Logement-durable Hqe -Menawatt Algerie Dz

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    18-Oct-2015

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  • Think Tank europen

    Pour la Solidarit

    Logement vert, logement durable ?Enjeux et perspectives

    Les Cahiers de la Solidarit n 26

  • Logement vert, logement durable ? Enjeux et perspectives

    Cline Brandeleer sous la direction de Denis Stokkink

  • Asbl Pour la Solidarit, mars 2011

    ISBN : 978-2-930530-13-0

    Dpt lgal : D/2011/11.262/2

  • Think Tank europen Pour la Solidarit

    Le Think Tank europen Pour la Solidarit (asbl) asso-

    ciation au service de la cohsion sociale et dun modle cono-mique europen solidaire tra-vaille la promotion de la soli-darit, des valeurs thiques et dmocratiques sous toutes leurs formes et nouer des alliances durables entre les reprsentants europens des cinq familles dac-teurs socio-conomiques.

    travers des projets concrets, il sagit de mettre en relation les chercheurs universitaires et les mouvements associatifs avec les pouvoirs publics, les entreprises et les acteurs sociaux afin de re-lever les nombreux dfis mer-gents et contribuer la construc-tion dune Europe solidaire et porteuse de cohsion sociale.

    Parmi ses activits actuelles, Pour la Solidarit initie et assure le suivi dune srie de projets europens et belges ; dveloppe des rseaux de comptences, suscite et assure la ralisation et la diffusion dtudes socio-conomiques ; cre des observa-toires ; organise des colloques, des sminaires et des rencontres thmatiques ; labore des re-commandations auprs des d-cideurs conomiques, sociaux et politiques.

    Pour la Solidarit organise ses activits autour de diffrents ples de recherche, dtudes et dactions : la citoyennet et la d-mocratie participative, le dve-loppement durable et territorial, la responsabilit socitale des entreprises et la diversit, et la cohsion sociale et conomique, notamment lconomie sociale.

    Rue Coenraets, 66 1060 BruxellesTl. : +32.2.535.06.88 Fax : +32.2.539.13.04

    info@pourlasolidarite.euwww.pourlasolidarite.eu

  • 5Les Cahiers de la Solidarit

    Collection dirige par Denis Stokkink

    Publications rcentes :

    Tiphaine Delhommeau, Agir pour une sant durable : Priorits et perspectives en Europe. Cahier de la Solidarit, 2010.

    La lutte contre la pauvret en Europe et en France, Cahier de la Solidarit, 2010.

    Concilier la vie au travail et hors travail, Cahier de la Solidarit hors-srie, 2010.

    Responsabilit socitale des en-treprises : la spcificit des soci-ts mutuelles dans un contexte europen, Srie Cohsion sociale et conomie sociale, n 23, 2010.

    Faut-il payer pour le non-mar-chand ? Analyse, enjeux et pers-pectives, Srie Cohsion sociale et conomie sociale, n 22, 2009.

    Mobilit durable. Enjeux et pra-tiques en Europe, Srie dvelop-

    pement durable et territorial, n 21, 2009.

    Tiphaine Delhommeau, Alimen-tation : circuits courts, circuits de proximit, Srie dveloppe-ment durable et territorial, n 20, 2009.

    Charlotte Creiser, Lconomie so-ciale, actrice de la lutte contre la prcarit nergtique, Srie d-veloppement durable et territo-rial, n 19, 2009.

    Europe et risques climatiques, participation de la Fondation MAIF la recherche dans ce do-maine, Srie dveloppement du-rable et territorial, n 18, 2009.

    Thomas Bouvier, Construire des villes europennes durables, tomes I et II, Srie dveloppe-ment durable et territorial, n 16 et 17, 2009.

  • 6Europe, nergie et conomie so-ciale, Srie dveloppement du-rable et territorial, n 15, 2008.

    Dcrochage scolaire, comprendre pour agir, Srie Cohsion sociale et conomie sociale, n 14, 2007.

    Sverine Karko, Femmes et Villes : que fait lEurope ? Bilan et pers-pectives, Srie Dveloppement durable territorial et politique de la ville, n 12 (n 13 en version nerlandaise), 2007.

    Sophie Heine, Modle social euro-pen, de lquilibre aux dsqui-libres, Srie Cohsion sociale et conomie sociale, n 11, 2007.

    La diversit dans tous ses tats, Srie Cohsion sociale et cono-mie sociale, n 10, 2007.

    Francesca Petrella et Julien Har-quel, Libralisation des services et du secteur associatif, Srie Cohsion sociale et conomie sociale, n 9, 2007.

    Retrouvez toutes nos publications sur www.pourlasolidarite.eu/-publications-

  • 7Table des matires

    Prface . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11

    Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .15

    Le logement durable : un concept dynamique port par linnovation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .17

    1. Le logement durable, quest-ce que cest ? . . . . . . . . . . . . . . .19

    2. Les enjeux dun logement plus durable . . . . . . . . . . . . . . . . .23

    3. Linnovation comme cl de russite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .25

    4. Quel rle pour les acteurs publics ? Perspectives nationales et europennes . . . . . . . . . . . . . . . . .27

    Economie et emploi : potentiel de croissance et mergence des Green jobs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .33

    Trois questions Denis Stokkink, Prsident du Think Tank Pour la Solidarit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .35

    1. Cration demplois et volution des mtiers de la construction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .37

    1. 1 Les green jobs : une opportunit saisir au croisement dune crise conomique et environnementale. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .37

  • 81.2 La ncessaire volution des mtiers de la construction .39

    1.3 Quel potentiel demplois et sous quelles conditions ? . .44

    1.4 La formation comme atout . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .47

    1.5 Les emplois verts, vecteur dinsertion ? . . . . . . . . . . . . .52

    2. Acteurs publics et privs : quelles stratgies dans le secteur vert ? . . . . . . . . . . . . . . . . .55

    2.1 Organisation des acteurs face au tournant vert du secteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . .56

    2.2 Un partenariat troit pour anticiper les besoins du secteur . . . . . . . . . . . . . . .59

    3. Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .63

    Lnergie au cur du logement durable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .87

    1. Energie : consommer moins et mieux.... . . . . . . . . . . . . . . . . .89

    1.1 La Performance Energtique des Btiments (PEB) . . . . . .89

    1.2 Vers des btiments conomes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .93

    2 ... mais aussi produire son nergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .99

    2.1 Le soleil . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .100

    2.2 La biomasse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .102

    2.3 La gothermie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .104

    3. Les matriaux en question . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .107

    3.1 A la recherche de lnergie grise . . . . . . . . . . . . . . . . . .108

    3.2 Pour des matriaux plus cologiques . . . . . . . . . . . . . .110

    3.3 Une vision densemble : le mot dordre en matire de construction durable . . . . . . . . . . . . . . .113

    4. Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .115

  • 9Remettre le logement dans son contexte socital et urbain . . . . .133

    Trois questions Eric ROSSIAUD, prsident de la CODHA . . .135

    1. Des conomies dnergie mais pas nimporte quel prix . .139

    1.1 De la prcarit nergtique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .139

    1.2 Changer ses habitudes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .147

    2. Des co-quartiers aux habitats groups : une autre faon de se loger . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .151

    2.1 Les co-quartiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .152

    2.2 Habitat group et habitat solidaire . . . . . . . . . . . . . . . .156

    2.3 Indpendance et adaptabilit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .159

    3. Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .163

    En Pratique : comment financer son projet ? . . . . . . . . . . . . . . . . .189

    1. Mcanisme du tiers investisseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .191

    2. Prts verts publics . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .195

    3. Les solutions bancaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .197

    4. Fonds publics vertement sociaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .199

    5. Primes et autres subsides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .201

    Glossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .205

  • 11

    Prface

    La seconde moiti du XXe sicle a offert aux pays conomie indus-trialise la fois croissance conomique et prosprit. Le monde a connu un dveloppement dabord linaire, et puis, grce aux pro-grs techniques, croissance dmultiplie. Plus ne pouvait dbou-cher que sur mieux. Grce leur insertion dans lconomie mondiale, de nouvelles nations ont russi sortir une grande partie de leur population de la prcarit et sont devenues le nouveau moteur de la croissance.

    Tant la globalisation que lvolution dmographique ont pouss la plante aux limites de ses ressources et de ses capacits. On prend conscience aujourdhui cest luvre de la dcennie coule quil ny aura de dveloppement durable que si lon concilie notre qute de prosprit matrielle avec les limites de la biosphre. Cette don-ne nouvelle change du tout au tout nos critres de valeur et nos repres. Non plus seulement du progrs conomique mais aussi de notre rapport lenvironnement dpendra le progrs social.

    Cet effort de conscientisation nen est cependant qu ses dbuts. Il reste encore accomplir une tche considrable de sensibilisation de lensemble des acteurs de nos socits pour inverser le cours des choses et faire comprendre que le bien-tre futur passe par un chan-gement des comportements aujourdhui.

    Loin daffaiblir ou de freiner notre capacit crer de la richesse co-nomique, le dfi cologique pourra se rvler une formidable oppor-tunit pour les entreprises et le monde du travail. Les entreprises qui demain seront leaders dans leur secteur dactivits seront celles

  • 12

    Prface

    qui feront leffort danticiper ces contraintes et y verront un terrain dinnovation et de diffrenciation. Ces nouveaux dbouchs notre porte sont eux-mmes annonciateurs de nouveaux et importants gisements demplois.

    Sil est un domaine qui prsente dnormes potentialits pour notre pays, cest celui de lefficacit nergtique. Une tude a montr que lefficacit nergtique en Belgique est actuellement lune des plus faibles dEurope1.

    La consommation totale dnergie primaire est principalement le fait de trois secteurs : les btiments, le transport routier et lindustrie. Cest clairement le secteur des btiments qui prsente le potentiel dconomies dnergie le plus important. Ceci est tout particulire-ment vrai pour notre pays en raison du retard quaccuse lefficacit nergtique des btiments rsidentiels belges par rapport au reste de lEurope. La consommation nergtique rsidentielle moyenne en Belgique (348 kwh par m par an) est suprieure de plus de 70% celle enregistre dans lEurope des 25 (203 kwh). Plusieurs facteurs expliquent cet tat de fait comme la part plus leve de lhabitat indi-viduel par rapport lhabitat group, mais aussi lge lev du parc de logements. Cest dire le vritable dfi qui est pos aux construc-teurs dans notre pays.

    La performance nergtique des btiments est rgie par des rgles europennes quil appartient aux Etats membres de transposer dans leur droit national. Une rcente directive a fortement accentu les exigences nergtiques lhorizon 2020. A cette date, les nouveaux btiments devront pour ainsi dire tre neutres du point de vue ner-gtique. En outre, le seuil dapplication des critres de performance nergtique pour les rnovations a t substantiellement rabaiss. Cest de la rnovation du parc bti existant que proviendra lessentiel des gains de consommation dnergie escompts.

    Si lon retient comme instrument de mesure le niveau E, cest--dire la consommation dnergie annuelle dune habitation, les nouvelles exigences de performance nergtique impliquent que venant de E80, lon atteigne en 2020 de E10 E5 ! Pour passer de E100 E80, il a

    1. Vers une efficacit nergtique de niveau mondial en Belgique, Mc Kinsey & Company en collaboration avec la FEB, 2009.

  • 13

    Prface

    suffi dapporter aux modes constructifs existants une srie damlio-rations. Pour atteindre E60, il simposera dappliquer des techniques nouvelles peu implmentes ce jour. Sous E60, il sagira de repen-ser en profondeur la conception dun btiment. Tout cela dans un dlai extrmement court.

    Cest donc bien une rvolution qui sannonce pour les profession-nels de lart de construire, les producteurs de matriaux, les pres-cripteurs que sont les architectes et bureaux dtudes et bien sr les entrepreneurs, appuys par leurs centres de recherche.

    Une cl de la russite sera laccessibilit financire ces nouveaux modes constructifs, dont le cot natteindra des proportions raison-nables pour le matre de louvrage qu compter de leur diffusion large sur le march.

    Une autre cl essentielle sera le degr de prparation des mtiers de la construction aux nouvelles exigences la fois nergtiques et en-vironnementales. Les objectifs ne pourront tre atteints que moyen-nant une intense collaboration entre le secteur et les coles ainsi que les oprateurs de formation continue. Plus qu de nouveaux profils de formation, cest une ractualisation des profils existants que le secteur se prpare pour intgrer les nouvelles exigences.

    La construction est confronte un taux important demplois vacants. En raison de linsuffisance du niveau de formation mais aussi sans doute par dfiance pour des mtiers perus comme lourds et astrei-gnants. Lvolution des mtiers afin de tendre vers une construction rconcilie avec lenvironnement offre notre secteur de formidables dbouchs, mais aussi laidera reconqurir une place perdue dans le cur de trop nombreux postulants un emploi. Il sagit de faire en sorte quils nous disent : Ce nouveau mtier, cest le mien ! .

    Lensemble des enjeux que prsente la construction durable a t magistralement expos par les auteurs et initiateurs du cahier qui est entre vos mains et quils mont fait lhonneur de prfacer.

    En dcidant la publication de ce cahier, ils ont doublement fait uvre utile. Il aidera parmi dautres initiatives sensibiliser les diffrents acteurs lurgence quil y a intgrer les nouvelles exigences envi-ronnementales dans chaque nouveau projet de construction ou de

  • 14

    Prface

    rnovation. Il contribuera galement parfaire linformation des candidats-btisseurs, car une chose est de se laisser convaincre, une autre est de pouvoir accder une information pertinente, complte, actualise et clairement rdige.

    Robert de MUELENAERE

    Administrateur dlguConfdration Construction

  • 15

    Introduction

    Le verdissement du logement : un potentiel de dveloppement pour tous

    Par Denis Stokkink, Prsident de Pour la Solidarit

    Le logement touche le dveloppement durable dans ses trois di-mensions: conomique, sociale, environnementale, mais implique galement une dimension transversale de la durabilit, celle de la citoyennet. Cest pourquoi le logement prend progressivement sa place dans lagenda europen et est prsent comme vecteur dinclu-sion sociale, de renouvellement urbain, dopportunit conomique et comme outil de lutte contre les changements climatiques.

    Au-del des sphres techniques europennes, les politiques du lo-gement concernent le quotidien de tout un chacun: sa maison, son foyer. Lhabitat est aussi crateur demplois, de valeur ajoute, deffi-cience nergtique et porteur de solidarit. Cest pourquoi nous nous y intressons de prs.

    Les dimensions durables du logement sont gnralement penses de faon segmente. Lhabitat est rgulirement prsent comme un lment technique de la dfense de lenvironnement, mais sa dura-bilit est aussi un rempart important contre lexclusion sociale. Cela implique de capter les innovations manant des acteurs de terrain, qui apportent souvent une vision spcifique du dveloppement ur-bain, tant sous une vision classique de lhabitat que sous une vision alternative, avec des modles tels que lhabitat group ou les co-quartiers.

  • 16

    Introduction

    Lamlioration de lefficience nergtique du logement et lintgration des trois dimensions du logement durable dans les politiques ur-baines peuvent influencer, voire renforcer, la croissance conomique et la cohsion sociale. Linvention de nouveaux modles dhabitation peut crer de nouvelles solidarits. Sortir dune vision strictement environnementale du logement durable, cest lintgrer dans la pro-blmatique des villes et ses ralits socio-conomiques.

    Le logement durable se distingue du systme traditionnel des poli-tiques publiques puisquil exige une participation et une implication active des citoyens. Il demande aussi de linventivit dans les pra-tiques. Il ncessite un partenariat troit entre les pouvoirs publics et le secteur de la construction, tant au niveau local que national ou europen. Ce partenariat simpose si lon veut amliorer le diagnos-tic et lanticipation des besoins du secteur, et maximiser le poten-tiel demplois issus du verdissement de la filire. Nous ne pouvons que nous rjouir des initiatives publiques actuelles, tant en France quen Belgique, notamment en ce qui concerne les efforts pour adap-ter la main-duvre dun secteur en transition. Mais une impulsion politique vigoureuse de la part des Etats, des rgions et de lUnion europenne sera encore indispensable pour rpondre aux dfis de la mutation verte du logement et sassurer quelle profite tous.

  • 17

    Le logement durable : un concept dynamique port par linnovation

  • 19

    Le logement durable : un concept dynamique port par linnovation

    1. Le logement durable, quest-ce que cest ?

    Le logement durable, cela nous concerne tous, et dans plus daspects de notre vie que lon pense. Brandi comme outil de lutte contre les changements climatiques par les uns, piste vers une sortie russie de la crise conomique pour les autres, le logement ne fait-il pas gale-ment partie dun contexte socital et urbain spcifique ?

    Alors, le logement durable, quest-ce que cest ?

    Concept large et englobant, au croisement des dimensions cono-mique, sociale et environnementale (voir schma ci-aprs), le loge-ment durable sancre pourtant dans une ralit trs concrte : nos foyers. Puisque nous habitons peu prs tous quelque part, chacun dentre nous peut en faire une exprience quotidienne.

    Le logement a un impact environnemental (consommation dnergie et deau), un impact conomique (le secteur du bti-ment est un gros pourvoyeur demplois et le logement reprsente une part importante du budget familial) et un impact social (un logement inadquat risque daffecter la vie de ses occupants et, plus grande chelle, les relations quotidiennes dans les quartiers).

    Dimitri Verdonk, cit dans LEFEVRE Gabrielle, WAJNBLUM Admon, Logement

    durable : trois dimensions fondamentales , Le soir, jeudi 09 mars 2006, [http://

    bit.ly/gF347v]

    Souvent rduit sa dimension environnementale (co-construction), le logement durable sappuie pourtant sur deux autres piliers social et conomique tout aussi importants. Un logement sera vritable-ment durable, si lon arrive dpasser cette vision classique et adopter une approche intgre et englobante permettant dem-brasser pleinement toute la problmatique de la durabilit.

  • 20

    Le logement durable : un concept dynamique port par linnovation

    Ainsi, un logement sera viable (aspects sociaux et environnemen-taux) si sa conception met laccent sur la qualit des matriaux de construction utiliss et leur mise en uvre et sur ladaptabilit deux niveaux : adaptabilit la succession doccupants et lvolu-tion des besoins dun mme occupant.

    Un logement sera quitable (aspects socio-conomiques) sil garan-tit laccessibilit en fonction de la capacit financire relle de loccu-pant, prend en compte les cots indirects (par exemple les dpenses de dplacement lies la localisation) et les impacts de lhabitat sur la sant physique et mentale de ses occupants. Mais galement sil est respectueux de la main-duvre mobilise lors de sa cration. Ainsi, un logement quitable participe la lutte contre le travail au noir et participe la cration demplois dcents pour tous.

    Enfin, un logement sera co-efficient (aspects cologiques et co-nomiques) sil permet une utilisation rationnelle et conomique des ressources nergtiques, utilise des matriaux sobres et cologiques et sil se montre parcimonieux dans sa dimension spatiale (ressource non renouvelable).

    Economie

    Viable

    Societ Environnement

    Eco-efficient

    LOGEMENTDURABLE

    Equitable

  • 21

    Le logement durable : un concept dynamique port par linnovation

    Il convient ds lors de complter la vision cologique du logement par une approche socio-conomique qui tient compte du bien-tre et des moyens financiers des occupants. En effet, le lien troit entre logement et qualit de vie est indniable : lhabitation constitue un pilier de lexistence des citoyens. Il apparat donc essentiel que les politiques du logement couvrent, dune part, les aspects socio-co-nomiques tels que laccessibilit financire du logement, la rha-bilitation des quartiers en difficult et, dautre part, les aspects dits cologiques ou co-efficients savoir lutilisation rationnelle et parcimonieuse des ressources naturelles non renouvelables, tant lors de la construction que de lutilisation du logement.

    Autres domaines pour lesquels il est indispensable dadopter une approche intgre : la sensibilisation et lducation. En effet, la par-ticipation citoyenne est un lment essentiel dun quartier durable et du succs dune politique durable en matire de logement. En termes de construction et de rnovation durable, le plus grand dfi consiste changer les mentalits. Il nest pas vident, mais pourtant nces-saire, de bouleverser les habitudes et mthodes utilises jusqu pr-sent. Cette transformation nest facile ni pour les particuliers ni pour les entreprises ni pour les pouvoirs publics. Ces derniers constituent la cl de vote du logement par leur rle dans les rglementations environnementales et lamnagement du territoire.

    Un logement durable est donc un logement respectueux de son envi-ronnement, qui prend en compte les normes en matire dcologie et de durabilit. Mais il ncessite galement dimpliquer lhabitant dans la gestion du logement ou de lespace public comme lillustre lexemple des co-quartiers. Lessentiel est dadopter une vision densemble , ces trois dimensions tant fortement lies les unes aux autres. Comme le rsume larchitecte Philippe Madec, toute conception durable requiert dadmettre le monde dans son irrductible complexit 2.

    2. MADEC Philippe, lusage du monde , in FAREL Alain (ed.), Btir thique et responsable, Paris, Le Moniteur Editions, Coll. Questions darchitecture, 2007.

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    Le logement durable : un concept dynamique port par linnovation

    2. Les enjeux dun logement plus durable

    Les ministres du logement en runion informelle Tolde en juin 2010 ont adopt une dclaration3 prsentant le logement durable comme un instrument incontournable de la stratgie EU 2020 pour une croissance intelligente, durable et inclusive. Le logement peut effectivement jouer un rle important dans la lutte contre les changements climatiques, linclusion sociale et la rgnration urbaine . Quen est-il concrtement ?

    Le logement durable prsente un potentiel conomique consid-rable. Lco-construction constitue un vivier demplois important, offre des niches pour de nouvelles PME et est le point de dpart dune volution de certains mtiers vers des green jobs . Pour certains, le logement durable serait ds lors un outil de rgnra-tion conomique pour des villes en dclin ou un moyen de mettre lemploi toute une catgorie de personnes.

    Au niveau environnemental, le logement est responsable de prs de 40% des missions de gaz effet de serre et, lorsque lon sait que le chauffage reprsente lui seul prs de 40% de la facture nergtique des mnages, lon comprend que la durabilit envi-ronnementale du logement constitue un enjeu majeur dans les ob-jectifs ambitieux que lUnion Europenne sest fixe en la matire. Cependant, le verdissement du logement ne peut passer que par un verdissement des villes de manire globale. En effet, sil est indispensable de pallier les lacunes en matire defficacit nerg-tique des btiments, lon aurait tort de sen contenter. Le verdis-sement des villes passe galement par une mobilit durable, une limitation de la priurbanisation, une amlioration de la gestion des dchets et de leau et un recours quasi systmatique aux ner-gies renouvelables.4

    3. Toledo informal ministerial meeting on urban development declaration , Tolde 22 juin 2010, [http://bit.ly/icYwIU] 4. Pour plus dinformation sur le dveloppement urbain durable, consultez notre

  • 24

    Le logement durable : un concept dynamique port par linnovation

    Dun point de vue social, une vue densemble est ncessaire. On ne peut considrer le logement isol de son quartier ou de son contexte urbain. Les villes concentrent 80% de la population europenne et possdent des dynamiques propres, affectant directement le tissu social dont les dfis en termes de prcarit, de mixit ou de cohsion sociale sont loin dtre ngligeables. Ds lors, les politiques de rnovation urbaine doivent imprativement intgrer les dimensions sociales car les amnagements techniques seuls ne suffisent pas rsoudre les problmes de consommation nergtique, daccessibilit ou dinclusion sociale.

    Cahier de la Solidarit n16 Construire des villes europennes durables ,2009.

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    Le logement durable : un concept dynamique port par linnovation

    3. Linnovation comme cl de russite

    Le logement durable est un concept dynamique, pour lequel on a longtemps fait la part belle la dimension environnementale et donc linnovation technologique. Pourtant, comme nous lavons vu, les dimensions sociales et conomiques ont tout autant dimportance. L aussi linnovation joue un rle moteur. En dautres termes, les modalits du logement durable sont multiples et ses domaines din-novation le sont galement.

    Larticulation entre ces diffrentes composantes requiert de linventi-vit puisquil sagit dimaginer de nouvelles politiques, de nouveaux dispositifs sociaux ou stimulations conomiques. Des politiques plus participatives permettent, par exemple, de garantir un change-ment de comportement des habitants, mais demandent galement une prise en compte de leurs conditions sociales. Des formations aux green jobs vont dvelopper de nouvelles niches et des PME, mais peuvent galement tre adaptes la mise lemploi de catgories spcifiques, notamment via lconomie sociale. Linnovation nest donc pas que technologique, mais galement conomique, sociale et politique. De plus, une approche globale et intgre per-met souvent dviter les recoupements ou les effets pervers dune dimension sur une autre (par exemple, sachant quune maison est bien isole, les habitants auront tendance chauffer plus. Labsence de sensibilisation annule ainsi toute la plus-value nergtique).

    Faire du logement durable signifie donc intgrer ses diffrentes com-posantes de manire plus ou moins originale selon les projets. Cette intgration rend certains acteurs plus interdpendants, entranant une mutation dlicate de la sphre de la construction.

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    Le logement durable : un concept dynamique port par linnovation

    Au-del des projets de btiments durables, cest la ville durable quil faut inventer. Dans la logique de linterdpendance, on ne peut imaginer les constructions durables comme des lots perdus dans leur environnement urbain. Cest une nouvelle vision de la ville quil faut crer, une ville qui rconcilie environnement co-nomique et cologique, soucieuse de la solidarit et de la mixit sociale, respectueuse de la qualit de vie de ses habitants, le tout avec une approche participative de la dmocratie : une ville plus humaine.

    CAO My-Lan, Les vrais enjeux dun projet de construction durable, Paris lHar-

    mattan, 2009, p.79.

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    Le logement durable : un concept dynamique port par linnovation

    4. Quel rle pour les acteurs publics ? Perspectives nationales et europennes

    LUnion europenne nest pas directement comptente en ma-tire de logement, mais il existe des liens complexes avec de nom-breux sujets de politiques communautaires comme les normes de construction et dconomie dnergie, les rgles de concurrence, les politiques de protection des consommateurs, la fiscalit et notam-ment, les rgles de TVA, les politiques financires, linclusion sociale, les droits conomiques et sociaux, les statistiques, les fonds structu-rels et le soutien la recherche et au dveloppement technologique.5

    Par ailleurs, le logement se trouve au croisement de plusieurs pro-blmatiques rcemment mises lagenda europen : les probl-matiques climatiques et environnementales, la ncessaire rha-bilitation urbaine pour entamer la transition nergtique, mais aussi la mise en avant des politiques de cohsion sociale et ter-ritoriale. Dans chacune de ces thmatiques, le logement apparat comme un levier daction indispensable, dans la ligne de la stra-tgie EU2020 pour une croissance intelligente, durable et inclusive.

    Trois aspects des politiques du logement nationales et rgionales sont dsormais particulirement influencs par le niveau europen6 :

    Les exigences en matire de qualit nergtique du logement ont fait faire un bond au travers de la directive PEB relative la per-formance nergtique des btiments, aujourdhui intgre dans les rglementations rgionales (et rcemment rvise - voir plus loin). La russite de la transition nergtique passe indubitablement par une bonne gestion de la dimension urbaine, surtout lorsque lon

    5. Bndicte Heindrichs, Linfluence de lUnion europenne dans les politiques de logement , Etopia, 2009.6. Bndicte Heindrichs, Linfluence de lUnion europenne dans les politiques de logement , Etopia, 2009.

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    Le logement durable : un concept dynamique port par linnovation

    sait que les villes concentrent 80% de la population europenne. Le rle de la rnovation nergtique du logement est dans ce cadre largement reconnu par la Commission europenne, qui souhaite par l parvenir des villes prorpes, sobres en nergie et intelli-gentes (Smart Cities). Mais cet enjeu nergtique du logement est double. Il touche la fois la ncessaire transition de nos modes de vie accusant une trop grande dpendance aux nergies fossiles mais galement lurgence des conditions climatiques. Ainsi, la nou-velle stratgie Energy 2020 de la Commission souligne que lun des secteurs prsentant le plus grand potentiel en termes de gains defficacit raliser pour atteindre lobjectif de 20% dconomie dnergie est le logement.7

    Plusieurs programmes europens concernent indirectement la production de logements permettant ainsi aux collectivits locales daccder des moyens financiers pour initier des projets. Les fonds structurels (Fonds Social Europen et Fonds Europen de Dveloppement Rgional) servent assurer non seulement la cohsion interterritoriale, afin de rduire les carts de dveloppe-ment entre les territoires de lUnion, mais aussi la cohsion intra-territoriale. Le FSE finance ainsi des projets pour rduire les carts de prosprit au sein mme des villes. Le FEDER peut tre sollicit dans certains cas pour des projets damlioration nergtique de logements sociaux. De plus, en lien avec ces fonds, des initiatives communautaires telles quURBAN II ou Urbact, en faveur de la rg-nration conomique et sociale de villes, participent dun change de bonnes pratiques, de cration de rseaux entre les villes euro-pennes et dapprentissage mutuel. Ces initiatives tentent notam-ment de renforcer les capacits daction des collectivits locales, souvent considres comme lun des moteurs du dveloppement durable en Europe.8

    Le logement comme outil de cohsion sociale est valoris tra-vers plusieurs textes europens. Le logement joue un rle impor-tant dans la mixit, la lutte contre lexclusion et la pauvret mais

    7. Communication de la Commission europenne nergie 2020 Stratgie pour une nergie comptitive, durable et sre, COM (2010) 639 final du 10 novembre 2010.8. Pour plus dinformation, consultez le Cahier de la Solidarit n16 ; Construire des villes europennes durables, mars 2009.

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    Le logement durable : un concept dynamique port par linnovation

    aussi dans le dveloppement conomique dune ville ou dune r-gion. A ces proccupations vient encore sajouter la problmatique de la prcarit nergtique (voir chapitre 3), renforant le triangle logement-climat-cohsion sociale au niveau europen.

    On le voit, lUnion europenne a la capacit dinfluencer substantiellement les politiques de logement, mais le niveau national nest pas en reste. Bien au contraire. Si le logement est reconnu comme un droit fondamental dans la plupart des Etats membres, la gestion des politiques de logement varie fortement dun pays lautre. La France, par exemple, contrairement ses principaux voisins europens, semble sengager dans la voie de la dconcentration des pouvoirs de lEtat central au niveau rgional et non pas vers une articulation des comptences Etat-Rgions.9

    En Belgique, par contre, ce sont les Rgions qui dtiennent les comptences en matire de logement. En effet, la Belgique se distingue des autres pays europens, en tant que seul tat membre de lUnion europenne ayant rgionalis intgralement la comptence en la matire. Cela signifie que la dfinition des objectifs et les dcisions sont formules exclusivement au niveau des trois rgions, flamande, wallonne et bruxelloise. Au niveau fdral subsistent seulement comme comptences, la fiscalit immobilire et la rglementation du march locatif priv, elles-mmes en voie de rgionalisation. Sil nexiste aucun cadre national dintervention au niveau du logement traditionnel, le logement durable, au carrefour de plusieurs domaines, est concern par les politiques de lEtat fdral en matire de climat, denvironnement et dnergie.

    Les rgions belges navancent pas toujours la mme vitesse en matire de logement durable, ni dans la mme direction, mme si le combat contre le gaspillage dnergie et ses consquences envi-ronnementales reste une proccupation commune. Il semble cepen-dant que la Rgion wallonne et la Rgion bruxelloise parviennent combler leur retard, en reprenant certaines recettes flamandes, mais galement en dployant leur propre vision, plus participative

    9. Laurent Ghkiere, Politiques du logement en Europe. Un processus de d-centralisation largement engag , in La dcentralisation en France et en Europe, dossier Datar Territoires 2020 , n8, La Documentation Franaise, 2 trimestre 2003. Document disponible sur [http://bit.ly/gLKVBG]

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    Le logement durable : un concept dynamique port par linnovation

    Bruxelles-Capitale, plus sociale en Wallonie. Les grands plans dac-tions en relation avec le logement seront dvelopps tout au long de cet ouvrage mais retenons dj le Plan Marshal2.vert de la Rgion wallonne qui prvoit un redploiement des activits vers le dvelop-pement durable, dont le cinquime axe tente de lier emplois et en-vironnement au travers de lamlioration de lefficacit nergtique des btiments. Du ct de la Rgion bruxelloise, lAlliance Emplois-Environnement poursuit les mmes objectifs. Par ailleurs, le Plan Rgional de Dveloppement Durable entend faire de Bruxelles une ville durable et amliorer lenvironnement gnral en ville en faisant la part belle au logement durable, tant dans ses dimensions conomiques, sociales quenvironnementales.

    En France, le contexte institutionnel est bien diffrent. Le rle de lEtat est trs centralis en matire de logement mais est de plus en plus partag avec les collectivits locales et sinscrit dans une mutua-lisation croissante des ressources.10 La question de la rpartition des comptences et des responsabilits dans le domaine du logement est dune grande complexit. Les frontires des comptences de chacun sont floues et les responsabilits dilues. Malgr une cer-taine tentative de dcentralisation, lEtat garde un rle de program-mation et dvaluation, laissant la responsabilit de lexcution et de la gestion des fonds aux collectivits locales.11 Cependant, le rle de ces dernires nest pas ngliger pour autant. Certaines agglomrations ont commenc prendre en compte les enjeux du dveloppement durable dans leur politique de lhabitat, au travers de leurs documents rglementaires comme les plans locaux durba-nisme (PLU), les programmes locaux de lhabitat (PLH), les schmas de cohrence territoriale (Scot), ou les permis de construire dli-vrs par les administrations communales. Les collectivits locales peuvent donc avoir des pouvoirs importants en matire de loge-ment et durbanisme.12 Au niveau nationale, la force motrice du d-veloppement durable est le Grenelle de lEnvironnement, dont

    10. Thierry Bert et Sabine Baietto Beysson Rapport sur les dispositifs de contrle des acteurs du logement social Inspection Gnrale des Finances et Conseil Gnral de lEnvironnement du dveloppement durable, octobre 2010.11. Samuel JABLON, Dcentralisation et territorialisation des politiques du logement , AITEC (Association internationale de techniciens, experts et cher-cheurs), septembre 200712. Pascal Canfin, Logement, urbanisme: laction des collectivits locales , Alternatives conomiques, Dossier Web n 017 - octobre 2008

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    Le logement durable : un concept dynamique port par linnovation

    le plan btiment a pour mission de mettre en uvre le programme du Grenelle dans la filire btiment et datteindre les objectifs ambi-tieux de rduction de la consommation nergtique.

    Quel que soit leur niveau, les acteurs publics jouent un rle majeur dans lvolution du logement vers un logement durable. Ce rle se dcline de trois manires:

    Obliger : cest du niveau europen qua t initi le changement, avec la directive portant sur lefficacit nergtique des btiments rsidentiels et non rsidentiels (PEB voir chapitre 2). Les Etats membres ont d transposer intgralement la directive dans leur lgislation nationale. Cette directive sinscrit dans la mme logique de rduction plus drastique de la consommation nergtique en Europe. Les mesures quelle impose consistent en la mise en place dun certificat de performance nergtique pour la construction, la vente ou la location dun btiment, permettant ainsi aux parti-culiers de connatre la consommation laquelle ils doivent sat-tendre. Elle impose galement une mthode de calcul pour mesu-rer la performance nergtique des btiments accompagne de normes minimales de performance nergtique, au sein de chaque Etat membre.

    Inciter : actuellement, en attendant la mise niveau de tous les btiments, vise sur le long terme par la directive, de nombreux incitants, primes et aides existent au niveau des Rgions et des localits, ayant pour but dencourager la rnovation et la construc-tion durable, ou moindre chelle les installations permettant des conomies dnergie. Le problme tant souvent linvestissement initial mais galement le manque dinformation ou de sensibilisa-tion, les Rgions tentent dlargir leur panel de solutions destina-tion de tous les mnages.

    Eduquer : dfaut de pouvoir habiter immdiatement dans un logement basse nergie, plusieurs bonnes pratiques peuvent tre mises en uvre par les mnages, afin de raliser un certain nombre dconomies dnergie.

    Lenjeu majeur en termes de logement durable consiste faire vo-luer les mentalits, tant des particuliers que des constructeurs. Cest cette dimension que nous souhaitons privilgier dans ce cahier. Il ne

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    Le logement durable : un concept dynamique port par linnovation

    sagit pas de dterminer qui a tort ou raison, mais dinsister sur la plus-value de cette interdpendance et de donner des pistes dinno-vation aux acteurs de terrain, notamment par la dcouverte de pro-jets pilotes, de pratiques innovantes et de nouveauts durables.

    Nous avons choisi de structurer cet ouvrage selon les trois dimen-sions principales du logement durable et de leurs enjeux respectifs, tout en les mettant en relations les unes avec les autres. Le premier chapitre est ddi aux aspects conomiques du logement par lex-pos de son potentiel en termes demploi et de cration de green jobs . Nous consacrons le deuxime chapitre aux aspects environ-nementaux, et principalement lnergie. Dans le troisime chapitre, nous replaons le logement dans une optique socio-urbaine, avec les conceptions nouvelles de la ville et les habitations alternatives. Enfin, nous tenterons dexposer quelques pistes pratiques qui vous permettront de financer votre projet.

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    Economie et emploi : potentiel de croissance et mergence des Green jobs

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Trois questions Denis Stokkink, Prsident du Think Tank Pour la Solidarit

    Quest-ce quun emploi vert ?

    Plusieurs dfinitions coexistent mais retenons simplement que ce ne sont pas uniquement les emplois crs dans le sec-teur des nergies renouvelables ou de lagriculture bio, loin sen faut. Les emplois verts, cest lensemble des emplois qui toutes activits et tous secteurs confondus naissent de la prise en compte de la dimension environnementale dans chaque rouage de notre conomie, chaque tape de notre systme de production et de consommation.

    Le Bureau fdral du Plan rvle que la Belgique ne compte actuellement que 77 000 emplois verts, soit seulement 2% de lemploi total. Lintrt grandissant des pouvoirs publics belges et europens pour ce type demploi pourrait toutefois changer la donne. Cest en tout cas le sentiment qui prvalait au sortir de la Confrence organise sur le sujet dans le cadre de la prsidence belge de lUnion europenne, pour saisir la balle au bond et permettre lUnion europenne de se montrer la hauteur de lenjeu.

    Quel est lintrt des emplois verts pour lconomie ac-tuelle ?

    Lenjeu est immense, car les emplois verts dpassent la simple niche bio pour concerner lensemble des activits de lcono-mie classique, mais aussi les secteurs de lconomie sociale et de linsertion. Car les emplois verts ce sont aussi de relles opportunits en termes de cohsion sociale et dinsertion sur le march du travail pour celles et ceux qui en sont exclus, comme certaines personnes souffrant dun handicap ou les chmeurs de longue dure par exemple. Enfin, soulignons que

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    Economie et emploi : les Green jobs

    les emplois verts restent aujourdhui majoritairement rservs aux hommes ce qui justifie de les considrer le plus rapide-ment possible sous langle du genre.

    Pourquoi les emplois verts occupent-ils de plus en plus souvent le devant de la scne politique ?

    Trs certainement parce que dans le contexte de crise colo-gique et conomique que nous connaissons, ils reprsentent un espoir rel de concilier la protection de lenvironnement et la lutte contre le chmage, deux enjeux combien majeurs de ce dbut de sicle. Avec les emplois verts, exit le capitalisme polluant hrit de la rvolution industrielle, au profit dune conomie verte, responsable et durable.

    Source : daprs linterview parue dans La Libre Entreprise, le 09 octobre 2010.

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    Economie et emploi : les Green jobs

    1. Cration demplois et volution des mtiers de la construction

    1. 1 Les green jobs : une opportunit saisir au croisement dune crise conomique et environnementale.

    Les dcideurs politiques ont choisi de combattre la rcente crise conomique et financire sur les fronts de la croissance et de lemploi, avec les difficults que lon sait. Cet objectif de croissance et demploi concide bien avec la crise cologique, souvent dcrite de manire lgitime, la fois comme une menace climatique et comme une opportunit de crer des emplois nouveaux, dits verts car respectueux de lenvironnement.

    Ds lors, une rponse pertinente aux dfis du rchauffement climatique, consistant en un redploiement de nos conomies dans une direction soutenable , pourrait tre lun des remdes la crise conomique actuelle. La cration future de centaines de milliers d emplois verts a t annonce dans de nombreux Etats membres : cet engagement transcende les pays et les partis et nul gouvernement ne peut aujourdhui le ngliger au cours de son action. LUnion europenne elle-mme a un rle important jouer en la matire.

    En ce qui concerne le domaine du logement, nous savons quil concentre 40% de la consommation totale dnergie et dmission de gaz effet de serre (nous dvelopperons cet aspect essentiel du logement dans le chapitre suivant). Mais le secteur de la construction et de la rnovation de btiment est galement celui qui offre le plus fort potentiel technique et conomique de rduction des missions, et

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    Economie et emploi : les Green jobs

    o le potentiel de cration demplois est le plus important. Ces emplois sont gnralement exercs par des personnes travaillant dj dans le secteur du btiment, mais sont redfinis par la rvolution verte et les exigences defficacit nergtique.13

    Ainsi, les mesures et les investissements dans la promotion de lefficacit nergtique des btiments auraient des effets positifs sur lemploi et lconomie, et en particulier dans le secteur du btiment, large filire professionnelle aux caractristiques et mtiers si particuliers. Mais dans quelles mesures exactement ?

    Il semble important de faire un tat des lieux des perspectives et volutions du secteur face lobligation de verdissement de ses activits et danticiper les changements afin de prparer cette filire la mutation qui sengage vers un dveloppement durable, aussi bien environnemental, conomique que social. Ce verdissement concerne, en effet, toute lconomie et si, dans le secteur de la construction, certains emplois sont appels tre crs, il sagit principalement de la transformation verte demplois existants. Cette transformation est dautant plus un dfi dimportance quelle concerne absolument tous les mtiers en relation avec le logement durable.

    13. Programme des Nations Unies pour lenvironnement, Emplois verts : Pour un travail dcent dans un monde durable, faibles missions de carbone Messages politiques et principales conclusions lintention des dcideurs septembre 2008.

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    Economie et emploi : les Green jobs

    1.2 La ncessaire volution des mtiers de la construction

    La crise conomique na pas pargn le secteur du btiment qui accuse un repli marqu de ses activits, paralllement aux difficul-ts conomiques des autres secteurs. En effet, qui dit crise cono-mique dit diminution des investissements, dont font partie les in-vestissements immobiliers, tant en matire de construction que de rnovation. Dune part, le taux de chmage lev met sous pression les revenus et la confiance des mnages, les rendant plus prudents en matire de dpenses dinvestissements privs qui reprsentent presque 40 % de lensemble du secteur de la construction en Bel-gique. Dautre part, les investissements des entreprises diminuent galement en raison de la crise conomique alors que la part des investissements privs dans la construction non rsidentielle slve 21,5% de lactivit totale du secteur belge.14

    Ce ralentissement se fait sentir tous les niveaux de produc-tion et pour tous les acteurs de la filire. Mme si la construc-tion rsiste mieux que dautres secteurs, limpact de la crise est donc bien rel et non ngligeable pour ce domaine dactivit. En France, la construction tait en net recul en 2009, avec -17% de chantiers par rapport lanne prcdente. Cependant, la rnova-tion parvenait se maintenir plus ou moins niveau (-3% par rap-port lanne prcdente).15

    En Belgique, on a pu noter une certaine reprise de lactivit du secteur (+4,3% sur une base trimestrielle) au cours du deuxime tri-mestre 2010. Celle-ci fait suite au trs net recul (-3,5%) enregistr au cours des trois premiers mois de lanne, durant lesquels la s-vrit de lhiver a fortement perturb la production.16 Malgr cette

    14. Conseil Central de lEconomie, Commission Consultative spciale de la Construction, Rapport sur la Conjoncture dans le secteur de la Construction en 2009 et les perspectives pour 2010 , Bruxelles, juin 2010.15. Plan Btiment Grenelle Comit de filire Mtiers du Btiment : Rapport 20 Dcembre 2009, Prsent par Philippe Pelletier, Prsident du comit stratgique du Plan Btiment du Grenelle de lEnvironnement.16. Le baromtre mensuel de la Confdration de la Construction, Tendance ngative pour les rnovations avec permis , dcembre2010.

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    Economie et emploi : les Green jobs

    lgre reprise, on est encore loin de rattraper le niveau dactivit davant la crise. Dautant que la fin des mesures de relance (princi-palement labaissement temporaire de la TVA pour la construction rsidentielle) signe la fin dun incitant important linvestissement des mnages dans de nouveaux logements. Comme en France, seule la rnovation maintient le cap, pousse par la ncessit damlio-rer la qualit du parc de logement vtuste en Belgique et par les primes et interventions fiscales des pouvoirs publics incitant les mnages effectuer des travaux permettant daccrotre lefficacit nergtique de leur maison.17

    Le baromtre mensuel de la Confdration de la Construction Dcembre 2010.

    Paralllement cette ncessit de relance conomique, le rfrentiel du logement durable a fait sa place dans les esprits et les attentes des clients voluent : ils souhaitent rduire efficacement leur fac-ture nergtique, sans perte de confort, et sont attentifs limpact de leur habitation sur lenvironnement, en prenant en compte len-semble des aspects du bti (isolation, ventilation, chauffage, mat-

    17. Conseil Central de lEconomie, Commission Consultative spciale de la Construction, Rapport sur la Conjoncture dans le secteur de la Construction en 2009 et les perspectives pour 2010 , Bruxelles, juin 2010.

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    Economie et emploi : les Green jobs

    riaux,...). Ils dsirent donc bnficier de travaux de qualit qui r-pondent durablement ces attentes.18 De mme les rglementations environnementales en matire de construction ou de rnovation se renforcent dans tous les Etats membres. Par exemple, laffichage de la Performance Energtique des Btiments (PEB)19 lors de la vente dune maison unifamiliale a t rendu obligatoire tant en France quen Wallonie. Cette mesure vise une amlioration du dia-gnostic nergtique et de linformation des acqureurs ou loueurs potentiels du bien. Lobjectif de cette politique est de faire de la performance nergtique un lment dterminant dans le choix dune habitation.

    Ainsi, Benoist Apparu, secrtaire dtat franais charg du Loge-ment et de lUrbanisme, a prsent le 27 octobre 2010 ses nou-velles mesures relatives laffichage de la performance nerg-tique des btiments pour les annonces immobilires partir du 1er janvier 2011. Le plan en sept points du secrtaire dEtat vise, entre autres, classer et recenser les btiments selon leur performance nergtique, harmoniser les mthodes de diagnostic nergtique et inciter des travaux disolation et dconomie dnergie. En Wallonie, le certificat de la Performance nergtique des Btiments (PEB) est rendu obligatoire depuis le premier janvier 2011 avec amende la cl dans le cadre de la vente dune maison unifami-liale, quelle que soit son anne de construction. Avant cette date, seules les constructions avec un permis durbanisme postrieur 1996 devaient respecter cette obligation. Elle est aujourdhui ten-due tout le parc rsidentiel.

    Le verdissement du secteur apparat de plus en plus comme une opportunit saisir dans cette priode de stagnation conomique. Mais quels changements cette croissance verte va-t-elle induire sur lconomie et sur lemploi ? On peut schmatiquement identifier trois types dvolutions20 :

    18. Formation aux conomies dnergie des entreprises et artisans du btiment (FEE BAT), des attentes des clients qui voluent , [http://www.feebat.org/contexte_objectifs.html].19. La Performance Energtique dun Btiment (PEB) est une norme technique qui dsigne la consommation dnergie du btiment pour un service rendu maximal. Laugmentation de lefficience nergtique permet une rduction des consommations dnergie tout en conservant un service rendu gal (voir chapitre suivant).20. Conseil dOrientation pour lEmploi, Croissance verte et emploi , 25

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    Economie et emploi : les Green jobs

    De nouvelles activits vont se crer, autour de nouveaux mtiers spcifiquement consacrs lenvironnement ;

    Des activits vont se dvelopper en se transformant, en se ver-dissant (construction et rnovation des btiments) ;

    Des activits vont se dvelopper, sans modification majeure de leur contenu (transports collectifs, traitement des dchets, dpol-lution).

    Si pour la majorit du secteur de la construction, le tournant vert semble invitable, il ne faudrait pas oublier limportante lhtrognit du secteur. En effet, la construction rassemble un grand nombre de mtiers trs diversifis : de la conception la construction, en passant par lexploitation ou la rnovation, toutes les tapes de la vie dun btiment font appel des corps de mtiers bien diffrents. Tous cependant sont touchs par la rvolution verte , quils en tirent parti ou y rsistent, nen pas douter, la vague verte finira par lemporter. La segmentation de la filire btiment est classiquement prsente comme suit :

    Source : Plan Btiment Grenelle Comit de filire mtiers du btiment , rapport du 20 dcembre

    2009.

    janvier 2010, p.7. [http://bit.ly/edVAxv]

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Le tournant vert de la construction ne peut se faire en un tour de main : ladaptation ne pourra seffectuer que graduellement, couche par couche, tous les chelons et dans toutes les parties de la filire, afin de rpondre efficacement aux nouvelles exigences et aux difficults du secteur. Ds lors, qui veut agir sur le secteur du btiment doit forcment prendre en compte la diversit et la multiplicit de ses acteurs.

    Si toutes les catgories sont touches, la rvolution verte va gale-ment entraner des mutations importantes aux frontires du secteur. Par exemple, les exigences en matire defficacit nergtique vont promouvoir la cration de nouveaux mtiers dans les domaines lis aux mesures de dperdition de chaleur ou au conseil nergtique. Lco-construction, dans sa soif dinnovation, proposera de nouvelles techniques appelant galement de nouvelles comptences.

    Mais lorsque lon rflchit en termes de logement durable, il faut prendre en compte tout le cycle de vie dun btiment, incluant la gestion et le recyclage des dchets et le choix judicieux des matriaux. Cest notamment pour cette raison que le logement durable ne peut tre rduit lco-construction. Lorsque lon considre le logement dans son ensemble et dans tous les aspects de la durabilit, de nouveaux mtiers apparaissent, dautres subissent une adaptation, dautre encore sont redcouverts. Cette ncessit dune vision globale du logement demande une nouvelle approche de lorganisation et de linteraction des acteurs, mtiers et comptences dans le projet.

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    Economie et emploi : les Green jobs

    1.3 Quel potentiel demplois et sous quelles conditions ?

    On la compris, la croissance verte sera un vecteur de changements structurels importants dans le secteur du btiment. Comme le r-sume Alain Lipietz, directeur de recherche au CNRS et ancien dput europen (Verts), Un immeuble neuf 0 kilowatt-heure par mtre carr demande pour linstant 15 % de travail en plus quun immeuble standard actuel, mais reconvertir tout le parc ancien mobilisera du-rablement une arme dartisans .21

    Quen est-il concrtement du potentiel de cration demplois ? Les chiffres sont nombreux et pas toujours concordants... Tentons toute-fois de faire le point.

    Pour la Belgique, une rcente tude de Bruxelles Environnement a dtermin que, pour faire face laugmentation dmographique, la pnurie de logements et aux exigences environnementales, prs de 1 000 2 500 quivalents temps plein (ETP) devraient tre crs dici 2020 en Rgion de Bruxelles-Capitale, ceci concernant unique-ment les emplois en lien direct avec la Performance Energtique des Btiments (certificateurs et conseillers PEB, techniciens et conseillers chauffage)22 ce qui donne une ide de lnorme potentiel de la filire. Dautant que la Belgique, avec un parc de logement vtuste, a toujours grandement besoin de logements et dinfrastructure de qualit. Pour le dire autrement, si les pouvoirs publics accordent suffisamment dattention et de moyens lindustrie de la construc-tion, ils peuvent contribuer stimuler la croissance conomique.23

    Pour la France, une tude de lAdeme-Alliance Ville Emploi24, per-

    21. Alain Lipietz, Climat, emploi, mme combat! , Alternative Economique, 26.02.10.22. Bruxelles Environnement, Rgion de Bruxelles-Capitale : mtiers en transition dans le secteur de la construction durable. Manques et domaines de comptences acqurir par mtier , juin 2010.23. Conseil Central de lEconomie, Commission Consultative spciale de la Construction, Rapport sur la Conjoncture dans le secteur de la Construction en 2009 et les perspectives pour 2010 , Bruxelles, juin 2010.24. Synthse de ltude Projet exprimental Ademe - Alliance Ville Emploi avec trois maisons de lemploi , Octobre 2009.

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    Economie et emploi : les Green jobs

    met de conclure que les marchs du btiment lis lefficacit nergtique et aux nergies renouvelables devraient connatre une forte progression dans les annes venir avec, en moyenne, un doublement en cinq ans. Les professions les plus sollicites seraient les menuisiers (notamment pour lisolation), les chauffa-gistes, les peintres, les plaquistes (isolation, toiture,...), les cou-vreurs (photovoltaques,...) et les lectriciens.25

    Mais ces estimations sous-entendent des mesures politiques fortes. Si tous les acteurs ont un rle jouer dans la transition verte du secteur, lune des plus grandes responsabilits incombe aux pou-voirs publics. Ils interviennent dans la production de mesures et normes environnementales qui, en matire dactivit conomique, constituent souvent un catalyseur d(co-)innovation et de dyna-misme, pour autant que les entreprises et mtiers soient accompa-gns dans leur mise en uvre.26 Ainsi, tant les exigences techniques que les primes nergtiques auraient une impulsion positive sur lactivit du secteur et lemploi. Et les mesures cibles (voir ci-aprs) renforcent encore cet effet de levier rglementaire.

    Sans initiatives publiques, limpact total sur lemploi sera proba-blement faible, dautant que la crise conomique actuelle entrane une certaine stagnation du secteur de la construction et laisse pla-ner un flou sur les capacits effectives de relance, aussi verte soit-elle. Ce flou provient en partie dincertitudes quant aux facults dadaptation et de formation de la filire. La grande faiblesse de la construction pour aborder sa mutation verte provient essen-tiellement de son manque criant de qualification adapte.

    En effet, les nouveaux mtiers crer sont gnralement des m-tiers hautement qualifis, lis la ncessit dexpertise de nou-velles technologies ou mesures, mais galement des comptences organisationnelles dans la modification de la chane logistique, entrane par la conception holistique du logement durable. Il est en effet indispensable que chaque corps de mtier sache quel niveau du processus de construction il intervient et mesure les

    25. Plan Btiment Grenelle Comit de filire Mtiers du Btiment : Rapport 20 Dcembre 2009.26. Conseil Central de lEconomie et le Conseil National du Travail, Russir la transition vers une conomie basse mission de carbone second avis concernant la thmatique des emplois verts , 16 mars 2010.

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    Economie et emploi : les Green jobs

    implications de ses actions sur les actes prcdents et suivants (par exemple, llectricien qui, en faisant passer ses fils lectriques, diminue ltanchit lair). La complexification des chantiers et laugmentation du nombre dintervenants impliquent une impor-tance et un poids plus grands de la gestion et la coordination du chantier.27

    En dfinitive, il ressort de ces travaux et auditions que les enjeux de la croissance verte sont tout autant des volutions plus ou moins profondes sur les emplois et les mtiers actuels que des crations demplois proprement parler [...] Les mtiers vritable-ment nouveaux seront relativement peu nombreux, en revanche de trs nombreux mtiers verront leur contenu modifi. Mais au-del de ces volutions, le verdissement de lconomie impliquera un redploiement des emplois entre secteurs, au dtriment notamment des secteurs producteurs ou fortement utilisateurs dnergies fossiles, redploiement quil convient danticiper et daccompagner avec soin.

    Conseil dorientation pour lemploi Croissance verte et emploi , 25 janvier

    2010. [http://bit.ly/edVAxv]

    27. Bruxelles Environnement, Rgion de Bruxelles-Capitale : mtiers en transition dans le secteur de la construction durable. Manques et domaines de comptences acqurir par mtier , juin 2010.

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    1.4 La formation comme atout

    Le secteur du btiment fait face une pnurie de main duvre qualifie relativement proccupante. En rponse cette situation, des filires de formations et des incitations publiques et prives sont mises en place. La question de lemploi dans le btiment est dautant plus cruciale quelle a une influence directe sur la capacit des entre-prises rpondre une demande grandissante et aux besoins nou-veaux des consommateurs, y compris en matire dco-construction. En effet, derrire les enjeux de formation et demploi se profilent des opportunits trs intressantes en termes de nouveaux marchs et de croissance pour les entreprises.

    Face aux nouvelles comptences acqurir, la pnurie de main-duvre dans certains domaines et lmergence de nouveaux m-tiers, les besoins en formation sont normes, dautant que la demande et les exigences en matire de logement durable ne fai-blissent pas. Cependant, les besoins varient selon les mtiers. Ces disparits des besoins et les diffrents chanons manquants dans le secteur durable requirent une identification prcise afin de faci-liter et dorganiser au mieux la transition verte de la filire btiment en lui permettant de rpondre au niveau de qualit et de qualifica-tion exig par le logement durable. Pour la France, par exemple, les besoins de formation varient entre 9 000 350 000 personnes for-mer dici 2013, selon les besoins et les comptences requises par les catgories de mtier.

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    Catgorie dacteurDonnes dmographiques

    (anne 2008)

    Nombre total de personnes

    former lhorizon 2013

    Effectif sala-rial total

    S a l a r i s concerns

    1

    Matrise douvrage, commanditaires, gestion-naires

    1 600 000 375 000 95 000

    2

    Matrise doeuvre, assis-tant matrise douvrage

    115 000 90 000 15 000

    3

    Artisan et entreprise de ralisation de travaux

    1 200 000 1 000 000 350 000

    4

    fabricant, importateur et distributeur de produit

    535 000 267 000 27 000

    5

    Fournisseur de services exploitation et mainte-nance

    34 000 16 000 9 000

    Ensemble de la filire btiment

    3484 000 1 748 000 496 000

    Tableau de synthse de la quantification des besoins de formation par mtier, an-

    nexe du Plan Btiment Grenelle - rapport Comit de filire Mtiers du Btiment ,

    dcembre 2009.

    La formation est un enjeu crucial du logement durable, dautant que la qualit des btiments, tant en termes de construction ou de rno-vation que dexploitation, dpend fortement de la comptence trs

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    Economie et emploi : les Green jobs

    spcialise et actualise de ces mtiers. Loffre de formation se doit donc dtre adapte :

    aux volutions techniques de plus en plus interdisciplinaires (par exemple, la performance nergtique demande des connais-sances pointues en matire disolation, de ventilation, dlectricit, des proprits des matriaux, mais aussi de sant et dhygine) ;

    aux nouvelles exigences rglementaires (ouvrant de nouveaux domaines en matire de diagnostic, contrle et mesure des perfor-mances nergtiques etc.) ;

    aux nouveaux modes de consommation et de gestion de lner-gie, notamment par le dveloppement des nergies vertes.

    Cependant, les formations classiques restreignent gnralement les comptences un seul mtier, alors que le logement durable exige justement une coordination entre tous les acteurs. Cette approche globale est pourtant fondamentale, si lon veut viter quun effort ne soit contre-productif ou namoindrisse les effets dun autre. Dans cette ligne, un aspect indispensable de la formation, et sou-vent nglig, est celui de la relation avec le client. En effet, nous avons dj voqu la prdominance traditionnelle de laspect envi-ronnemental et technique dans le logement durable. Cette technicisa-tion fait galement un pari sur la standardisation des pratiques des habitants, sur la rationalit des utilisateurs, sur leur compr-hension du fonctionnement optimal des nouveaux appareils, voire mme sur une certaine adhsion aux nouveaux enjeux verts . Or, force est de constater que ce pari est loin dtre gagn davance. A titre dexemple, lon estime que la plupart des technologies destines conomiser de lnergie ne sont utilises qu 20 ou 30% de leurs capacits, cause dun manque de comprhension quant leur utilisation. La tendance est donc plus la dlgation aux systmes techniques (thermostats rgulateurs, rpartisseurs de chaleur,...) qu la rationalit cologique ou conomique. En consquence, lon obtient des effets de contre-performance : on va davantage utiliser un appareil parce quil consomme moins.28

    28. Daprs lintervention de Marie-Christine Zlem, Les exclus du logement durable, quelques pistes de rflexion lors dune confrence organise par la Prsidence belge de lUE Logement durable : outil de cohsion sociale ? ; 23 novembre 2010.

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    Les professionnels constituent gnralement la source dinformation principale des mnages en matire dconomie et de gestion dner-gie. Les mtiers du logement durable doivent donc apprendre faire passer leurs connaissances, de faon simple et didactique. Vulgarisation peu vidente lorsque lon est habitu travailler dans un jargon technique, mais indispensable pour que les efforts mat-riels portent tous leurs fruits.

    La formation est vritablement un atout pour le logement durable, encore faut-il quelle soit effectivement adapte et que le plus de monde possible puisse en bnficier. Loffre est prsente et diver-sifie. Pour renforcer sa pertinence et son attractivit, les ensei-gnants doivent tre les premiers tre forms aux connaissances et gestes lis lefficacit nergtique, mais galement motivs se tenir informs des volutions techniques, pratiques et des comp-tences acqurir.

    Par ailleurs, la filire btiment semble parfois boude par les jeunes et cette faiblesse dattractivit contribue encore aux difficults de recrutement pour une main-duvre qualifie. Leffort de formation, quelle soit initiale ou continue, doit contribuer attirer et fidliser les personnes dans le secteur vert.

    Dans ce contexte, les initiatives publiques ont un rle majeur jouer. En France, par exemple, la FEE Bat29 (Formation aux cono-mies dnergie des entreprises et artisans du btiment) propose un dispositif de formation adapt aux techniques durables et aux co-nomies dnergie selon tous les mtiers de la filire. En avril 2010, la FEE Bat avait dj form plus de 23 000 personnes au travers de trois modules leur permettant didentifier le potentiel damlioration nergtique des btiments, de matriser les outils pour mettre en uvre cette amlioration et de sapproprier les technologies les plus performantes pour y parvenir. Lobjectif de cette formation est non seulement dactualiser et de verdir les connaissances techniques des professionnels de la construction, mais galement de leur permettre dchanger leurs pratiques avec dautres mtiers du secteur afin de parvenir une vision globale de la construction et de la rnovation durables.

    29. Pour plus dinfo : [www.feebat.org]

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    Autre exemple en Belgique, o le FOREM Formation Environnement de la Rgion wallonne poursuit un but similaire en offrant aux pro-fessionnels des formations spcifiquement ddies aux nouvelles techniques et pratiques en relation avec la gestion des nergies et les nergies renouvelables.

    In fine, quelles que soient loffre et ladaptation des formations, cest la motivation et la mobilisation des acteurs du logement durable qui en dterminera le potentiel et le rsultat.

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    1.5 Les emplois verts, vecteur dinsertion ?

    Les initiatives publiques de mise lemploi et les formations pro-fessionnelles visent parfois des catgories sociales spcifiques, par exemple des jeunes en situation de dcrochage scolaire, des deman-deurs demploi en risque dexclusion, ... Lutilit de cette dmarche est certaine et bon nombre dexemples positifs sont l pour le prou-ver (voir bonnes pratiques), notamment dans le domaine de lcono-mie sociale.

    Cependant, une question fondamentale persiste : quel genre de mtiers sont repris dans ce potentiel demplois considrable li au logement durable ? Lun des dangers est, en effet, de faire passer pour durables des pratiques qui ne le sont pas. La qualit et la dcence30 des emplois verts pose donc encore question. Certains secteurs comme le recyclage sont parfois lorigine demplois pr-caires, et dangereux pour des personnes peu qualifies. Or lin-clusion sociale ne consiste pas confier aux populations les plus fragiles les mtiers les plus difficiles et les moins valorisants, sous peine de recrer de lexclusion lintrieur du march du travail. Il va plutt sagir de dnicher parmi ces emplois verts des mtiers adapts aux comptences et aux spcificits dune main-duvre potentielle laisse aujourdhui labandon.

    Cette proccupation est essentielle, car elle exige que les emplois verts existants et venir pousent lidal de dveloppement durable dans ses trois dimensions indissociables : conomique (cest le sens du mot dveloppement : il sagit bien de crer de nouveaux em-plois), environnementale (cest lun des sens de lpithte durable, faisant rfrence la ncessaire prennit des ressources naturelles essentielles au dveloppement de lhumanit) et sociale (cest lautre sens du mot durable, les travailleurs ne devant pas tre considrs comme une simple ressource, mais en mesure daccder des em-

    30. Selon lOIT, un travail dcent reprsente lensemble des aspirations des gens en ce qui concerne leur vie professionnelle aspirations concernant les possibilits et le revenu, les droits et la reconnaissance, la stabilit familiale, le dveloppement personnel, lquit et lgalit entre les sexes , Confdration europenne des syndicats, [http://www.etuc.org/a/4313]

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    Economie et emploi : les Green jobs

    plois dcents) : on laura compris, les emplois verts doivent aussi tre linstrument dun dveloppement socialement durable.

    Dans cette optique, les efforts de formation se doivent, dune part, de complter le soutien aux entreprises afin dexploiter pleinement les opportunits de cration demploi et de croissance et, dautre part, dviter que de nouvelles fractures sociales napparaissent, au dtriment surtout des personnes peu qualifies (ou autres groupes risque comme les travailleurs gs, les personnes avec un handicap, les allochtones, ...).31

    Les emplois verts peuvent reprsenter un gisement demplois pour tous, du moins qualifi au plus qualifi, condition de bien prendre en compte tous les enjeux qui y sont lis : formation, information, implication de tous les acteurs conomiques, qualit des emplois, financement, indicateurs, etc.

    Plus quune catgorie spcifique marginale de mtiers propres , les emplois verts se situent la rencontre entre un idal, le dveloppement durable, et une ralit sociale, le march du travail. Lon nobtiendra du vert quen prenant soin de mler dans sa composition deux ingrdients : la sauvegarde de lenvironnement dune part, la fondation dune socit socialement durable dautre part.

    Le dveloppement durable, on la rappel, accorde une importance gale ses volets social et environnemental. Cest pour cela quune politique publique dinclusion sociale par les emplois verts doit constituer un tout cohrent, en vitant deux cueils. Le premier serait de considrer la cration demplois verts comme un simple moyen de favoriser linclusion sociale, et le second, lin-verse, consisterait ne voir dans linsertion des exclus quun instru-ment au service de la protection de lenvironnement. Dans le pre-mier cas, cest la vise cologique de la politique qui serait sacrifie, puisque lon se servirait du label vert comme dun slogan de poli-tique sociale sans prendre le temps de se demander si les nouveaux emplois crs sont effectivement favorables lenvironnement ; dans

    31. Conseil Central de lEconomie et le Conseil National du Travail, Russir la transition vers une conomie basse mission de carbone second avis concernant la thmatique des emplois verts , 16 mars 2010.

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    Economie et emploi : les Green jobs

    le second cas, on courrait le risque de se servir des populations fra-gilises comme dune main-duvre corvable, dune arme verte qui, au nom de la cause environnementale, pourrait se trouver dans des situations professionnelles peu valorisantes, voire dangereuses. Limportant est donc que la finalit sociale et la finalit colo-gique dune telle politique soient galement considres, afin dviter que lune ne devienne le simple instrument de lautre. Les politiques demploi vert doivent donc promouvoir le dvelop-pement durable au sens le plus large du terme.

    En conclusion, les emplois verts venir sont porteurs dinsertion professionnelle dans la mesure o ils ncessitent plus de travail et moins de ressources naturelles, mais ne peuvent constituer un gisement dembauche crdible que si une impulsion politique vigoureuse de la part des Etats, des rgions et de lUnion euro-penne vient amorcer la pompe.

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    2. Acteurs publics et privs : quelles stratgies dans le secteur vert ?

    Il semble quune prise de conscience sopre progressivement au ni-veau du secteur priv sur la ncessit dencourager et de financer le dveloppement durable, et notamment au niveau des constructeurs, le logement durable. Cet intrt du secteur rsulte en partie, nous lavons vu, dune forte hausse de la demande des particuliers et des exigences croissantes des pouvoirs publics en matire de logement durable au cours des dernires annes. Le potentiel demplois pou-vant tre gnrs par ce march joue galement sur la motivation du secteur.

    Mais comment les acteurs publics et privs sorganisent-ils pour rpondre cette demande verte ? Quelles stratgies mettent-ils en place pour promouvoir concrtement la cration demplois ? Com-ment russissent-ils adapter la main-duvre dun secteur en tran-sition ?

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    2.1 Organisation des acteurs face au tournant vert du secteur

    Les principaux acteurs du secteur de la construction semblent miser sur la synergie des comptences et des initiatives afin de pallier la mconnaissance de nombreux constructeurs dans le domaine du du-rable mais galement dagir de manire concerte en faveur du loge-ment durable. Pour ce faire, le cluster semble constituer le mode organisationnel de prdilection, tant en France quen Belgique.

    Le cluster, que lon traduit par le terme de grappe en franais, a t dfini par le Gouvernement wallon comme un mode dorga-nisation du systme productif tabli linitiative des entreprises (avec ventuellement la participation de centres de recherches) et se caractrisant par un cadre de coopration portant sur des activits lies, le dveloppement volontaire entre les entreprises de relations de complmentarits, verticales ou horizontales, marchandes ou non marchandes, la promotion dune vision com-mune de dveloppement.

    Daprs une tude confie en 2000 par le Ministre wallon de lconomie et la

    Division de la Politique conomique au MERIT (Universit de Maastricht) et Ernst

    & Young France.

    Il sagit donc de regroupements spontans dacteurs (collectivits ou autorits locales, matres duvre, confdrations, industriels, asso-ciations,...), ports par une vision commune au service de la muta-tion environnementale du secteur.

    Les clusters sont gnralement de trois types32 :

    Animation, formations, diffusion dinformations et promotion de lco-construction

    Dveloppement conomique, mise en rseau dentreprises et struc-turation de filire

    32. Les clusters, moteurs locaux du Grenelle , [http://bit.ly/fLKTnA]

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Centres de transferts technologiques, ples de comptitivit, inno-vation.

    En France, le site web du Plan Btiment du Grenelle de lEnvironne-ment33 reprend une liste non exhaustive - des clusters consacrs lco-construction ou au logement durable. Notons que leur efferves-cence est telle quelle pousse mme crer un groupe inter-clus-ters , tmoignant de limportance de ces regroupements et de leur ncessaire coordination. Lobjectif de ces clusters est de produire un effet dappropriation territoriale dune vision commune au ser-vice de lco-construction, afin de rendre le secteur plus comptitif et de diffrencier de faon plus claire, notamment sur le plan de la qualit, les initiatives durables et locales, par rapport la construc-tion dite classique .

    En Belgique francophone, on dnombre trois principaux clusters : le cluster co-construction et le CAP2020 de la Rgion wallonne, ainsi que le cluster Ecobuild de la Rgion de Bruxelles-Capitale. Ces clusters revendiquent tous une vision durable et profitable lco-nomie rgionale, mais les mthodes employes diffrent, oscillant entre le choix de loptimalisation du potentiel local et lappel aux apports internationaux, entre le club et la dmarche participative, entre le positionnement de niche et le positionnement concurrentiel. Ils se diffrencient galement par leur chelle et leur porte. Les clus-ters wallons et bruxellois participent la promotion et la visibilit de lco-construction, en la mettant de surcrot au service du dyna-misme conomique de leur Rgion et de la cration demplois. Ils peuvent se faire aussi les relais des politiques plus traditionnelles, en ouvrant la porte une participation plus active des acteurs de la socit civile, dont la sensibilisation la question de lco-construc-tion devient une priorit si lon souhaite acclrer le changement, de plus en plus ncessaire, dans la faon de se loger et de consommer lnergie.

    En conclusion, ces clusters ont pour objectif gnral de crer des rseaux dacteurs et de promouvoir lco-construction en tant que pendant dune vision globale du dveloppement durable, mais ga-lement dans une perspective conomique, puisquils ont t conus pour activer le potentiel de croissance et crer des emplois locaux et non-dlocalisables .

    33. Ibidem.

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    2.2 Un partenariat troit pour anticiper les besoins du secteur

    Quelles stratgies les acteurs publics et du secteur mettent-ils en place pour promouvoir concrtement la cration demplois ? Beau-coup de mesures ont des effets plus ou moins directs sur lemploi puisquelles visent le march de la construction (primes nerg-tiques, btiments exemplaires, plans daction locaux ou nationaux pour une meilleure gestion de lnergie,...). Cependant, certaines mesures sont spcifiquement ddies la promotion et la cration demplois dans le secteur du logement et de la construction durables.

    En France, linitiative principale est Maison de lEmploi et D-veloppement durable , projet port conjointement par lAlliance Villes Emploi et lADEME. Comme son intitul lindique, ce projet a pour objectif de relier les Maisons de lEmploi locales et les perspec-tives de dveloppement rgional durable. Parmi les filires daction identifies, celle du btiment est considre comme lun des viviers demplois les plus importants. Aprs trois projets pilotes mens Bayonne, Lille et Nancy, linitiative a t tendue toutes les rgions en 2010. Lchelle locale permet didentifier les besoins spcifiques en formation et emploi, pour la mise en uvre des dispositions du Grenelle dans la filire btiment. Dun point de vue national, ce pro-jet doit permettre 34 :

    Didentifier les mtiers en dveloppement ou en transformation du fait de la croissance verte et de lvaluation des besoins en recru-tement ce titre.

    De dfinir les besoins en formation, organiser des parcours de formation et de qualification. Procder un tat des lieux des dis-positifs de formation initiale, de formation continue et de Valida-tion des Acquis par lExprience, afin dadapter les rfrentiels des mtiers et des comptences partir des besoins des entreprises.

    De mieux orienter et mettre en cohrence loffre et la demande demplois dans les filires dactivit concernes.

    34. Prsentation du projet Maisons de lEmploi et Dveloppement Durable , [http://bit.ly/eLgwI8]

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    Economie et emploi : les Green jobs

    De valoriser les formations et les mtiers qui devront tre pourvus en plus grand nombre.

    En Belgique, l Alliance Emplois-Environnement est le levier daction principal des acteurs publics, tant Bruxelles quen Wallo-nie. Les deux Rgions ont choisi la construction durable comme axe principal.

    En Rgion de Bruxelles-Capitale, lAlliance Emplois-Environne-ment est une alliance pour la promotion de la construction durable et constitue le premier volet du futur Pacte de Croissance Urbaine Durable depuis le dbut 2010. Lobjectif de lAlliance est dlaborer, en concertation avec tous les acteurs, des outils et politiques visant encourager la cration demplois verts, principalement dans le do-maine de la construction. Outre le dveloppement conomique de la Rgion par la cration demplois de qualit dans des filires promet-teuses, lAlliance doit galement faire de Bruxelles un modle urbain de durabilit en Europe.

    En ce qui concerne le processus de cette Alliance, la ministre de lEn-vironnement, de lEnergie et de la Rnovation urbaine, Evelyne Huy-tebroeck, soutient que lon est face une nouvelle mthode de tra-vail. Traditionnellement, il appartient au gouvernement de dfinir les actions quil compte mettre en uvre pour raliser telle ou telle politique aprs, le cas chant, diverses consultations, enqute pu-blique ou autre processus dinformation pralable. Ici, le gouverne-ment a chang de mthode. Il a dfini lenjeu ainsi que les problmes auxquels il fallait rpondre. Il a ensuite fait appel aux acteurs de terrain concerns par la problmatique : partenaires sociaux, fd-rations concernes, scientifiques, organismes de formation privs et publics, acteurs de linsertion socio-professionnelle. Enfin, le gouver-nement leur a demand dmettre des propositions ensemble. Ainsi, plus de 110 participants, 24 groupes de travail et 44 propositions daction oprationnelles, sont ns de cette collaboration indite entre acteurs qui nont ni lhabitude de se rencontrer ni de collaborer.35

    35. Intervention de la Ministre bruxelloise de lEnvironnement, de lEnergie et de la Rnovation urbaine Evelyne Huytebroeck, Alliance Emploi Environnement Axe Construction durable , 14 octobre 2010.[http://bit.ly/hlGugk]

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Bilan des travaux, Alliance Emploi-Environnement - premier axe: Construction Durable, 14 octobre 2010. [http://bit.ly/eWuGN4]

    Concrtement, cette Alliance se droule en deux phases. La premire phase dlaboration, qui vient de sachever, est un temps de diagnos-tic qui a permis de faire ltat des besoins du secteur en huit ateliers (outils de soutien aux entreprises et leur accs au financement, lco-nomie sociale, lenseignement et la formation, linnovation, lexcel-lence et les mthodes de mise en uvre pour atteindre celle-ci voir schma) et de mettre sur pied le programme de la deuxime phase daction, reprenant 44 mesures pour stimuler la transformation verte du secteur de la construction.

    En Wallonie, les Alliances Emploi-Environnement font partie int-grante du Plan Marshall 2.vert et sont considres comme une strat-gie davenir pour crer de lemploi et des opportunits conomiques tout en positionnant la Wallonie comme leader du dveloppement durable en Europe. La premire Alliance va se concentrer sur les conomies dnergie et la construction durable, et portera particu-lirement sur lamlioration nergtique et environnementale des btiments existants (co-construction, PEB, co-rnovation), pour

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    Economie et emploi : les Green jobs

    gnrer de lemploi, et accrotre la formation. Des objectifs chiffrs et des normes en matire dconomie dnergie seront tablis en concertation avec les secteurs.36

    La mise en uvre de cette premire Alliance prvoit deux grandes tapes.37 Premirement, llaboration dun plan pluriannuel fixant des objectifs chiffrs et des normes en matire dconomie dner-gie (en commenant par lisolation) et damlioration environnemen-tale, pour la rnovation du bti existant. Cette tape consiste en un diagnostic et une dfinition des objectifs et des incitants financiers adapts, mais passe galement par une sensibilisation du public et ladoption de normes nergtiques strictes et efficaces. Pour ce faire, cinq groupes de travails ont t constitus sur des thmatiques dif-frentes : conomie verte, formation, normes et certification, clauses sociales dans les marchs publics et logement social. Lconomie sociale y est chaque fois reprsente, ce qui constitue une reconnais-sance importante pour le secteur.38

    La deuxime tape de lAlliance, prvue dbut 2011, se fera au tra-vers de llaboration et de lencadrement de la mise en uvre dun contrat multisectoriel, dfinissant les chantiers prioritaires et les structures de contrle de certification, en concertation avec tous les partenaires (autorits publiques, partenaires sociaux, acteurs du sec-teur ou oprateurs), en vue de stimuler concrtement loffre et de structurer la demande en matire de construction durable.

    En conclusion, ces mesures sont gnralement le fruit dun parte-nariat troit entre les pouvoirs publics et les reprsentants du secteur de la construction, tant au niveau local que national, et visent diagnostiquer et anticiper les besoins du secteur afin de maximiser le potentiel demplois du verdissement de la filire.

    36. Premire Alliance Emploi-Environnement : conomies dnergie et construction durable. [http://planmarshall2vert.wallonie.be/?q=node/94]37. Voir [http://lampspw.wallonie.be/planmarshall2vert/]38. Marie-Caroline Collard et Jean-Marie Coen, Alliances Emploi-Environnement et co-construction : une chance saisir pour lconomie sociale ! , analyse de la SAW-B, mai 2010. [http://bit.ly/h0zYxN]

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    Economie et emploi : les Green jobs

    3. Conclusion

    La reconversion de nos conomies vers le vert possde un atout indniable en termes demplois, puisquelle implique une rorienta-tion de notre modle conomique vers lhumain, au dtriment de lutilisation irrationnelle des ressources. Si la conversion de nos conomies vers la croissance verte suppose certains cots (prix des technologies, restructuration du tissu industriel), les cots de la non-conversion pourraient tre encore bien plus importants.

    Outre les consquences environnementales et climatiques de la non-conversion (voir chapitre suivant), la non-intgration de la compo-sante verte dans les processus de production et dexploitation du logement aurait des consquences conomiques et sociales tout aussi importantes. Par exemple, rater la transformation des mtiers du logement reviendrait manquer lopportunit dune relance verte dun secteur en stagnation. De mme, le statu quo dans la rnova-tion du parc immobilier, alors que les prix de lnergie ne cessent de grimper, signifierait le dbordement du phnomne de prcarit nergtique (voir chapitre 3) des catgories de la population par-gnes jusqualors.

    Ces exemples dmontrent que lvolution du logement vers un loge-ment durable ne reprsente pas seulement une transition technolo-gique, mais galement conomique et sociale. Il est donc probable que cette transition entrane une modification de la structure de lconomie - des modes de production aux attentes des clients - se traduisant notamment par la disparition de certaines activits et emplois, mais aussi par la cration de nouvelles formes dactivit et dopportunits de croissance. Mais quil sagisse de raffectation ou de cration demplois, lvolution du logement vers le vert ne peut en aucun cas servir de prtexte une dtrioration des conditions de travail. Cest pourquoi il semble essentiel damorcer une transi-tion verte anticipative, socialement juste et responsable, capable de

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    stimuler les acteurs du logement rorienter leurs activits vers des technologies plus vertes et intgrer dans les diffrentes tapes de leurs processus de production des procds ou matires premires ou secondaires respectueuses de lenvironnement.39

    Cependant, si cette conversion a un prix, il est avant tout politique : les politiques industrielles et de lemploi tous les chelons (rgional, national, europen) doivent tendre le plus compltement possible vers le vert.En effet, la reconversion conomique qui sannonce peut et doit tre cratrice demplois, condition bien sr quun signal politique fort soit donn dans cette direction. Il sagit dune reconversion dampleur : certains pouvoirs publics semblent lavoir compris, comme la Rgion wallonne qui a nonc les axes et priorits dun Plan Marshall 2.Vert dans sa dclaration de politique rgionale pour la priode 2009-2014. Encore faut-il que les intituls des politiques annonces ne soient pas les seuls reflter la magnitude de lentreprise : toute lEurope a besoin de se lancer dans un plan de reconversion conomique sans prcdent. Les emplois verts doivent cesser dtre un slogan, et devenir linstrument moderne de la renaissance conomique, sociale et environnementale dun continent durable.

    Tirer parti de la rvolution verte venir pour orienter nos soci-ts vers plus de solidarit et dinclusion ne sera cependant possible qu une condition : que les emplois verts crer soient la fois dcents et attractifs. En dautres termes, le vritable dfi de la mutation verte du logement est de sassurer quelle profite tous.

    39. Conseil Central de lEconomie et le Conseil National du Travail, Russir la transition vers une conomie basse mission de carbone second avis concernant la thmatique des emplois verts , 16 mars 2010.

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    Pour aller plus loin

    Alain Lipietz, Climat, emploi, mme combat! , Alternative Eco-nomique, 26.02.10.

    Bruxelles Environnement, Rgion de Bruxelles-Capitale : m-tiers en transition dans le secteur de la construction durable. Manques et domaines de comptences acqurir par mtier , juin 2010.

    Marie-Caroline Collard et Jean-Marie Coen, Alliances Emploi-En-vironnement et co-construction : une chance saisir pour lconomie sociale ! , analyse de la SAW-B, mai 2010. [http://bit.ly/h0zYxN]

    Conseil Central de lEconomie, Commission Consultative spciale de la Construction, Rapport sur la Conjoncture dans le secteur de la Construction en 2009 et les perspectives pour 2010 , Bruxelles, juin 2010.

    Conseil Central de lEconomie et le Conseil National du Travail, Russir la transition vers une conomie basse mission de carbone second avis concernant la thmatique des emplois verts , 16 mars 2010.

    Conseil dOrientation pour lEmploi, Croissance verte et em-ploi , 25 janvier 2010, p.7.

    [http://bit.ly/edVAxv]

    Evelyne Huytebroeck, Alliance Emploi Environnement Axe Construction durable , 14 octobre 2010.

    [http://bit.ly/hlGugk]

    Plan Btiment Grenelle Comit de filire Mtiers du Bti-ment : Rapport 20 Dcembre 2009, Prsent par Philippe Pel-letier, Prsident du comit stratgique du Plan Btiment du Grenelle de lEnvironnement.

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Programme des Nations Unies pour lenvironnement, Emplois verts : Pour un travail dcent dans un monde durable, faibles missions de carbone - Messages politiques et principales conclusions lintention des dcideurs - septembre 2008.

    Premire Alliance Emploi-Environnement : conomies dner-gie et construction durable.

    [http://planmarshall2vert.wallonie.be/?q=node/94]

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Leonardo Team EcoConstructionLa formation comme rponse la mutation nergtique

    Pays Projet europen

    P o p u l a t i o n cible

    Les acteurs de la construction (des entreprises aux de-mandeurs demploi), mais aussi, comme bnficiaires indirects, les organismes de formation et les organisa-tions professionnelles du btiment

    Contexte Depuis 2008, le projet Team EcoConstruction (Transfert Europen des Apprentissages et Mthodologies en Eco-construction) est un projet europen du programme Leonardo. Il est port par cinq partenaires qui par-tagent une vision identique du professionnel de lco-construction et choisissent une certification commune : Neopolis/CCI Drme (FR), Cluster Eco Construction asbl (BE), Energieinstitut du Vorarlberg (AT), PFE Coria (ES), EAV-ERGLI (LV), Commission Nationale de la Certifica-tion professionnelle (FR), Smala (CH).

    Objectifs Le projet TEAM EcoConstruction rpond aux besoins de formation des professionnels du btiment dans le secteur de lco-construction en pleine mutation de comptences devant les enjeux nergtiques actuels. Paralllement, il est ncessaire dharmoniser au niveau europen les connaissances et comptences des acteurs de la construction.

    Mthode Le projet propose danalyser des comptences nces-saires en co-construction, de crer les rfrentiels comptences , formation et certification de niveau technicien Eco-constructeur , et de crer un rseau transnational de centres de ressources en co-construction afin dinformer au mieux les acteurs de la construction.

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Action Afin datteindre ses objectifs, les partenaires du projet mettent sur pied :

    un guide transnational mthodologique pour lcri-ture de rfrentiels de formation et dvaluation

    un rfrentiel transnational de formation et de certifi-cation de technicien co-constructeur

    des contenus pdagogiques dtaills pour la forma-tion Technicien co-constructeur

    des outils pdagogiques de rfrence (bases de don-nes, cours en ligne, tutorat, etc.)

    un rseau transnational de centres de ressources d-dis lco-construction

    Rsultats Limpact attendu du projet est de :

    qualifier du personnel dentreprise dans le domaine de lco-construction,

    offrir un cursus de formation et dvaluation de tech-nicien co-constructeur aux demandeurs demploi,

    faciliter le recrutement de nouveau personnel pour rpondre aux problmes de main duvre dans ce secteur dactivit et attirer un public plus fminin,

    fidliser la main duvre existante par la possibilit dacqurir et de valider de nouvelles comptences

    mettre disposition des organismes de formation des ressources pdagogiques via un rseau transnational des centres de ressources

    proposer aux instances nationales et organisations professionnelles un dispositif de certification post projet dans chacun des pays partenaires.

    Pour plus dinformations

    Mathieu Deleuze. +33 (0) 4 75 78 67 34.

    m.deleuze@drome.cci.fr

    http://www.leonardo-teamecoconstruction.eu/

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    Economie et emploi : les Green jobs

    ECOMIND: new ideas new thinkingDvelopper ou intgrer des co-technologies innovantes pour gagner en

    performance et comptitivit

    Pays Programme europen

    Population cible

    Projet destination des PME-PMI

    Contexte ECOMIND est un programme europen men par le CD2E en partenariat avec 6 autres organismes rpartis en Angleterre, Pays-Bas et France. Le projet entre dans le programme transfrontalier Interreg IV A, dit des 2 mers . Le projet est dans sa phase oprationnelle depuis janvier 2009 et se terminera en octobre 2011. Il reprsente un budget total denviron 7 Millions dEuros dont la moiti est finance par le FEDER (Fonds Euro-pen pour le Dveloppement Economique des Rgions).

    Objectifs Lobjet du projet ECOMIND est daccrotre la perfor-mance de laccompagnement des PME lco-innova-tion, partant du constat que les entreprises souffrent dun dcalage important entre leurs ides innovantes et leurs marchs correspondants.

    Mthode ECOMIND rassemble des experts qui vont dvelopper des outils et formations aux petites entreprises en ma-tire denvironnement afin daider leur dveloppement et les aider souvrir de nouveaux marchs

    La mthode du projet est de :

    dfinir les priorits et les potentialits des marchs, et reprer les atouts de lco-entreprise,

    analyser et comprendre les besoins dappui de lco-innovation dans les co-entreprises (innovation pro-duit, innovation process)

    dlivrer un appui cibl et intensif,

    dissminer et vhiculer les enseignements du projet favoriser le dveloppement de clusters thma-tiques.

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Action En aidant plus de PME-PMI innover lors de la concep-tion de leurs projets, ECOMIND vise stimuler linno-vation dans les rgions, renforcer la croissance et am-liorer la capitalisation des connaissances. Lensemble contribuera directement la stratgie europenne pour linnovation et lconomie de la connaissance et atteindre les objectifs de Gteborg visant faire de lEurope un leader mondial du dveloppement durable.

    Rsultats Dans la cadre du projet, les partenaires transfrontaliers assisteront de manire intensive plus de 270 entre-prises et viendront en aide 600 autres via la tenue de diverses activits transfrontalires (salons, exposi-tions, ateliers de travail, sminaires, visites dtudes).

    Pour plus dinformations

    Partenaire :

    Hatice ANIS - E-mail : h.anis@cd2e.com- CD2E

    Cration Dveloppement DEco-Entreprises

    Rue de Bourgogne Base 11/19

    62750 Loos-en-Gohelle

    Tlphone : + 33 (0) 3 21 13 06 80

    www.cd2e.com

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Formation aux Economies dEnergie des entreprises et artisans du BtimentLa rnovation nergtique, a sapprend!

    Pays France

    Population cible Les modules FEE Bat sont ouverts tous les chefs dentreprise, salaris et artisans ralisant des travaux dans les btiments.

    Contexte Le FEE Bat a t construit en 2008 sous lgide des pouvoirs publics DGEC, DHUP et DAE, de lADEME et dun Comit de pilotage compos de la CAPEB, la FFB, la FF3C, la FEDENE, la FNSCOP, lAFG et lUFE. Il est coordonn par le Club Certificats dconomies dnergie de lATEE et mis en place avec le soutien de lADEME, de la CAPEB, dEDF et de la FFB. De plus, il est suivi par la DGEFP dans le cadre de ses relations avec les organismes collecteurs de fonds de la formation professionnelle concerns.

    Objectifs FEE Bat propose un dispositif de formation adapt aux conomies dnergies des entreprises et artisans du btiment. Les professionnels constituent la premire source dinformation des mnages et de conseil sur les travaux et la matrise de lnergie, ils doivent donc tre en mesure de proposer leurs clients des ana-lyses nergtiques globales et des solutions intgres damlioration nergtique touchant la fois lisola-tion du btiment, lefficacit nergtique des quipe-ments, les nergies renouvelables, la maintenance du btiment dans son ensemble

    Pour rpondre aux besoins de formation ncessaires laccomplissement des engagements du Grenelle de lenvironnement, lobjectif global du dispositif de for-mation FEE Bat a t port 120 000 stagiaires forms (artisans, salaris et chefs dentreprise du Btiment) dici fin 2012.

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Mthode FEE Bat aborde les conomies dnergie en termes techniques, environnementaux, en matire dargu-ments de vente, de qualit de travaux, etc. Le mar-ch de la rnovation nergtique concerne tous les mtiers du Btiment (carrelage, charpente, lectricit, isolation, maonnerie, menuiserie, plomberie, etc). Les formations FEE Bat permettent daccder ce mar-ch dans les meilleures conditions. Les formations permettent de connatre les techniques performantes de rnovation nergtique, dchanger avec les autres mtiers pour une vision globale de la rnovation et des solutions complmentaires pouvant tre mises en uvre, de disposer de personnels forms et comp-tents pour une mise en uvre optimale des solutions performantes et de rpondre aux attentes des clients.

    Action Le dispositif national de formation FEE Bat est articul autour de trois modules :

    Module 1: identifier les lments clefs dune offre globale damlioration nergtique des btiments existants, laborer les diffrentes solutions tech-niques et matriser leurs interactions ;

    Module 2 : matriser les outils pour mettre en uvre une offre globale damlioration nergtique des btiments existants ;

    Module 3 : connatre, matriser et mettre en uvre les groupes de technologies performantes damlio-ration nergtique des btiments.

    Ce dernier module est dclin en 9 sous-modules : isolation des parois verticales opaques et des plan-chers bas ; isolation des toitures et des planchers hauts ; ouvrants, fermetures et protections solaires ventilation ; chauffage eau chaude ; chauffage air ; eau chaude sanitaire ; clairage et autres quipements lectriques ; climatisation et rafrachissement.

    De plus, pour aider au dploiement des formations et inciter les professionnels se former, une campagne nationale de communication finance par lADEME est en cours. Lobjectif : amener les professionnels sur le site feebat.org pour quils sinforment et sinscrivent aux formations.

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Rsultats A fin avril 2010, FEE Bat comptait plus de 23 000 par-ticipants aux formations dconomies dnergie avec un dploiement dans toutes les rgions. 92% des participants ont soulign une richesse des changes, lie des sessions qui runissent plusieurs corps de mtier (gros uvre, isolation, quipements tech-niques). Elle constitue la vritable valeur ajoute du dispositif. A lissue des formations, 65% des par-ticipants souhaitent aller vers la mise en place dune approche globale pour proposer leurs clients des solutions globale de rnovation et 60% en partena-riat avec dautres entreprises ou artisans.

    Pour plus dinformations

    Contact: Graldine Gauthier / Valentine Palomba

    Tel : +33 (0)1 56 03 14 53

    feebat.presse@i-e.fr

    www.feebat.org

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Forem Formation EnvironnementDes formations davenir

    Pays Belgique

    Population cible Chefs dentreprise, travailleurs, demandeurs demploi, apprentis, enseignants ou tudiants

    Contexte FOREM Formation Environnement est le Centre de com-ptence de la Rgion wallonne dans le secteur de la gestion environnementale, la gestion des dchets et la gestion des nergies, en ce compris lutilisation ration-nelle de lnergie (URE) et les nergies renouvelables. Labellis depuis 2005, le centre est install sur le site Initialis le parc scientifique de Mons.

    Objectifs Dans une approche la fois transversale la gestion de lenvironnement au sens large et spcifique lusage de technologies particulires -, le Centre de comp-tence Forem Formation Environnement favorise la complmentarit et les synergies avec les filires de la formation traditionnelles, par des modules courts de perfectionnement ou de spcialisation.

    Mthode Les entreprises et leurs travailleurs peuvent accder aux formations de Forem Formation Environnement de deux faons:

    soit en se joignant une formation en modules avec la possibilit de slectionner le(s) module(s) de leur choix,

    soit en constituant un groupe pour lequel une forma-tion sur mesure sera dveloppe.

    Des formations sont aussi prvues pour les entreprises et les professionnels.

    Enfin, Forem Formation Environnement propose des formations pour les enseignants et les tudiants.

    Les diffrentes formations de Forem Formation Envi-ronnement rpondent des rfrences de qualit en termes de procdure et de suivi. Grce cela, elles ont reu une certification des comptences acquises agre ISO 9001. Ce certificat reprsente un gage de qualit pour les employeurs.

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    Economie et emploi : les Green jobs

    ActionLe Centre de comptence Environnement offre une in-frastructure le btiment qui labrite est en lui-mme un outil didactique grandeur nature et des quipe-ments de pointe. La plupart des thmatiques abordes en formation font lobjet de dveloppements adapts aux demandes spcifiques des coles.

    Chaque anne, FOREM Formation Environnement par-ticipe aux actions de formation collectives pour la formation continue des enseignants. Les actions ont galement pour objectif doffrir aux jeunes de lensei-gnement la possibilit de dcouvrir et de pratiquer des mthodes et des techniques de pointe en lien avec leur domaine dapprentissage. Si elles ne font pas nces-sairement partie de leur programme denseignement, ces mthodes et ces techniques reprsentent la ralit de demain, sinon daujourdhui, dans les secteurs de lnergie, des dchets et de lenvironnement.

    Rsultats Le centre propose aujourdhui une trentaine de forma-tions sur la gestion des dchets, gestion de lnergie, gestion environnementale, qualit scurit environne-ment et dveloppe depuis peu des modules de forma-tions spcifiques aux nergies renouvelables : hydro-lectricit, biomasse, photovoltaque.

    Pour plus dinformations

    Centre de Comptence FOREM Formation Environne-ment

    Parc Initialis, Rue Pierre et Marie Curie7000 MONS

    Tel : +32 (0)65 88 10 20

    www.formation-environnement.be

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Quelque chose faire asbl (QCAF)Une entreprise de formation par le travail

    Pays Belgique

    Population cible Les jeunes en difficults sur le march du travail ou en risque dexclusion

    Contexte Quelque Chose Faire est une asbl reconnue comme Entreprise de Formation par le Travail, cre en 1982 par Roger Vantournhout qui souhaitait aider les jeunes exclus et leur fournir loccasion dapprendre un mtier par le travail dans le secteur du btiment.

    Objectifs Quelque Chose Faire vise linsertion sociale et pro-fessionnelle des stagiaires par lapprentissage dun mtier du btiment sur des chantiers rels.

    Mthode Au quotidien, la formation, laccompagnement social, le suivi pdagogique et la valorisation du travail ralis pour les clients donnent des outils aux stagiaires pour construire leur vie et reprendre pied dans la socit.

    Action Active dans le domaine de la construction, lentre-prise propose des travaux de maonnerie, de peinture, de toiture, de plomberie, de menuiserie, etc. En tant quEFT, elle accueille en permanence une soixantaine de personnes peu qualifies

    et les forme aux mtiers quelle pratique. Ces sta-giaires effectuent leur formation sur des chantiers rels, encadrs par des formateurs. Le stage dure 18 mois maximum.

    Depuis plusieurs annes, QCAF sest lance dans lco-construction. Elle propose des enduits chaux et terre, de lisolation naturelle (soufflage de cellulose de pa-pier), des

    peintures cologiques, etc. Par ailleurs, pour faire face aux problmes aigus de logement des stagiaires quelle encadre, lEFT a cr en 1994 avec dautres partenaires lAsbl Relogeas. Celle-ci travaille dvelopper des lo-gements sociaux, raliss par les stagiaires de QCAF et dont certains dentre eux peuvent bnficier.

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Rsultats Loffre reste toutefois encore nettement insuffisante par rapport la demande et ne rpond pas non plus toutes les situations. Cest pourquoi, QCAF a com-menc dvelopper deux nouveaux projets pilotes. Le premier sintitule Pack isolation . Lobjectif est doffrir aux personnes qui habitent des maisons mal isoles mais qui nont pas les moyens de payer le cot dune isolation, la possibilit de faire appel un tiers investisseur et de se faire accompagner dans les tra-vaux disolation.

    Le deuxime projet vise encadrer des personnes qui souhaiteraient se lancer dans lauto-construction de leur habitat de manire cologique, en minimisant au maximum la consommation nergtique des bti-ments construits.

    Pour plus dinformations

    Quelque chose faire

    Rue Monceau-fontaines, 42/4

    6031 Monceau-sur-Sambre

    Tl : +32 (0)71 31 78 52

    qcaf@qcaf.be

    www.qcaf.be

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Casablanco: Travailler en apprenant!Mise lemploi formative et productive de personnes en difficult

    Pays Belgique

    Population cible Personnes en difficult sur le march du travail : des demandeurs demploi peu qualifis, des chmeurs de longue dure, des personnes dpendant des CPAS

    Contexte Casablanco est une asbl bruxelloise reconnue comme Initiative Locale de Dveloppement de lEmploi (ILDE). Casablanco est n en 2000, suite une srie de constats qui sont plus que jamais dactualit :

    Un nombre important de demandeurs demploi habi-tant la Rgion de Bruxelles-Capitale sont sous-qualifis et ont des difficults trouver un premier emploi. De ce fait, il leur est impossible dacqurir lexprience professionnelle ncessaire pour se positionner favora-blement sur le march du travail.

    Le secteur de la construction connat une pnurie structurelle de main duvre qualifie et suffisamment exprimente que pour tre oprationnelle ds lenga-gement.

    Les besoins en infrastructures et en logements adapts et financirement accessibles la majorit des Bruxel-lois sont normes. A linverse, les moyens attribus la rnovation des btiments dans ces secteurs sont rduits.

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Objectifs Lassociation Casablanco vise linsertion profes-sionnelle de personnes en difficult sur le march du travail. Casablanco organise pour ces personnes une exprience de travail dans les mtiers du btiment. Lobjectif est double :

    Procurer de lemploi aux demandeurs demploi dfavo-riss sur le circuit du travail rgulier ;

    organiser des services satisfaisant des besoins col-lectifs de socit qui ne sont pas ou pas assez rencon-trs par le circuit du travail classique.

    Par les travaux raliss pour des asbl et des particu-liers avec des revenus faibles, Casablanco participe lamlioration du cadre de vie dans la Rgion bruxel-loise.

    Mthode Les travailleurs bnficiaires de Casablanco ont un contrat douvrier. Casablanco les accompagne du re-crutement jusquau passage vers le march du travail classique. En effet, aprs un ou deux ans de travail Casablanco, ils sont prts, le plus souvent, entamer une carrire professionnelle, un nouveau dpart.

    Casablanco est enregistr comme entrepreneur de tra-vaux (parachvement) et propose ses services de rno-vation des associations (asbl), des organisations dintrt public et des particuliers se trouvant dans les conditions daccs au logement social. Par les tra-vaux raliss, Casablanco participe lamlioration du cadre de vie des habitants de la Rgion bruxelloise, en particulier de celui des populations dfavorises habi-tant dans les quartiers dgrads.

    Action Lun des projets actuels est le Partenariat Rnovation-Insertion Forest ou simplement PRIF. Ce projet, finan-c par la Rgion de Bruxelles-Capitale et la Commune de Forest, vise amliorer la qualit de lhabitat priv des personnes peu aises et celle des infrastructures dans le quartier Saint-Denis, en prenant en charge le cot des rnovations lexception du cot des mat-riaux. Lquipe du PRIF est compose de 5 personnes : un coordinateur mi-temps, 2 travailleurs polyvalents qualifis en rnovation intrieure et 2 aides qui les travailleurs qualifis transmettent leurs comptences.

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Rsultats En 2009, Casablanco a permis 47 personnes de tra-vailler, dont 31 du groupe cible. Parmi ces personnes plus fragilises, 6 ont trouv du travail aprs avoir quitt Casablanco, une personne est devenue indpen-dante et 2 ont commenc une formation. Il apparat que plus de 64% des personnes qui sont passes par Casablanco trouvent du travail et que 21% suivent une formation ou poursuit son propre projet.

    Du ct des chantiers, Casablanco avait 59 chantiers son actif en 2009 :

    26 projets de rnovation dont 8 de logements so-ciaux et 18 pour des familles bas revenus

    18 projets dinfrastructures collectives ou associa-tives, dont 9 projets dans des coles nerlando-phones

    15 projets de rnovation de faades

    De plus, Casablanco a travaill sur Mundo-B, la Maison du Dveloppement Durable de Bruxelles, o 2000m ont ts rnovs avec des co-matriaux.

    Pour plus dinformations

    Casablanco

    Quai de lIndustrie 121C - 1080 Bruxelles

    Tel: +32 (0)2 527 57 75

    Coordination : Simon VERSTRAETEN

    casa@casablanco.be

    www.casablanco.be

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    Economie et emploi : les Green jobs

    Le Rseau Chnelet Construction : social, solidaire, conomique, cologiqueDvelopper lemploi local par la cration

    de logements sociaux performants et accessibles

    Pays France

    P o p u l a t i o n cible

    Personnes en difficults sur le march du travail et les habitants des logements sociaux

    Contexte Entreprise solidaire (Scop SA), le groupe Chnelt est engag depuis plus de 20 ans dans linsertion sociale et professionnelle prs de Boulogne-sur-mer. En 2008, Franois Marty et les organisations co-fondatrices crent le Rseau Chnelet qui a pour objectif de r-pondre la pnurie de main duvre qualifie dans le secteur du btiment, dassurer linsertion par le travail des personnes en difficults et dagir concrtement sur le phnomne de prcarit nergtique en contri-buant la cration de logement sociaux accessibles et conomes.

    Objectifs Le rseau Chnelet Construction a trois objectifs com-muns:

    Rendre la performance environnementale de lhabitat accessible tous

    Agir pour lconomie solidaire et pour linsertion de personnes pas ou peu qualifies

    Intervenir prioritairement pour le logement social, afin que les avances environnementales bnficient aux personnes les plus concerns par les enjeux de sant publique et dconomie domestique.

  • 82

    Economie et emploi : les Green jobs

    Mthode Le rseau Chnelet Construction propose de crer du logement social sous forme dhabitat cologique, conu en concertation avec les habitants, sobre en nergie, accessible tous et recourant aux matriaux colo-giques localement disponibles. La construction de ces logements sappuie sur des entreprises dinsertion du rseau qui recrutent des personnes pas ou peu quali-fies, en difficult sociale et en dveloppant lemploi local. Ce projet permet in fine laccs lhabitat colo-gique pour tous et de former toute une main duvre aux techniques de construction cologique.

    Chnelet Construction cest aussi une assistance appor-te aux lus, commanditaires et prescripteurs pour assurer aux projets les conditions conomiques, juri-diques et foncires ncessaires aux ralisations de qua-lit, en concordances avec les volonts socitales pr-cdemment dcrites.

    Action Concrtement, Chnelet Construction sattle trois types de constructions de logement social : les mai-sons en ossature en bois et terre crue, les maisons bois massif isol et les maisons bois-paille. Les matriaux utiliss proviennent du territoire (argile des carrires du Boulonnais, bois provenant des coupes dclaircie des forts du Pas-de-Calais, sous-produits invitables de lindustrie locale).

    Rsultats 140 salaris dont 85 ETP en insertion.

    14 oprations dco-construction sociale, soit une cen-taine de maisons, ont t entreprises, dans le Centre, lle-de-France, le Nord Pas-de-Calais. Dont :

    4 maisons en ossature bois et terre crue sur le site de Chnelet Landrethun le Nord (62)

    10 maisons bois massif isol sur led site de Saint-De-nis (93) et de Loos en Gohelle (62)

    De plus, un projet de maisons bois-paille actuellement en cour pour la ralisation dun monastre Bthune, selon les techniques GREB

    En plus, Chnelet Construction a dvelopp son rseau dans toute la France et propose des cycles de formation lco-construction et une certification des projets.

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    Pour plus dinformations

    Chnelet Construction 28 rue de Moyecques 62250 Lan-drethun le Nord

    Tel: +33 (0)3 21 92 71 96

    Franois Marty (prsident)

    fmarty@chenelet.org

    http://chenelet.org/

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    Lnergie au cur du logement durable

    Association Igloo France: un toit pour linsertionPour une intgration globale par le logement et lemploi

    Pays France

    P o p u l a t i o n cible

    Personnes en difficults sur le march du travail et les habitants des logements sociaux (familles en particu-lier)

    Contexte Lassociation Igloo-France regroupe lUnion Sociale pour lHabitat, la Fdration Nationale des Associations de Rinsertion Sociale, la Fdration Nationale des PACT, la Mutualit Sociale Agricole et cinq confdrations syndicales (la CFDT, la CFTC, FO, la CGT et la CFE-CGC)

    Objectifs Une dmarche Igloo part des problmes et des spci-ficits de la famille. Elle a pour but de favoriser une dynamique de retour lemploi, tout en ouvrant laccs un logement prenne et adapt.

    Mthode La dmarche Igloo se caractrise par :

    la participation active de la famille

    un partenariat fort et engag des dcideurs et des ac-teurs de lhabitat, de laccompagnement social et de linsertion professionnelle

    un mode de production du logement au service du projet de linsertion professionnel de lhabitant

    Les projets Igloo sappuient sur un dveloppement in-tgr logement-formation-emploi-accompagnement social , fond sur la participation active des personnes en difficult la conception et la ralisation de leur logement. Ceux-ci permettent de rinscrire ces per-sonnes en difficult dans une dynamique dinsertion dont le chantier nest quune tape afin de permettre un retour lemploi ou une remise en activit de manire durable.

    Action Lacquisition de comptences doit se faire par lorgani-sation et la mise en uvre de formations profession-nelles, de mise niveau et dadaptation lemploi loccasion de chantiers ordonns par les collectivits territoriales. Le chantier de construction ou de rhabi-litation de logement est le support du parcours dinser-tion professionnelle.

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    Lnergie au cur du logement durable

    Rsultats Avec Igloo, plus de 300 familles, soit plus de 700 per-sonnes ont repris confiance en elles et se sont rins-crites dans une vie sociale normale et dans un parcours de retour lemploi, en sinvestissant dans le logement quelles ont construit ou rhabilit. Les bnficiaires sont toujours dans leur logement, lentretiennent, et sont jour de leur loyer. Ils nont pas de problme de voisinage. Ils nont, pour la trs grande majorit, plus besoin dun accompagnement social.

    En termes de cot global, une dmarche Igloo est infini-ment moins coteuse que la prise en charge sociale pen-dant des annes dune famille en difficult. La qualifi-cation et linsertion professionnelle lies la dmarche lui assurent une autonomie durable. Aujourdhui, plus de 180 nouveaux logements sont en projet ou en cours de ralisation.

    Pour plus dinformations

    Igloo France 14 rue Lord Byron

    75384 Paris cdex 08

    Tel : +33 (0)1 40 75 70 44

    igloo@union-habitat.org

    http://www.igloo-habitat.org/

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    Lnergie au cur du logement durable

    Lnergie au cur du logement durable

    Les changements climatiques sont une ralit et leur mise lagen-da a paralllement renforc des proccupations environnementales connexes comme la qualit de lair (intrieure et extrieure), la pollu-tion des sols ou lutilisation de ressources renouvelables dans la pro-duction des matriaux. Pourtant, malgr cette prise de conscience, les prvisions de rchauffement de la plante, de dgradation ou dpuisement des ressources naturelles semblent toujours tre re-vues la hausse : record des tempratures, moussons rptition, inondations, canicules, temptes, incendies, jamais les effets du changement climatique ne se sont fait autant sentir que dans la der-nire dcennie.40

    Si personne ne peut plus ignorer lurgence environnementale ac-tuelle, peu encore font concrtement le pas vers des pratiques plus durables. Pourtant, nos foyers sont au cur denjeux environnemen-taux importants. De la construction son exploitation, une habi-tation a un impact rel sur son environnement. En Europe, durant tout son cycle de vie (construction, transformation, exploitation et dconstruction), le btiment est responsable de 50% du total des ressources naturelles exploites, de 40% des consomma-tions dnergie, de plus de 30% des missions de CO2, de 16% des consommations deau et de 40% de la production des d-

    40. Pour plus dinformation sur les effets des changements climatiques et les dmarches europennes en la matire, consultez notre cahier n18, crit en collaboration avec la Fondation MAIF Europe et risques climatiques , septembre 2009.

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    Lnergie au cur du logement durable

    chets.41 Au vu de tels chiffres, on comprend rapidement la centralit du logement dans les dbats nergtiques et environnementaux.

    Ds lors, quest-ce quun logement respectueux de lenvironnement ? On entend beaucoup parler de maisons passives, de bioclimatisme, dco-construction, dnergie verte, de performance nergtique des btiments, de basse nergie, de niveau K ou E, de facteur U, de norme HQE,... derrire tout ce jargon technique se cache pourtant une ralit trs concrte parfois faite de principes simples et de pratiques applicables au quotidien.

    Bien entendu, les aspects environnementaux du logement comportent des dimensions techniques importantes, dont lapprofondissement nest pas lobjectif de cet ouvrage. Nous nous contenterons donc dun tour dhorizon permettant den soulever les enjeux environnementaux pertinents.

    Rduire limpact environnemental du logement passe indubitablement par la rduction de sa consommation en nergie fossile. Que ce soit lnergie utilise lors de la construction, rnovation ou exploitation dun btiment, la consommation nergtique est rduire tout prix. Dans cette ligne, la Performance Energtique des Btiments est un outil dvaluation important, mais la production dnergie verte et le choix des matriaux de construction sont galement des lments dterminants.

    41. Bruxelles Environnement IBGE, Rnover et construire, 100 conseils pour respecter lenvironnement et conomiser lnergie , avril 2007.

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    Lnergie au cur du logement durable

    1. Energie : consommer moins et mieux....

    1.1 La Performance Energtique des Btiments (PEB)

    Le btiment et en particulier les logements reprsentent un gisement norme dconomie dnergie. Cest pourquoi lamlioration de la performance nergtique est une priorit de lUnion Europenne qui la inscrite dans une directive sur la Performance Energtique des Btiments (PEB), dont la rcente refonte en mai 2010 (directive 2010/31/UE)42 a encore renforc les exigences nergtiques, avec ses objectifs de constructions consommation dnergie quasi nulle dici 2020, le renforcement du rle moteur des autorits publiques, lharmonisation des modes de calcul de la PEB et lextension de lusage des certificats PEB.

    La Performance nergtique dun btiment est la quantit dner-gie calcule ou mesure ncessaire pour rpondre aux besoins ner-gtiques lis une utilisation normale du btiment, ce qui inclut lnergie utilise pour le chauffage, le systme de refroidissement, la ventilation, la production deau chaude et lclairage.

    Extrait de la Directive 2010/31/UE du Parlement Europen et du Conseil du 19 mai 2010 sur la Performance Energtique des Bti-ments.

    42. Une synthse de la directive et les documents officiels sont disponibles sur : [http://europa.eu/legislation_summaries/energy/energy_efficiency/en0021_fr.htm]

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    Lnergie au cur du logement durable

    La nouvelle version de la directive PEB devra tre transpose par les tats Membres pour le 9 juillet 2012, mais que change-t-elle concrtement ?43

    Dans le cadre des objectifs 20-20-20 (rduire de 20% la consommation dnergie primaire dici 2020 afin de garantir la scurit nergtique de lUE et de lutter contre le changement climatique), lUnion Europenne et ses tats membres se sont lancs dans le gigantesque dfi damliorer la performance nergtique du secteur du btiment, particulirement glouton en nergie et responsable dun pourcentage consquent dmissions de CO2. Pour ce faire, lancienne directive (2002/91/CE) en la matire a t rvise et simplifie de faon renforcer les lignes de conduite des tats membres sur la performance nergtique des btiments.

    Lobjectif principal de la directive de 2010 est dvoluer vers des btiments consommation dnergie quasi nulle . Lide est qu partir de 2020, lon ne construira plus que des btiments peu nergivores voire passifs, et sils consomment encore de lnergie, celle-ci devra provenir de sources renouvelables. Les autorits publiques joueront l un rle dexemple important puisquil est prvu que tout nouveau btiment public (quil soit construit ou occup par lautorit publique) devra rpondre ces critres dici 2018.

    Cette nouvelle directive sappuie sur :

    une mthode de calcul global de la PEB : cette mthode devra in-clure de faon holistique les diffrents lments entrant en compte dans la dperdition dnergie dun btiment (isolation, chauffage, clairage, espace, capacit thermique, exposition, ) ;

    la fixation dexigences minimales par les tats Membres pour les btiments neufs et existants (lorsque ceux-ci font lobjet dune r-novation majeure) ;

    des certificats de performance nergtique dlivrs par un orga-

    43. Document utile du European Council for an Energy Efficient Economy sur la directive PEB : Guide to Frequently Asked Questions on the recast of the Energy Performance of Buildings Directive, dont une version est disponible sur [http://www.logementdurable.eu/?attachment_id=1196]

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    Lnergie au cur du logement durable

    nisme indpendant : ces certificats devront tre publis lors de la vente ou location dun btiment priv et affichs dans les btiments publics de plus de 500m ;

    la mise en place de plans nationaux afin de promouvoir la construction de btiments consommation dnergie quasi nulle ;

    des inspections rgulires dinstallations existantes.

    Sil relve toujours de la responsabilit des tats Membres de dfinir les objectifs chiffrs concernant les exigences minimales et leur application concrte, la nouvelle directive se montre plus stricte dans le respect de ses exigences (notamment par des amendes en cas de non-respect ou non-action) et de ses mthodes de calcul.

    Lon pourra cependant regretter la faiblesse des exigences en matire de rnovation des btiments existants. En effet, la Belgique possde un parc immobilier relativement vieux en comparaison avec dautres pays europens : 15 % du parc immobilier date davant 1919 et 17 % remonte entre 1919 et 1945, ces pourcentages sont respectivement de 11 % et 12 % en moyenne, en Europe. La proportion de logements anciens est plus importante en Wallonie, alors que les constructions neuves sont largement suprieures en Flandre.44 En France, les rsidences principales reprsentent 82 % de lensemble des logements du parc mtropolitain. Les logements construits aprs 1999 forment 11 % du parc alors que ceux construits avant 1949 en constituent 34 %.45

    Avec prs dun tiers du parc de logement datant davant 1945, lon comprend le potentiel (et lurgence) norme de la rnovation nergtique, tant en France quen Belgique. Toutefois, la directive a fait un pas important en abrogeant le critre des 1 000 m dun btiment pour quune rnovation soit considre comme majeure et donc soumise des critres de performance nergtique. Cela signifie prsent quune rnovation majeure est dfinie (au choix de ltat Membre) comme :

    44. T. de Meester, Low Energy Housing Retrofit Guide de la rnovation basse nergie des logements en Belgique , Louvain-La-Neuve, 2009, [www.lehr.be]45. Commissariat Gnral au Dveloppement Durable, La structure du parc de logements en 2009 , Chiffres et statistiques, n138, juillet 2009.

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    Lnergie au cur du logement durable

    une rnovation dont le prix dpasse 25% de la valeur totale du bti-ment (sans le terrain) ;

    une rnovation couvrant plus de 25% de la surface du btiment.

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    Lnergie au cur du logement durable

    1.2 Vers des btiments conomes

    Au del de ces considrations rglementaires, quelles sont les dis-positions mettre en uvre pour amliorer concrtement lefficacit nergtique dun btiment ?

    Avant toute chose, et a fortiori lors dune rnovation, il faut faire un diagnostic, poser les objectifs atteindre, valuer les priorits et imaginer des scnarios. Un btiment est un systme et chaque opra-tion aura un effet sur lensemble. Ainsi, il est important de connatre les points faibles du systme, didentifier les techniques pour y re-mdier et ensuite seulement de choisir les matriaux adapts.

    Que lon parle de construction ou de rnovation, quatre grands prin-cipes sont essentiels pour qui veut conomiser lnergie.46

    Premier lment, lisolation

    Dans un btiment mitoyen, les pertes de chaleur sont dues pour 30% aux murs, 30% aux fentres, 25% la toiture et 15% au sol du rez-de-chausse. Isoler votre logement vous protge des carts de temprature extrieure et stabilise celle qui rgne lintrieur. Vous devez donc moins chauffer et, de ce fait, vous rduisez vos cots nergtiques.47

    Dans une maison passive, pour limiter les pertes de chaleur, lenve-loppe du btiment sera trs paisse (20 40 cm selon les endroits et le type disolant), les fentres seront galement performantes et la couche disolation sera la plus continue possible (afin dviter au maximum les ponts thermiques).48 Cette isolation performante per-

    46. A. Deneyer, Efficacit nergtique des btiments : un peu dhistoire , laboratoire Lumire et btiment du CSTC, [http://bit.ly/gmlWLH]47. Bruxelles Environnement IBGE, Rnover et construire, 100 conseils pour respecter lenvironnement et conomiser lnergie , avril 2007.48. Plate-forme Maison Passive, Quest-ce quune maison passive , [www.maisonpassive.be]

  • met dobtenir un niveau K entre 10 et 20 (voir glossaire) avec la cl des dperditions nergtiques extrmement faibles.

    En matire de rnovation, lisolation de la toiture est gnralement le premier geste faire pour rduire sa facture dnergie, car le toit concentre une part importante des dperditions. Ds lors, il est sou-vent inutile de vouloir renforcer lisolation des murs tant que la toi-ture ne lest pas. De mme, apposer un double vitrage naura que peu deffet si les murs eux-mmes ne sont pas thermiquement perfor-mants. Lisolation doit se penser de manire globale.

    Aprs le toit, les murs extrieurs et le sol prsentent galement un potentiel dconomie dnergie important. En Wallonie par exemple, lon estime que prs de 64% des logements ne possdent pas de pa-rois extrieures isoles, mme si cela devient une proccupation de mieux en mieux assimile.

    Pourcentage des logements ayant des murs extrieurs isols

    (Source : Enqute-qualit 2007 DGATLP, MRW)49

    Enfin, il convient galement de penser isoler certaines pices de vie par rapport des pices pas ou peu occupes (la cage descaliers, le garage ou la cave par exemple). Les besoins de chaleur tant diff-rents, lisolation des pices les plus importantes permet dviter de chauffer lensemble du btiment.

    49. T. de Meester, Low Energy Housing Retrofit Guide de la rnovation basse nergie des logements en Belgique , Louvain-La-Neuve, 2009, [www.lehr.be]

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    Lnergie au cur du logement durable

    La dtermination des besoins en isolation peut facilement tre va-lue par un audit nergtique, permettant didentifier les sources de dperdition (par camra thermique par exemple) et le rendement des installations (chaudire, etc.). Les conseillers en nergie peuvent galement fournir des valuations pertinentes et des outils nerg-tiques intressants.

    Dun point de vue technique, que lon parle des murs ou du toit, de construction ou de rnovation, lisolation peut se faire de trois faons diffrentes :

    par lextrieur : souhaitable dans le cas de toits plats et pour les murs extrieurs (mais pas toujours possible pour des raisons urba-nistiques) ;

    par lintrieur : souhaitable pour les toits en pente, moins pour les murs extrieurs car cela augmente le risque de condensation ;

    par comblement : beaucoup de maisons construites dans les an-nes 1970-80 possdent un double mur, crant un creux destin lorigine la ventilation, qui peut alors tre combl par un matriau isolant.

    Enfin, lon ne peut parler disolation sans parler dtanchit lair. En effet, les infiltrations dair dans le btiment sont dues des points faibles de lenveloppe isolante (constituant une partie des ponts thermiques potentiels voir glossaire) et doivent tre limites car elles entranent des dperditions de chaleur et donc une consom-mation dnergie supplmentaire, mais peuvent galement entra-ner des problmes dhumidit et des courants dair inconfortables. Il faut donc assurer une bonne tanchit lair tout en garantissant une ventilation optimale, essentielle pour le renouvellement de lair. Ltanchit dun btiment est mesure par infiltromtrie , qui consiste crer une diffrence de pression entre lintrieur et lext-rieur du btiment ferm laide dun ventilateur.50 Ce test est par ailleurs obligatoire pour toute construction passive.

    50. T. de Meester, Low Energy Housing Retrofit Guide de la rnovation basse nergie des logements en Belgique , Louvain-La-Neuve, 2009, [www.lehr.be]

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    Lnergie au cur du logement durable

    Deuximement, les installations

    Que ce soit pour la production deau chaude ou pour le chauffage, les innovations fleurissent pour ces installations et il y a galement un grand potentiel du ct des nergies renouvelables (voir plus loin). Avant toute chose, il est important de disposer dune installation au rendement optimal (consommant peu et peu polluante). Ensuite, de garantir une distribution rduisant les pertes de chaleur au mini-mum (par exemple en isolant les conduites et/ou en rduisant leur longueur). Enfin, la rgulation des tempratures permet dconomi-ser rapidement de lnergie.

    Concernant le chauffage en particulier, lorsque lon sait quil peut at-teindre 40 50% de la facture nergtique des mnages, on comprend pourquoi lon cherche tant se chauffer mieux tout en consommant moins dnergie. Si une maison passive peut quasiment se passer de chauffage, une maison classique aura des besoins bien diffrents. Beaucoup de nouvelles techniques sont disponibles pour qui veut trouver une chaudire adapte ses besoins et au type de son loge-ment : chaudire basse temprature, condensation, cognra-tion... au mazout ou, prfrablement, au gaz, bien quil existe gale-ment dautres sources dnergie (pellets, pompe chaleur voir plus loin) dont le rendement ne doit pas tre oubli. Enfin, lefficacit des installations dj existantes peut tre amliore par un entretien rgulier et par une rflexion gnrale sur les corps de chaleur (dis-position et caractristique des radiateurs, pertinence dun chauffage par le sol, ...).

    Troisimement, la ventilation

    Ce nest pas parce quun btiment est parfaitement isol et tanche quil ne doit pas tre ventil. Une ventilation performante assure une bonne qualit de lair intrieur ainsi que lvacuation de lhumidit sans perte de chaleur importante. De nouveaux systmes innovants permettent, en effet, de rcuprer la chaleur de lair sortant et de prchauffer ainsi lair entrant. Cependant, la ventilation des immeubles

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    reste problmatique en Belgique et peu de ces technologies sont mises en uvre.51

    Quatrime lment, lclairage

    En termes dclairage aussi on peut conomiser de lnergie. Dabord en privilgiant lclairage naturel, par exemple par des fentres et baies vitres bien isoles, sans oublier les dispositifs permettant dviter les surchauffes en t (par des crans extrieurs ou autre pro-tection solaire). Pour ce faire, une bonne orientation de la maison est capitale, cest dailleurs un principe important du bioclimatisme (voir glossaire). Ensuite, en choisissant des luminaires performants, les innovations dans ce domaine sont dailleurs nombreuses : lampes LED, ampoules conomiques, mais aussi luminaires non blouis-sants et plus lumineux.

    51. A. Deneyer, Efficacit nergtique des btiments : un peu dhistoire laboratoire Lumire et btiment du CSTC, [http://bit.ly/eqNAoD=137]

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    2 ... mais aussi produire son nergie

    Face la fluctuation des prix de lnergie, il est parfois trs int-ressant de la produire soi-mme, partir de sources renouvelables et/ou gratuites, comme le soleil par exemple, permettant ainsi une constance des cots et une garantie minimale de retour sur investis-sement. Dautant que les primes et dductions fiscales sont souvent l pour aider passer le cap.

    Les nergies de sources renouvelables sont des nergies de flux (par opposition aux nergies fossiles et fissiles qui sont des nergies de stock), qui se rgnrent en permanence au rythme du soleil et de ses drivs (le vent, les cours deau, les vagues, les courants marins, la chaleur naturelle et la croissance de la biomasse), ainsi que des mares et de la chaleur naturelle de la terre.52

    Toutes les sources dnergie renouvelables ne sont pas pertinentes lchelle dun btiment rsidentiel. Par exemple, lolien et lner-gie hydraulique sont surtout utiliss pour la production dlectri-cit grande chelle. Cependant, plusieurs applications peuvent sadapter aux besoins des mnages et de leurs maisons.

    52. Dfinition de lAPERe (Association pour la promotion des nergies renouvelables) [www.apere.org]

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    Lnergie au cur du logement durable

    2.1 Le soleil

    Lune des sources dnergie la plus vidente et de plus en plus uti-lise est celle du soleil. On distingue gnralement deux types de panneaux solaires permettant de capter et transformer lnergie du rayonnement solaire.

    Les panneaux solaires thermiques

    Ces panneaux permettent dutiliser directement la chaleur produite par les rayonnements solaires en en optimisant la rcupration. Les rayonnements solaires sont alors convertis en nergie calorifique, permettant la production deau chaude sanitaire et/ou de chauffage. On estime quen France, un chauffe eau solaire peut couvrir jusqu 70% des besoins en eau chaude sanitaire et un systme solaire com-bin (production simultane deau chaude et de chauffage) peut couvrir jusqu 50% des besoins, selon la disposition et lensoleille-ment.53

    Les panneaux solaires photovoltaques

    Leffet photovoltaque, dcouvert en 1839 par le Franais Alexandre-Edmond Becquerel, dsigne la capacit que possdent certains matriaux, notamment les semi-conducteurs, convertir directe-ment les diffrentes composantes de la lumire du soleil (et non sa chaleur) en lectricit.54 Les panneaux solaires photovoltaques sont constitus de cellules, gnralement base de silicium, per-mettant de transformer les rayonnements solaires directement en lectricit. Le rendement des panneaux dpend ds lors de lenso-leillement. En Belgique, les systmes photovoltaques raccords au

    53. Energie et matires renouvelables le solaire thermique , ADEME (Agence de lEnvironnement et de la Matrise de lEnergie) - [www.ademe.fr]54. La technologie photovoltaque , [www.photovoltaique.info]

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    Lnergie au cur du logement durable

    rseau ont une productivit moyenne dun peu plus de 100 kWh/m par an. Ainsi, pour un mnage bruxellois moyen de 2 3 per-sonnes consommant environ 3000 3500 kWh/an, une installation de 8 m fournit peu prs 1/3 de llectricit totale ncessaire.55

    Un autre aspect important du photovoltaque est la valeur de llec-tricit produite. Sans capacit de stockage, llectricit produite par le systme qui est non utilise par le mnage nest pas perdue : elle passe dans le rseau lectrique. Tant en France quen Belgique, il est possible de vendre sa production dnergie photovoltaque, gnralement aux fournisseurs dlectricit. 56

    Lessor des panneaux photovoltaques motive les avances tech-nologiques en la matire. Si la majorit des cellules sont base de silicium (lment trs rpandu sur terre), des cellules en couches minces base dautres matriaux ont fait leur apparition, et bientt les nanotechnologies prendront le relais. Ces volutions permettent gnralement une amlioration sensible des perfor-mances et parfois aussi des cots de production. Cependant, les nouvelles technologies peuvent galement prsenter des dsavan-tages importants comme la difficult de production industrielle, la toxicit de certains matriaux ou la complexit du recyclage (cest notamment le cas des cellules en couches minces, alors que le recyclage de celles base de silicium est relativement ais).

    En conclusion, quil sagisse de panneaux solaires thermiques ou photovoltaques, tous deux ont lavantage dutiliser une source dnergie gratuite et a priori inpuisable. Mais tous deux prsen-tent galement un inconvnient : celui du manque dautonomie. En effet, les panneaux ne produisent de lnergie ou de llectri-cit que lorsquil y a du soleil, ncessitant, en dehors des priodes densoleillement, un dispositif de stockage, dappoint ou de rac-cordement au rseau afin de pourvoir aux besoins nergtiques tout moment.

    55. An Verspecht Plan dtapes panneaux photovoltaques guide administratif et technique pour linstallation des panneaux photovoltaques , Bruxelles Environnement, avril 2010.56. Plus dinformation sur la revente de llectricit verte : Pour la France : [http://www.photovoltaique.info/Achat-Vente.html]Pour la Belgique : [http://www.ef4.be/fr/marche-energie/certificats-verts]

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    2.2 La biomasse

    La biomasse est dfinie comme la fraction biodgradable des pro-duits, des dchets et des rsidus dorigine biologique provenant de lagriculture (y compris les substances vgtales et animales), de la sylviculture et des industries connexes, y compris la pche et laqua-culture, ainsi que la fraction biodgradable des dchets industriels et municipaux. 57 La production dnergie par la biomasse passe par la valorisation dlments produits par la photosynthse ou qui en dcoulent (principalement les plantes et le bois).

    Les diffrents types de biomasse prsentent des caractristiques physiques trs varies : solide (paille, copeaux, bches), liquide (huiles vgtales, bioalcool ou biocarburant), gazeux (biogaz). La valorisation nergtique de la biomasse conduit trois formes dnergie utile, en fonction du type de biomasse et des techniques mises en uvre : la chaleur, llectricit (ou les deux combines en cas de cognration), ainsi que la force motrice de dplacement (les biocarburants).58 Au niveau dun btiment, cest la combustion de variantes solides de la biomasse qui est la plus utilise, afin de chauffer lhabitation : bches, briquettes (copeaux et sciure agglomrs), pellets (granuls de sciure ou de dchets de bois au pouvoir calorifique important), ...

    Lavantage de la biomasse est de possder un bilan carbone moindre que les carburants classiques et de provenir de sources renouvelables. Cependant, certaines conditions doivent tre remplies pour que le renouvellement des ressources soit garanti : il faut que les ressources puissent se rgnrer plus vite que leur temps dexploitation (pas de surexploitation) et viter lusage extensif des monocultures (menant une perte certaine de biodiversit). De plus, dun point de vue social, (surtout dans le cas des biocarburants), il

    57. Directive 2009/28/CE du Parlement europen et du Conseil du 23 avril 2009 relative la promotion de lutilisation de lnergie produite partir de sources renouvelables.58. Lnergie de la Biomasse , APERe (Association pour la promotion des nergies renouvelables) [www.apere.org]

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    sagit de ne pas faire entrer en comptition les cultures destines lexploitation de la biomasse avec les terres arables destines lalimentation.

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    2.3 La gothermie

    La gothermie concerne lexploitation de la production thermique de la terre. En effet, la dsintgration naturelle des matires radioac-tives que recle lcorce terrestre produit une quantit de chaleur gigantesque. On distingue gnralement la gothermie haute, basse ou trs basse nergie. Pour une utilisation rsidentielle, seule la gothermie trs basse nergie (temprature du sol infrieure 30C) est pertinente. Lavantage de la gothermie est quelle ne d-pend pas des conditions atmosphriques et prsente ds lors une grande constance dans la production dnergie. Deux applications spcifiques de la gothermie retenir sont les pompes chaleur et les puits canadiens.

    Les pompes chaleur

    Une pompe chaleur est un dispositif permettant de capter la cha-leur dun milieu basse temprature (eau, air, terre do lapplica-tion de la gothermie) et de la transfrer vers un milieu plus chaud. Ce transfert ncessite cependant une source dnergie motrice ext-rieure (gnralement de llectricit), la chaleur ne se transmettant pas naturellement du plus froid au plus chaud. Une pompe chaleur sera nanmoins intressante si elle produit plus dnergie quelle nen consomme pour son fonctionnement.

    Pompe chaleur : terre-eau-air (source : Les pompes chaleur , document du

    Service Public Wallonie, disponible sur [www.ef4.be/fr/pompes-a-chaleur]

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    Lnergie au cur du logement durable

    Une pompe chaleur peut servir dans la production deau chaude ou de chauffage, mais certaines pompes sont galement rversibles, permettant de rafrachir un btiment en t.

    Les puits canadiens

    Le puits canadien (ou provenal) fonctionne un peu selon le mme principe que la pompe chaleur - puisque lide est galement dapporter de la chaleur lintrieur depuis lenvironnement extrieur - mais sous le mode de la ventilation. Partant du principe que la terre garde une temprature relativement tempre tout au long de lanne (plus leve que lair en hiver, et inversement en t), le puits canadien se prsente gnralement sous la forme dun gros tube enterr dans le sol et qui permet de rchauffer lair entrant en hiver et le refroidir en t. Ce dispositif de ventilation amlior est trs utile dans les cas de maisons trs isoles et bien tanches lair, comme les maisons passives.

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    Lnergie au cur du logement durable

    3. Les matriaux en question

    Avant les annes 1930, les matriaux de la construction provenaient denvironnements propres et ne produisaient pas ou peu de dchets. Cest notamment le cas de largile, de la pierre et du bois. Aprs 1945, les matriaux de construction ont volu et ont intgr des compo-sants ptrochimiques. Le ptrole sest progressivement impos. Le profit est devenu un leitmotiv, au dtriment du respect des travail-leurs, des habitants et de lenvironnement. A partir des annes 1980, une prise de conscience de cette drive a merg dans certains pays nordiques, notamment en Norvge, en Allemagne et en Autriche. Ces pays ont peu peu rintroduit certains matriaux respectueux de lenvironnement, pour construire ou rnover. En Belgique, ce nest quau dbut des annes 1990 que les produits cologiques ont com-menc se dvelopper. Et ce nest vritablement quau cours des cinq dernires annes que le commerce des produits cologiques a rellement pris de limportance.

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    3.1 A la recherche de lnergie grise

    Dans le domaine de la construction et de la rnovation durables, le choix des matriaux est crucial. Les experts prconisent dutiliser des matriaux faibles en nergie grise. Lnergie grise dun mat-riau dsigne lnergie contenue dans un produit, cest--dire, la somme de lnergie ncessaire lextraction, la production, le trans-port, utilisation et recyclage dun matriau ou dun produit. Lnergie grise sattache donc mesurer le vrai cot nergtique dun produit, afin notamment de mieux en cerner son impact cologique.

    Le concept dnergie grise permet damliorer son jugement dans la recherche de matriaux cologiques et dacqurir une vision den-semble. Prenons lexemple dun chantier : quels sont les enjeux ca-chs lors de la construction de la toiture dune maison ? On aurait spontanment tendance privilgier lusage dardoises de fabrica-tion traditionnelle celles fabriques en usine. Pourtant, tant donn que le transport pour les acheminer est nfaste pour lenvironne-ment, il est souvent plus cologique dutiliser les ardoises produites dans une usine proximit du chantier. Mais cette valuation est faire au cas par cas.

    Lnergie grise dun matriau napparat pas au premier coup dil et est parfois difficile chiffrer car beaucoup de paramtres, par-fois alatoires (comme le transport qui peut varier dune livraison lautre), sont prendre en compte et psent dans la consomma-tion totale dnergie. Parcourons concrtement les principaux para-mtres du calcul 59 :

    lnergie dpense lors de la conception du produit ou du service ;

    lnergie dpense lors de lextraction et le transport des matires premires ;

    lnergie dpense lors de la transformation des matires pre-

    59. Yves Kengen Lnergie grise : lempreinte nergtique des produits in Ractif, n59, Service public de Wallonie, mars-mai 2009.

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    Lnergie au cur du logement durable

    mires, de la fabrication du produit ou lors de la prparation du service ;

    lnergie dpense lors de la commercialisation du produit ou du service ;

    lnergie dpense lors de lusage ou la mise en uvre du produit ou lors de la fourniture du service ;

    lnergie dpense lors du dmantlement et du recyclage du pro-duit.

    Limportance que revt lnergie grise et les autres impacts environ-nementaux ne devient apparente qu partir du moment o les mat-riaux sont considrs dans une vision dAnalyse du Cycle de Vie (ACV). Cette dernire examine limpact environnemental complet dun matriau ou produit, chaque tape de sa vie de lobtention de matriaux bruts, jusqu leur conditionnement, leur transport leur lieu de destination, et leur recyclage. LACV peut considrer un ensemble dimpacts environnementaux tels que la dperdition de chaleur, lutilisation deau ou dnergie, les missions de gaz effet de serre, la production de dchets On considre aussi les impacts directs, tels que la pollution, les rejets de substances toxiques, etc.60 Cette perspective de cycle de vie ajoute une dimension importante au concept dnergie grise : celle de la longvit dun matriau. Ainsi, il sera parfois plus intressant dutiliser un produit prsen-tant une nergie grise plus importante, mais dont lesprance de vie est nettement suprieure celle dun autre matriau avec une nergie grise moindre.

    60. Pour plus dinformation sur lnergie grise des matriaux de construction : Erik Niemann LEnergie grise dans la filire Btiment et Travaux publics , Paris, DRAST, Mission Gnie Civil, dc. 2006. Rapport disponible sur :[http://bit.ly/g3qqTK]

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    3.2 Pour des matriaux plus cologiques

    Le choix des matriaux doit tenir compte non seulement de limpact nergtique et environnemental, mais galement de leur dure de vie, de lexploitation au recyclage. Autre aspect important : la sant, celle des travailleurs et des habitants. Des matriaux naturels, non toxiques et cologiques contribueront une bonne qualit de lair et minimiseront tout impact ngatif sur la sant. Ds lors, utilisez des matriaux peu nergivores, de provenance locale, naturels, recycls et possdant une longue dure de vie.

    Pour aider le consommateur averti, plusieurs labels existent et vous permettent dy voir plus clair dans les diffrents matriaux proposs sur le march : Nature Plus, Ecolabel europen, bois, FSC, PEFC,... 61 Lorsque lon met laccent sur lintrt dutiliser des ressources renouvelables, les matriaux dorigine vgtale occupent rapide-ment le devant de la scne. Voici quelques exemples de matriaux cologiquement intressants :

    En matire disolants cologiques, citons lexemple de la cellu-lose de papier ou ouate de cellulose. Elle est aujourdhui pro-duite dans plus de 27 usines en Europe. La cellulose de papier, iso-lant exceptionnel, se prsente sous forme de panneaux rigides, de flocons de papier (rcupration des journaux utiliss), ou encore de granuls. Ce produit performant peut tre utilis pour isoler (il est, cet gard, plus efficace que la laine de verre) et dpos sur le sol, les parois ou les toitures. Lun des grands avantages de la cellulose en vrac dans le cas de rnovation, est quelle peut tre insuffle dans les combles ou murs creux sans avoir tout dmolir.

    Autre produit : le chanvre. Plus de 1000 produits en dcoulent. Etant vgtal, il prsente lavantage dabsorber le CO2 et contri-bue ainsi rduire leffet de serre. De plus, il ne ncessite aucun traitement chimique (pesticide) lors de sa production, puisquil

    61. Pour plus dinformation et une liste de matriaux labelliss, consultez notamment : Bruxelles Environnement IBGE, Rnover et construire, 100 conseils pour respecter lenvironnement et conomiser lnergie , avril 2007.

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    Lnergie au cur du logement durable

    est rsistant aux rongeurs. Aucun dchet ne rsulte de sa produc-tion : tout est rcupr et il prsente galement lavantage dtre tout fait recyclable. Le chanvre peut tre utilis comme matriau isolant (fibre pour isolants), il purifie les sols, absorbe le CO2 et rgule lhumidit. Il est donc avantageux en termes de bien-tre de lhabitant et remplace une consommation nergtique accrue (on peut par exemple viter les climatiseurs). Intressant aussi bien en matire de construction que de rnovation, le chanvre permet une utilisation multiple, modulable selon les performances recher-ches (acoustique, technique ou esthtique).

    La plante est essentiellement transforme en deux matriaux de base : la fibre de chanvre, avec laquelle on peut faire du papier, de la corde, des laines isolantes etc., et la chnevotte, tiges de chanvre broyes, utilise pour crer des matriaux de construction.Lgers et rsistants, les matriaux base de chanvre garantissent une du-rabilit optimale. Parmi les utilisations les plus courantes, citons :

    Bton et mortier : obtenus par un mlange de chnevotte et de chaux, ces btons poreux, isolants et lgers sont faciles dutilisa-tion, recyclables et souvent de composition entirement naturelle. Selon les mlanges, on peut galement les retrouver sous forme de briques, ncessitant nettement moins dnergie pour leur produc-tion que leurs quivalents en terre cuite, ou sous forme de dalles isolantes ;

    Laines isolantes : elles prsentent des performances similaires aux autres types de laines (notamment minrales) et sont recyclables. Gnralement retrouves sous forme de rouleaux ou de panneaux semi-rigides et faciles positionner, les laines de chanvre sont non irritantes, trs rsistantes et peu apprcies des nuisibles ;

    Enduits isolants : souvent base dun mlange chaux/chanvre, ces enduits sont gnralement utiliss pour la rnovation et lisolation de vieux murs, permettant un fini esthtique ;

    Le lige et la fibre de coco sont galement dexcellents produits, prsentant un bilan carbone62 positif. Le lige est considr comme

    62. Le Bilan Carbone, une marque dpose par lADEME (Agence de lEnvironne-ment et de la Matrise de lEnergie), est un outil de comptabilisation des missions

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    Lnergie au cur du logement durable

    un matriau rvolutionnaire pour la construction cologique. Cependant, sa surexploitation pourrait entraner sa disparition car les cycles de 25 ans de ce produit naturel sont de moins en moins respects : si lon ne prend pas en compte le facteur environnemental, le cot cologique dune telle production pourrait annihiler les effets bnfiques du matriau, dans la construction.

    Enfin, prenons deux exemples denduits : largile qui rgule le taux dhumidit et la chaux qui purifie les pices, consomment trs peu dnergie lors de leur production. Ils amliorent la qualit de lair et ont donc un impact positif sur la sant des habitants.

    Il existe galement des techniques pour crer naturellement des conomies de ressources et dnergie. Ceci est applicable pour la ventilation de la maison, mais aussi pour son acoustique par exemple. Il en est de mme avec la lumire, en sefforant de faire entrer le plus possible de lumire naturelle dans la maison, en exploitant efficacement les toitures et lorientation de la maison. Pour les sanitaires, lutilisation de toilettes sches fonctionne bien. Cependant, cette pratique nest pas encore ancre dans les mentalits. Pourtant, ce systme est performant et pour les plus rcalcitrants, il existe de plus en plus de modles automatiques. Toutes ces techniques peuvent paratre basiques, mais elles ont tendance tre oublies au moment de la construction. En effet, lingnieur matrise laspect technique de la partie des travaux quil traite mais na pas toujours le recul ncessaire pour avoir une vue densemble.

    de gaz effet de serre. Lobjectif du Bilan Carbone est de permettre, partir de donnes facilement disponibles, une valuation des missions directes et indi-rectes dune activit professionnelle, conomique ou non.

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    Lnergie au cur du logement durable

    3.3 Une vision densemble : le mot dordre en matire de construction durable

    Afin de construire durablement , il importe avant tout davoir une vue densemble. Il ne sagit pas uniquement dutiliser de bons mat-riaux et de faire appel de bons constructeurs. Il faut avant tout grer de faon cohrente larticulation des diffrents compo-sants qui interviennent dans le processus de la construction durable afin dviter des effets contre productifs. Lors de la construction dune maison et au moment de lachat des produits, il sagit, tant pour le particulier que pour le professionnel, davoir une rflexion globale et non pas sectorielle.

    Cette vision densemble, damont en aval de lutilisation de mat-riaux cologiques doit tenir compte de lhabitant, du travailleur et de lenvironnement. Un exemple rvlateur : pour lutilisation de matriaux cologiques tels que le papier, le bois ou le chanvre, on pourrait penser quil est prfrable de privilgier systmatiquement les filires locales plutt que daller chercher ces matriaux hors du pays. En ralit, il ne faut pas systmatiquement rejeter un produit parce quil vient de loin. Partant nouveau dune rflexion globale, dans le cadre du commerce quitable, des productions de fibre de coco peuvent sinsrer dans le cadre dune cooprative de travail de femmes par exemple et donc participer dune dmarche de dvelop-pement durable dans les pays du Sud. Lcologie et la construction durable ne se rduisent pas des chiffres. Il doit sagir avant tout dune approche globale, philosophique.

    En matire de construction et de rnovation durables, La Haute Qualit Environnementale (HQE) constitue un ensemble de 14 cibles (voir schma ci-dessous) qui constituent autant dobjectifs po-ss au moment de la conception. Ce label est fortement utilis dans le domaine de la construction en Belgique. Toutefois, dans les pays voisins, lapplication de ces cibles nest pas encore ancre dans les mentalits. En France notamment, la construction de maisons pri-ves est encore trs loin de revtir systmatiquement une approche cologique. En Belgique par contre, les particuliers sont disposs investir dans une construction cologique.

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    La dmarche HQE (haute qualit environnementale) : les 14 cibles

    MAITRISER LES IMPACTS SUR LEN-VIRONNEMENT EXTERIEUR

    CREER UN ENVIRONNEMENT INTE-RIEUR SATISFAISANT

    ECO-CONSTRUCTION

    1. Relations des btiments avec leur environnement immdiat

    2. Choix intgr des procds et produits de construction

    3. Chantier faibles nuisances

    CONFORT

    8. Confort hygrothermique

    9. Confort acoustique

    10. Confort visuel

    11. Confort olfactif

    ECO-GESTION

    4. Gestion de lnergie

    5. Gestion de leau

    6. Gestion des dchets dactivit

    7. Gestion de lentretien et de la maintenance

    SANTE

    12. Qualit sanitaire des espaces

    13. Qualit sanitaire de lair

    14. Qualit sanitaire de leau

    La dmarche HQE (source : Association HQE)

    Lorsque lon entreprend une construction durable, il sagit dans un premier temps dtudier lurbanisme et de communiquer avec les habitants, les politiques et les promoteurs. Si lon dcide dhabiter en ville par exemple, il convient de prendre les transports en commun afin de ne pas annuler les effets bnfiques de la construction basse consommation en utilisant un vhicule polluant. Il importe galement de prendre en compte la prservation de la biodiversit lors de la construction, de profiter des ressources naturelles prsentes sur le terrain (leau du sol pour crer de llectricit par exemple). De plus, en utilisant de nouvelles formes, de nouvelles courbes, en travaillant les toitures (vgtales), en laissant entrer la lumire, en choisissant des peintures adaptes, etc., on peut aisment rduire les cots.

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    Lnergie au cur du logement durable

    4. Conclusion

    Rduire la consommation dnergie, cest rduire lmission de gaz effet de serre. Ce dfi ne pourra tre relev sans rvolutionner nos modes de construction. En effet, la construction, outre sa consommation importante de matires premires, est lorigine de plus de 40% de la consommation dnergie et des missions de gaz effet de serre.

    La prise de conscience de plus en plus vive de la ncessit dinvestir le champ du logement, de construire et de rnover de manire rduire la consommation nergtique et privilgier les nergies renouvelables, rsulte de plusieurs facteurs : laugmentation vertigineuse des cots de lnergie, lintroduction de nouvelles rglementations contraignantes et les problmes environnementaux.

    Au cours des quinze vingt dernires annes, la rflexion a volu. Dune simple conomie dnergie pour se chauffer et clairer son habitation, on est pass une vision qui englobe aujourdhui tous les aspects. Lempreinte cologique et nergtique globale est de plus en plus utilise. De mme, la rflexion se fait davantage lchelle du quartier, intgrant tous les aspects de son fonctionnement et donc de sa consommation dnergie (logement, clairage urbain, transport, etc.), diagnostique Jacques Augrain, secrtaire gnral de la Fdration Nord SCOP BTP en France.

    De plus, on peut facilement amliorer la qualit des logements, sans pour autant augmenter drastiquement les cots globaux, soutient Pierre Blondel, architecte et enseignant La Cambre. Le cot princi-pal dune construction est le prix de la main-doeuvre. Les matires premires nont quun cot relatif, et il ne faut pas conomiser sur la qualit des matriaux car ils vont permettre de raliser des conomies par la suite, grce au faible niveau des charges.

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    Lnergie au cur du logement durable

    Il ne faut pas uniquement prendre en compte les dpenses imm-diates, mais faire un calcul sur la vie entire du btiment. Le beau et le bon sont conomiquement durables.

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    Pour aller plus loin

    ADEME (Agence de lEnvironnement et de la Matrise de lEnergie), [www.ademe.fr]

    APERe (Association pour la promotion des nergies renouvelables), [www.apere.org]

    Bruxelles Environnement IBGE, Rnover et construire, 100 conseils pour respecter lenvironnement et conomiser lner-gie , avril 2007.

    T. de Meester, Low Energy Housing Retrofit Guide de la rnova-tion basse nergie des logements en Belgique , Louvain-La-Neuve, 2009, [www.lehr.be]

    A. Deneyer, Efficacit nergtique des btiments : un peu dhistoire , laboratoire Lumire et btiment du CSTC, [http://bit.ly/gmlWLH]

    Directive 2009/28/CE du Parlement europen et du Conseil du 23 avril 2009 relative la promotion de lutilisation de lnergie produite partir de sources renouvelables.

    Directive 2010/31/UE du Parlement Europen et du Conseil du 19 mai 2010 sur la Performance Energtique des Btiments, [http://europa.eu/legislation_summaries/energy/energy_efficiency/en0021_fr.htm]

    European Council for an Energy Efficient Economy sur la directive PEB : Guide to Frequently Asked Questions on the recast of the Energy Performance of Buildings Directive, [http://www.logementdurable.eu/?attachment_id=1196]

    Yves Kengen Lnergie grise : lempreinte nergtique des pro-duits in Ractif, n59, Service public de Wallonie, mars-mai 2009.

    Erik Niemann LEnergie grise dans la filire Btiment et Tra-vaux publics , Paris, DRAST, Mission Gnie Civil, dc. 2006, [http://bit.ly/g3qqTK]

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    Lnergie au cur du logement durable

    Pour la Solidarit, cahier n18, crit en collaboration avec la Fonda-tion MAIF Europe et risques climatiques , septembre 2009.

    Plate-forme Maison Passive, [www.maisonpassive.be]

    La technologie photovoltaque , [www.photovoltaique.info]

    An Verspecht Plan dtapes panneaux photovoltaques guide administratif et technique pour linstallation des panneaux photovol-taques , Bruxelles Environnement, avril 2010.

    Plus dinformation sur la revente de llectricit verte :

    Pour la France : [http://www.photovoltaique.info/Achat-Vente.html]

    Pour la Belgique : [http://www.ef4.be/fr/marche-energie/certificats-verts]

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    Lnergie au cur du logement durable

    Scop CaracolUne autre approche de la construction

    Pays France

    Population cible Les particuliers et les entreprises soucieux de limpact de la construction sur lenvironnement

    Contexte Cre en 2005, la scop Caracol est une cooprative spcialise dans la construction et la rnovation co-logique.

    Objectifs Lactivit principale de la scop Caracol est la maon-nerie, du gros uvre jusqu la dcoration, du neuf jusqu la rnovation. Son objectif est la valorisation de lhabitat cologique et le travail coopratif.

    Mthode Sa dmarche de chantier consiste sadapter la de-mande et aux contextes, privilgier la qualit et adapter les techniques au budget de chacun. Chaque chantier est sous la responsabilit dun des coopra-teurs, qui assure lintgralit du suivi du projet. Cette organisation du travail suppose que tous possdent les comptences dartisans et darchitectes.

    Action Scop Caracol travaille essentiellement sur la rnovation des btisses en pis (caractristique du bti local). Les matriaux utiliss sont tous issus de lco-construc-tion, matriaux dits sains , utiliss en complte co-hrence avec lexistant et dans le respect de lenviron-nement. Sa spcialit est la construction en terre crue ce qui ne lempche pas de mettre en uvre dautres types de matriaux : vgtaux (chanvre, paille, fibre de bois...) et bois (mlze, douglas...). La rcupration des matriaux nest pas non plus en reste.

    Scop Caracol assiste galement les entreprises du BTP lors de la ralisation douvrages en terre dont ils ne matrisent pas la mise en uvre.

    Rsultats Scop Caracol a une vingtaine de rnovations son actif et depuis 2009, lentreprise organise des stages et de lco-conseil sur les diffrentes techniques de construc-tion en terre crue : pis, enduit, adobe, torchis, terre coule ainsi que des confrences sur la terre.

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    Lnergie au cur du logement durable

    Pour plus dinformations

    Caracol

    54 bis rue Abb Grgoire,

    38000 Grenoble

    Tel : +33 (0)4 76 48 33 47

    contact@eco-caracol.com

    http://www.eco-caracol.com/

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    Lnergie au cur du logement durable

    Les Chaufours : hautes performances nergtique et acoustique Mieux vivre au quotidien

    Pays Belgique

    Population cible Particuliers

    Contexte Les Chaufours sont 48 appartements construits dans un esprit de dveloppement durable et de haute qua-lit environnementale. Ces immeubles dhabitation ont t conus pour faire face au cot croissant de lnergie, mais aussi dans une optique de protection de lenvironnement.

    Objectifs Larchitecture du projet exprime, au travers des choix de matriaux, techniques et amnagements paysa-gers, une adhsion forte la notion de dveloppement durable et de haute qualit environnementale. Tout a t mis en uvre par la socit Stelimmo, promoteur et constructeur du projet, pour que les immeubles re-oivent le label Construire avec lnergie (CALE) du Centre Scientifique et Technique de la Construction, et satisfassent aux critres les plus svres de la norme acoustique belge.

    Mthode La performance de lisolation est llment central du btiment, tant pour les dperditions dnergie que la qualit acoustique. En outre, lacoustique est extrme-ment soigne, grce notamment la collaboration de Stelimmo avec un bureau dtude en acoustique pour la conception et le suivi des travaux.

    Action La performance nergtique est encore favorise par un systme de chauffage par le sol et par des baies vitres bien orientes. Des emplacements sont gale-ment prvus pour la disposition de panneaux solaires selon les besoins des habitants. Stelimmo procde ga-lement des tests infrarouges et dinfiltriomtrie pour reprer toute brche dans lisolation.

    Rsultats 24 appartements devraient tre finaliss dici avril 2011. La dperdition de chaleur y sera trs faible (K30). Par ailleurs, leau de pluie y sera collecte dans 8 citernes de 20 000 litres, alimentant tous les quipe-ments sanitaires.

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    Lnergie au cur du logement durable

    Pour plus dinformations

    Stelimmo SA

    Rue Monte en Peine 102

    7022 Hyon (Mons)

    Pierre SCOKAERT

    Administrateur dlgu

    GSM : +32 (0) 478/07.40.05

    http://www.chaufours.be/

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    Lnergie au cur du logement durable

    La Petite Chartreuse - La Terrasse6 logements sociaux au standard passif

    Pays France

    P o p u l a t i o n cible

    Allocataires de logements sociaux

    Contexte La Terrasse (Isre) est une commune de 2 300 habitants situe sur le versant sud de la valle du Grsivaudan, au pied du massif de la Chartreuse, 25km de Gre-noble et 35 km de Chambry. La commune, en parte-nariat avec PLURALIS, la Socit dhabitation des Alpes, sest engage dans une dmarche la fois exemplaire et reproductible, en matire de cohsion sociale, dint-gration urbaine et dhabitat durable.

    Objectifs Lobjectif nergtique vis tait quivalent au label suisse Minergie (environ 45kw/m/an en nergie pri-maire), mais le projet tait surtout caractris par la volont de pouvoir reproduire ailleurs ce type dop-ration afin dinciter les autres communes faire de mme.

    Mthode Le projet a ncessit de prendre en compte des spci-ficits constructives pousses afin dassurer une isola-tion trs performante, une tanchit parfaite lair et une ventilation matrise de lensemble. Ainsi, le choix sest port sur une architecture bioclimatique, couple une isolation soigne, une ventilation double-flux, lutilisation consquente dco-matriaux et un apport nergtique de sources renouvelables.

    Action Le chantier a dmarr en mars 2008 et sest achev en juin 2009. Le projet allie une ossature en bois et une enveloppe sur-isolante en fibre de bois (murs et plafonds). Toutes les fentres sont pourvues de triple vitrage et majoritairement orientes au sud. La ventila-tion double flux est associe une pompe chaleur et permet de rchauffer lair entrant et de le diffuser dans le logement. Linstallation de panneaux solaires ther-miques permet de couvrir entre 55 et 60% des besoins annuels en eau chaude sanitaire.

    Par ailleurs, tout un travail de sensibilisation lnergie a t effectu avec les futurs locataires.

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    Lnergie au cur du logement durable

    Rsultats En 2009, les premiers habitants se sont installs dans les six logements, rpartis en un pavillon de 4 loge-ments et un autre de 2 logements, avec cellier, local vlos, 4 garages, 3 jardins, 3 terrasses et paliers priva-tifs.

    La rsidence bnficie des labels Qualitel, Effinergie , Minergie et Minergie P. Les gains pour les locataires en termes de charges nergtiques sont importants : pour les six logements, on estime quune conomie de 226 750 kWh a pu tre ralise par rapport des logements classiques, soit la consommation des 6 logements pas-sifs durant 111 ans. Lensemble des consommations des btiments est infrieur 30 kWh/m/an

    Pour plus dinformations

    Pluralis

    74, cours Becquart-Castelbon BP 229

    38506 Voiron Cedex

    service communication : +33 (0) 4 76 67 24 09

    www.pluralis-habitat.fr

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    Lnergie au cur du logement durable

    Rue Cygnes-DigueLogement collectif et maison de quartier

    Pays Belgique

    P o p u l a t i o n cible

    Commune dIxelles (Bruxelles)

    Contexte Sur un lot situ entre la rue de la Digue et la rue des Cygnes la gomtrie quelque peu complexe, la com-mune dIxelles a souhait amnager une maison de quartier ainsi que des logements sociaux haute per-formance nergtique. Cest un groupement darchi-tectes qui a remport le march principalement pour son approche participative du projet.

    Surface du btiment 1 518 m.

    Objectifs Lensemble du projet a intgr dans sa conception les principes fondamentaux du dveloppement durable et de lconomie dnergie. Au-del des aspects environ-nementaux, lobjectif tait damnager une maison de quartier accueillante, lchelle du quartier et ouverte aux habitants, et de construire des logements sociaux conomiques, lumineux et modulables, de grande et de petite taille pour favoriser la mixit entre familles et personnes isoles.

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    Lnergie au cur du logement durable

    Mthode De nombreux aspects ont ainsi t pris en compte dans la conception ; simplex/duplex 2,3 ou 4 chambres, terrasse ou jardin, bonne orientation, libert de lespace intrieur, vues pour les logements communaux exis-tants, accessibilit aux personnes mobilit rduite. Le but de toutes ces mesures tant doffrir des logements plus flexibles, durables et gnreux en espace. Bien en-tendu, tout est tudi pour viter un gaspillage dner-gie. Les critres sont donc la fois cologiques, sociaux et conomiques.

    Lquipe de conception a estim devoir soumettre le projet propos au dialogue, au dynamisme, mais ga-lement lapport cratif de la rflexion collective. Cette attitude permet non seulement de profiter de lnergie, de lenthousiasme et de lexpertise des acteurs pr-sents dans le quartier et rencontrs jusquici et dautres encore dont lavis semble devoir tre entendu pour la suite du processus. Dans ce cadre, de nombreuses acti-vits ont t mises en place pour rencontrer et faire participer les diffrents acteurs notamment des prsen-tations de linitiative, des rencontres-dbats avec les habitants, des sances dinformations, des ateliers, des rencontres salon-trottoirs, principalement pour facili-ter la comprhension du projet.

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    Lnergie au cur du logement durable

    Action Lisolation est le point fort du btiment et toutes les fentres sont dotes de vitrages et chssis hyper-iso-lants. La toiture est vgtalise, ce qui protge du froid et de la chaleur, mais aussi du bruit et qui augmente la longvit du toit. Les matriaux mis en uvre ont un cot dentretien minimum et une dure de vie impor-tante : faades en briques, chssis en aluminium, sols en carrelages et linolum,

    Les btiments bnficient aussi dun systme neuf de chauffage. Il y a une ventilation avec un double courant et donc un regain de chaleur. Lconomie dnergie est conforte par des clairages adapts et automatiques, un rglage de la temprature et le free cooling qui ra-frachit lintrieur avec de lair extrieur froid.

    Afin dinciter au tri et dviter un amoncellement des sacs poubelles le long des faades, et vu la configura-tion et la taille du projet, un local de stockage collectif pour le tri slectif est prvu au rez-de-chausse du petit immeuble de la rue des Cygnes.

    Les appartements du rez-de-chausse seront adapts aux personnes mobilit rduite et des espaces vlos et poussettes favorisent la mobilit alternative.

    Rsultats Grce toutes ces mesures, le cot de consommation dun appartement dune chambre slvera moins de 5 euros par mois. Les quatorze logements conomiques crs sont ouverts, lumineux et ont un espace extrieur avec vue sur le jardin communautaire. Des toitures jusquau jardin de vivaces, leau de pluie est collecte, stocke puis redistribue laissant apparatre un gra-dient de vgtation.

    Grce des qualits convaincantes et des matriaux cologiques, le projet, prsent en 2007 par la com-mune dIxelles, a t un des laurats du concours Bti-ments exemplaires, une initiative de Bruxelles-Envi-ronnement.

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    Lnergie au cur du logement durable

    Pour plus dinformations

    Contrat de quartier Malibran

    rue du Viaduc, 133 - 1050 Bruxelles

    Chef de projet : Camille Bredael

    Tl. 02.643.59.80 - Fax 02.643.59.84

    camille.bredael@brutele.be

    http://www.elsene.irisnet.be/site/fr/01officiel/contrats/malibran.htm

    http://app.bruxellesenvironnement.be/batex_search/Docs/fs_039_FR.pdf

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    Lnergie au cur du logement durable

    St-Gens-ChampanelleLogements sociaux basse nergie en bois

    Pays France

    P o p u l a t i o n cible

    Les allocataires sociaux de la commune de Saint-Gens-Champanelle et les professionnels de la filire btiment.

    Contexte La commune de Saint-Gens-Champanelle, situe len-tre du Parc des Volcans dAuvergne, compte un peu plus de 3000 habitants rpartis en 12 villages. Cest

    aujourdhui une zone rsidentielle active avec une vie associative riche de par ses activits sportives et cultu-relles et ses infrastructures ddies aux familles. Do la volont de dvelopper une offre immobilire locative sur la commune et doffrir des prestations de qualit en matire de logement. Le projet dune vingtaine de loge-ments en bois, premire opration du genre, a dbut en octobre 2010 et sa finalisation est prvue pour octobre 2011.

    Objectifs Lobjectif du projet est de crer la premire opration en bois basse nergie de la rgion et daller encore plus loin dans la recherche dconomies de charge pour les locataires et dans le dveloppement de nouvelles tech-niques de construction pour la filire bois. Lenjeu est de dmontrer la pertinence de la solution bois dans la construction du logement social dans une rgion o le tissu des entreprises en mesure de raliser ce type de projet est limit. De plus, le projet sest constitu chantier-cole pour informer et former les profes-sionnels du btiment.

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    Lnergie au cur du logement durable

    Mthode Cette opration exemplaire, filme en permanence, va permettre de former les entreprises du secteur de nouveaux procds de construction plus performants. Des actions de formation vont donc tre conduites pen-dant le chantier, ralenti certaines tapes clefs, afin de montrer comment raliser ltanchit lair dont la matrise est dterminante pour obtenir les niveaux de performance thermique attendus en Btiment Basse Consommation. Des logements seront placs sous mo-nitoring pour mesurer les consommations dnergie et apprcier le confort intrieur du logement.

    Lhabillage des faades et lossature en bois permettent une bonne tanchit lair et vont rduire de 4 mois les dlais de construction des logements (les panneaux prfabriqus sont monts en usine et assembls sur le site) et limiter les nuisances sur les riverains. Outre les avantages propres au matriau bois, lintrt, dans des rgions trs boises comme lAuvergne, est de valoriser les ressources locales en encourageant le dveloppe-ment de la filire bois-construction.

    Action Les btiments bnficient dune isolation soigne et dinstallations performantes pour garantir une efficacit nergtique importante :

    Isolation des murs en double couche : 150 mm de laine minrale entre les montants + 60 mm de laine min-rale coton en cloison permettant une rsistance ther-mique totale de 6.10 m2

    Isolation des sols sous chape flottante

    Isolation de la toiture en double couche avec 220 mm + 100 mm de laine minrale

    Fentres double vitrage isolation thermique renfor-ce

    VMC simple flux hygrorglable et ventilateurs basse consommation

    Chaudire individuelle mixte condensation

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    Lnergie au cur du logement durable

    Rsultats Les caractristiques techniques du btiment lui per-mettent datteindre une performance technique denvi-ron 65kWh/m/an, ce qui revient une conomie de prs de 30% sur la facture deau chaude et de chauffage par rapport un logement classique.

    Le chantier, film en permanence grce une webcam installe sur le site depuis septembre 2010, a livr ses premires images, visibles sur le site internet dOphis, gestionnaire du projet (www.ophis.fr).

    Pour plus dinformations

    Ophis

    32 rue de Blanzat63028

    Clermont-Ferrand Cedex 2

    tl : 04 73 41 16 20

    Jarrige Anne-Sophie, responsable de la communication

    asjarrige@ophis.fr

    www.ophis.fr

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    Lnergie au cur du logement durable

    Le toit vosgien Raon lEtapeRhabilitation passive visant diviser par 10 les charges de chauffage

    Pays France

    P o p u l a t i o n cible

    Les allocataires sociaux de la commune de Raon lEtape

    Contexte Ce btiment a t construit en 1974 pour y loger des personnes ges. Les 22 studios du btiment tant de-venus obsoltes, il tait impossible moderniser sans avoir recours de gros travaux. Le btiment a t rha-bilit par la socit HLM le toit vosgien , de manire accueillir 12 logements sociaux et un centre prisco-laire.

    Objectifs Rnover le btiment de 756m et le centre priscolaire de 194m et atteindre les critres nergtiques du label Passivhaus.

    Mthode Le projet a restructur lensemble du btiment, en conservant les murs extrieurs et les murs porteurs intrieurs, et recr 12 logements et un centre prisco-laire. Le fait de garder les murs porteurs a permis une conomie substantielle.

    Ce projet est novateur dans le sens o lobjectif est dat-teindre pour ces travaux la passivit en nergie grce la mise en place dune chaudire collective bois, une centrale double flux pour le renouvellement dair et une isolation ultra performante des murs extrieurs et des combles, permettant de limiter la consommation de chauffage un niveau infrieur 12Kwh/m/an. Le b-timent est aussi accessible aux personnes handicapes

    Etat dorigine : bilan nergtique rvlant une consom-mation de 220kWh/m/an.

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    Lnergie au cur du logement durable

    Action Isolation :

    Murs : 320 mm disolant (par lextrieur)

    Comble : 500 mm disolant base de ouate de cellulose

    Menuiserie en bois :

    Triple-vitrages au Nord

    Double-vitrages au Sud

    Consommation nergtique : Chauffage : 15 kWh/m2/an en nergie finale.

    Sources dnergie :

    Chaudire collective plaquettes

    Rcuprateur de chaleur sur VMC double flux

    Panneaux solaires thermiques

    Rsultats Le niveau PASSIVHAUS est atteint, soit des besoins en chauffage infrieurs 13 kWh/m2/an. Pour atteindre ce niveau, une enveloppe parfaite est ncessaire :

    Le btiment est entirement recouvert de bois et la mise en uvre des techniques prcites a permis de diviser la consommation dnergie par 10. Chaque lo-cataire paiera pour sa consommation chauffage, eau chaude et ventilation 15 euros par mois. Le btiment est notamment quip dune chaufferie collective bois plaquettes. La premire sur Raon- lEtape, qui permettra de chauffer ce btiment, ainsi que la deuxime aile dont la rnovation va dbuter prochainement. 15 autres lo-gements bnficieront ainsi des mmes techniques de rnovation.

    Pour plus dinformations

    Le Toit Vosgien

    6 rue du Breuil Saint-Die des Vosges

    Tl : 03.29.55.15.10

    www.toit-vosgien.com

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    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

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    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Trois questions Eric ROSSIAUD, prsident de la CODHA

    Eric Rossiaud, prsident de la Codha Cooprative de lHabitat Asso-ciatif nous prsente son projet de logement social cologique et participatif. Partie de la construction dun immeuble de dix appar-tements, la Codha construit aujourdhui une centaine de logements dans un nouveau quartier de Genve et 120 dans un co-quartier du canton de Vaud.

    Pouvez-vous nous prsenter la Codha, son modle et loriginalit dun tel projet ?

    La Codha, cooprative sans but lucratif cr en 1994, a construit et gre aujourdhui prs de dix immeubles selon deux piliers : la qualit en matire environnementale et la participation des habitants.

    Sur laspect environnemental en matire de construction, nous nous basons sur les labels suisses Minergie-P et eco. Le standard Minergie-P assure un confort optimal et une utili-sation rationnelle des ressources nergtiques par une bonne isolation, en vitant les ponts thermiques tout en assurant la rgnration de lair avec une ventilation double flux. Le stan-dard Minergie-eco se focalise essentiellement sur un mode de construction sain et cologique avec lutilisation de matriaux sobres, recyclables et produits partir de ressources renouve-lables. En 2004, nous avons reu les prix du dveloppement durable de la ville de Genve et de la Suisse pour notre premier immeuble Minergie-eco. Nous venons galement de terminer le premier btiment conforme au standard Minergie-P-eco du canton de Genve.

    Du ct de la participation, nous runissons les futurs habi-tants deux trois ans avant le dbut des travaux et trouvons un

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    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    projet qui correspond nos exigences pratiques, cologiques et financires par un concours darchitecture. Nous invitons alors les futurs locataires crer une association dhabitants qui deviendra notre partenaire dans la construction, mais ga-lement dans lexploitation de limmeuble. En effet, cette asso-ciation soccupera de la gestion du btiment, rassemblant les loyers individuels en un seul loyer collectif pour la Codha, choisissant les rles de conciergerie, soccupant de lentretien courant, ...

    Selon le principe de la cooprative, les personnes amnent en fonds propre 5% du prix de leur appartement, ce qui qui-vaut environ 20 000 francs suisses (15 430 euros) pour un logement de 100 m avec un loyer plafonn selon leurs reve-nus entre 1 350 et 2 000 francs (1 040 et 1 540 euros). A leur dpart, ce fonds propre est restitu aux locataires, index sur le cot de la vie. De cet investissement et de la participation llaboration du projet rsulte une forte appropriation par les locataires de leur appartement, de leur immeuble et de leur quartier. Contrairement des promoteurs habituels, nous leur permettons de faire un choix collectif pour les matriaux de revtement de sol, des murs... et un choix individuel pour la personnalisation de leur cuisine, laquelle peut varier selon les modles et adaptations proposs selon le budget allou. Ainsi chaque appartement est standard tout gardant une touche per-sonnelle. De plus, les locataires connaissent dj leurs voisins avant mme demmnager, parce quils ont vcu une aventure commune ensemble.

    Quel est le rle des politiques et autorits publiques dans la russite de vos projets?

    Nous bnficions daides grces la loi sur lnergie du canton de Genve, qui nous a permis de couvrir 3% du surcot de la ralisation par rapport une construction qui ne suivrait pas les mmes standards nergtiques. Nous avons galement pu obtenir une lvation du plafond des loyers de lOffice canto-nale du logement afin de couvrir une partie des cots. Les loyers sont calculs sans les charges et la plus-value nergtique ra-lise par notre modle de construction compense llvation du loyer. Enfin, les taux dintrts de notre bailleur de fonds, la

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    Banque Alternative suisse, sont calculs selon des ratings envi-ronnementaux. Ds lors, le taux qui nous a t propos nous a permis dinvestir 8% supplmentaires la construction, tout en restant dans les plafonds de loyers imposs.

    Quels conseils donneriez-vous qui veut se lancer dans un projet similaire ?

    Premirement, on a beaucoup entendu quil ny avait pas de de-mande pour ce genre de projet. Or, il ny a de demande que sil y a une offre ! Aujourdhui, nous avons 1 100 membres dont seulement 300 sont logs. La demande est donc bien l. Deu-ximement, il faut un engagement fort des pouvoirs publics, qui veulent bien se prter cette exprience. Par exemple, sans la remise de terrains des coopratives par les autorits, nous naurions jamais pu merger. Et troisimement, il ne faut pas oublier que la construction est caractrise par une tempora-lit longue. Tout le monde na pas le temps de passer dix ans entre le moment o lon acquiert un terrain et la finalisation de limmeuble. Afin de parer lpuisement des associations, il est important de regrouper les professionnels dans une struc-ture fatire qui puisse soccuper de la gestation du projet sur le long terme comme nous lavons fait la Codha.

    Plus dinfo : [www.codha.ch]

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    1. Des conomies dnergie mais pas nimporte quel prix

    1.1 De la prcarit nergtique

    Abordons maintenant les aspects socio-conomiques de cette course aux conomies dnergie et lcologique : construire durable nest pas ncessairement la porte de toutes les bourses. Mais la durabilit du logement est dautant plus importante que lhabitat est souvent considr comme un rempart important contre la pauvret et lexclusion sociale. Pourtant consacr dans la Dclaration universelle des droits humains, le logement reste pour beaucoup inabordable et de mauvaise qualit. Occuper un logement inadquat peut dj tre considr comme une forme dexclusion lie au logement. Un logement qui ne satisfait pas ncessairement les conditions essentielles dun chez soi , telles quun chauffage, un refuge, la scurit, lintimit, ainsi quun environnement sain. Lorsque ces lments ne se retrouvent pas dans un logement, on peut considrer que la personne qui loccupe est confronte des problmes dexclusion lie au logement. La mauvaise qualit du logement risque daspirer les personnes vers lexclusion lie au logement et plus gnralement dans une spirale de marginalisation.63

    De plus, ceux qui, les premiers, auraient besoin de renforcer lefficacit nergtique de leur logement (installation de chauffage, isolation,...) nont pas ncessairement les moyens de financer linvestissement, mme si celui-ci leur serait clairement avantageux sur le long terme, car il permettrait de rduire fortement leur

    63. Ed Thorpe, Le rle du logement dans les parcours dexclusion lie au logement , Logement et exclusion lie au logement, FEANTSA, rapport europen, 2008.

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    consommation et donc leurs dpenses (surtout lorsque lon sait que le chauffage mange lui seul prs de 40% de la facture nergtique des mnages). Senclenche alors un cercle vicieux : les mnages payent trop pour leurs dpenses nergtiques, au point quils finissent par ne plus savoir payer du tout. Cest ce que lon nomme la prcarit nergtique.64

    La notion de prcarit nergtique dsigne les mnages qui dpensent plus de 10% de leurs revenus pour se fournir en nergie. Selon lAgence nationale pour lhabitat (Anah), pas moins de 3,4 millions de mnages vivent dans cette situation en France, soit un sur huit.65 Mais cette dfinition administrative (base surtout sur les impays dnergie, et assez peu sur dautres indicateurs comme linconfort thermique) ne semble parfois pas assez large pour rendre pleinement compte du phnomne. Aussi, la sociologue Marie-Christine Zlem en propose une dfinition toute simple : Est en prcarit nergtique un mnage qui prouve des difficults se chauffer en raison notamment de linadaptation de ses ressources et ses conditions dhabitat. 66 Cette approche montre la prcarit comme un phnomne multidimensionnel, combinant la vulnrabilit financire de certains mnages, linadaptation thermique de leur logement et le cot variable de lnergie. Il sagit donc dune situation complexe, rsultant de linteraction entre les mnages, leur situation conomique et sociale, et leur habitat dans ses dimensions conomiques et techniques.67

    La prcarit nergtique est ds lors difficile identifier (car il sagit souvent dune situation trs personnelle dans le sens o elle touche le cur des mnages : leur foyer), mais galement dlicate rsoudre. Si la prcarit nergtique doit tre apprhende dans toutes ses

    64. Pour plus dinformation sur la prcarit nergtique, consultez notre cahier de la Solidarit n19 Lconomie sociale, actrice de la lutte contre la prcarit nergtique , septembre 2009.65. Thibaut Schepman, Quand se chauffer rend (trs) pauvre , Alternatives conomiques, n297, dcembre 2010.66. Daprs lintervention de Marie-Christine Zlem, Les exclus du logement durable, quelques pistes de rflexion lors dune confrence organise par la Prsidence belge de lUE Logement durable : outil de cohsion sociale ? , 23 novembre 2010.67. Alain De Quero et Bertrand Lapostolet, Rapport du Groupe de travail Prcarit nergtique , Plan btiment grenelle, 15 dcembre 2009.

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    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    dimensions, force est de constater quun logement adapt constitue la pierre dangle de sa rsolution. Or trop de logements sont peu ou pas isols. Ces passoires thermiques , combines un systme de chauffage inadapt, deviennent rapidement un gouffre financier quun loyer bas prix ne parviendra pas compenser. Pourtant, les aides existent, mais tant donn la dfinition restreinte de leurs bnficiaires, elles oublient une catgorie importante de la population, et rpondent gnralement en termes financiers un problme aux aspects techniques importants, mais qui ne peut en aucun cas tre rduit uniquement cette dimension.

    En Belgique, le Fonds Social Chauffage68, cr linitiative des pouvoirs publics, des CPAS et du secteur ptrolier, intervient partiellement dans le paiement de la facture nergtique des personnes en situation prcaire. Louable et indispensable mesure durgence, ce fonds ne sattaque malheureusement pas lune des racines principales du problme : la mauvaise qualit du logement et des installations. En aidant les mnages payer leurs dettes nergtiques, les pouvoirs publics semblent traiter les symptmes sans rsoudre le fond du problme : comment garantir que laide montaire ne sera pas gaspille par des fentres mal isoles ?69

    Nanmoins, des initiatives existent (pour plus de dtails sur les aides et initiatives, voir chapitre suivant). Par exemple en France, le Fonds dAide la Rnovation Thermique (Fart) a t cr en juillet dernier, dans le cadre du programme national Habiter mieux 70. Ce fonds a pour objet daider les mnages propritaires occupants faibles revenus mener bien des travaux amliorant la performance nergtique de leur logement. Les crdits du pro-gramme sont verss au FART qui sera gr par lAgence nationale de lhabitat (Anah). Ce fonds participe la mise en uvre du pro-gramme daide la rnovation thermique des logements privs dans le cadre de contrats locaux dengagement contre la prcarit nerg-

    68. Pour plus dinformation : [www.fondschauffage.be]69. Thibaut Schepman, Quand se chauffer rend (trs) pauvre , Alternatives conomiques, n297, dcembre 2010.70. Pour plus dinformation : Laide du Programme national Habiter Mieux [http://www.anah.fr/les-aides/vous-etes-proprietaire-occupant/laide-du-programme-national-habiter-mieux.html]

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    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    tique qui associent, outre lEtat et lAnah, les collectivits et dautres partenaires au travers du schma opratoire suivant : reprage des situations traiter, diagnostic nergtique et financier, financement des travaux.71

    Du ct de lconomie sociale72, il a t dmontr que ce secteur peut rpondre de faon durable aux diffrents problmes rencontrs par les personnes en situation de prcarit. En effet, par son exp-rience en matire dinclusion sociale, de lutte contre la pauvret et dinitiative citoyenne, lconomie sociale amne des rponses effi-caces et humaines au problme. De surcrot, en dveloppant le sec-teur de lamlioration nergtique en direction des plus pauvres, elle participe crer des emplois verts et lutter contre le changement climatique.

    Cependant, laccs au logement social reste, pour bon nombre de personnes, la seule solution long terme au problme de lexclusion lie au logement. Il sagit en gnral de la formule de logement la plus accessible et la plus abordable. Cest aussi le type de logement que les gouvernements peuvent le plus facilement continuer de contrler sur les plans de la qualit et des cots.73

    Au sein de lUnion europenne, le logement social reprsente un pa-trimoine de 25 millions de logements, soit 12% du parc rsidentiel. Le logement social offre donc dans toute lEurope un effet de levier considrable pour toute politique nergtique et environnemen-tale.74 En 2010, la France comptait 4 508 500 logements sociaux, ha-bits par plus de 10 millions de personnes.75 En Belgique, la Socit

    71. Rappel (Rseau des Acteurs de la Pauvret et de la Prcarit Energtique dans le Logement), Programme rnovation thermique des logements : cest parti ! , 22 juillet 2010, consult sur [www.precarite-energie.org/Programme-renovation-thermique-des.html]72. Pour plus dinformation sur la prcarit nergtique et lconomie sociale, consultez notre cahier de la Solidarit n19 Lconomie sociale, actrice de la lutte contre la prcarit nergtique , septembre 2009.73. Ed Thorpe, Le rle du logement dans les parcours dexclusion lie au logement , Logement et exclusion lie au logement, FEANTSA, rapport europen, 2008.74. Carine Puyol et Pazanne Dupont, Performance nergtique des logements sociaux , Union sociale pour lhabitat, septembre 2010.75. Commissariat gnral au dveloppement durable, Le parc locatif social au 1er janvier 2010 , n184, Service de lobservation et des statistiques, janvier 2011.

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    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    de logements de la Rgion bruxelloise (SLRB) soccupe de plus de 39.000 logements sociaux76 et en Wallonie, le nombre de logements locatifs offerts par le secteur est de plus de 101.000 habitations, soit 8% du parc total de logements de Wallonie.77

    On distingue gnralement trois types de logement social : le logement public (HLM en France) gr par ladministration, le logement gr par une entreprise prive mais subventionn, et les coopratives dhabitations, souvent paules par les pouvoirs publics. Le logement social public est un secteur de poids, tant au niveau social quenvironnemental, mais son tat nest pas toujours fameux en Belgique comme en France.

    En France, grce une attention particulire accorde aux travaux dconomie dnergie depuis les annes 1970 (suite au choc ptrolier), la consommation nergtique moyenne du parc HLM (chauffage + eau chaude sanitaire) en nergie primaire est de 170 KWh/m/an (classe D) contre 240 (classe E) pour lensemble du parc rsidentiel.78

    Rpartition du parc locatif franais (nergie fossile) par classe de DPE*

    Performance nergtique des logements sociaux en France79

    76. Service de lutte contre la pauvret, la prcarit et lexclusion sociale Combien y a-t-il de logements sociaux en Belgique et combien de personnes sont-elles inscrites sur une liste dattente ? , 2010. [www.luttepauvrete.be/chiffres_logements_sociaux.htm]77. Voir [www.swl.be]78. Philippe Van de Maele, Logements sociaux et rnovation urbaine , Grenelle de lEnvironnement, Comit oprationnel n2, mars 200879. Carine Puyol et Pazanne Dupont, Performance nergtique des logements sociaux , Union sociale pour lhabitat, septembre 2010.

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    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Curieusement donc, ltat du logement social est relativement bon par rapport lensemble du parc immobilier. Cependant, prs de 30% des habitations sociales (soit plus dun million de logements) pr-sente une performance nergtique catastrophique (voir graphique), avec les risques en termes de prcarit nergtique que lon connat. Ds lors, la rnovation thermique des logements sociaux est lune des priorits du Grenelle de lenvironnement . La conven-tion signe le 26 fvrier 2009 avec lUnion sociale pour lHabitat pr-voit notamment une rnovation thermique, dici 2020, de 800 000 logements sociaux. Elle est accompagne de lco-prt logement social 80 1,9%, qui a dj permis la rnovation de plus de 35 000 logements sociaux. 100 000 logements seront traits dici la fin 2010. Par ailleurs, une enveloppe de 320 millions deuros a t rserve ces actions dans le cadre du FEDER.81

    Le FEDER ou Fonds Europen de Dveloppement Economique et Rgional est un fonds structurel europen, et lun des outils majeurs de la Politique de Cohsion de lUnion europenne. Initia-lement rserv aux nouveaux Etats membres, lamplitude du FEDER a t tendue toute lUnion et depuis 2009, le Fonds est ligible aux projets lis lefficacit nergtique des logements et au dve-loppement des nergies renouvelables dans les logements, avec un objectif de cohsion sociale. Ainsi, le FEDER peut tre sollicit dans le cadre de la rhabilitation thermique du logement social, laquelle 4% du Fonds (soit 8 milliards deuros) est ddi. Le Fonds ne se substitue pas aux financements nationaux, mais peut provo-quer un effet de levier.82

    En Belgique, le parc de logement est plutt vtuste et le logement public ne fait pas exception. Les charges nergtiques sont deve-nues une composante structurelle des dpenses totales du loyer, lui devenant parfois suprieur ! Cest pourquoi, Jean-Marc Nollet, ministre wallon en charge notamment de lEnergie et du Logement,

    80. Pour plus dinformation, consultez Comment fonctionne l Eco-prt loge-ment social ? sur [http://bit.ly/eAUJzp]81. Benoist Apparu, Politique du logement social : Une nouvelle ambition , Dossier de Presse, Ministre de lEcologie, de lEnergie, du Dveloppement Durable et de la Mer, 3 fvrier 2010.82. Power House France, Soutien du FEDER pour la rhabilitation thermique des logements ,[http://www.powerhousefrance.com/spip.php?article20]

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    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    a annonc en dcembre 2010 le prochain lancement dun Plan dInvestissements Verts (PIVERT) afin damliorer lisolation et lefficience du parc de logement wallon, dans le cadre de la pre-mire Alliance Emploi-Environnement (cf. chapitre emploi). Ltat du logement public en Wallonie est proccupant : 47,6% ne poss-dent aucune isolation de la toiture, 31% prsentent au moins un local humide, 30,5% nont pas de vitrage isolant et 28,6% sont sans chauffage central. Ds lors, le gouvernement wallon a approuv un plan de rforme de 900 millions deuros afin damliorer la perfor-mance nergtique du parc de logement public et de diminuer les charges payes par les locataires, qui atteignent en moyenne 70% du loyer. Ce plan devrait permettre 50 000 mnages de diminuer substantiellement leurs charges nergtiques et de rnover 10 000 logements entre 2011 et 2014. 83

    A Bruxelles, le secteur rsidentiel met plus de 70% de CO2 de la R-gion et le logement social reprsente 8,3% des logements bruxellois. Cest pourquoi, le nouveau contrat de gestion de la Socit du Loge-ment de la Rgion de Bruxelles-Capitale (SLRB) a t baptis contrat de gestion vert.social en aot 2010. Reconnaissant le pouvoir de levier environnemental et social du logement public, ce nouveau contrat de gestion met laccent sur les rnovations lourdes, tendant vers le passif, et la production dnergies renouvelables dans les lo-gements sociaux. Le secrtaire dEtat en charge du Logement, Chris-tos Doulkeridis, a soulign que ce contrat de gestion tait vertement social puisque des initiatives fortes en matire environnementale rencontrent les attentes des locataires sociaux qui peuvent ainsi voir leur consommation nergtique baisser.84

    Concernant les autres types de logement social, subsidis par lEtat mais grs par un tiers, les aides, subsides, dductions et autres primes (parfois accordes dans le cadre des programmes mention-ns ci-dessus) permettent gnralement de compenser les surcots dune construction ou dune rnovation basse nergie par rapport

    83. Adoption de la Rforme du Logement public : 900 millions pour un logement public rnov ! , 22/12/2010, [http://nollet.wallonie.be/adoption-de-la-reforme-du-logement-public-900-millions-pour-un-logement-public-renove]84. Christos Doulkeridis, SLRB : un nouveau contrat de gestion vert.social , 31 aot 2010,[http://www.doulkeridis.be/blog/2010/08/31/slrb-un-nouveau-contrat-de-gestion-vert-social/#more-873]

  • des travaux classiques. Ainsi, amliorer les performances ner-gtiques du logement social, cest lutter contre la fracture sociale, paralllement la fracture nergtique.85

    Mais la lutte contre la prcarit nergtique ne se cantonne videm-ment pas la rnovation du logement social. Un autre levier daction public important Bruxelles est les contrats de quartiers.86 Il sagit de programmes de revitalisation urbaine initis par la Rgion, mens dans diffrents quartiers fragiliss en partenariat avec les communes. Ce programme prvoit, entre autres, la rhabilitation de logements existants, la cration de nouveaux logements, le ramnagement des espaces publics, la cration ou le renforcement dinfrastructures et dquipement de quartiers et la mise en place dinitiatives sociales et participatives pendant la dure du contrat de quartier.

    Reliant les problmatiques urbaines et sociales, ces contrats de quar-tiers se concentrent sur les espaces urbains les plus fragiliss, dfi-nis par des indicateurs tels que la concentration dimmeubles dgra-ds, linconfort des logements, la densit de population ou le taux de chmage. Lapproche intgre des contrats de quartiers permet de saisir la multiplicit des causes de dtrioration urbaine et de dterminer les axes de revitalisation selon une dmarche de projet susceptible de mobiliser les acteurs publics, privs, associatifs et les habitants. Le but est daboutir une coproduction de laction publique de faon moins verticale et hirarchique ainsi qu une meilleure prise en compte des spcificits locales.87

    85. Jos Garcia, Le passif ou comment rendre nos logements plus conomes en nergie et respectueux de lenvironnement , SLRB Info n62, dcembre 201086. Pour plus dinformation : [www.quartiers.irisnet.be]87. Muriel Sacco, Cureghem : de la dmolition la revitalisation , Brussels Studies, numro 43, 25 octobre 2010.

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    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    1.2 Changer ses habitudes

    La conception dune maison et ses caractristiques techniques sont dterminantes pour sa consommation dnergie. Mais ce ne sont pas l les seuls lments. La rcurrence dhabitudes nergivores joue galement un grand rle dans la consommation dun mnage.

    Le projet Retrofit Reality en Angleterre a suivi la consommation dune centaine de mnage avant et aprs une srie damnagements nergtiques adapts. Aprs 12 mois de suivi, les auteurs ont pu conclure que le projet avait permis dconomiser en moyenne 25% dnergie par maison, chiffre important mais moindre quespr. Ils en ont dduit que la limite principale lefficacit nergtique des btiments reste in fine le comportement des habitants. Dans le projet, comme lnergie cotait proportionnellement moins cher grce aux amnagements techniques, les mnages ont eu tendance prendre leurs aises et, par exemple, chauffer toute la maison alors quils ne chauffaient quune ou deux pices auparavant.88

    De plus, comme nous lavons signal plus haut, les mnages ont tendance dlguer la rgulation de leur consommation aux systmes techniques, et de sous-utiliser les technologies destines conomiser de lnergie par manque de comprhension quant leur utilisation, entranant des effets de contre-performance. Ds lors, comme le rsume larchitecte visionnaire Richard Buckminster Fuller, Il ny a pas de crise de lnergie, mais simplement une crise de lignorance .

    A dfaut de pouvoir habiter immdiatement dans un logement basse nergie, plusieurs bonnes pratiques peuvent tre adoptes par les mnages, afin de raliser un certain nombre dconomies dnergie. Chacun peut mettre en uvre chez soi des petits gestes quotidiens qui changent tout : baisser la temprature ambiante dun ou deux degrs (on estime quune rduction d1C permettrait de diminuer sa facture de chauffage de 10%), fermer les portes, teindre

    88. Plus dinformation sur le projet et ses conclusions sur :[www.gentoogroup.com/?Article=8873&Track=/549/560/8873/]

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    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    la lumire, couper le chauffage pendant la nuit, utiliser des ampoules conomiques, viter de laisser les appareils lectriques en mode veille, mettre un couvercle lorsque lon fait bouillir de leau, rparer les fuites deau, ...89

    La guidance sociale nergtique mise en place dans les CPAS participe cette dmarche de sensibilisation et de changement des comportements. En Rgion flamande, le gestionnaire de distribution du rseau (GDR) assume galement cette mission de guidance. Les rsultats sont trs concrets sur la facture comme le montre un test ralis petite chelle dans la Rgion de Bruxelles-Capitale : le Dfi Energie, mis en uvre en 2005-2006 et en 2006-2007, test respectivement sur 200 puis 1300 mnages en priode hivernale, a permis de modifier les comportements des individus dans leur logement et dans leurs dplacements, sans investissement et sans perte de confort. Il leur a t propos dadopter des gestes simples afin de rduire leur consommation initiale (teindre le chauffage et lclairage, fermer les portes, viter le mode veille pour de nombreux appareils lectriques, etc.). Ladoption de ces bonnes habitudes a permis datteindre une rduction de 8% de CO2 en moyenne lors de la premire priode, puis de 20% lors de la seconde. Cette exprience dmontre donc lintrt de porter attention aux gestes quotidiens, avant mme dentreprendre des travaux de construction ou de rnovation.

    Il est ncessaire en effet quun cercle vertueux se mette en place, consistant sensibiliser, inciter et obliger tout la fois, de sorte que le changement se fasse progressivement, sans priver les mnages de leur droit lnergie, et en les incitant reconsidrer leur consommation nergtique. Le dbat reste encore ouvert sur la meilleure faon de franchir le cap, mais il nous semble clair que seule une dmarche responsable, sociale et environnementale, donc durable, pourra permettre de rgler le problme de la facture nergtique ainsi que celui de la prcarit inacceptable qui peut en dcouler.

    Cette responsabilisation passe souvent par une participation active au projet de construction ou de rnovation durable. La participation aux processus dcisionnel et oprationnel a

    89. Pour plus dinformation et de conseils : [www.defi-energie.be]

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    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    une fonction dexplication et dappropriation des projets. Une implication active permet dautant mieux de comprendre les enjeux tant en termes dinstallation que de comportement. Les meneurs de projets dco-quartiers lont bien compris, car la participation des habitants est lun des principes fondateurs dun quartier durable.

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    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    2. Des co-quartiers aux habitats groups : une autre faon de se loger

    Un mouvement de prise en considration des enjeux cologiques est en train dmerger. Cette prise de conscience repose sur lide quil faut atteindre un niveau lev de performance en matire de biodiversit, dnergie, dco-mobilit et de diversit sociale. La philosophie des nouvelles faons dhabiter (co-quartiers, habitats groups et solidaires,...) consiste transformer le mtabolisme des agglomrations. Pour cela, les concepteurs de ces nouveaux quartiers privilgient une approche intgre afin de rendre la ville responsable , vivante et participative .

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    2.1 Les co-quartiers90

    La littrature saccorde dcrire lco-quartier comme un labora-toire de ville durable. En effet, les politiques urbaines actuelles sont dsormais guides par un objectif : celui du dveloppement durable. Cest--dire la prise en compte des enjeux cologiques, conomiques et sociaux dans le dveloppement et la gestion de lespace urbain.

    Lobjectif de lco-quartier consiste atteindre un haut niveau de performance en matire de biodiversit, dnergie, dco-mobilit ou encore de diversit sociale. Pour cela, il faut parvenir transformer le mtabolisme des agglomrations. Lco-quartier se veut en ad-quation avec les objectifs de dveloppement durable. Le but est de concilier autant que possible les diffrents enjeux environnemen-taux dans le but de rduire limpact du bti sur la nature :

    Rduction des consommations nergtiques : les co-quartiers re-courent tous aux nergies renouvelables (solaire, le plus souvent).

    Rduction des consommations deau : les eaux pluviales sont rcu-pres et utilises pour arroser les espaces verts, nettoyer la voie publique ou alimenter leau des WC.

    Gestion des dchets et des rejets notamment par la limitation de la production de dchets : le tri slectif est de rigueur, mais les d-chets verts peuvent galement tre facilement composts grce des emplacements prvus cet effet le compost pouvant ensuite tre utilis pour les jardins et espaces verts.

    Les matriaux de construction utiliss et les chantiers peuvent faire lobjet dune attention particulire (meilleure gestion des dchets de chantier, rutilisation dlments dans le cadre dune rhabilita-tion).

    Implantation de lco-quartier dans une optique de valorisation

    90. Daprs la prsentation de Pierre Vanderstraeten, Habiter un co-quartier, bnfices et inconvnients , prsentation lors dune confrence Eco-quartiers, quartiers durables Batibouw le 4 mars 2010. Prsentation disponible sur [http://www.logementdurable.eu/?attachment_id=686]

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    des espaces (rhabilitation de friches industrielles, portuaires ou militaires).

    Lco-quartier met en exergue lide de coopration entre des indi-vidus, au sein dune communaut. En toile de fond de ces initiatives, lide est galement de dvelopper une culture participative. Les exemples sont nombreux : il peut sagir de covoiturage, de Groupes dAchats Communs (GAC) ou encore de Systmes dEchange. Il sagit de mutualiser les ressources de manire autonome en dehors du march et de lEtat. Prenons lexemple des GAC : il sagit dune alternative la grande distribution qui consiste crer un partena-riat de proximit entre producteurs et consommateurs pour produire et consommer autrement. Le GAC rassemble, intervalle rgulier, plusieurs mnages qui optent pour des produits de qualit auprs de producteurs et transformateurs locaux. Quant aux SEL, ils dsignent un systme dchange de produits ou de services en dehors du sys-tme montaire classique, cest--dire sans avoir recours la mon-naie gouvernementale (ou supra-nationale dans le cas de leuro).

    Les bienfaits sociaux des co-quartiers

    Au-del des bienfaits cologiques, lco-quartier donne la possibilit ses habitants de crer du lien en associant leurs forces. Lco-quartier est souvent le fruit dinitiatives locales et prives, quil sagisse dhabitants ou dassociations. Par ailleurs, il est primordial que les habitants sinvestissent ds la conception du projet de construction ou de rnovation du quartier. Un co-quartier ne peut fonctionner correctement que si les habitants participent sa vie : en prenant part la conception de leur futur lieu de vie, les habitants se sentent plus responsables et sont donc plus enclins respecter les principes de fonctionnement tels que le tri slectif ou encore le nombre de vhicules automobiles en leur possession. Ces deux indicateurs sont en effet souvent rvlateurs du succs dun co-quartier. La participation des habitants peut seffectuer par des moyens divers et souvent modernes : rseau intranet propre au quartier, forum internet, publication de revue de quartier, dbats, sminaires, expositions. Tous les moyens sont bons pour diffuser les comportements co-citoyens adopter.

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    Ainsi, lco-quartier met laccent sur la dimension humaine, la convivialit entre voisins, le plaisir de faire en commun . Des tudes ont montr que les enfants qui avaient la possibilit de jouer dans la rue dveloppaient des comptences sociales et devenaient des tres plus autonomes et plus cratifs. Par ailleurs, la mixit intergnrationnelle, culturelle et socio-conomique est une condition et une priorit dans llaboration dun quartier durable. Cela dit, cette condition nest pas toujours facile raliser concrtement, elle est donc encourage pas divers moyens : en variant la taille de lappartement, en amnageant des appartements pour certaines catgories de personnes (personnes mobilit rduite, personnes ges) et en fixant une limite maximale aux revenus des locataires. Toutefois, il arrive souvent que les co-quartiers gnrent des effets contre-performants notamment au niveau social en raison de la hausse de limpt foncier qui peut remettre en cause un accs galitaire lco-quartier et donc le principe de mixit sociale qui devrait tre un des fondements de ce type de quartier.

    Eco-quartier et mobilit

    Lco-mobilit est galement une dimension incontournable des co-quartiers. Un des objectifs poursuivis est une meilleure gestion des dplacements, ainsi quune limitation de la voiture et une incitation lutilisation de transports doux (transports en commun, vlo, marche pied). En outre, toute une srie dinitiatives originales ont t prises notamment en milieu rural telles que la rhabilitation du cheval comme mode de transport en commun, les tram-trains, les tram-marchandises ou encore les bateaux-bus. En matire dco-mobilit, il existe deux possibilits qui consistent soit transformer les moyens de mobilit afin quils soient plus respectueux de lenvironnement, soit diminuer les besoins en mobilit. Pour diminuer les besoins en mobilit, il faut par exemple repenser les conditions pour la marche pied. Communment, la distance de marche acceptable en Belgique est de 300 600 mtres (alors que dans dautres pays comme la Roumanie, cette distance est beaucoup plus importante). En tentant compte de cette indication, il faut crer les conditions pour que les habitants ne dpendent plus de leur voiture, cest--dire quils puissent bnficier de services

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    suffisamment proches pour pouvoir sy rendre pied. On a ainsi calcul quil faut de 2 000 2 500 habitants pour crer une cole et une superette. Une fois le quartier pens en lui-mme, il faut galement relier les quartiers entre eux et au centre.

    En conclusion, il ne faut pas perdre de vue quun quartier est une partie dun ensemble. Les quartiers durables ne doivent en aucun cas tre des lots. Ancrs dans la ville, ils doivent entretenir une relation dynamique avec celle-ci. Rappelons quil est donc primordial de penser lchelle locale dans un cadre global et dvaluer le niveau de performance globale dun co-quartier. En effet, il faut garder lesprit que le but dun co-quartier nest pas de vivre en autarcie, il doit constituer un levier pour les co-territoires.91

    91. Pour plus dinformation sur le dveloppement urbain durable, consultez notre Cahier de la Solidarit n16 Construire des villes europennes durables , 2009.

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    2.2 Habitat group et habitat solidaire

    Le cot du logement ( lachat, la construction ou la location) a consi-drablement augment ces dernires annes, en particulier dans les capitales europennes. Des tudes ont dmontr que la part du loyer dans le budget des mnages sest fortement accrue. Se loger devient donc problmatique pour de nombreux mnages - tant pour les couches dfavorises de la population que pour certains groupes des classes moyennes.

    Lhabitat group peut ds lors savrer une solution de logement int-ressante dun point de vue conomique. Il lest dautant plus quand il sinscrit dans un vritable projet dinsertion. On parle alors d habitat solidaire . Choix dfinitif ou passager, lhabitat group ou solidaire relve dans tous les cas dune dmarche volontariste. Les raisons conomiques et pratiques sont assorties, de la part des rsi-dents, dune envie de changement dans le mode de vie, voire dun projet commun. Lhabitat group et lhabitat solidaire sapparentent alors une forme daction collective, un espace social construit par ses propres habitants. Coupls avec une dimension environnemen-tale, ces modes dhabitat endossent alors toutes les dimensions de la durabilit du logement.

    Les termes d habitats groups dsignent des projets doccu-pation, de rnovation ou de construction dun immeuble qui ras-semble des habitations autonomes. Ces projets immobiliers peuvent prendre des formes diverses avec des degrs dautonomie diffrents. Un ancien immeuble peut se voir transform en plusieurs appartements, des maisons mitoyennes peuvent tre regroupes dans un projet de rnovation, etc.

    Les habitats groups, par dfinition, sont rarement isols dans les-pace. Ils sont gnralement mitoyens et comportent un ou plusieurs espaces communs : un jardin, une cave, une salle, etc. Cela nem-pche pas, par exemple, lexistence de jardins privatifs. A ce partage fonctionnel viennent parfois se greffer des projets communs ouverts sur lextrieur de lhabitat (par exemple, des projets associatifs ou-verts tous, etc.) ; mais pas ncessairement.

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    Lhabitat group est une modalit de logement qui existe dans de nombreux pays europens. On constate que lhabitat group a, de-puis longtemps, t envisag comme une rponse aux besoins de logements, qui sinscrit galement dans une logique communauta-riste rfutant les modles individuels.

    Lhabitat solidaire est une forme dhabitat group qui concerne les personnes vivant une situation de prcarit sociale. Sont considres comme tant en situation de prcarit sociale les personnes dont le revenu ne dpasse pas 60% du revenu mdian national des mnages. Les projets dhabitats solidaires visent la (r-)insertion sociale. Cest pourquoi, dans de nombreux cas, ce type de solution de loge-ment prvoit un accompagnement social des rsidents. De fait, le logement solidaire vise deux publics, qui peuvent cohabiter au sein dune mme structure. Il peut sagir de personnes qui ont besoin dun passage volontaire en collectivit pour retrouver une capacit dau-tonomie individuelle : dans ce cas le logement solidaire est une tape entre le logement en institution et le logement individuel, considr comme objectif dautonomie atteindre. Les publics viss sont alors des jeunes en institution, des personnes en maison daccueil, des dtenus qui sortent de prison, etc.

    Lhabitat group peut aussi sadresser des personnes pour qui le logement individuel nest pas satisfaisant. Dans ce cas il sagit de permettre une autonomie collective pour des personnes dont lautonomie individuelle nest pas possible ou souhaite. Les publics viss sont alors multiples. Il nest plus question de demander ces habitants de se prparer un dpart de ce type dhabitat. Ils peuvent y rester de manire dfinitive sils le souhaitent et sils adhrent aux rgles internes de ce type dhabitat. Lhabitat group est une formule qui fonctionne et qui prsente de nombreux avantages tant sur les plans conomique quurbanistique et cologique. Il sinscrit dans une conception idologique du vivre ensemble qui implique les notions de partage et de co-responsabilit.

    Lhabitat solidaire est, quant lui, un beau projet pour rinsrer les personnes les plus dfavorises. Dans un cas comme dans lautre, il est clair que la ralisation commune dun habitat group ne rpond pas seulement des attentes conomiques et pragmatiques de la part de ses habitants. Il sagit aussi de favoriser lchange, lentraide et les rencontres, tout en prservant le bnfice de la vie pri-

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    ve, lespace et lidentit de chacun. Ds lors, la dimension vo-lontariste est essentielle, quil sagisse de public en prcarit sociale ou dautres. Si le projet ne peut avoir t labor avec les personnes (car il prexiste lentre dans ce type dhabitat), il faut au minimum que les futurs rsidents aient t mis totalement au courant des us et coutumes du groupe, des rgles de fonctionnement interne, des avantages et des contraintes de la vie en communaut.

    Cependant de nombreuses difficults subsistent pour ce type de projets, notamment le manque de moyens pour la construction, lentretien et laccompagnement. Il conviendrait galement de lgifrer pour clarifier le statut de ces colocataires qui doivent souvent dmontrer leur totale indpendance conomique. La menace, pour les rsidents dhabitats solidaires, de perdre leur statut disols et par l mme une partie non ngligeable de leurs revenus dinsertion, est souvent dissuasive. Afin de remdier ces problmes, lide dun label pour les projets dhabitat solidaire est apparue. Ce label permettrait la leve dune srie dobstacles administratifs, ainsi que la protection du statut disol. Reste que lhabitat group est une, et non pas la solution face la crise du logement : il ne peut sy substituer de manire plus gnrale. Lhabitat group nest pas neutre, il induit certaines obligations et doit, ce titre, rester un vrai choix et non pas un dernier recours pour ne pas basculer dans la pauvret.

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    2.3 Indpendance et adaptabilit

    Au vu des tendances dmographiques actuelles et de laccroissement rgulier du taux de dpendance, la gestion du logement a tout pour devenir un enjeu crucial du vieillissement en Europe. Il est fort probable que les personnes ges soient amenes rester chez elles le plus longtemps possible par choix, contraintes financires ou par manque de solutions alternatives. Conserver son indpendance domicile reste une priorit pour la grande majorit des personnes ges. Or, la ralisation de ce souhait dpend largement de loffre existante. Ds lors, il semble ncessaire damorcer une rflexion sur loffre, ladaptation et la qualit du logement pour les personnes ges. Des amliorations ont t dveloppes, recourant trs sou-vent aux technologies de linformation et de la communication (TIC), afin doffrir une sorte de troisime voie entre la prise en charge par la famille et le placement en institutions bien que la frontire entre institution et domicile ordinaire devienne de plus en plus floue.

    Lvolution des structures familiales, allie lallongement de lesp-rance de vie et des changements dans la structure du tissu urbain, fait que beaucoup de personnes vivent seules, do une ncessit de dvelopper de nouvelles formes de vivre ensemble et doffrir des infrastructures plus adaptes aux besoins des per-sonnes ges. Le logement reste lun des dterminants les plus im-portants dans le sentiment de bien-tre. Cest, entre autres, pour cela que le droit un logement dcent est un droit fondamental.

    Avant de sintresser ladaptation du logement en lui-mme, il est important de comprendre linfluence de la topographie et de la struc-turation du tissu urbain. Vivre en ville ou dans une zone plus isole impose des contraintes diffrentes en termes daccessibilit aux ser-vices. Il nexiste donc pas de solution unique ou universelle.

    LEurope possde une grande stabilit rsidentielle, avec une dure moyenne suprieure 40 ans pour les plus de 65 ans. Lon est gn-ralement propritaire au Sud et locataire au Nord. Cette tendance est souvent tributaire du type de politique publique en matire dhabitat

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    et de logement.92 La probabilit est grande que les personnes pro-pritaires vieillissent en mme temps que leur domicile, ce-lui-ci devenant vtuste et inadapt leurs besoins. Le problme ne rside pas dans la proprit en soi, mais changer de logement nest pas toujours facile, et parfois trop onreux pour les plus dmu-nis. Afin danticiper au mieux les besoins des personnes et limiter les risques dexclusion sociale, il semble ncessaire que loffre, en particulier en matire de logement social, soit plus importante et surtout plus adapte aux personnes ges. Les compagnies de lo-gement doivent galement rpondre aux problmes particuliers de certaines catgories de la population aux caractristiques sociales spcifiques, comme les personnes ges issues de limmigration.

    En somme, les compagnies de logement doivent amliorer lattrac-tivit des rsidences et permettre aux personnes ges de rester plus longtemps chez elles dans de bonnes conditions. Ce dfi est important pour les personnes ges elles-mmes, mais galement pour leurs proches et pour la communaut en gnral. La cohsion sociale semble donc en partie dtermine par la politique de loge-ment social.

    En matire de logement accessible aux personnes mobilit r-duite, il convient de diffrencier les concepts de logement adaptable et de logement adapt. Le logement adaptable dsigne un lieu de vie facilement accessible des personnes en fauteuil roulant grce des travaux simples tandis que le logement adapt est un logement transform en fonction du handicap dune personne. Quil soit adap-table ou adapt, un logement doit satisfaire aux trois critres sui-vants pour rpondre aux besoins dune personne mobilit rduite :

    Accessibilit du logement ou possibilit dadaptation ultrieure.

    Proximit des services (commerces, services de sant, services ad-ministratifs,).

    Accessibilit accrue grce des amnagements urbains adquats, notamment un rseau de transports en commun adapt.

    92. BARNAY, T. et SERMET, C. (dir.), Le vieillissement en Europe : aspects biologiques, conomiques et sociaux. Paris, la Documentation Franaise, 2007, p 108.

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    Le logement adaptable est trs peu dvelopp en Belgique. Or, la construction de ce type de logements permet une rduction des d-penses en cas damnagement futur. De plus, cela permet le main-tien domicile dune personne lorsquelle rencontre des difficults de dplacement dues son ge. Le logement adaptable sinscrit donc parfaitement dans une perspective durable : amlioration du cadre de vie, dbouchs pour le secteur de la construction, rduction des dpenses pour un amnagement futur, prise en compte du vieillisse-ment de la population sont autant de problmatiques intgres par ce type de constructions.

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    3. Conclusion

    Sortir dune vision environnementale du logement durable, cest lintgrer dans la problmatique des villes et ses ralits socio-conomiques. Cela implique de sintresser au lien entre pauvret et logement mais aussi de capter les innovations des acteurs de terrain, qui apportent souvent une vision spcifique du dveloppement urbain, avec des modles alternatifs comme lhabitat group ou dautres formes dco-quartiers. Lamlioration de lefficience nergtique du logement et lintgration des trois dimensions du logement durable dans les politiques urbaines peut influencer voire renforcer la cohsion sociale et linvention de nouveaux modles dhabitation peut crer de nouvelles solidarits.

    Mais la durabilit du logement passe galement par un changement de la culture consommatoire et des comportements des habitants, dpassant par l les dimensions techniques dune gestion classique du logement. Le logement durable se distingue aussi du systme traditionnel des politiques publiques puisquil exige une participation et une implication active du public et quil demande de linventivit dans les pratiques.

    En somme, pour le logement durable, les personnes sont au moins aussi importantes que les amnagements techniques.

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    Plus dinformation

    Belgique :

    Bruxelles Environnement: Facilitateur logement collectif et Facilita-teur quartiers durables : www.bruxellesenvironnement.be [ > profes-sionnels > facilitateurs]

    www.habitat-groupe.be

    www.samenhuizen.be

    www.habitat-participation.be

    www.habitatgroupe.org

    www.defi-energie.be

    www.quartiers.irisnet.be

    www.swl.be

    www.fondschauffage.be

    France :

    http://ecohabitatgroupe.fr

    http://cohabitat.fr

    www.habicoop.fr

    www.anah.fr

    http://www.ecoquartiers.developpement-durable.gouv.fr

    Eco-prt logement social : http://bit.ly/eAUJzp

    Rappel (Rseau des Acteurs de la Pauvret et de la Prcarit Energ-tique dans le Logement) : www.precarite-energie.org

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    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Livres, guides et rapports

    Benoist Apparu, Politique du logement social : Une nouvelle ambition , Dossier de Presse, Ministre de lEcologie, de lEnergie, du Dveloppement Durable et de la Mer, 3 fvrier 2010.

    Barnay T. et Sermet, C. (dir.), Le vieillissement en Europe : aspects biologiques, conomiques et sociaux. Paris, la Documentation Fran-aise, 2007, p 108.

    Philippe Bovet, Ecoquartiers en Europe, Editions terre vivante, mai 2009.

    Philippe Chauveau, Lhabitat durable les logements collectifs basse consommation dans une densit russie raliss par des promoteurs immobiliers, PC Editions, 2010.

    Collectif, Ville durable et coquartiers, Editions Passager Clandes-tin, Collection Les Pratiques, 2010.

    Alain De Quero et Bertrand Lapostolet, Rapport du Groupe de travail Prcarit nergtique , Plan btiment grenelle, 15 d-cembre 2009

    Jonathan Dawson, Les covillages Laboratoires de modes de vie co-responsables, Edition Yves Michel, Collection Ecologie, 2010.

    Pascale DErm et Patrick Lazic, Vivre ensemble autrement, Ed. Ulmer, 2009.

    Jos Garcia, Le passif ou comment rendre nos logements plus conomes en nergie et respectueux de lenvironnement , SLRB Info n62, dcembre 2010

    Guide daide la conception dun logement adaptable , guide ralis linitiative du Gouvernement wallon et de la CCW, le CSTC et ses diffrents partenaires (CAWaB, SWL, CIFFUL), 2008, disponible sur

    [http://bit.ly/dOzlZH]

    Pour la Solidarit, cahier de la Solidarit n16 Construire des villes europennes durables ,2009.

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    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Pour la solidarit, cahier de la Solidarit n19 Lconomie sociale, actrice de la lutte contre la prcarit nergtique , septembre 2009.

    Muriel Sacco, Cureghem : de la dmolition la revitalisation , Brussels Studies, numro 43, 25 octobre 2010.

    Thibaut Schepman, Quand se chauffer rend (trs) pauvre , Alternatives conomiques, n297, dcembre 2010.

    Ed Thorpe, Le rle du logement dans les parcours dexclu-sion lie au logement , Logement et exclusion lie au logement, FEANTSA, rapport europen, 2008.

    Philippe Van de Maele, Logements sociaux et rnovation ur-baine , Grenelle de lEnvironnement, Comit oprationnel n2, mars 2008

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    Autorhabilitation des logementsEntre insertion et prvention

    Pays France

    P o p u l a t i o n cible

    Les bnficiaires sont assez divers : locataires du parc priv ou du parc social, propritaires occupants pr-cariss. Dans les deux tiers des chantiers, des enfants sont concerns.

    Contexte Bien que lon dispose de peu de donnes statistiques, les services dhygine, les travailleurs sociaux et les associations daccompagnement social au logement constatent que nombreuses sont les personnes mal-lo-ges, habitant un logement trs dgrad ou inadapt, qui ne sont pas en mesure de lamliorer ou de lentrete-nir. Ressources financires insuffisantes, incomptences techniques, isolement social, difficults relationnelles, dmotivation, perte de dynamisme expliquent cette situation. Cest ce que le Programme autoproduction et dveloppement social (Pades) - centre de ressources qui travaille en partenariat avec des oprateurs de lautor-habilitation du logement - appelle la panne du savoir habiter . Cette situation redouble lingalit devant le logement et les risques dexclusion. Il en rsulte un dfi-cit dentretien du logement, qui entrane assez rapide-ment des dsordres sanitaires ainsi quune dgradation du bti.

    Objectifs Accompagner la ralisation de chantiers damlioration des logements, co-raliss par les habitants eux-mmes.

    Mthode Des associations comme Habitat et Solidarit Sau-mur, le Collectif dhbergement varois Toulon, les Compagnons btisseurs Rennes et Marseille, lAcif aux Mureaux, etc., ont expriment des dmarches daccompagnement lautorhabilitation du logement. Certains Pact2 ont aussi une bonne exprience dans ce domaine. Selon le Pades, une quarantaine dassociations pratiquent laccompagnement lautorahabilitation en direction de familles dfavorises et peu autonomes (ne disposant pas dun savoir-faire en matire dam-lioration de leur logement). En 2008, une soixantaine danimateurs techniques encadraient environ sept cents chantiers en France.

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    Action Ces associations aident les personnes et familles mo-biliser des aides financires. Pour sassurer que le projet sera raliste et que les travaux seront conformes aux normes de qualit et de scurit, elles mettent en place un monitorat technique et social qualifi et personnali-s. Les travaux sont loccasion de corriger ou rduire les facteurs matriels de risque sanitaire : cration dune ventilation ou dune isolation efficaces, nettoyage ou r-fection des sols et surfaces, cration ou remise en tat des sanitaires, installation dquipements de chauffage plus efficaces et conomes, moins dangereux, etc.

    Rsultats Lorganisation du chantier vise ce que le bnficiaire et ses proches ralisent eux-mmes la plus grande part possible des tches. La participation des bnficiaires aux travaux favorise leur autonomisation, leur dynami-sation, leur resocialisation. Ainsi, des familles dmu-nies apprennent sapproprier leur logement, lentre-tenir dans la dure.

    Les animateurs techniques ont la possibilit de passer beaucoup de temps dans des logements dgrads o les travailleurs sociaux nont pas accs, faute de disponibi-lit de leur part et aussi parce que les personnes occu-pant un logement dgrad tendent sisoler et couper les liens avec le voisinage et avec les institutions. Ces animateurs techniques sont donc en position privil-gie pour effectuer un travail ducatif visant modi-fier certains comportements des occupants. Les aspects directement lis la sant font lobjet dune attention particulire et sont considrs comme prioritaires : laccompagnement technique a un rle de prvention sanitaire.

    En conclusion, ce mode dintervention se dveloppe et a t reconnu par ltat. la suite des recommandations du Comit interministriel de lutte contre lexclusion de juillet 2004, lAgence nationale damlioration de lhabi-tat (Anah) peut octroyer depuis dbut 2006 une prime lamlioration de lhabitat (PAH) pour des travaux rali-ss en autorhabilitation encadre.

    Pour plus dinformations

    Source : daprs Crzuelle D. Lautorhabilitation des logements : un outil de prvention , La Sant de Homme, n 395, mai-juin 2008.

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    Tailleurs dnergiePetits amnagements pour aider les mnages

    rduire leur facture nergtique

    Pays Belgique

    P o p u l a t i o n cible

    Les particuliers

    Contexte Les Tailleurs dnergie est un projet pilote men de-puis 2008 en Wallonie par lAsbl Racynes, proximit de Lige. Racynes est une Asbl wallonne. Elle entretient dtroites relations avec lentreprise de formation par le travail Cynorhodon (www.cynorhodon.be) et lentre-prise dinsertion Soleil Vert (www.soleil-vert.be), toutes deux actives dans lco-construction. Lide vient au dpart de Flandre o les Energiesnoeiers sont actifs depuis plusieurs annes.

    Objectifs Leur objectif est de proposer aux particuliers, pour un cot trs faible, toute une srie de petits travaux qui visent rduire leur facture nergtique ou amliorer leur confort de vie. Racynes a galement pour mission de rinsrer socialement des personnes loignes du march de lemploi.

    Mthode Il sagit non pas de raliser un audit nergtique du btiment mais de reprer facilement les petites amlio-rations possibles qui permettent aux locataires ou aux propritaires dconomiser sur leurs factures dlectri-cit, de gaz ou deau.

    Action Les travaux effectus consistent par exemple installer une petite citerne deau de pluie, isoler les conduites deau chaude ou les contours de chssis, crer un com-post, remplacer des ampoules, placer des vannes ther-mostatiques ou des panneaux isolants derrire les radia-teurs, stopper les courants dair en bouchant les fuites ou en plaant des tentures, quiper les WC et robinets de systmes conomiseurs deau, etc.

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    Rsultats Le cot est de 15 euros de lheure par travailleur (HTVA et hors matriaux). Ces petits travaux permettent dall-ger la facture nergtique, mais influent galement sur les habitudes de consommation des personnes. En plus des avantages environnementaux de ces travaux, les Tailleurs dnergie sont aussi une initiative visant proposer un travail des personnes habituellement exclues du march de lemploi

    Pour plus dinformations

    Racynes Asbl

    Rue du Moulin 65

    4684 Haccourt

    Tl : 04/374 16 10

    http://www.racynes.be

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    RnovassistanceUn logement dcent pour tous

    Pays Belgique

    P o p u l a t i o n cible

    Des familles revenus modestes

    Contexte Plusieurs personnes, interpelles par le problme du logement des plus dmunis Bruxelles, ont dcid de mettre en commun leurs forces, leurs ides et leurs comptences pour crer lasbl Renovassistance.

    Objectifs Lobjectif de cette association est de procurer un loge-ment sain et dcent, au meilleur cot, des familles particulirement dfavorises.

    Mthode Renovassistance vise limiter les dpenses de logement (loyer + charges) dune famille locataire un maximum de 30% de ses revenus. Aprs une tude de faisabilit

    portant sur les aspects techniques, juridiques et finan-ciers, Renovassistance peut assumer une rnovation solide et soigne grce une double coopration: celle des membres de son conseil dadministration qualifis et expriments dans la rnovation de vieux btiments et tous bnvoles, et celle darchitectes ainsi que den-treprises proposant leurs services aux meilleures condi-tions.

    Renovassistance prend en location par bail long terme des immeubles inhabits ou devenus inhabitables, quelle sengage rnover. Cette approche est encoura-ge par la Rgion de Bruxelles-Capitale dont les primes spciales couvrent plus de 30% des frais rels de rno-vation. Renovassistance assure le solde du financement des travaux grce des emprunts privs et des dons.

    Action Pour ce faire, Renovassistance rachte et rnove des maisons abandonnes qui se dgradent. lheure ac-tuelle, lasbl a son actif la rnovation de 68 logements. Une fois rnovs, lasbl confie la location des logements lagence immobilire sociale Logement pour tous . Cette dernire loue les biens un loyer modeste des familles bas revenus.

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    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Rsultats Actuellement les 68 logements permettent 264 per-sonnes (dont 164 enfants) de se loger dcemment, dans des habitations bien isoles (et donc peu consomma-trices dnergie) des prix abordables.

    Pour plus dinformations

    Renovassistance

    rue du Chimiste 34-36, bote 10

    1070 Bruxelles

    Tl : 0475/51 92 65

    www.renovassistance.be

  • 175

    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Projet Espoir Quartier BonnevieLogement social passif et participatif

    Pays Belgique

    P o p u l a t i o n cible

    Des familles revenus modestes

    Contexte LEspoir est situ dans le quartier Bonnevie, au centre de Molenbeek-Saint-Jean Bruxelles, quartier plus mar-qu par sa multiculturalit que par le niveau de vie de ses habitants. Le projet tait port par la Maison de quartier Bonnevie, le CIRE (coordination et initiatives pour et avec les rfugis et les trangers) et le Fonds du logement bruxellois. Ce projet lanc en 2003, alliant intelligemment cologie, participation et politique din-tgration, a merg de la crise du logement qui svit Bruxelles depuis 2000.

    Objectifs Lobjectif dEspoir tait de crer 14 appartements so-ciaux passifs en collaboration avec les habitants pre-mire du genre dans la Rgion et de permettre 14 familles du quartier, bas revenus et mal loges, dac-qurir un logement un prix trs modr.

    Mthode Aprs avoir acquis un terrain un bon prix grce lintervention de la Rgion et de la commune, les par-tenaires se sont mis daccord pour impliquer au maxi-mum les futurs habitants dans la concrtisation du pro-jet. Avec 14 familles motives pour se lancer dans le projet, les partenaires se sont runis en trois ateliers participatifs dont les rsultats ont servi crer le cahier des charges dun projet correspondant aux attentes des futurs habitants. La dimension cologique bien pr-sente (surtout en termes dconomie dnergie et de matriaux cologiques) a encore pu tre renforce par les nouvelles primes de la Rgion bruxelloise.

  • 176

    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Action Le projet dsign se prsentait sous forme dun im-meuble en structure bois compos de 7 duplex inf-rieurs et 7 duplex suprieurs. Tous les logements ont donc deux niveaux et deux orientations (avant et ar-rire) ce qui leur confre les qualits spatiales de vri-tables petites maisons . Cet esprit se retrouve dans le traitement des faades, par lemploi de couleurs dis-tinctives.

    Le choix des matriaux a t influenc par les aspects environnementaux (origine renouvelable, nergie grise, impact sur la sant, cot, mise en uvre, entretien). Par son ossature en bois labellis PEFC et lisolant ther-mique en flocons de cellulose, le btiment recourt de manire trs significative aux matriaux cologiques. Des dispositifs cologiques tels quun toit vert, des panneaux solaires et un systme de rcupration des eaux de pluie ont galement t mis en place.

    Etant donn le cadre trs particulier de ce projet, le dfi tait de tenir parfaitement les budgets annoncs ds le dpart, notamment grce aux aides et primes des acteurs publics qui ont permis de subventionner prs de 25% des cots de construction.

  • 177

    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Rsultats Avec une consommation de 15 kWh/m/an (en compa-raison avec la moyenne bruxelloise 150 kWh/m/an...), le projet a t retenu comme btiment exemplaire par Bruxelles Environnement en 2008. Malgr un tra-vail de longue haleine (premires tapes du projet en 2003 et finalisation des travaux en 2010), tous les parti-cipants ont suivi le projet jusquau bout et les premiers habitants ont pu emmnager en juillet 2010.

    LEspoir, cest plus quune maison. Il a permis aux habitants de faire des choix fondamentaux comme la qualit du btiment et dentamer une rflexion sur la faon de construire et dhabiter. De plus, les familles ont t formes au logement durable et aux conomies dnergies, acqurant ainsi des connaissances quelles se sont empresses de transmettre aux autres habitants du quartier. Ainsi, au-del de la cration dun btiment de rfrence en matire de projet collectif cologique, lEspoir a surtout eu un impact considrable sur les membres, leurs liens sociaux et la vie du quartier en gnral : les membres du projet participent maintenant rgulirement aux commissions de concertation de la commune, organisent des vnements ou des forma-tions de sensibilisation, ont cr un potager commun, ont diffus leur projet sur internet, .... Tous pousss par une mme ncessit : celle de crer dautres conditions daccs au logement.

    Pour plus dinformations

    Buurthuis Bonnevie Maison de Quartier

    02/410 76 31

    Geert De Pauw, geert.depauw@bonnevie40.be

    Source: http://espoirmolenbeek.blogspot.com/ et

    http://app.bruxellesenvironnement.be/batex_search/Docs/fs_060_FR.pdf

  • 178

    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Eco-quartier DanubeUn projet coproduit

    Pays France

    P o p u l a t i o n cible

    Une population mixte

    Contexte Depuis mars 2008, la Ville de Strasbourg a initi une dmarche pour la construction dun co-quartier sur le site dit Danube . Lamnagement a t confi la SERS, socit dconomie mixte, qui met en uvre, dans les oprations damnagement quelle pilote, de nouvelles formes de dveloppement, dont la protection de lenvironnement, la cration de liens sociaux, la pro-motion de lconomie locale et une gouvernance parta-ge constituent les principes directeurs. Lengagement croissant dans lamnagement dco-quartiers concr-tise ce nouvel esprit de la SERS.

    Objectifs Sagissant dun projet de reconversion dune ancienne friche industrielle et portuaire proche du centre ville, le projet Danube constitue un projet pilote : ambi-tions environnementales et nergtiques leves, forte mixit sociale et diversit des oprateurs, mixit des fonctions urbaines, rduction drastique de la place de la voiture au profit des moyens de transport collectifs et actifs et une laboration associant trs largement les citoyens.

  • 179

    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Mthode Le projet dco-quartier Danube est envisag comme un lieu dexprimentation dune dmarche intgre du dveloppement urbain durable, dans ses composantes environnementale, sociale, conomique et de gouver-nance (associer urbanisme et respect de lenvironne-ment).

    Les grands principes sont :

    La mobilit douce

    La sobrit nergtique et nergies renouvelables

    La mixit sociale et gnrationnelle

    La diversit doprateurs et autopromotion

    La coproduction du projet

    La matrise des cots du foncier

  • 180

    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Action La matrise de la consommation en nergie lchelle du quartier est un des enjeux prioritaires de lco-quar-tier Danube. La sobrit des constructions sera la pre-mire action. Lorientation bioclimatique sera favorise autant que possible en fonction des contraintes ur-baines. La conception du quartier intgrera galement la ralisation dun clairage public conome. Le choix des matriaux locaux ou recycls/recyclables sera prio-ris. La faible puissance prvue pour le raccordement au chauffage urbain a t dfinie dans loptique dun projet ambitieux en termes de consommation nerg-tique. Ainsi, la performance des btiments raliss ne devra pas excder la norme basse consommation (soit 65 kWh/m/an Strasbourg) ; les btiments passifs se-ront promus pour les orientations les plus favorables, en vue datteindre au moins un tiers de lensemble des surfaces construites. Les besoins en nergie qui ne seraient pas assurs par le rseau de chaleur devront tre produits grce aux nergies renouvelables. La pro-duction simultane dlectricit et de chaleur par cog-nration et micro-cognration pourra galement tre tudie par lamnageur en lien avec les constructeurs.

    Le quartier accueillera une diversit dhabitants. Seront proposs des logements aids (50 % en locatif et en ac-cession), en accession la proprit (40 %), mais aussi des habitations construites par des groupes dautopro-motion (10 %) et une maison de retraite. On y trouvera galement des commerces et des services, des bureaux, une cole maternelle, une maison de lenfance et du quartier.

    La place de la voiture sera trs limite : pas de traverse en voiture du quartier, moins de places de stationne-ment (1 place pour 2 logements, des parkings regrou-ps en sous-sol accessibles ds lentre du quartier), priorit lauto-partage et aux dplacements des pi-tons et des cyclistes.

    La conception du projet se fera en associant largement la population, les acteurs associatifs et socio-cono-miques, les partenaires de la collectivit, les futurs constructeurs. Des ateliers de projets , visites, conf-rences leur permettront de dbattre et dimaginer en-semble le quartier de demain.

  • 181

    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Rsultats Lobjectif nergtique est de parvenir une consom-mation infrieure 50 kW/h en moyenne annuelle par mtre carr. La conception dfinitive de lco-quartier nest pas encore arrte, elle fait actuellement lobjet dun processus de concertation visant amliorer la prise en compte du dveloppement durable. Une pre-mire phase a eu lieu de juin dcembre 2008 et a ru-ni plus de cent personnes autour de trois thmatiques majeures :

    la place de la voiture et les espaces publics ;

    la vie de quartier et la programmation urbaine ;

    le processus dlaboration et de mise en uvre du projet.

    Lenjeu de cette premire phase a t dalimenter le cahier des charges de consultation damnageurs. Le processus de coproduction du projet prendra davan-tage dampleur partir du choix de lamnageur ; celui-ci aura pour mission de poursuivre et de dvelopper ce processus tout au long de llaboration et de la ra-lisation du projet, selon plusieurs phases successives (cela constituera dailleurs un critre de choix de lam-nageur).

    La premire livraison de logements est prvue pour 2013.

    Pour plus dinformations

    SERS

    10 rue Oberlin

    BP 50011

    67080 Strasbourg

    Tl : +33 (0) 3 88 37 88 88

    sers@sers.eu

    http://www.ecoquartierdanube.sers.eu/

  • 182

    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Lco-quartier Clause-Bois BadeauUn morceau de ville verte sinvite prs de Paris

    Pays France

    P o p u l a t i o n cible

    La ville de Brtigny-sur-Orge

    Contexte Brtigny-sur-Orge est une petite ville de 23 094 habi-tants prs de Paris. Sur ce site marqu par une activit industrielle et agricole qui a rythm la vie de la ville durant des dcennies, lavenir se prpare.

    Objectifs Crer un co-quartier vraiment durable, respectueux de la nature, conome en nergie et en espace : voil lenjeu. Offrir tous la possibilit de se loger selon ses moyens, ses besoins ou son ge proximit des ser-vices et des transports, au centre dune ville tourne vers lavenir : voil lambition.

    Mthode Lachat des terrains par la collectivit publique garantit la ralisation dun amnagement matris et quilibr. Cela veut dire un quartier o chacun, chaque famille, jeunes ou anciens pourront, quels que soient leurs reve-nus, trouver une rponse leurs besoins dhabitat. 25 % de logement locatifs sociaux seront complts par des logements en accession sociale pour permettre aux plus jeunes daccder la proprit. La moiti des logements seront proposs en accession la proprit dans une harmonieuse rpartition de petits immeubles et de mai-sons individuelles.

    Les 1600 logements seront conus en haute qualit environnementale et la priorit sera donne aux ner-gies renouvelables. La russite du quartier Clause-Bois Badeau implique la mobilisation de tous. La ville et les Brtignolais naturellement, les professionnels mais aussi la Communaut dAgglomration du Val-dOrge, le Conseil Gnral, la Rgion Ile-de- France et lEtat. Pour poursuivre la construction de ce premier co-quartier en Essonne, la concertation et linformation seront ren-forces. Des maquettes, des expositions sont dores et dj prvues pour prsenter les premiers projets de logements sur lesquels travaillent plusieurs quipes darchitectes.

  • 183

    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Action Les critres de haute qualit environnementale consti-tuent la trame du projet : logements traversants pour un meilleur clairage et une meilleure ventilation, orienta-tions tudies pour utiliser au mieux lnergie solaire, des isolations thermiques et phoniques performantes, terrasses et balcons pour la qualit de la vie.

    Un programme nergie zro de 54 logements sociaux sera ralis au sein de lcoquartier Clause-Bois-Ba-deau. Le niveau de performance environnementale du programme nergie zro est trs ambitieux, puisquil devra produire autant dnergie quil en consommera, tous usages confondus : chauffage, eau chaude sani-taire, ascenseurs, ventilation, clairage des parties communes, y compris les usages domestiques lis notamment aux appareils lectromnagers. Soit une consommation conventionnelle totale pour les usages de chauffage, deau chaude sanitaire, dclairage, de ventilation et dauxiliaires denviron 35 kWh/m/hab/an laquelle sajoutent les consommations lectrodo-mestiques denviron 75 kWh/m/an. Le btiment ner-gie zro sera donc prs de 2 fois plus performant quun btiment basse consommation (65 kWh/m/an).

    Rsultats Les logements visent le meilleur confort pour leurs occupants tout en limitant la consommation dnergie. De limplantation des constructions jusquau choix des matriaux, tout a t pens pour atteindre ces objectifs. Ces efforts cumuls permettent de limiter la consomma-tion dnergie pour raliser des btiments confortables, performants et respectueux de lenvironnement.

    Le projet Clause-Bois Badeau va dores et dj plus loin et anticipe sur les rglementations qui dcouleront de-main du Grenelle de lEnvironnement. En effet, les pre-miers logements raliss consommeront 80kWh/m/an. Par la suite, un niveau maximal de 65kWh/m/an sera recherch (btiments basse consommation). Enfin, afin danticiper les volutions, lopration pilote de 54 logements nergie 0 est en cours. La consommation annuelle des logements sera compense en totalit par la production dnergie renouvelable (panneaux solaires photovoltaques).

  • 184

    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Pour plus dinformations

    Eco-quartier Clause-Bois Badeau de Brtigny

    1 Avenue Lucien Clause

    91220 Brtigny-sur-Orge

    http://www.ecoquartierbretigny91.com

  • 185

    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    BiplanUne autre faon dhabiter ensemble

    Pays Belgique

    P o p u l a t i o n cible

    Des particuliers concerns par les enjeux du logement durable

    Contexte Le projet est parti dune petite entreprise darchitecture Bxl eco qui dsirait lancer un projet dco-construc-tion avec une pense plus globale , soucieux de mettre en cohrence lhabitat cologique avec le rap-port au mode de vie de ses occupants.

    Objectifs A lorigine du Biplan, il y a donc ce projet dco-construc-tion en bordure de la Rgion de Bruxelles-Capitale, mais aussi celui plus novateur dun habitat collectif, partici-patif : un genre de colocation entre voisins. En parta-geant certains lments du logement et du quotidien et en scartant quelque peu de la logique individualiste qui caractrise aujourdhui nos socits.

    Mthode Rpondant aux normes dco-construction les plus r-centes, le projet Biplan est novateur plus dun titre. Il est conu pour lhabitat group avec six appartements passifs o six familles peuvent loger et partager le jar-din, lorangerie, les caves (cellier commun), la buande-rie et une chambre damis commune au 3me tage, ainsi quune terrasse verte, partager elle aussi. La dmarche dveloppe par les concepteurs vise intgrer le besoin qua chacun de se loger dans une approche plus glo-bale du concept d habiter . Cette dmarche intgre la fois un souci de construction cologique et peu consommatrice dnergie, et une proccupation de faire rellement habiter les gens ensemble.

    Loriginalit du Biplan est de proposer un logement co-construit un groupe dacheteurs qui ne se serait pas encore constitu. Alors que dhabitude, cest un projet qui nait dun groupe dj constitu.

  • 186

    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Action Le premier aspect se distingue par la construction os-sature bois du btiment, systme de construction dont le bilan environnemental est parmi les plus favorables, ainsi que par le choix de matriaux aussi cologiques que possible (isolation cellulose, chssis en bois FSC, enduits naturels, ). La faible consommation dnergie est principalement lie lenveloppe du btiment qui permet, par son orientation, son niveau lev disola-tion et son tanchit lair, de rduire les besoins de chauffage la base. Le comportement des habitants joue ici un rle primordial et est pris en compte. En effet, les clauses dachat poussent galement un com-portement responsable des occupants : charte thique et rglement intrieur, charge de nettoyage des com-muns alterne et programme, entretien des jardins communs, accs aux voitures partages, gestion de voi-tures au gaz naturel,

    Lco-consommation est encourage aussi par le concept mme dhabitat group, qui est le cadre pro-pos pour rendre enviables et accessibles les change-ments de comportements individuels et collectifs. Cela est ralis par la mise en place dquipements collec-tifs permettant de profiter dune conomie dchelle et dinstaller des rflexes, individuels et collectifs, de comportements co-responsables.

    Ces quipements collectifs crent lappartenance et la participation lhabitat group. Le projet propose ds lors : une buanderie commune avec lave-linge eau chaude solaire, la cration dun potager communautaire (jardin condimentaire, plantes mdicinales) install sur la toiture verte, une chambre damis commune aux 8 appartements, une pice de runion situe dans le jar-din, un cellier commun en cave pour le stockage com-mun des lgumes produits ou la culture de chicons,

    Ce projet vise, au final, la dfinition dun nouveau stan-dard vivre, impliquant la participation de tous et du-quel dcoule un impact minimal sur lenvironnement.

  • 187

    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Rsultats Rpondant au standard passif, les appartements pr-sentent chacun des besoins en chauffage infrieurs 15 kWh/m/an. Ces faibles demandes proviennent entre autres dune tude minutieuse de la faade pour laquelle des matriaux naturels et prsentant des co-bilans positifs ont t utiliss : ossature bois combine une isolation en cellulose (24cm). Le projet prsente des toitures vertes extensives et intensives, une citerne de rcupration deaux de pluie et une station de trai-tement local des eaux grises. Tous ces lments sou-tiennent les principes dco-construction, defficience nergtique et dco-consommation viss ds le dbut de la conception pour donner naissance un projet en-globant toutes les dimensions de lhabitat.

    Le projet est laurat du concours Btiment Exemplaire de Bruxelles-Environnement en 2008.

    Pour plus dinformations

    http://www.bxleco.be/

    Source: www.biplan.be et

    http://app.bruxellesenvironnement.be/batex_search/Docs/fs_055_FR.pdf

  • 188

    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Maisons AbbeyfieldHabitats groups pour les plus de 55 ans

    Pays Belgique

    P o p u l a t i o n cible

    Les seniors

    Contexte Abbeyfield est le nom dune rue de Londres o la pre-mire maison a t construite. Ce mouvement, fond en 1956 reprsente aujourdhui 900 maisons situes dans 16 pays, abritant 10.000 seniors et encadres par 15.000 volontaires. En Belgique, lasbl Abbeyfield existe depuis 1995.

    Objectifs Une maison Abbeyfield se veut le prolongement de la maison classique : un habitat group participatif, fond sur la libert dassociation et lautogestion. Ab-beyfield est la fois un concept dhabitat group et un mouvement de volontaires qui aide des ans, le plus souvent isols mais autonomes, partager un cadre de vie panouissant.

    Mthode Une maison Abbeyfield est constitue dune dizaine de logements individuels privatifs destins des per-sonnes dge mr qui, lors de leur entre, ne sont pas dpendantes et qui recherchent plus de scurit et de solidarit. Etant donn que les habitants choisissent ces habitats pour passer leurs vieux jours , il est vident que lhabitation est adapte : accs aux chaises rou-lantes, accessibilit aux lits et aux douches, etc. sont bien entendus prvus.

    Etant donn leur structure lgre, les maisons Ab-beyfield sadressent des personnes dont les capacits physiques, psychologiques et intellectuelles permettent une autonomie suffisante. Si la sant dun des habitants se dgrade, lui-mme ou sa personne de rfrence veil-lera ce quil reoive les soins ncessaires domicile, ou quil rintgre celui-ci aprs traitement lextrieur. En cas de ncessit, une solution sera recherche par lhabitant ou sa personne de rfrence et ceci en concer-tation avec la communaut.

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    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Action Lasbl Abbeyfield procure ses membres prix cotant:

    un logement individuel privatif avec coin cuisine et cabinet de toilette,

    certains locaux et quipements usage commun tels que : living, salle manger, buanderie, chambre damis,...

    un repas de type familial, pris en commun rgulire-ment.

    Lasbl fait appel, si ncessaire, une personne ou une entreprise extrieure pour lentretien des locaux usage commun et la prparation du repas quotidien. Chaque habitant gre - librement et sans intervention de lasbl - sa vie, ses problmes de sant, lentretien de son loge-ment, de ses vtements etc.

    Les rsidents se runissent rgulirement en Conseil afin de convenir de ce qui les concerne : menus, scu-rit de la maison, activits souhaites, accueil, etc...Ce Conseil peut galement confier certaines responsa-bilits des habitants, comme par exemple : veiller lapprovisionnement, prparer un repas, assurer une permanence certains jours, etc...

    Rsultats En Grande-Bretagne, les statistiques sont significatives: 70 % des habitants dune maison Abbeyfield y restent jusqu la fin de leur vie; en effet la convivialit, la confiance en sa propre capacit dautonomie et le sen-timent dutilit constituent des facteurs de prvention trs efficaces.

    Parmi les maisons dj existantes en Belgique, on re-cense:

    Entre voisins - Etterbeek (Bruxelles)

    Maison Jean-Remacle de la Tour - Lixhe (Province de Lige)

    Le tour de Table Namur

    Le Martin-Pcheur - Watermael-Boitsfort (Bruxelles)

  • 190

    Remettre le logement dans son contexte socital et urbain

    Pour plus dinformations

    ABBEYFIELD BELGIUM a.s.b.l.

    Chausse de Wavre 490 bte 9

    1040 Bruxelles

    abbeyfield.asbl@skynet.be

    www.abbeyfield.be

  • 191

    En Pratique : comment financer son projet ?

    Construire ou rendre des btiments conomes, cest bien attrayant, mais quen est-il des cots ? En effet, construire un logement, le rno-ver ou mme simplement tre locataire cote cher. Par ailleurs, le manque dinformations reprsente galement un obstacle pour les mnages. Des solutions existent pourtant, au niveau technique et, de plus en plus, au niveau financier.

    Une tude de la Facult Polytechnique de Mons93 a permis dtablir la rentabilit dune maison passive par rapport une maison stan-dard rpondant aux exigences lgales actuelles. Ltude en a dduit quinvestir dans une maison passive est rentable moyen terme. Les primes ou incitants financiers amliorent encore ce rendement, al-lant jusqu rduire par deux le temps de retour sur investissement. De plus, ltude souligne lintrt dune certaine indpendance face aux fluctuations (et envoles) des prix de lnergie grce la faible consommation dune maison passive.

    Investir dans lnergie est donc bien rentable. Dautant que les me-sures tatiques et autres prts verts sont l pour aider faire le pas. En attendant la mise niveau de tous les btiments, vise sur le long terme par la directive europenne, de nombreux incitants, primes et aides existent au niveau des Rgions et des localits, ayant pour but dencourager la rnovation et la construction durable, ainsi que les installations gnrant des conomies dnergie. Le problme tant souvent linvestissement initial mais galement le manque dinfor-mation ou de sensibilisation, les autorits publiques tentent dlargir

    93. Renard Frdric, Di Pietrantonio Marny, Analyse conomique dune maison passive existante , Facult Polytechnique de Mons, Ple Energie, 2009. Ltude est disponible sur [http://www.maisonpassive.be/IMG/pdf/etudecono_02.pdf]

  • 192

    4. En Pratique : comment financer son projet ?

    leur panel de solutions tous les mnages. Des initiatives, publiques et prives, se mettent en place, notamment via des mcanismes de tiers investissement. Lobjectif est de surmonter lobstacle financier de linvestissement de base.

  • 193

    4. En Pratique : comment financer son projet ?

    1. Mcanisme du tiers investisseur

    Rnover un appartement et diminuer sa consommation nergtique permet de raliser des conomies substantielles. Pourtant de nombreuses personnes hsitent le faire. La construction et la rnovation dhabitations constituent donc un march dficient, dont les mcanismes ne parviennent pas obtenir une efficience nergtique. Cela peut sexpliquer par plusieurs raisons :

    Les cots sont immdiats tandis que les bnfices ne viennent qu moyen ou long terme.

    Les travaux sont la charge du propritaire tandis que les frais de chauffage et de consommation dnergie sont la plupart du temps la charge du locataire.

    La pollution a un impact sur la collectivit, mais au niveau indi-viduel les prix de lnergie ne sont pas suffisamment levs pour inciter des changements rapides des habitudes dj anciennes.

    Aussi plusieurs entreprises sont apparues ces dernires annes pour rparer les dficiences du march. Le systme du tiers investis-seur est un mcanisme de financement particulier, qui permet tous les acteurs du march dengranger des bnfices, aussi bien les propritaires que les locataires et les entreprises de rnovation. Le systme est le suivant : lentreprise de rnovation tablit un diagnos-tic des conomies que son action va permettre de raliser. Ces co-nomies vont permettre de diminuer les charges que paie lhabitant. Pour que lentreprise puisse rembourser son investissement et rta-blir ses fonds propres, lhabitant va payer des charges un niveau intermdiaire pendant quelques annes, gnralement entre cinq et dix ans. Ce niveau est plus lev que le cot brut des charges aprs rnovation, mais moins lev que ce que le propritaire ou locataire payait avant la rnovation. Lentreprise rcupre ainsi son investissement en quelques annes et peroit des sommes

  • 194

    4. En Pratique : comment financer son projet ?

    fixes et stables, ce qui lui permet dinvestir dans dautres chantiers et de prsenter de solides garanties financires. Le propritaire, quant lui, voit la valeur de son bien augmenter aprs la rnovation du fait de lamlioration de sa qualit.

    Principe du mcanisme de Tiers Investissement : pratiques actuelles94

    Les simulations financires effectues montrent que, suivant les conditions de mise en uvre, les conomies dnergie peuvent as-surer de 20% 70% du cot dune rnovation, selon la taille, ltat et le type de btiment concerns, en restant conservateurs sur les hypothses dvolution des prix de lnergie. Pour fonctionner, le mcanisme de tiers investissement doit sajouter de manire int-gre dautres ressources financires (participation du propritaire, subventions publiques, etc.) et peut agir comme un complment permettant de couvrir le surinvestissement ncessaire une plus grande amlioration de la performance nergtique.95

    Ce systme qui profite tous existe Berlin, depuis plus de dix ans, au travers de contrats-performances. Il a permis de rduire la consommation nergtique dans la ville de prs de dix millions

    94. Utiliser le Tiers Investissement pour la rnovation thermique du patrimoine bti franais, Rsum pour les dcideurs, Caisse des Dpts - 17 mai 2010.95. Ibidem.

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    4. En Pratique : comment financer son projet ?

    deuros pour un investissement de dpart de quarante millions. Sur les neuf millions cinq cent mille euros conomiss, deux tiers ont t reverss directement aux consommateurs. Le reste servant rem-bourser linvestissement.

    A titre dexemple en Belgique, les socits Green Invest pour les par-ticuliers et Fedesco pour les btiments publics proposent galement des financements sous le mode du tiers investissement.96

    Sur le plan locatif en particulier, les frais de rnovation sont charge du propritaire et les frais dnergie reviennent au locataire. Une manire de rpartir les frais est de fixer un loyer lgrement plus lev afin de compenser les cots dinstallation. Toutefois, laugmentation du loyer sera infrieure aux gains obtenus sous forme dconomie dnergie. Par exemple, en France, un bailleur (social ou priv) peut demander son locataire de reverser une partie des conomies de charges et de laider ainsi la ralisation des travaux damlioration de lefficacit nergtique (isolation thermique, remplacement des installations de chauffage,...). Cette contribution ne peut dpasser la moiti des conomies estimes et stale sur maximum 15 ans. Lavantage de ce dispositif est de diminuer la facture nergtique du locataire, sans pour autant que le propritaire ait supporter seul lensemble des cots des tra-vaux.97

    96. Pour plus dinformation : [www.green-invest.be] et [www.fedesco.be]97. Pour plus dinformation : Contribution du locataire aux travaux dconomies dnergie , ADEME, [http://ecocitoyens.ademe.fr/financer-mon-projet/renovation/contribution-du-locataire-aux-travaux-deconomies-denergie]

  • 197

    4. En Pratique : comment financer son projet ?

    2. Prts verts publics

    Les autorits publiques mettent galement en uvre des dispositifs spcifiques daide linvestissement, sous forme de prt vert afin dinciter la ralisation de travaux conomiseurs dnergie.

    En Belgique

    Le Prt Vert est une mesure temporaire du gouvernement fdral permettant le financement dune srie de dpenses bien dtermines pour lconomie dnergie dun logement. Concrtement, il sagit dun prt octroy aux citoyens par les organismes de crdit classiques ayant pour objet de financer des travaux conomiseurs dnergie et permettant de bnficier dune bonification dintrt de 1,5% (cest--dire que vous paierez 1,5% dintrts en moins, cette partie dintrt tant prise en charge par lEtat) ainsi que dune rduction dimpt relative aux intrts de ce prt vert.98

    En France

    Le Prt taux zro + est un prt garanti par lEtat qui prend en charge la totalit des intrts du prt lors de lacquisition ou la construction dun logement et ventuellement des travaux de rnovation. Plus la performance nergtique du logement est importante aprs la construction ou les travaux, plus le pourcentage est intressant.99

    98. Pour plus dinformation : [http://bit.ly/gVNvy2] et [http://www.greentax.be/pret-vert.html]99. Pour plus dinformation : [http://ecocitoyens.ademe.fr/financer-mon-projet/construction/pret-a-taux-zero]

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    4. En Pratique : comment financer son projet ?

    3. Les solutions bancaires100

    Aujourdhui, plusieurs tablissements financiers vous proposent des prts adapts pour raliser des travaux de rnovation nergtique ou lors de la construction dun logement particulirement sobre en nergie.

    Habituellement, un banquier qui analyse une demande de crdit se pose les questions suivantes : qui est le demandeur, quelle est la proportion de fonds propres, quelles sont ses capacits de remboursement, quelle est la quotit101 du projet, etc. Les projets de rnovation et de construction passives entranent un surcot par rapport une construction classique, donc supposent un crdit plus important ; ce qui ne joue pas traditionnellement en faveur du demandeur. Actuellement, le march ne tient pas compte des conomies dnergie qui seront effectues par la suite. Dans cette logique, une maison passive ne vaudrait pas plus lestimation quune maison trs nergivore. Or, pour le banquier, justement, il est important de prendre en compte ces conomies dnergie, car elles augmentent substantiellement la capacit de remboursement du crditeur.

    Par exemple, Triodos Bank Belgium a la particularit de proposer des taux de crdit hypothcaire moins levs si le but est vert . De cette manire, la banque incite lemprunteur choisir des solutions durables et cologiquement ralistes en utilisant des matriaux et des techniques appropris. Lapprciation du risque par le banquier de Triodos prend en compte dune part les futures conomies dnergie dans le calcul de la capacit de remboursement

    100. Daprs la Prsentation dOlivier Dubois lors des confrences logement durable Batibouw 2009, comment obtenir un logement abordable ? , [http://www.logementdurable.eu/?attachment_id=654]101. La quotit dsignant le montant emprunt par rapport la valeur du bien financ

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    4. En Pratique : comment financer son projet ?

    et du taux dendettement ; dautre part, terme, la plus-value des maisons passives sur les constructions traditionnelles. Le produit propos est un prt hypothcaire classique, combin avec un crdit pont, en attente des subsides et primes.

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    4. En Pratique : comment financer son projet ?

    4. Fonds publics vertement sociaux

    Pour les mnages revenus modestes, il est difficile de rassembler les fonds ncessaires pour payer les investissements, sachant que les conomies sur la facture dnergie, si elles sont relles, ne com-mencent se faire sentir quaprs la ralisation des travaux. Les men-sualits rembourser constituent souvent un frein pour ces mnages qui sont encore trop souvent exclus du systme bancaire classique car leur solvabilit est juge insuffisante par les organismes de cr-dit. Ceux-ci ne sont, en outre, pas outills pour assurer un accom-pagnement personnalis de ce public fragilis. Cest pourquoi, les autorits publiques ont mis en place des fonds ou des systmes de prts, gnralement ddis certaines catgories de personnes, sous un mode proche du tiers investisseur.

    En Belgique

    Cr en 2006, le Fonds de rduction du cot global de lnergie (FRCE) joue le rle de tiers investisseur avec la garantie de lEtat pour les mnages faibles revenus. Le Fonds permet loctroi demprunts bon march destins des travaux dconomie dnergie dans les ha-bitations prives, dont le financement se ralise en concertation avec le CPAS et les autorits locales. Cest donc un fond public, charg de mobiliser des capitaux privs, qui investit dans le priv.102

    Au niveau bruxellois, Bruxelles-Environnement a conclu un parte-nariat avec la cooprative de crdit alternatif, le CREDAL, afin de mettre disposition des mnages bruxellois bas revenus le Prt vert social. Il sagit dun prt nergie taux zro, pour un montant maximal de 10 000 euros par habitation et par an. Lintervention de la Rgion de Bruxelles-Capitale permet de couvrir non seulement la charge dintrt lie ce prt nergie, mais aussi les cots lis

    102. Pour plus dinformation : [www.frce.be]

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    4. En Pratique : comment financer son projet ?

    laccompagnement personnalis des demandeurs et les risques de non recouvrement des sommes prtes.

    Au niveau de la Rgion wallonne, les co-prts ont t lancs en 2009 afin de permettre tous deffectuer des travaux damlioration de lefficacit nergtique. Ce prt sans frais est rserv aux personnes faibles revenus.

    En France

    Le programme national Habiter mieux , que nous avons dj vo-qu, ddie 500 millions deuros la rnovation thermique de loge-ments, dont les propritaires occupants ont des revenus modestes ou trs modestes. Les crdits du programme sont grs par lAgence nationale de lhabitat (Anah) et a pour objectif daider 300 000 pro-pritaires occupants financer les travaux de rnovation thermique les plus efficaces, au travers dune prime forfaitaire octroye en com-plment dune aide de lAnah, pour diminuer de faon significative (dau moins 25%) les dperditions dnergie de leur logement.103

    Du ct des familles, la Caisse des Allocations Familiales propose un prt lamlioration de lhabitat. Ce prt concerne les tra-vaux disolation, dassainissement, damlioration des installations de chauffage ou deau chaude sanitaires ou des rparations lies la rhabilitation thermique dun logement. A la diffrence des aides de lAnah, ce prt est moins conditionn aux revenus qu la com-position du mnage.104

    103. Anah, Laide du Programme national Habiter Mieux : [http://www.anah.fr/les-aides/vous-etes-proprietaire-occupant/laide-du-programme-national-habiter-mieux.html]104. Pour plus dinformation, Caisse des Allocations Familiales, Prt lAmlioration de lHabitat , [http://www.caf.fr/wps/portal/particuliers/catalogue/metropole/pah]

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    4. En Pratique : comment financer son projet ?

    5. Primes et autres subsides

    Quels que soient sa rgion ou le type de travaux que lon souhaite raliser, il existe bien souvent une aide publique spcifique qui vous aidera faire le pas de linvestissement aux conomies dnergie. Comme ces aides sont habituellement rvises annuellement, nous avons choisi de rester gnral dans leur prsentation et de renvoyer vers les organismes en charge, afin de vous garantir une information toujours actualise (voir notamment lencadr en fin de chapitre).

    En Belgique

    Fdral

    Outre une rduction dintrt pour prt vert, que nous avons dj voque, le gouvernement fdral propose un taux rduit de TVA 6% pour des travaux de rnovation concernant des habitations dau moins 15 ans et sur 50 000 de la construction ou lacquisition dune habitation neuve. Les aides fiscales ne sont pas non plus en reste. Ainsi, une rduction dimpt est disponible pour des travaux conomiseurs dnergie ou pour la cration dune maison basse nergie ou passive.

    Bruxelles

    La Rgion bruxelloise propose des primes la rnovation de lhabitat (isolation, ventilation, installations,...), ainsi que des primes nergie pour la construction de btiments passifs ou la rnovation basse nergie de logement privs ou collectifs. Enfin, certaines communes octroient des aides complmentaires spcifiques la rnovation, lacquisition dun logement basse nergie ou lutilisation dnergie renouvelable.105

    105. Pour une bonne synthse des aides et primes en Rgion de Bruxelles-Capitale, consultez le site du Centre Urbain asbl, [www.curbain.be/fr/renovation/information/syntheseaidesaulogement_AID.php]

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    4. En Pratique : comment financer son projet ?

    Wallonie

    La Rgion propose des primes pour le remplacement des installations (chaudires et eau chaude sanitaire), pour lisolation thermique et la ventilation, ainsi que certaines aides pour des dispositifs dnergie renouvelable. Il existe galement une prime spcifique pour la construction dune maison passive unifamiliale.

    Outre ces aides rgionales, les provinces et certaines communes accordent des primes linvestissement pour des installations exploitant les nergies renouvelables. Renseignez-vous auprs de votre commune ou auprs du Guichet de lnergie (service dinformation sur le logement pour les particuliers) de votre province.

    En France106

    Si vous construisez ou rnovez un btiment sous les normes basses nergies, plusieurs possibilits soffrent vous, au niveau national ou rgional, pour vous aider financer votre projet.

    Ainsi, au niveau national, le crdit dimpt dveloppement durable permet aux mnages de dduire de leurs impts une partie de leurs dpenses dans les amnagements nergtiques. Autre avantage fiscal, le dispositif dinvestissement locatif Scellier offre une rduction dimpt sur le revenu pour toute construction ou rnovation certifie basse consommation dun logement mis en location. Enfin, le bonus de COS vous permet dobtenir dans certains cas une bonification jusqu 30% de votre Coefficient dOccupation des Sols (COS), ce qui signifie que vous pouvez augmenter la densit de construction admise au mtre carr.

    Concernant spcifiquement la rnovation, vous pouvez bnficier de la TVA 5,5% (au lieu de 19,6%) pour lamlioration de vos installations de chauffage et lectriques et pour des travaux disolation thermique.

    Au niveau des collectivits territoriales, certains offrent des subventions pour encourager linstallation de dispositifs dnergie renouvelable ou une exonration de la taxe foncire pour vous inciter construire ou rnover en basse nergie. De plus, pour lhabitat

    106. Retrouvez toutes ces informations en dtails auprs de lADEME, financer mon projet , [http://ecocitoyens.ademe.fr/financer-mon-projet]

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    4. En Pratique : comment financer son projet ?

    collectif, des aides supplmentaires de lADEME existent au niveau rgional pour des travaux dconomie dnergie.

    Liens utiles pour financer son projet

    France :

    Ademe : Financer mon projet (Construction/rnovation) : [http://ecocitoyens.ademe.fr/financer-mon-projet]

    Anah (agence nationale de lhabitat) : [www.anah.fr/les-aides/condi-tions-generales.html]

    Eco-prt taux zro : [http://bit.ly/fZGpb3]

    Recueil des aides financires au logement : [http://bit.ly/gzFkf5]

    Espace INFO ENERGIE : [www.infoenergie.org]

    Belgique :

    Fdral :

    Service Public Fdral Finances : [www.minfin.fgov.be]

    Rgion Bruxelles-Capitale :

    Agence Bruxelloise de lEnergie : [www.curbain.be]

    Primes en gnral : [http://bit.ly/ebKtiv]

    Primes la rnovation : [www.prime-renovation.irisnet.be]

    Prt vert social : [http://bit.ly/hpgpRh]

    Wallonie :

    Primes en gnral : [http://energie.wallonie.be/fr/aides-primes-en-ergie-region-wallonne.html?IDC=6358]

    Primes au niveau des provinces et des communes : [http://www.gui-der.be/article/guide/incitants_et_primes]

  • 206

    4. En Pratique : comment financer son projet ?

    Commission wallonne pour lEnergie : [www.cwape.be]

    Eco-prt : Fonds du Logement Wallon : [www.flw.be/ecoprets] et So-cit Wallonne de crdit social : [www.swcs.be/index.php/nos-prets/nos-formules-de-prets/ecopret-0.html]

    Rgion flamande :

    Subsides octroys par la Rgion et politique nergtique: [www.ener-giesparen.be]

    Premiezoeker : [www.premiezoeker.be]

    Bouwen en Wonen : [www.bouwenenwonen.be]

    Vlaams Instituut voor Bio-Ecologisch Bouwen en Wonen (VIBE) : [www.vibe.be]

    Organisatie voor Duurzame Energie Vlaanderen : [www.ode.be]

    Vlaamse Regulator van de Elektriciteits- en Gasmarkt (VREG): [www.vreg.be]

  • 207

    Glossaire

    Bilan Carbone : Le Bilan Carbone, une marque dpose par lADEME (Agence de lEnvironnement et de la Matrise de lEnergie), est un ou-til de comptabilisation des missions de gaz effet de serre. Lobjec-tif du Bilan Carbone est de permettre, partir de donnes facilement disponibles, une valuation des missions directes et indirectes dune activit professionnelle, conomique ou non.

    Bioclimatisme : Le bioclimatisme peut se dfinir comme tant lar-chitecture mettant en harmonie la biologie humaine avec son envi-ronnement. Une construction bioclimatique a pour objectif dassurer le confort humain dans le respect de son environnement. Les grands principes du bioclimatisme incluent une attention particulire lim-plantation et lintgration au relief (par exemple orienter les faades vitres au sud), un volume compact, une disposition ingnieuse des pices de vie, lisolation et des matriaux cologiques. A la diffrence dune maison passive, qui se proccupe essentiellement du rendu nergtique de lhabitation, la maison bioclimatique possde gnra-lement un bilan cologique suprieur par lutilisation de matriaux naturels et/ou ncessitant peu dnergie grise.107

    BREEAM Green Leaf (Building Research Establishment Environne-mental Assessment) : cette mthode de certification anglaise, trs utilise dans le monde, permet une valuation intgre de la qua-lit environnementale dun btiment, sous le mode de la notation. Des points sont attribus en fonction des performances atteintes en matire dexploitation, dnergie, de matriaux, de gestion de leau,

    107. Echos Terre, La conception bioclimatique de lhabitat , supplment la Libre Belgique, octobre/novembre 2010.

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    Glossaire

    de bien-tre, de pollution, doccupation des sols, de biodiversit,... [www.breeam.org]

    Echelle de performance dun logement

    Consommation nergtique moyenne (KWh/m/an) et missions de CO2 (Kg eq CO2/m/an)108

    Energie Grise : Lnergie grise dun matriau dsigne lnergie contenue dans un produit, cest--dire, la somme de lnergie n-cessaire lextraction, la production, le transport, utilisation et recy-clage dun matriau ou dun produit. Lnergie grise sattache donc mesurer le vrai cot nergtique dun produit.

    Facteurs U : Le facteur U mesure la valeur isolante dun matriau de construction (mur, toit, sols, fentres, ). Utilis dans le calcul du niveau K, le facteur U indique la capacit de transmission de cha-leur dun matriau en mesurant la dperdition de chaleur par m, par heure et selon la diffrence de temprature entre lintrieur et lextrieur. Plus la valeur de U sera petite, plus llment sera isolant.

    FSC : Le label FSC (Forest Sewardship Council) permet didentifier les bois issus de forts gres de manire durable. [www.fsc.org]

    HQE : En matire de construction et de rnovation durables, La Haute Qualit Environnementale (HQE) constitue un ensemble de

    108. Source : Philippe Van de Maele, Logements sociaux et rnovation urbaine , Grenelle de lEnvironnement, Comit oprationnel n2, mars 2008

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    Glossaire

    14 cibles (voir schma ci-dessous) qui sont autant dobjectifs poss au moment de la conception. Il ne sagit pas dun label mais dune dmarche de responsabilisation pour construire en respectant lenvi-ronnement. Cette dmarche prend quatre dimensions en compte : construction, confort, gestion et sant, pour une dmarche globale. [www.assohqe.org]

    La dmarche HQE (haute qualit environnementale) : les 14 cibles

    MAITRISER LES IMPACTS SUR LEN-VIRONNEMENT EXTERIEUR

    CREER UN ENVIRONNEMENT INTE-RIEUR SATISFAISANT

    ECO-CONSTRUCTION

    1. Relations des btiments avec leur environnement immdiat

    2. Choix intgr des procds et produits de construction

    3. Chantier faibles nuisances

    CONFORT

    8. Confort hygrothermique

    9. Confort acoustique

    10. Confort visuel

    11. Confort olfactif

    ECO-GESTION

    4. Gestion de lnergie

    5. Gestion de leau

    6. Gestion des dchets dactivit

    7. Gestion de lentretien et de la maintenance

    SANTE

    12. Qualit sanitaire des espaces

    13. Qualit sanitaire de lair

    14. Qualit sanitaire de leau

    La dmarche HQE (source : Association HQE)

    Infiltromtrie : Ltanchit dun btiment est mesure par infil-tromtrie , qui consiste crer une diffrence de pression entre lintrieur et lextrieur du btiment ferm laide dun ventilateur.109

    LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) : cette certification amricaine value la qualit dun btiment selon leur impact environnemental, leur consommation deau et dnergie, le choix des matriaux et linnovation. Lobjectif est de tendre vers des btiments conomes et agrables vivre. [www.usgbc.org]

    109. T. de Meester, Low Energy Housing Retrofit Guide de la rnovation basse nergie des logements en Belgique , Louvain-La-Neuve, 2009, [www.lehr.be]

  • 210

    Glossaire

    Maison passive : Une maison passive est un btiment trs peu ner-givore grce la combinaison dune isolation thermique pousse (niveau K aux alentours de 15 : 20 35 cm sur les murs, 20 cm pour les sols et 40 45 cm pour les toits selon le type de matriau), une bonne tanchit lair et un systme de ventilation conome. Les pertes de chaleur sont tellement limites que les besoins en nergie pour le chauffage ne doivent normalement pas dpasser 15kWh/m par an.

    Maison nergie positive : Les maisons nergie positive vont encore plus loin que les maisons passives, en rduisant encore leurs besoins nergtiques mais galement en faisant appel aux dispositifs dnergie renouvelable leur permettant de produire de lnergie.

    Minergie : ce label suisse propose un standard de construction qui vise la rduction des consommations nergtiques dans le btiment tout en garantissant le confort dhabitat et de travail. Le standard Minergie-P assure un confort optimal et une utilisation rationnelle de lnergie par une bonne isolation et une ventilation double flux. Le standard Minergie-eco se focalise essentiellement sur un mode de construction sain et cologique avec lutilisation de matriaux sobres, recyclables et produits partir de ressources renouvelables. [www.minergie.ch]

    Nature plus : il sagit dun label cologique pour les matriaux de construction. Ce label met laccent sur la sant, lenvironnement et la fonctionnalit. Les matriaux doivent provenir de sources renou-velables, contenir le moins dlments synthtiques possible et ne pas prsenter de danger pour la sant. Nature plus analyse la dura-bilit et lutilit des matriaux par une analyse du cycle de vie et un contrle des processus de production. [www.natureplus.org]

    NIBE : cette norme hollandaise classe les matriaux de construction sur base de critres cologiques comme la consommation nerg-tique, lpuisement des ressources, le pouvoir polluant, la sant, le recyclage, ...

    Niveau E : Le coefficient E mesure la quantit dnergie primaire ncessaire une utilisation normale dun btiment (chauffage, clairage, eau, ) pour une anne. En dautres termes, il donne une mesure de la consommation dnergie annuelle dune habitation. Le

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    Glossaire

    calcul du niveau E prend plusieurs paramtres en compte : limplan-tation et lorientation du btiment, son niveau disolation et dtan-chit lair, de la ventilation, du systme de chauffage et deau, lclairage, Le niveau E est au centre du calcul de la PEB : plus il est bas, meilleure est lefficacit nergtique du btiment de manire globale. En Belgique, la tendance tourne autour de E80 pour toute nouvelle construction.

    Niveau K : Le coefficient K mesure le niveau disolation thermique global dun btiment. Il prend en compte les matriaux utiliss et leurs proprits isolantes pour lensemble de lenveloppe du bti-ment ainsi que sa compacit. Le niveau K informe donc sur la dper-dition nergtique dun btiment par les murs extrieurs, toits, sols et fentres. Plus le K est faible, meilleure est lisolation. En Belgique, la valeur minimale du K pour une nouvelle construction tourne au-tour de K45. Lon estime quune maison est passive entre K10 et K20.

    PASSIVHAUS : dmarche allemande concernant la performance nergtique dun btiment. Dans cette optique, la consommation nergtique de lhabitation doit tre rduite au minimum, grce lisolation, lorientation, lutilisation dnergies renouvelables et la rcupration de chaleur.

    PEFC (Program for the Endorsement of Forest Certification schemes): ce label garantit quun matriau est constitu dau moins 70% de bois issus de forts gres de faon durable. [www.pefc.org]

    Performance Energtique dun Btiment (PEB) : la performance nergtique dun btiments reprsente la quantit dnergie calcule ou mesure ncessaire pour rpondre aux besoins nergtiques lis une utilisation normale du btiment, ce qui inclut lnergie utili-se pour le chauffage, le systme de refroidissement, la ventilation, la production deau chaude et lclairage.110 Plus la PEB est leve, moins la consommation dnergie sera importante. Le calcul des be-soins nergtiques dun btiment prend en compte la conception et lemplacement du btiment, son isolation, les caractristiques des installations, ...

    PHPP (Passive House Planning Package) : ce logiciel belge est un outil

    110. Extrait de la Directive 2010/31/UE du Parlement Europen et du Conseil du 19 mai 2010 sur la Performance Energtique des Btiments.

  • 212

    Glossaire

    de conception de maisons passives spcialis destination des ar-chitectes et des concepteurs, mais est galement un outil de valida-tion de la construction (pour une ventuelle certification).

    Ponts thermiques : Un pont thermique est une rupture locale de la couche isolante dun btiment et constitue donc une porte ouverte aux dperditions de chaleur, mais galement des problmes dhu-midit et de condensation. Causs par des dfauts de conception ou des brches dans lisolation, on retrouve gnralement les ponts thermiques aux jonctions (faade/plancher/toiture) et aux perce-ments, cest--dire, au niveau des chssis, linteaux de porte, dalles de fondation ou dtage, dfauts dinstallation dun mur creux (souvent au niveau de langle du mur), ils entranent :

    une surconsommation de chauffage : les ponts thermiques constitue souvent de 10% 20% des dperditions nergtiques. videmment, plus un btiment est isol, plus les consquences nergtiques des ponts thermiques seront importantes proportionnellement la consommation dnergie totale.

    Des consquences sur la sant : lhumidit et la condensation sont susceptibles de favoriser le dveloppement de moisissures et champignons en tous genres. En plus dtre inesthtiques, ceux-ci peuvent tre responsables dodeurs dsagrables voire de rac-tions allergiques suivies de crises dasthme.

    dtrioration des matriaux : lhumidit provoque par la conden-sation peut entraner un effritement des peintures, plafonnages, mais aussi affaiblir des structures en bois ou abimer durablement les matriaux sensibles lhumidit.

    Valeur Lambda : La valeur Lambda reprsente le coefficient de conductibilit thermique dun matriau en W/mK. Plus elle est faible, plus le matriau isole.

  • Couverture et mise en page:

    www.pazlopez.com

    Cette publication a t ralise avec le soutien de la Commission euro-penne.

    Cette publication nengage que son au-teur et la Commission nest pas responsable de lusage qui pourrait tre fait des informa-tions qui y sont conte-nues.

    Communaut franaise Wallonie Bruxelles

    Direction gnrale de la Culture

    Service gnral de la Jeunesse et de ldu-cation permanente du Ministre de la Com-munaut franaise de Belgique.

    Avec le soutien de :

  • 978-2-930530-13-0

    D/2011/11.262/210

    Le logement durable nous concerne tous et dans plus daspects de notre vie quon ne le pense. Brandi comme outil de lutte contre les changements climatiques par les uns, piste vers une sortie russie de la crise cono-mique pour les autres, le logement ne fait-il pas galement partie dun contexte socital et urbain spcifique ?

    Le verdissement du logement ne peut se concevoir uniquement sous langle technique, mais doit galement senvisager sous les angles cono-mique, social et politique. Larticulation entre ces diffrentes composantes requiert de linventivit puisquil sagit dimaginer de nouvelles politiques, de nouveaux dispositifs sociaux ou stimulations conomiques, qui per-mettront de tirer parti de la rvolution verte venir afin dorienter nos socits vers plus de solidarit et dinclusion.

    Cest pourquoi cette publication aborde de faon intgre les trois facettes de la durabilit dans le logement : les aspects conomiques (potentiel demplois et mergence de greenjobs), sociaux (de la prcarit nergtique aux co-quartiers) et environnementaux (nergie et matriaux). Pour la Solidarit souhaite que ce verdissement du logement profite tous et entend donner aux acteurs des cls de comprhension dun systme en mouvement.

    Cet ouvrage bnficie dune prface de Robert de Melenaere, administrateur dlgu de la Confdration Construction.

    Pour la Solidarit (PLS) est une associa-tion au rayonnement europen qui sest constitue en un Think tank au service des citoyens et des dcideurs politiques, sociaux et conomiques de lUnion euro-penne. PLS se positionne en tant que pres-tataire de services pour les acteurs socio-conomiques et politiques dsireux dagir avec professionnalisme dans le champ europen de la solidarit. En lien constant avec les institutions europennes, PLS r-pond aux attentes des acteurs de la solida-rit en Europe.

    www.pourlasolidarite.eu

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