des spcialistes qualifis constitue unfacteur dterminant dans la prventiondes blessures chez les jeunes. Plusieursrecommandations, dans ce sens, sontappuyes par lAmerican College ofSports Medicine 5, lAmerican Academy ofPediatrics 1 ainsi que la National Strengthand Conditioning Association 4.

    MYTHES, RALITS et

    RECOMMANDATIONS

    MYTHES, RALITS et

    RECOMMANDATIONS

    Le travail de recherche a t effectu

    par MM. Franois Bgin et Stphane Gagnon

    de lUniversit Laval.

    La ralisation de ce dpliant a t rendue

    possible grce la participation financire

    du ministre de lducation,

    du Loisir et du Sport.

    Pour de plus amples informations,

    veuillez communiquer avec

    le Conseil de mdecine du sport

    du Qubec au

    cmsq@sportsquebec.com

    ou visiter le

    www.sportsquebec.com

    longlet Conseil de mdecine du sport.

    1. American Academy of Pediatrics, Strength training, weight andpower lifting, and body building, by children and adolescents,Pediatrics, 86(5): 801-803, 1990

    2. Baxter-Jones, A.D.G., Maffulli, N., Intensive training in eliteyoung female athletes, Br. J. Sports Medicine, 36(1): 13-15, 2002

    3. Faingendaum, A.D., Strength training for children and adolescents,Clinics in sports medicine, 19(4): 593-619, 2000

    4. Faingendaum, A.D. & Al., Youth resistance training: positionstatement paper and literature review., Stength and Cond.,18:62-75, 1996

    5. Faingendaum, A.D., Micheli, L., Current Comment on youthstrength training, ACSM, 1998

    6. Faingendaum, A.D., Milliken, L.A., Westcott, W.L., Maximalstrength testing in healthy children, J. Strength Cond. Res., 17(1):162-66, 2003

    7. Hamill, B.P., Relative safety of weightlifting and weight training,J. Strength Cond. Res., 8(1): 53-57, 1994

    8. Maffulli, N., Intensive training in young athletes; Theorthopaedic Surgeons viewpoint, Sports Medicine, 9(4): 229-243, 1990, Review

    9. Maffulli, N., Baxter-Jones, A.D.G., Common skeletal injuries inyoung athletes, Sports medicine, 19(2): 137-149, 1995

    10. Maffulli, N., Pintore, E., Intensive training in young athletes, Br.J. Sports Medicine, 24(4): 237-239, 1990

    11. Russell, K., LAthlte en croissance, EntranInfo, 5(1):27-29, 199812. Russell, K., LAthlte en croissance, EntranInfo, 5(2):30-31, 199813. Russell, K., LAthlte en croissance, EntranInfo, 5(4):28-29, 199914. Russell, K., LAthlte en croissance, EntranInfo, 6(2):32-33, 199915. Russell, K., LAthlte en croissance, EntranInfo, 6(3):27, 200016. Russell, K., LAthlte en croissance, EntranInfo, 7(1):36-37, 200017. Stricker, P.R., Sports training issues for the pediatric athlete,

    Pediatr Clin North Am., 49(4): 793-802, 2002, Review

    Rfrences

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    OM

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    E:8

    19 7

    58-3

    133

  • Lentranement en force est gnralementdfini comme tant lutilisation de poidslibres ou dappareils de musculation ayantpour but lamlioration des diffrentesqualits musculaires. Cependant, il devraitsurtout comporter, avec une clientle plusjeune, lutilisation dexercices avec lepoids du corps et de menus appareils(mdecine-ball, lastique, ballon stabilisateur,etc.) ayant davantage pour but lamliorationdes qualits motrices de cette clientle.

    Ce feuillet se veut un rsum de la littrature scientifique par rapport auxmythes & ralits des effets de lentranementen force sur la croissance chez les jeunes

    M : Lentranement en force peut ralentir ouarrter la croissance chez les jeunes.

    R : Certaines tudes 9, 11 rapportent que len-tranement en force peut ralentir ou arrterla croissance chez les jeunes. Selon cestudes le ralentissement ou larrt decroissance survient la suite duneblessure importante au niveau de laplaque de croissance. Cette lsion de laplaque de croissance peut engendrer lafermeture prmature de celle-ci. De plus,une atteinte la plaque de croissance dunmembre ne signifie pas que tout le corpssubira un arrt de croissance. Seulementune minorit de blessures piphysairesentranent des effets ngatifs longterme 8. Il est important de spcifier quela plupart des blessures aux plaques cartilagineuses surviennent principalementlors dun manque de supervision, lors demanipulations de charges excessives(davantage au-dessus de la tte) etsurtout lors de mouvements mal excuts3, Brady & al. 1982. Il faut toutefois mentionner quece type de blessure reste peu frquent.

    M : Lentranement en force est une activitdangereuse pouvant engendrer desblessures chez les jeunes.

    R : Lentranement avec des poids et haltresest scuritaire et faible risque deblessures lorsque fait dans un contextesupervis par une personne comptente 7, 8.Un sondage 7 effectu auprs de jeunes de13 16 ans des coles britanniques rapporteque par 100 heures dentranement enmusculation, 0,012 blessures sont rpertoriesen comparaison avec 0,8 et 0,14 blessurespar 100 heures de pratique au rugby et ausoccer respectivement. Ces rsultats sontsimilaires une autre tude 8 qui prsenteune incidence de blessure de 0,9 % chez551 adolescents pour lentranement enforce comparativement 2% chez 681joueurs de soccer de 6 17 ans et 35%chez 5 128 joueurs de football de 8 15ans. Comme dmontr par ces tudes, toutepratique sportive comporte son risque deblessure. Cest pourquoi, la supervision parun entraneur qualifi est ncessaire afindassurer une valuation des capacits delathlte, une bonne excution des mouvementsainsi quune progression adquate descharges et du volume dentranement 5, 17.

    M : Tester le 1 RM (charge maximale souleveen 1 rptition) peut engendrer desblessures pouvant influencer le dveloppementmusculo-squelettique chez les jeunes.

    Les rsultats dune tude mene sur des jeunesde 6 12 ans 6 montrent quaucun risquede blessure nest associ lexcution dunmouvement damplitude complte unecharge maximale pour les exercices sollicitantles membres suprieurs et infrieurs.Toutefois,lAmerican College of Sport Medecine(ACSM) 5 ne recommande pas lentranementavec des charges maximales. Si lexcution du1RM doit se faire pour valuer les capacitsen force du jeune, le ratio dentraneur/jeunedevrait tre de 1 pour 1 6. Cependant, lapertinence dutiliser le 1 RM pour valuerles capacits dun jeune athlte nest pasncessairement recommande.

    M : Les enfants et adolescents sont desadultes miniatures.

    R : La littrature scientifique rapporte quilne faut en aucun point considrer lecorps dun enfant ou dun adolescent aumme niveau de dveloppement quecelui dun adulte 11-16. En effet, la plaquede croissance (plaque cartilagineusesitue prs des articulations et qui permet los de se dvelopper en longueur) estune rgion plus fragile chez ladolescenten croissance. Ce cartilage est parti-culirement sensible lors des pousses decroissance1. Chez ladulte, il est compltementsoud. Aucune tude na pu dmontrerjusqu prsent que le risque deblessures est augment par la fragilit dela plaque de croissance. Dailleurs,aucune fracture au niveau de la plaquede croissance nest rpertorie dans lestudes consultes sur lentranement enforce 3, 6, Ozmun & al. 1994, Ramsay & al. 1990. Dans le cas odes blessures piphysaires sont rapportes,les participants utilisaient des chargestrop leves et lencadrement taitinadquat 3.

    M : Deux adolescents du mme ge sont aumme niveau de maturit.

    R : Il peut y avoir une diffrence de maturitbiologique pouvant aller jusqu 4 ansentre 2 individus du mme gechronologique. En effet, lge o ladolescentatteint sa vitesse maximale de croissancediffre dun individu lautre. Malgrles variations inter-individuelles,LAmerican Academy of Pediatrics 1

    estime que, non obstant le sexe, lavitesse maximale de croissance estatteinte chez la majorit vers lge de 15ans. Cest pourquoi une valuation priodiquedes capacits dun individu est primordialepour standardiser adquatement lesexercices prescrits.