L’OBSERVATOIRE TECHNICO-ÉCONOMIQUE DES ?· l’observatoire technico-Économique des systÈmes bovins…

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    13-Sep-2018

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<ul><li><p>LOBSERVATOIRE TECHNICO-CONOMIQUE</p><p> DES SYSTMES BOVINS LAITIERS DU RSEAU CIVAM</p><p>Exercice comptable 2015</p></li><li><p>Aprs 3 annes trs favorables, 2015 s'est rvle une anneplus chaotique pour la production fourragre. Le printemps at plutt favorable dans l'ouest, avec de l'eau, et malgrquelques dficits de temprature, de l'herbe, puis de largesfentres anticycloniques pour les foins. Mais l't trs sec s'esttraduit par un gros dficit herbager partir de juillet, qui at nanmoins suivi par un automne favorable, vritable saisonde pturage pousse trs loin en dcembre.</p><p>Sur l'exercice comptable 2015, l'chantillon des systmes "ADbovin lait spcialis" du Rseau Civam est constitu de 170fermes des rgions Haute et Basse-Normandie, Bretagne etPays-de-la-Loire.</p><p>La comparaison se fait entre les moyennes des rsultatsconomiques globaux de ces exploitations spcialises aveccelles du RICA sur les mmes rgions. L'analyse d'indicateurstechnico-conomiques permet d'clairer les diffrences deperformances socio-conomiques constates entre leschantillons.</p><p>L'chantillon AD comporte un nombre important de fermesherbagres en agriculture biologique (112 fermes soit 66 % dutotal). L'chantillon RICA ne distingue malheureusement pasles exploitations en agriculture biologique mais en comporteune proportion bien moindre. C'est pourquoi, nous avons choiside mentionner les rsultats des sous-chantillons AD :herbagers non bio et herbagers bio.On pourra ainsi constater que les diffrences avec l'chantillonRICA suivent les mmes tendances et que les fermes del'chantillon AD bio sont avant tout des systmes herbagers qui,ayant pouss la dmarche d'conomie et d'autonomie, profitentde la valorisation du lait par les prix bio pour renforcer leurviabilit. C'est donc avant tout le caractre conome etautonome des fermes AD qui font leurs performances.</p><p>Depuis 2000, l'observatoire technico-conomique du RseauCivam compare les performances des exploitations d'levageherbivore en Agriculture Durable (AD) avec celles du RICA.</p><p>Les exploitations "AD" sont caractrises par un systmeconome et autonome en intrants. En levage, ces systmesreposent sur l'optimisation de la ressource fourragre,notamment par la maximisation du pturage, et sont ainsiappels systmes herbagers.</p><p>Cette synthse prsente comme chaque anne les rsultatscompars des fermes AD avec le RICA en systme bovinslaitiers. Cesr s u l t a t sportent surl ' e x e r c i c ecomptab le2015. Nousavons ralisune tudecomplmentaire partirdes donnes2015 del 'observatoire et duRICA, afin d'tudier l'impact de l'augmentation des moyens deproduction par actif sur les rsultats des fermes.</p><p>En 2015, dans un contexte de progression de l'offre de lait auniveau mondial et communautaire (fin des quotas), et derduction de la demande internationale, les prix la productionont t infrieurs ceux de 2014, provoquant une diminutionmarque des revenus. Ce recul des prix n'a pas t compenspar une baisse quivalente du prix des aliments achets, tandisque le prix des engrais a augment.</p><p> 2</p></li><li><p>On constate que les rsultats globaux l'actif et encore plus l'hectare sont en moyenne suprieurs dans les fermes AD. Il ya plus de richesse cre (valeur ajoute) par les systmes deproduction herbagers et celle-ci est prioritairement ddie la rmunration du travail plutt qu'investie dans l'outil deproduction et l'accroissement du capital. Ces rsultatscaractrisent des fermes plus viables et plus transmissibles,qui crent donc de l'emploi prenne non dlocalisable.</p><p>Ces performances s'expliquent par l'efficacit conomique deces systmes de production, permise par des conomies decharges ralises en s'appuyant sur la valorisation de l'herbepture.</p><p>Structures des exploitations : des moyens deproduction infrieursLes fermes AD engagent en moyenne un peu moins de moyensde production par unit de main duvre que celles du RICA.Ainsi un herbager doit grer moins de surface (-11 %), dUGB(-17 %) et de capital (-7 %). Cette disponibilit de mainduvre pour exploiter ses moyens de production permet unegestion plus fine, adapte aux spcificits des animaux et desterres.</p><p>Rsultats conomiques : moins de produits maisplus de rsultatsAfin de comparer des exploitations de taille diffrente et pourmettre en lumire l'efficacit du travail, nous ramenons tousles rsultats conomiques l'actif. tant donn les carts deprix qui se creusent entre bio et non bio, nous avons mis enavant l'chantillon AD non bio face au RICA.</p><p> 3</p><p>RICA AD nonbio</p><p>AD nonbio %RICA</p><p>AD bio AD bio% RICA</p><p>SAU 93 76 -18% 80 -14%</p><p>UTH 2 1.8 -9% 2 +1 %</p><p>SAU/UTH * 50 46 -8% 43 -13%</p><p>Lait produit 454 010 344 307 -24% 305 615 -33%Vacheslaitires 66 57 -12% 62 -5%</p><p>UGB 115 90 -22% 93 -19%Capitaldexploitation 450 360 397 209 -12% 385 808 -14%</p><p>*tous les ratios prsents dans cette tude sont calculs par une moyenne desratios de chaque ferme [ex : moy(SAU/UTH)] et non par un ratio des moyennes[moy(SAU)/moy(UTH)].</p><p>RICA AD nonbio</p><p>AD nonbio %RICA</p><p>AD bio AD bio% RICA</p><p>Prix lait/1000L 332 336 + 1% 447 + 35 %</p><p>RICA. Rseau dinformation comptable agricole du Ministre de lAgriculture,alimente les informations statistiques type Agreste. OTEX 45 Bovin lait. chantillon cibl de 354 fermes (34 de Haute-Normandie, 95 de Basse-Normandie, 144 de Bretagne, 81 des Pays de Loire) reprsentatif de 29364fermes</p><p>Rseau Civam. Bovin Lait spcialis (OTEX 45 + Taux de spcialisation* &gt; 80%). 170 fermes (4 de Haute-Normandie, 27 de Basse-Normandie, 88 deBretagne, 51 de Pays de la Loire), 58 non bio, 112 bio.. Fermes herbagres </p></li><li><p>En comparant les moyennes des rsultats des chantillons RICAet AD non bio, qui ont un prix du lait moyen similaire, onconstate que les fermes herbagres, malgr un Produitd'Activit* (PA) par actif infrieur (-17 %), dgagent plus deValeur Ajoute* (VA) par actif (+24 %) et au final plus dersultat de Rsultat Courant* (RC) par actif (+139 % !).</p><p>C'est donc bien la conduite de systme qui permet de dgager12 000 de Rsultat Courant en plus avec 19 000 deProduit d'Activit en moins !Ces rsultats tmoignent de la rduction de charges dans lessystmes de production conomes et autonomes.</p><p>Ces carts sont accentus avec lchantillon AD bio. Commenous le verrons ces fermes AD bio correspondent des systmesde production dj trs avancs dans la dmarche d'conomieet d'autonomie, dans lesquels les agriculteurs ont fait le pasde la conversion avec une valorisation par le prix AB (+35 %)qui permet de mieux rmunrer le travail ou de le dveloppersur l'exploitation (+11 % d'UTH moyen, +59 % de Rsultat Social*par rapport aux AD non bio).</p><p> 4</p><p>PRODUITS RICA AD non bio AD bio</p><p>Produit dactivit 206 918 149 369 162 427 Produit lait 146 864 112 179 130 665 </p><p>Produit viande 33 813 25 103 24 637 </p><p>Produit cultures de vente 21 637 9 546 4 661 </p><p>Produit fourrager 880 - 245 822 Produit divers 3 724 2 787 1 641 </p><p>Aides 27 844 28 477 32 113 </p><p>Aides 1er pilier 23 943 23 645 24 837 </p><p>Aides 2nd pilier 3 901 4 832 7 424 </p><p>Produit annexe 2 359 3 337 2 860 </p><p>CHARGES RICA AD non bio AD bio</p><p>Charges lies laproduction (consommationde biens &amp; services)</p><p>146 447 83 577 74 152 </p><p>Charges aliments 35 815 11 917 6 125 Frais d'levage 15 478 15 752 13 522 </p><p>Charges cultures devente 14 991 5 581 3 085 </p><p>Charges fourragres 23 793 13 086 11 855 Charges mcanisation 31 191 16 570 15 951 </p><p>Autres charges destructure 23 633 16 711 18 701 </p><p>Entretienbtiments et foncier 1 938 3 959 4 914 </p><p>Charges lies l'outil deproduction 62 658 52 062 52 302 </p><p>Fermages 13 921 10 397 11 196 Impts &amp; taxes 2 095 2 251 1 860 </p><p>Amortissements 39 265 33 977 34 020 Frais Financiers 7 377 5 436 5 226 </p><p>Main d'uvre* 15 618 16 405 21 814 </p></li><li><p>On constate que les fermes herbagres ont :- des produits moins importants ;- des aides un peu plus leves, notamment par les aidescontractuelles du 2me pilier ;- des charges infrieures sur quasiment tous les postes, avecdes diffrences parfois trs marques, comme sur les chargesd'aliments, les charges des cultures et de mcanisation.</p><p>L'effet cumul des rsultats sur chaque ligne de charges pouraller de la valeur ajoute au rsultat courant, hormis pour lescharges lies la main d'uvre sur lesquelles nous reviendrons,explique alors les diffrences notables de rsultat courantentre AD et RICA.On retrouve aussi le fait que l'chantillon AD bio est unchantillon de fermes trs conomes qui ont pouss lesrductions de charges et dont les produits levs permettentde rmunrer plus de main d'uvre.</p><p>Avec le prix du lait conventionnel en baisse (par rapport 2014:-12 % en conventionnel), les diffrences de rsultats moyensentre les fermes RICA et les fermes herbagres s'accentuent.</p><p> 5</p><p>En effet, par rapport 2014, les fermes AD non bio ontcompens la baisse du prix du lait par une hausse du lait produit(+ 21 000 L en moyenne) tout en matrisant leurs charges. Lesfermes RICA quant elles voient leurs produits baisser enmoyenne de 20 000 . La baisse des prix rpercute sur un plusgros volume n'a pas t compense par l'augmentation de laproduction (+17 000 L en moyenne), ni par la matrise descharges.</p><p>De la Valeur Ajoute au Rsultat Social : de lacration de richesse pour rmunrer le travailDans une exploitation agricole, la Valeur Ajoute (VA) est ladiffrence entre le produit des activits (lait, viande, cultures)et les charges lies ces productions. En d'autres termes, letravail exploitant et salari ajoute de la valeur aux ressourcesnaturelles en tirant parti des processus biologiques et enmobilisant des intrants et services. Ces deux processus secombinent plus ou moins selon les systmes.</p><p>La valeur ajoute reprsente ainsi la richesse creindpendamment des conditions d'accs aux moyens deproduction (terre, capital, travail), ce qui en fait un indicateurpertinent pour comparer l'efficacit conomique du processusde production.</p><p>Cette richesse, ajoute aux aides et aux produits annexes, serpartit alors entre le travail avec une part de fonds propres(c'est le Rsultat Social*) et l'outil de production (fermages,impts fonciers, frais financiers et amortissement desquipements). Cette affectation renseigne alors sur le modlede production et ses consquences sur l'emploi.</p></li><li><p>Des exploitations viables et robustes pourlemploi agricoleAvec plus de valeur ajoute cre et prioritairement ddie la rmunration du travail, les fermes AD ont des rsultatsmoyens de viabilit plus importants que celles du RICA, quel'on passe par une approche conomique avec le Rsultat Socialet le Rsultat Courant, ou par une approche financire avec leRevenu Disponible* (RD).</p><p>Ces moyennes cachent dessituations conomiquestrs proccupantes : 28 %des fermes del'chantillon RICA ont unrsultat courant ngatif.</p><p>Les systmes herbagers font preuve d'une meilleure efficacitdans leur processus de production : pour 100 de produits, lesfermes AD non bio dgagent en moyenne 16 de valeur ajoutede plus que les fermes du RICA. L o les fermes herbagresaffectent la moiti des richesses la rmunration du travailvoire plus pour les herbagers bios, les fermes RICA n'yconsacrent qu'un tiers en moyenne.</p><p>Un nouveau SIG : le Rsultat SocialLa part de la richesse allant au travail et aux fonds propres, leRseau Civam a dcid d'en faire un nouvel indicateur : leRsultat Social (RS).Il mesure le rsultat permettant :- de rmunrer tout le travail, exploitant et salari, direct(rmunrations) et diffr (prestations sociales),- d'assurer la sant financire de l'exploitation (augmenter lapart des capitaux propres dans le passif et donc rduire sonendettement).</p><p>Il conditionne ainsi l'emploi et les possibilitsd'autofinancement de l'exploitation. L'attribution de la valeurajoute la main d'uvre nous semble une cl d'analyseprimordiale pour valoriser les comptences et les choix despaysans dans la dynamique actuelle d'agrandissement desstructures agricoles. 6</p><p>RICAADnonbio</p><p>AD nonbio %RICA</p><p>ADbio</p><p>AD bio% RICA</p><p>Efficacitconomique VA/PA 28% 44% +58 % 54% +94 %</p><p>Rmunration dutravail Rsultatsocial*/(VA+aides+Produit annexe)</p><p>33% 48% +48 % 58% +78 %</p><p>avec productionssecondaires RICA</p><p>AD nonbio</p><p>ADnon</p><p>bio %RICA</p><p>AD bioAD</p><p>bio %RICA</p><p>RsultatSocial/UTH 15 996 29 087 +82 % 40 920 +156 %</p><p>RsultatCourant/UTHF 8 621 20 598 +139 % 34 715 +303 %</p><p>RsultatDisponible/UTHF 6 974 21 123 +203 % 35 645 +411 %</p><p>Rpartition desdonnes autourde la mdiane</p><p>Max</p><p>Min</p><p>MdianeQ1</p><p>Q3</p><p>25%</p><p>25%</p><p>50%</p></li><li><p>Ces pertes vont donc entamer la situation financire de cesexploitations en diminuant leurs capitaux propres. Le prixmoyen du lait en 2016 tant infrieur de 40 /1000 L parrapport 2015, cela explique les difficults de nombreusesfermes laitires aujourd'hui.</p><p>Avec une production laitire importante et des charges lies la production importantes (par exemple 33 % du produit laitest "consomm" dans lalimentation contre 17 % en moyennepour l'chantillon AD), les fermes RICA sont beaucoup plussensibles aux variations du prix du lait.</p><p>Si les fermes RICA ont en moyenne des charges lies laproduction bien plus importantes que les fermes AD, elles ontaussi un poids du capital consquent qui se traduit par descharges d'quipement leves : pour 100 d'EBE dgag, 74 sont consomms par l'quipement (amortissements et chargesfinancires) dans les fermes RICA.</p><p>Cet indicateur d'rosion de l'EBE dans les charges lies l'outilde production montre bien que ce n'est pas l'investissementqui fait le revenu, c'est bien la richesse cre !</p><p> 7</p><p>Avec des investissements plus limits (-22 % d'annuitsd'emprunt en moyenne), les exploitations herbagres dgagentplus de rsultats que la moyenne RICA. La consquence directeest une meilleure autonomie financire : pour 100 d'EBEdgag, les fermes RICA consacrent en moyenne 23 de plusque les fermes AD non bio pour rembourser des emprunts, alorsque leur EBE est dj infrieur de 12 %. Les fermes AD ont doncplus de rsultat pour se rmunrer et faire face aux alas.</p><p>Des rsultats conomiquesqui permettent de mieuxrmunrer le travail etaugmenter la santfinancire de son outil deproduction, des rsultatsmoins sensibles auxvariations de prix, plus demarges de manuvrefinancires : les systmesherbagers prsentent unecertaine robustesse pour mieux affronter les crises.</p><p>avec productionssecondaires RICA</p><p>ADnonbio</p><p>AD nonbio %RICA</p><p>ADbio</p><p>AD bio% RICA</p><p>rosion de lEBEdans lquipementRC/EBE</p><p>26% 46% +76 % 59% +127 %</p><p>AutonomiefinancireAnnuits/EBE</p><p>78% 55% -29 % 40% -48 %</p><p>Sensibilit auxaides Aides/RS 89% 61% -32 % 43% -52 %</p></li><li><p>L ' i n d i c a t e u rd'efficacit ducapital (RsultatSocial / Capitald'exploitation)montre que lacapacit desfermes RICA dgager dursultat pourrmunrer letravail partirde leur capitalengag est plusfaible que pourles fermes AD.</p><p>Afin de comprendre ces diffrences de performances socio-conomiques entre les systmes de production AD et RICA, ilconvient d'analyser le fonctionnement de ces systmes traversleur assolement et quelques indicateurs technico-conomiques.</p><p>Si les fermes AD reoivent en moyenne plus d'aides par actif(+18 % en moyenne) que celles du RICA, nous avons vu que c'estsurtout d des aides contractuelles dans le cadre de MAEC(mesures agroenvironnementales et climatiques). Ces aidessont aussi le gage pour la collectivit dans son ensemble derductions substantielles de charges : dpollution des massesd'eaux, contamination de l'air, GES, antibiorsist...</p></li></ul>

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