Les apprentissages scolaires : des montages cognitifs complexes

  • Published on
    24-Feb-2016

  • View
    28

  • Download
    0

Embed Size (px)

DESCRIPTION

Les apprentissages scolaires : des montages cognitifs complexes. Marcel Crahay. Sommaire. Les multiples facettes des apprentissages scolaires. Que conserver de la thorie piagtienne de la construction des savoirs par le sujet ? - PowerPoint PPT Presentation

Transcript

<p>Les apprentissages scolaires : des montages cognitifs complexes</p> <p>Les apprentissages scolaires : des montages cognitifs complexesMarcel CrahaySommaireLes multiples facettes des apprentissages scolaires.Que conserver de la thorie piagtienne de la construction des savoirs par le sujet?Relations entre dveloppement logique et apprentissage des notions et procdures arithmtiquesAutomatismes et comprhension: comment les coordonner</p> <p>Croyances motivationnelles, intentions dapprendre et rgulation de lactivit cognitive.21.</p> <p>Les multiples facettes des apprentissages scolairesTous les apprentissages scolaires sont complexesC--d composs d'lments qui entretiennent des rapports nombreux, diversifis, difficiles saisir par l'esprit, et prsentant souvent des aspects diffrents.Toute comptence scolaire consiste en un ensemble d'lments divers (moteurs, procduraux, conceptuels, mtacognitifs, reprsentationnels et motivationnels) qui, par suite de leur interdpendance, constituent un tout plus ou moins cohrent.Ainsi,Faire en sorte quun lve apprenne lire, aimer lire en comprenant ce quil lit, implique de favoriser le dveloppement dune srie de savoirs et savoir-faire, mais aussi de reprsentations concernant la lecture et, en dfinitive, dun rapport positif au savoir lire.Apprentissages scolaires =</p> <p> traitement en parallle de plusieurs informations et, plus largement, de plusieurs types de connaissancesModle 13 composantes </p> <p>(Daprs The cognitive foundations of learning to read. Southwest educational development laboratory. //www.sedl.org/reading/framework/)</p> <p>Comprhension en lecture Comprhension du langageIdentification des motsConnaiss.linguistiquesConnaissances du mondeSyntaxeSmantiqueConscience phonmiquePrincipe alphabtiqueConnaissance des lettresConnaiss. du codeConnaiss. Orthogr.Conceptions de lcritPhonologiePour raliser les montages cognitifs quimpliquent les apprentissages scolaires Il faut miser la fois sur des processus dveloppementaux endognes et sur diffrentes modalits dapprentissage</p> <p>Apprentissages scolaires2.</p> <p>Que conserver de la thorie piagtienne de la construction des savoirs par le sujet?Mort du constructivisme piagtien ?Cognitivisme.Approches historico-culturelles (Vygotski et al.).Que reste-t-il de la thorie de Piaget? Rfutation des stades, c--d du modle de lescalierModle en vagues (Siegler)Lapprenant dveloppe un rpertoire de stratgies.</p> <p>La frquence dutilisation de chaque comptence (stratgie) augmente jusqu un optimum puis dcrot progressivement</p> <p>Plusieurs comptences/stratgies cxistentVariabilit intra- et interindividuelle dans la frquence dutilisation de telle ou telle comptence ou stratgie</p> <p>laboration de nouvelles comptences/stratgies : cheminements varis</p> <p>Noyau dur du constructivisme piagtien ? (1)Une thorie de lquilibration cognitive (Lautrey, 2008).C--d refus des explications prformistes et empiristes.</p> <p>Donc, dveloppement intellectuel procde essentiellement dune auto-organisation des actions et des oprations mentales</p> <p>Noyau dur du constructivisme piagtien ? (2)Lauto-organisation des actions et des oprations mentales aboutit lauto-construction doprations suprieurs: Les concepts logico-mathmatiques ne senseignent pas. Ils mergent de lorganisation des actions par abstraction rflchissanteLe dveloppement des structures cognitives gnrales prcdent et dterminent les apprentissages scolaires. Critiques Un ensemble de critiques provient des cognitivistes. Des cognitivistes soulignent la modularit de lesprit et, en consquence, mettent en cause la notion de structures logiques (dordre gnral). Il a t reproch Piaget de sous-estimer les capacits cognitives des jeunes enfants et, plus particulirement, des bbs dans divers domaines (cf. notamment, Baillargeon, Spelke, &amp; Wasserman, 1985). + Critique de Vygotskiens: Piaget sous-estime le poids de la culture et des interactions sociales Les informations entrant dans le systme cognitif sont traites par des modules spcifiques chaque modalit perceptive (Fodor, 1983).Si les apprentissages dans ces domaines relvent de modules spcifiques, il nest plus ncessaire dinvoquer lexistence de processus gnraux de structuration cognitive pour en expliquer lmergence.</p> <p>16Rethinking innateness Elman, Bates, Johnson, Karmiloff-Smith, Parisi et Plunkett (1996)lide dfendue par ces psychologues, qui explorent les apports du connexionnisme aux thses constructivistes, est de souligner limportance de ltat initial du systme cognitif, ce qui ne les conduit pas, au contraire, abandonner lhypothse dune construction des connaissances par auto-organisation. </p> <p>Une recherche cruciale cet gard est celle mene par Christiansen, Allen, et Seidenberg (1998, cit par Lautrey, 2008). Ceux-ci montrent notamment que les bbs sont sensibles aux rgularits statistiques dans la squence des phonmes et, par cette voie, russissent oprer une segmentation dans le flux de parole de leurs parents et reprer des mots quils vont prononcer, donnant ainsi ceux-ci lopportunit dune raction en retour de validation ou de correctionExp: comprhension progressive du principe alphabtiqueDistinction pictogramme - lettrePrincipe de quantit minimalePrincipe de varit interne (pour constituer un mot, une squence de lettres ne peut comporter trop de rptition de la mme lettre) Principe dinvariance (une mme lettre traduit le mme son et vice-versa). Cest ce principe dinvariance qui se manifeste lorsque lenfant, en plein apprentissage de la lecture, exprime sa surprise voire son incomprhension face aux mots graphie inconsistante.Auto-apprentissage en lectureAppliquant la connaissance des lettres et de leurs sons, laquelle rsulte dun enseignement et dun apprentissage explicite (cf. ci-dessous), il arrive frquemment que les enfants lisent incorrectement les mots dont la graphie est inconsistante (Share, 1995)e.g., femmeFace ce type de situation, Share (1995) a montr que les enfants se rendent compte que le mot prononc ne correspond aucun mot familier. Mobilisant une procdure de contrle par le lexique phonologique et le systme smantique, des enfants arrivent produire une lecture correcte de ces mots anomiques. </p> <p>19A propos de la modularit de lespritSpcialisation des neurones = une certaine souplesseKarmiloff-Smith (1998) ==&gt; modularisation progressive de lesprit plutt quune modularit a priori les rseaux neuronaux les plus appropris certains types de traitement (notamment, visuo-spatial) peuvent voir leurs fonctionnalits dficientes compenses par le renforcement dautres rseaux correspondant une autre modalit de traitement (notamment, le langage)</p> <p>Prenant appui sur les simulations connexionnistes et sur des tudes dveloppementales, Lautrey (2008) conclut que </p> <p>Lhypothse dun processus gnral dauto-organisation susceptible dengendrer la construction de structures cognitives de plus en plus sophistiques et adaptes au rel est loin dtre rfute. Du point de vue dune psychologie des apprentissages scolaires, ceci signifie quil est lgitime de laisser de lespace lactivit auto-structurante de llve, mais aussi de lencourager.ConclusionsSans ngliger la possibilit dvolutions lies la maturation et dautres relevant directement de processus ducatifs (en famille, lcole ou ailleurs), il faut prendre en compte des phnomnes dveloppementaux dordre plus gnral que les apprentissages sensu stricto.Ceci nimplique pas pour autant que les processus dveloppementaux doivent tre conus comme indpendants des apprentissages, ce que soutenait Piaget. 3.</p> <p>Relations entre dveloppement logique et apprentissage des notions et procdures arithmtiquesA propos du nombre La conception piagtienne est la fois essentielle et rductrice.Essentielle car lintuition de la loi N + 1 (ou de litration) est cruciale.Rductrice car le comptage et le dnombrement jouent un rle clef.25La thse de PiagetLe nombre est construit par abstraction rflchissante (donc, importance de lorganisation introduite par le sujet dans le monde des objets).Le nombre est la synthse de la sriation et de la classification (inclusion hirarchique).Le dveloppement de la comprhension du nombre est subordonn au dveloppement des oprations logiques.26</p> <p>La conception piagtienne du nombre27Le nombre est aussi un objet social, produit de lhistoire culturelle de lhumanitLa chane verbale des nombres comporte une syntaxe = une logiqueLapprentissage du comptage nest pas un simple apprentissage par curLe dnombrement repose sur des principes (Gelman)Le dnombrement est un assemblage de connaissances procdurales et conceptuelles structures par des principes logiques28CHAINE NUMERIQUE TRIBU ISLANDEURAPUN (1)OKASA (2)OKASA URAPUN (2,1)OKASA OKASA (2,2)OKASA OKASA URAPUN (2,2,1)= 1= 2 = 3 = 4 = 5291 Wahed2 Ithnin3 Thlatha4 Arba5 Khamsa6 Sitta7 Saba8 Thmania9 Tisa10 Achra11 Hdech12 Thnach13 Thlattach14 Arbatach15 Khamstach16 Sittach17 Sbatach18 Thmantach19 Tsatach20 Ichrine21 Wahed wa ichrine22 Ithnin wa ichrine23 Thlatha wa ichrine24 Arba wa ichrine25 Khamsa wa ichrine26 Sitta wa ichrine27 Saba wa ichrine28 Thmania wa ichrine29 Tisa wa ichrine30 Thathine30La chane numrique est composeDitems lexicaux</p> <p>Un, deux, trois, quatre, =&gt; seizeVingt, trente, quarante, etc.Cent, mille, million, etc.Ditems composs</p> <p>Dix-sept, dix-huitVingt et un, vingt deux, etc.Deux cents, trois cents, etc.Deux mille31Selon Gelman, le dnombrement mobilise cinq principesLe principe d'abstraction Le principe d'adquation uniqueLe principe d'ordre stable (de l'numration)Le principe cardinalLe principe de la non-pertinence de l'ordre32Apprendre la chane verbale numrique et la technique du dnombrement peut contribuer au dveloppement logiqueLes techniques du comptage et du dnombrement, produit de lhistoire culturelle de lhumanit, vhiculent une logique33Dans quel ordre doivent se raliser ces apprentissages ?Attendre la matrise de linclusion hirarchique (vers 8 ans) = nonApprentissage significatif du comptage et du dnombrement ds la maternelle+ jeux logique de comparaison des quantits34Lapprentissage est possibleLes apprentissages scolaires ==&gt; dveloppement logiquePlutt la thse de Vigotsky: le bon enseignement doit prcder le dveloppementEvidemment, ltat initial doit tre pris en considrationEtats initiaux = logiques, cognitifs et motivationnels35Thses gnralesEn assumant le guidage dapprentissages spcifiques, lcole peut contribuer au dveloppement des oprations mentales ou structures logiques (au sens de Piaget) ou de processus de traitement de linformation. </p> <p>La controverse qui opposait jadis Piaget Vygotski peut clairement tre tranche en faveur de la thse dfendue par le second: lenseignement peut et mme doit dans une certaine mesure prcder le dveloppement (Vygotski,1985). Evidemment, la nature des progrs, de mme que leur importance, sont toujours () fonction du niveau initial du dveloppement des sujets (Inhelder, Sinclair et Bovet, 1974, p. 295), Tenant compte de lapport de Vygotski (1985) et des thories de ltayage de Bruner (1987), nous dirons quil convient que, pour tre productif, lenseignement doit se situer dans la zone proximale de dveloppement de llve4.</p> <p>Automatismes et comprhension: comment les coordonner?De la ncessaire coordination de connaissances de types diffrents dcoule la ncessit darticuler diverses modalits dapprentissage</p> <p>Apprentissages scolaires = traitement en parallle de plusieurs informations et, plus largement, de plusieurs types de connaissancesDnombrementChane verbale numriquePointage des objets compterCoordination verbo-motricePrincipes (Gelman)Haut degr de fluency</p> <p>Haut degr de fluency</p> <p>Comprhension (conceptual understanding)Diffrentes modalits dapprentissageHaut degr de fluency</p> <p>Comprhension conceptuelleAutomatisation par la pratique ==&gt; rptitionRedescription reprsentationnelle ou apprentissage expliciteLe fonctionnement cognitif implique des procdures automatises et des traitements explicites (ou intentionnels)Les apprentissages par explicitation ne sont pas possibles tout ge. Martinot et Gombert (1996) ont, en effet, montr que la capacit danalyser phontiquement des mots est trs difficilement mobilisable chez des enfants pr-lecteurs de moins de cinq ans, voire impossible avec certains, alors quelle est mobilise aisment par les enfants de plus de 5 ans, toujours pr-lecteurs41</p> <p>Les lves doivent apprendre contrler les rsultats de leurs procdures automatises.Lenjeu nest plus dopposer automatisme et comprhension, mais de les coordonnerEnseignement en spiraleIl faut des moments de drill et des moments de mise en situation des procdures automatisesMerci de votre attentionLes traitements contrlsLes traitements automatiss</p> <p>sont lents,</p> <p>coteux: leur mise en oeuvre suppose un effort de la part du sujet,</p> <p>et inhibiteurs des autres traitements: leur activation gne la mise en oeuvre d'autres traitements; il n'y a donc pas de fonctionnement parallle possible.</p> <p>Il est possible d'exercer un contrle sur la mise en oeuvre de ces processus, c'est--dire d'viter volontairement leur activation.sont rapides,</p> <p>peu coteux,</p> <p>et non inhibiteurs des autres traitements: leur mise en oeuvre est indpendante des limitations des ressources cognitives; le traitement parallle est donc possible.</p> <p>Ces processus sont irrpressibles: il n'est pas possible de ne pas les excuter lorsque les conditions externes de leur dclenchement sont remplies. </p>