l'Hémicycle - #450

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    31-Mar-2016

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l'Hmicycle numro 450 du mercredi 26 septembre 2012 Au sommaire : - Aux Quatre Colonnes : Groupe socialiste : a tangue par Pascale Tournier >p. 4 - Linnocence des mdias par Fabrice Le Quintrec >p. 4 - conomie : Des choix impopulaires mais ncessaires ! par Axel de Tarl >p. 5 - distance : Isral vs Amrique aux Nations unies par Franois Clemenceau >p. 11

Transcript

<ul><li><p>Battu le 6 mai dernier dans les urnes,Nicolas Sarkozy nen a pourtant pasmoins obtenu une victoire la Pyr-rhus sur un autre terrain : son modede gouvernement, rythm, multi-pliant les annonces et la communi-</p><p>cation parfois marche force, ce style a durablementimpressionn la rtine des Franais. Sils lui ont sansdoute fait payer au printemps sa frnsie suppose,prouvante et perue comme trop corrosive pour lunitnationale en le renvoyant ses chres tudes danglais,nos concitoyens nont toutefois pas mesur quel pointils staient habitus cette geste sarkozyenne,nerveuse et saccade, qui avait au moins le mrite delaisser croire quil se passait toujours quelque chose llyse. Les sondages, qui montrent un petit regain dela popularit du Prsident sortant, semblent indiquerquil existe une certaine nostalgie de cette mise en scnequotidienne du pouvoir, qui lui donnait un petit parfumde modernit. En choisissant de prendre en la matire le contre-piedsystmatique de son prdcesseur, Franois Hollande,fidle lui-mme, pense pouvoir dmontrer termeque cest la cohrence dans la dure qui finit par donnerdes rsultats et du coup prvaloir pour les lecteursquand revient lheure des choix. Mais ce faisant il prendun gros risque. Car entre lancien chef de ltat et lePrsident normal le contraste est saisissant. Sarkozyparlait tous les jours, interpellait, vituprait Hollanderedoute cette omniprsence mdiatique et prfre attendre la fin de lt pour se faire inviter sur le plateaudu 20 heures, et sexpliquer sur les premiers mois de sonaction. Et sur ses premiers errements Mais, presse parla crise et les inquitudes sourdes quelle suscite, lopi-nion semble beaucoup moins bien dispose donneraujourdhui tout le temps au temps dont il rveraitau premier successeur socialiste de Franois Mitterrand la magistrature suprme. Lre du numrique, le rgnede Twitter et celui entre-temps de Nicolas Sarkozy sontpasss par l. Franois Hollande de russir et du mmecoup dimposer sa propre modernit . Lex-Prsident,quant lui, entend bien relancer sa carrire. Sil ne saitpas encore comment, il attend son heure. Son omnipr-sence, distance, dans le duel Cop-Fillon, parfois soncorps dfendant, interdit la droite de vraiment tournerla page. Lui sen rjouit. Ne rien faire, ne pas tenter derevenir au moins avant 2014 ! lui a conseill le fidlePatrick Buisson, toujours au bout du fil. Comment cet homme politique larrt, mais homme politique toutde mme , selon la formule de lun de ses proches,compte-t-il revenir ? Et surtout quand ? Par la droite,personne nen doute, et sans doute plus viteque ne pouvait le laisser penser son chec.</p><p>Dossier</p><p>Grant-Directeur de la publication : Bruno Pelletier Rdacteur en chef : Jol Genard</p><p>STP</p><p>HAN</p><p>E DE</p><p> SAK</p><p>UTI</p><p>N/A</p><p>FP</p><p>www.lhemicycle.com NUMRO 450 MERCREDI 26 SEPTEMBRE 2012 2,15 </p><p>FRED</p><p> TAN</p><p>NEA</p><p>U/AF</p><p>PTH</p><p>OM</p><p>AS S</p><p>AMSO</p><p>N/A</p><p>FP</p><p>Aprs stre attaqu aux prix de lessence et du gaz, le gouvernementsapprte ouvrir le dossier du financement des nergies renouvelables.Pour contenir la hausse des factures dlectricit, il faudra bien sattaquerau financement de la CSPE.</p><p>FRAN</p><p>K PE</p><p>RRY/</p><p>AFP</p><p>FRED</p><p> DU</p><p>FOU</p><p>R/AF</p><p>P</p><p>ChantalJouanno</p><p>P. 3</p><p>PascalDurand</p><p>P. 2</p><p>Il est temps de dsamorcer la bombe retardement que constitue pourles consommateurs la contributionau service public de llectricit (CSPE),une taxe prleve directement surles factures dlectricit. Celle-ci a tinstaure en 2003 pour couvrir lesdpenses dEDF dans le cadre du sou-tien aux nergies renouvelables. Maisles charges ont augment beaucoupplus vite ces dernires annes que lesrecettes apportes par cette taxe. Et</p><p>cette tendance devrait encore sacc -l rer dans les annes qui viennent. La CSPE est passe successivementde 4,50 euros le mga wattheure sa cration 7,50 euros au 1er janvier2011, puis 9 euros en juillet 2011 et10,50 euros au 1er juillet 2012. Sonmontant pour 2013 na quant lui pasencore t fix. Elle a donc plus quedoubl en deux ans. Mais malgr cerattrapage, les charges censes tre couvertes par cette taxe continuent </p><p>dpas ser allgrement les recettes g nres.Le rgulateur du secteur, la Commissionde rgulation de lnergie (CRE), a gale-ment tir la sonnette dalarme denombreuses repri ses. Selon son dernierrapport, le besoin de financement de laCSPE li aux seules nergies renouve-lables devrait atteindre 8 milliards deu-ros en 2020, ce qui ncessite rait daug-menter la taxe au-del de 20 euros lemga wattheure, le double de son niveauactuel. J.G. &gt;Lire en p. 2, 3 et 5</p><p>Le logement social pourretarder la dpendanceComment repousser lge dentre en Ehpad et allger la facture de ladpendance ? Certaines collectivits exprimentent le logement inter -gnrationnel, une solution inspire de ltranger qui commence donnerdes rsultats. &gt;Lire lenqute de Tatiana Kalouguine en p. 6 et 7 </p><p>Gouverner cestagir plus vite ! Lpineux dossier des</p><p>nergies renouvelablesditoThierry Guerrier</p><p>Et aussi</p><p>Au sommaire Aux Quatre Colonnes : Groupe socialiste : a tangue parPascale Tournier&gt;p. 4 Linnocence des mdias par FabriceLe Quintrec&gt;p. 4 conomie : Des choix impopulaires maisncessaires ! par Axel de Tarl &gt;p. 5 distance : Isral vsAmrique aux Nations unies par Franois Clemenceau&gt;p. 11</p><p>NKM dans la ligne de Simone WeilNathalie Kosciusko-Morizet a renonc briguer laprsidence de lUMP, faute des parrainages requis.Elle demeure combative. La philosophie de SimoneWeil linspire au quotidien et lui permet de tenirdes positions quelle qualifie d authentiques .&gt;Lire lAdmiroir dric Fottorino en p. 15</p><p>H450_P01.qxd:L'HEMICYCLE 24/09/12 18:53 Page 1</p></li><li><p>Vous avez quali la confrenceenvironnementale organise parlexcutif de trs bon signal Oui, parce que cen est un. Les dis-cours du prsident de la Rpubliqueet du Premier ministre ont donnun cap. Nous nattendions pas quils apportent des solutions toutes les questions en deux jours.Nous attendions de voir la dter-mination, au sommet de ltat, prendre en compte la pro blma-tique co lo gique, et quon cesse de lopposer aux problmatiquesconomiques et sociales.Pour les cologistes, il devenaitassez pnible dentendre cesderniers temps dans la bouche decertains ministres que les seulsproblmes qui se posaient laFrance taient industriels et so -ciaux. Nous pensons quil ny aurapas de rponse ces questions cruciales si on nintgre pas ladimension environnementale etcologique. Je vous cite lexemplede la reconversion dindustries liesaux transports et aux btiments.</p><p>Vous faites rfrence aux proposdu ministre du Redressementproductif, Arnaud Montebourg ?Je ne pensais pas seulement Arnaud Montebourg. Ce discourstait prononc par un certain nombre de dirigeants socialistes,comme Grard Collomb ou Ma -nuel Valls Jai considr ces prisesde position comme des effets detribune. Je ne les ai pas jugesimportantes car elles taient le fait</p><p>de personnalits qui ntaient pasen responsabilit sur ces domaines.Avec les associations environne -mentales, les ONG, les syndicats,nous avions besoin de rpon sesclaires pour savoir o le prsidentde la Rpublique comptait allerdans les annes qui viennent, comment il voulait utiliser lesfonds du plan de croissance auniveau europen, ou dans le cadrede la BPI, et nous avons eu lesrponses que nous attendions. Il araffirm quil fallait conomiserlnergie, et aller vers une autrepolitique nergtique ; que celancessitait un engagement majeur,notamment pour la rnovation de logements un million par an.</p><p>Cest lengagement le plus fortde cette confrenceenvironnementale ?Il sagit dune mesure capitale pournous, car cest une mesure fon da-mentale pour la baisse de la consom -mation dnergie, et un levier pourla croissance. La France consommetrop dnergie fossile et lectriquedorigine nuclaire par rapport dautres pays, et accuse un retardconsidrable sur les nergies re -nouvelables. Il y a un choix faire.Cest le signal qua donn le prsi-dent de la Rpublique.</p><p>Chantal Jouanno a considr quecette confrence environnementalese rsumait un petit Grenelle .Jai fait partie des gens qui consi -draient que le Grenelle de lenvi-</p><p>ronnement tait un progrs, larfrence ne me gne donc abso -lument pas. Ladjectif petit neme gne pas non plus, puisquela confrence environnementalena dur que quarante-huit heures,alors que le Grenelle avait durbeaucoup plus longtemps. Mais ily a une diffrence fondamentalede mthode.La premire diffrence, cest quenous avons un Prsident qui fixele cap, et un Premier ministre quigouverne. Je nai pas le souvenirquavec le Grenelle il soit sortiautre chose que de la mise en scnede Nicolas Sarkozy La deuximediffrence : la confrence envi-ronnementale a vocation tre unrendez-vous annuel. Nous pour-rons donc faire des valuations desactions entreprises avec les mmesacteurs, tous les ans.Il faut savoir quil a t trs diffi-cile dvaluer les rsultats du Grenelle car il y avait des di -vergences considrables sur les constats. Ce que nous savons, cestquil y a eu une dperdition trsforte, qui a lev des espoirs, et qui la fin nous a mens plutt audsespoirEnfin, lors de cette confrence en -vironnementale, le choix fait din-clure les parlementaires, car ce sonteux qui votent, au final. Cest ce quia aussi fait dfaut au Grenelle .</p><p>Sur le dossier de lexploitationdu gaz de schiste, llyse na pasferm la porte</p><p>Lexcutif a annonc un moratoirepour les cinq ans qui viennent,Franois Hollande sest engag sur la priode de son mandat. LePrsident et le Premier ministreont assur quaucun permis derecherche ou dexploitation neserait dlivr durant cette priode.Cest clair. De notre ct, nousserons vigilants sur le fait quon nemanipule pas lopinion publique,en essayant de faire croire quonpourra imaginer des mthodesdextraction propres.</p><p>Quavez-vous regrett de ne pasvoir lordre du jour de cetteconfrence ?Nous sommes trs attachs laquestion de la fiscalit cologique,cest un levier fondamental. Ilexiste des niches fiscales bnfi-ciant aux industries polluantes qui cotent 22 milliards ltat.Ces niches fiscales peuvent tre re -penses il ne sagit pas de mettreen danger ces industries.EELV aurait galement aim avoirdes rponses plus fortes sur lesquestions sant-environnement.Nous avons entendu avec plaisir lePrsident lier pour la premire foisdans un discours la question despidmies de cancer avec celle desmicroparticules, mais on aurait puavoir un engagement plus fortJe ne veux pas quon nous voiedans une logique dinsatisfactionpermanente. On reproche souventaux cologistes dtre dans la cri-tique. Cest notre histoire : nous</p><p>nous sommes levs contre unmodle dominant. Il faut aussisavoir positiver, en considrant cequi avance. Les discours du Prsi-dent et du Premier ministre nousservirons pour des arbitrages futurs.</p><p>Comment vous sentez-vousdans cette majorit ?Nous avons fait un choix : dans la situation de crise que nousconnaissons, pouvions-nous nouscontenter de rester en dehors,de jouer les commentateurs cri-tiques ? Cest une position intel-lectuelle agrable, mais nousprfrons agir. Nous savons bienque les socialistes ne sont pas descologistes, que nous sommesminoritaires dans la socit, il fautaccepter la ralit.Il faut convaincre les socialistes du bien-fond de nos positions, etnous le ferons dans le dialogue.Nous avons prfr le faire lin-trieur plutt qu lextrieur. Laquestion nest pas de savoir si noussommes laise ou mal laise.Visiblement, cest plutt pour lesautres que le sujet se pose : il nousest souvent demand si nos mi -nistres comptent quitter le gou-vernement. On nous demande aussi pourquoi nous sommes de -venus si aimables Notre attitudeest conforme nos choix, noussouhaitons faire bouger les lignes,et il est plus facile de le faire au gouvernement.</p><p>Propos recueillispar Thomas Renou</p><p>2 LHMICYCLE NUMRO 450, MERCREDI 26 SEPTEMBRE 2012</p><p>Agora</p><p>PASCAL DURANDSECRTAIRE NATIONALDEUROPE COLOGIE- LES VERTS</p><p>Le secrtaire national dEurope cologie-Les Verts (EELV) revient pour lHmicycle sur la confrenceenvironnementale. Il voit dans ce premier rendez-vous un signal fort . Il nous dcrit ltat despritdes cologistes dans la majorit.</p><p>Les discours du Prsident et du Premier ministre lorsde la confrence environnementale nous servirontpour les arbitrages futurs </p><p>FRAN</p><p>K PE</p><p>RRY/</p><p>AFP</p><p>H450_p02-03.qxd:L'HEMICYCLE 24/09/12 17:36 Page 2</p></li><li><p>Vous avez quali la confrenceenvironnementale de petitGrenelle ?Oui, ce fut un tout petit Grenelle :cette confrence environnementalena dur que neuf heures. Pour leGrenelle de lenvironnement, nousavions dbattu pendant plus deneuf mois. Jai particip un groupede travail lors de la Confrence en -vironnementale : en neuf heures, cinquante la table, nous avions peu prs dix minutes de tempsde parole Ce nest pas de cettema nire que lon prend des dci-sions structurelles radicalementnouvelles. Cest un petit Grenellecar on retrouvait les mmes parti -cipants, les mmes pratiques quepour le Grenelle, sauf que la duretait vraiment infrieure. Contrai -rement ce que dit Pascal Durand,il ny a pas eu de concertation avecles parlementaires pour dfinir lordre du jour.</p><p>Vous pointez les dfautsde la mthode choisieNous, parlementaires, navons pasdu tout t associs la dfinitiondu programme de cette confrence.Pascal Durand ne dit pas la vrit :les parlementaires taient associsaux ngociations du Grenelle. Lesdeux chambres taient reprsen-tes, la majorit et lopposition ltaient galement. Aprs que lesgroupes de travail ont travaill, ily a eu un long dbat au Parlementsur les deux Grenelle . Nousavons dbattu pas moins de soixante heures au Parlement surla loi Grenelle 2.</p><p>Le prsident de la Rpublique a-t-ilannonc une vritable transitioncologique ?Le chef de ltat na abord quetrois sujets : la rnovation des bti-ments, la fermeture de Fessenheimet lAgence de la biodiversit. Surla rnovation thermique, tous lescologistes convaincus sont dac-cords. Cest la priorit numro unpour rpondre dune part la question nergtique, et dautrepart la question de la prcarit.Cette question avait bien t iden-tifie lors du Grenelle de lenvi-ronnement. Nous avions mis enplace la rnovation des 800 000lo gements sociaux, qui tait fi -nance par la CDC par un prt de1,8 milliard deuros. Le plan prvupar la nouvelle majorit acclre lacadence, mais cest exactement lamme mthode.Point important : le Premier mi -nis tre, Jean-Marc Ayrault, na rienpropos sur la question essentielledu lien entre sant et environ-nement. Enfin, rien na t pro-pos pour lutter contre les mis-sions de particules fines.</p><p>Comment jugez-vous la dcisionprise de fermer Fessenheimen 2016 ?Cest un engagement purementpolitique. Selon Europe cologie-Les Verts, on ne peut tre cologistesans tre antinuclaire je me souviens pourtant que lanciendirigeant de Greenpeace interna-tional dfendait le nuclaire Jene suis pas une obsde du nu -claire chaque fois quon peut</p><p>sen pas ser, il faut le faire , maisla prio rit, cest la rduction des gaz effet de serre. La rduction dela part du nuclaire ne doit pas sefaire au prix dune augmentationde ces derniers. LAutorit de sretnuclaire, dans son dernier rap-port sur Fessenheim, navait pas</p><p>conclu la ncessit de fermer rapi-dement Fessenheim. Par ailleurs, ilny a eu aucune concertation avecles acteurs locaux.</p><p>Fukushima na rien chang,selon vous ?Si, mais en termes daugm...</p></li></ul>