LUTTE CONTRE LE TABAC - Les collectivités locales ?· offrir une aide à ceux qui veulent arrêter…

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    12-Sep-2018

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<ul><li><p>LE POINT VILLES-SANTE SUR </p><p>LUTTE CONTRE LE TABAC - Les collectivits locales comme employeurs exemplaires </p><p>En France, il y a chaque anne 73 000 dcs 1 lis au tabac, soit 1 sur 7 dcs. Cest de loin la premire cause de mort prmature et vitable. Une personne qui fume toute sa vie court un risque sur deux de mourir de son tabagisme et perd, en moyenne, 15 ans de vie sans incapacit 2. </p><p>Laction directe de la nicotine sur le cerveau apporte une sensation de bien-tre, mais elle entraine trs rapidement une dpendance forte. Plus dun fumeur sur deux (58%) souhaite arrter de fumer mais ny parvient que trs difficilement 3. </p><p>On compte 13,4 millions de fumeurs quotidiens en France, soit 30% de la population. Un taux bien suprieur ceux mesurs au Royaume Uni (20% de fumeurs), en Australie (17%), en Finlande, aux USA et au Canada (15%). Les taux de ces pays montrent que la consommation de tabac nest pas une fatalit. La convention-cadre de lOMS ci-contre repose sur des observations scientifiques en vue de rduire loffre et la demande du tabac. </p><p>La lutte contre le tabac est aujourdhui une priorit en France et fera lobjet dun programme national suite lannonce du Prsident de la Rpublique lors de la prsentation du 3e plan cancer. Ce programme contiendra notamment des lments sur la prvention et sur laide larrt du tabac, et sera un outil prcieux pour les collectivits. </p><p>Ingalits face au tabagisme </p><p>Les familles et les pairs ont un effet important sur lincitation au tabagisme. Par exemple, le risque dtre fumeur est plus lev parmi les personnes dont le pre tait fumeur, et chez les femmes, parmi celles dont la mre tait fumeuse. </p><p>Le tabagisme est galement li au milieu social dorigine, les personnes dont le pre tait ouvrier ayant plus de risques dtre fumeuses 4. Des fumeurs de toutes les catgories sociales souhaitent arrter mais les cadres y parviennent plus frquemment. Entre 2000 et 2007, la part des fumeurs a diminu de 22% parmi les cadres </p><p> 1 Hill C. Epidmiologie du tabagisme Rev Prat 2012 :62 :325-9 2 Doll R. et al BMJ 2004 :328 : 1519 3 Barometre Sant 2010, INPES 4 Bricard , Jusot et al. Bulletin Epidmiologie Hebdomadaire n8-9 8-03-2011 INVS </p><p>contre 11% seulement 5 parmi les ouvriers. De plus, acheter des cigarettes a un impact plus important sur le porte-monnaie des personnes ayant un revenu moindre. </p><p>Influence des collectivits locales sur lenvironnement de travail de leurs agents </p><p>Le fait de fumer est certes une pratique individuelle, mais une pratique qui reste fortement influence par lentourage y compris les collgues de travail et lenvironnement social. Dans certains milieux, la norme est plutt dtre non-fumeur. </p><p>En tant en contact continu avec un certain nombre de fumeurs, les collectivits locales sont bien places pour fournir un environnement social favorable labandon du tabac. </p><p> Lobjectif de cette brochure est de soutenir les collectivits pour quelles deviennent des employeurs exemplaires en termes de prvention et de soutien leurs agents dans le sevrage du tabac. </p><p> 5 Peretti-Watel et al. Addiction 2009 :104 :10 :1718-28 </p><p>OMS : les Villes-Sant et la Convention-cadre pour la lutte antitabac </p><p>La France a ratifi la Convention-cadre de lOMS pour la lutte antitabac (CCLAT), un trait international qui constitue un cadre fond sur des bases scientifiques valides. Ses principes phares sont les suivants : </p><p> informer, sensibiliser le public et dvelopper la prvention ; offrir une aide ceux qui veulent arrter de fumer ; protger la population contre la fume du tabac ; interdire la publicit en faveur du tabac ; augmenter les taxes sur le tabac. protger les politiques publiques de linfluence de </p><p>lindustrie du tabac </p><p>LOMS rappelle aux Villes-Sant europennes que la lutte antitabac fait partie de leurs principaux objectifs pour les 5 prochaines annes. Lmergence de villes sans tabac peut devenir ralit grce un leadership politique fort et la mise en uvre des principes de la CCLAT. Selon lOMS, un bon investissement : Aprs la vaccination des enfants, les interventions de lutte contre le tabagisme constituent le meilleur investissement pour amliorer la sant. ( p8 Sant 2020, OMS 2012) </p></li><li><p>LE POINT VILLES-SANTE SUR </p><p>RESEAU FRANAIS DES VILLES SANTE DE LOMS </p><p>UN ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL FAVORABLE A LABANDON DU TABAC </p><p>En fournissant un milieu de travail sans fume, en sensibilisant et en appuyant les employs dans leur dmarche pour abandonner le tabac, les collectivits locales aident leurs agents arrter de fumer. </p><p>Un impact conomique non ngligeable </p><p>En plus de causer des souffrances individuelles, la fume du tabac a un impact conomique consquent. Le cot social du tabac en France, cest--dire les dpenses de sant, les pertes de revenus et de production, les cots supports par les agents privs, reprsente 47 milliards deuros par an, soit lquivalent de 3% du PIB, ou un impt indirect annuel pour chaque citoyen de 772. Les prlvements fiscaux (TVA et taxes spcifiques) sur la vente du tabac sont de lordre de 15 milliards deuros6. </p><p>Pour une entreprise ou une collectivit, limpact sur la productivit des personnes qui fument nest pas ngligeable. Les fumeurs prennent des pauses plus longues, et sont malades plus souvent. </p><p>Fournir un milieu de travail sans fume </p><p>Labandon du tabac est un facteur qui amliore grandement la sant et le bien-tre des employs, tout ge 7 . </p><p>Se conformer aux lois sur lusage du tabac et faire respecter linterdiction de fumer sur le lieu du travail protge les employs des dangers du tabagisme passif dont les effets nocifs pour la sant sont dmontrs. De plus, cela incite les employs fumeurs rduire leur consommation ou cesser de fumer, et aide ceux qui ont dj renonc au tabagisme poursuivre leur dmarche. </p><p>Sensibiliser et apporter du soutien </p><p>Dans une dmarche de promotion de la sant sur le lieu de travail, il sagit pour les employeurs daider de manire active les salaris amliorer leur tat de sant gnral et leur bien-tre. </p><p> 6 Kopp, Feneglio, Le cot social des drogues en 2003, OFDT 2006 ; Cours des Comptes, Rapport dvaluation : les politiques de lutte contre le tabagisme, 2012 7 Doll R. Mortality in relation to smoking, BMJ 2004; 328:151928 </p><p>Lorsquelles proposent du soutien et quelles encouragent les initiatives dabandon du tabac, les collectivits locales dpassent le simple respect des dispositions lgales en matire de sant et de scurit pour faire preuve de leur engagement envers la sant et le mieux-tre de leurs employs. </p><p>Dans cette perspective, les pages qui suivent prsentent des pistes pour agir, qui sappuient notamment sur les expriences qui nous ont t transmises par plusieurs Villes-Sant. </p><p>Cigarette lectronique ? </p><p>La cigarette lectronique rencontre un grand succs commercial en France, et de nouvelles formes de consommation arrivent comme le tabac chauff </p><p>(dit Ploom). La cigarette lectronique pourrait prsenter un intrt pour les fumeurs dpendants qui elle permet de consommer de la nicotine, substance principalement responsable de leur addiction au tabac, sans inhaler les principaux toxiques de la fume de tabac. </p><p>Bien que les vapeurs mises par la cigarette lectronique contiennent des substances cancrognes en quantit trs infrieures celles des cigarettes conventionnelles, ce jour, compte tenu de labsence de recul, les preuves scientifiques sont insuffisantes pour conclure son innocuit. Elles sont galement insuffisantes pour considrer la cigarette lectronique comme un dispositif valid daide larrt du tabac. Par contre, il est certain que son utilisation dans les lieux publics peut nuire la d-normalisation qui a pour objectif de rduire le tabagisme de la vie collective. </p><p>Le Comit national contre le tabagisme, la Ligue contre le cancer et le Rseau Villes-Sant proposent que les collectivits locales appliquent aux vapoteuses le mme rglement intrieur que pour les cigarettes conventionnelles. </p><p>A Villeurbanne, le Comit dhygine et de scurit (runi le 20/02/14) a valid une modification du rglement intrieur intgrant l'utilisation de la cigarette lectronique dans les mmes conditions que la cigarette classique sur le lieu de travail. </p></li><li><p>LE POINT VILLES-SANTE SUR </p><p>RESEAU FRANAIS DES VILLES SANTE DE LOMS </p><p>PISTES POUR AGIR Crer une politique de lutte contre le tabagisme </p><p>Le Comit dHygine et de Scurit ainsi que la Direction des Ressources Humaines sont des acteurs importants dans la mise en place dune politique contre le tabagisme. A Roubaix, un groupe de travail a t constitu pour soutenir les agents dans leur dmarche de rduction ou darrt du tabac. Ce groupe tait compos du Directeur des Ressources et Moyens Gnraux, de la charge de dveloppement des Ressources Humaines, du responsable du service Sant et de la charge de mission Addictions, de l'Assistante Sociale, du mdecin de prvention et des reprsentants du personnel. Les objectifs de ce groupe taient : 1) Vrifier si l'arrt du tabac ou la prvention du tabagisme constituait un rel enjeu pour les agents 2) Etudier les pistes d'actions possibles pour accompagner les volontaires dans l'arrt du tabac 3) Mettre en place des actions de prvention destination des fumeurs, ex-fumeurs et non-fumeurs. </p><p>Villeurbanne a mis en place en 2006 la Charte Prvention du Tabagisme , qui a pour objectifs de rglementer les espaces fumeurs pour les agents de la Ville et lutter contre le tabagisme passif, accompagner les agents qui le demandent au sevrage tabagique, et promouvoir la Journe mondiale sans tabac. </p><p>Elaborer un programme dactions </p><p>Pour tre efficace, un accord autour dun programme global est ncessaire plutt que de mettre en place des actions ponctuelles. La figure ci-dessous prsente un exemple de calendrier dlaboration </p><p>8). </p><p> Face lenvie de commencer une nouvelle vie sans tabac, </p><p>chaque fumeur se positionne diffremment. Certains sont trs dcids, dautres psent le pour et le contre, certains aimeraient bien mais ne se sentent pas prts, dautres ne lenvisagent que de loin </p><p>9. Tous </p><p>traversent ces diffrentes phases de motivation, cest une dmarche individuelle et collective qui sinscrit dans la dure. Un plan de communication annuel croisant les diffrents supports internes permet dassurer la bonne visibilit de la dmarche volontaire de lemployeur. </p><p> 8 Pas pas, -voir encadr Pour aller plus loin 9 www.tabac-info-service.fr </p><p>Une attention particulire devra tre apporte aux agents de catgorie C, les plus loigns des dispositifs de prvention et de communication habituels (runions, supports lectroniques notamment). Un travail de collaboration avec lquipe de sant au travail et les directions des services les plus concerns est ncessaire pour la mise en place dune communication de plus grande proximit : runions de service sur site, groupes de pairs par exemple. </p><p>Enquter </p><p>Dans une dmarche de coresponsabilit, une collectivit peut glisser des plaquettes dinformation sur le tabac avec les bulletins de salaire des agents. Nice a utilis ce vhicule pour proposer un court questionnaire sur le tabagisme destination des 10 000 agents de la ville, CCAS et mtropole. Lenqute en elle-mme constitue un moyen de sensibilisation. </p><p>Renseigner les citoyens et les employs </p><p>Utiliser des occasions comme la Journe mondiale sans Tabac de lOMS (le 31 mai de chaque anne), pour mettre en place des activits, des stands ou distribuer des plaquettes sur le tabac peut constituer un moyen dintresser les personnes sur le sujet. </p><p>Lespace sant jeunes municipal de Boulogne-Billancourt apporte aux jeunes des connaissances relatives leur sant et leur bien-tre, notamment dans le domaine des addictions y compris le tabac. Il a permis aux jeunes de faire une mise distance critique des strotypes et des pressions sociales poussant la consommation. </p><p>La Roche-sur-Yon a construit un projet avec les habitants dun quartier la suite de questions rcurrentes sur la consommation de produits y compris le tabac par les jeunes. Le souhait des habitants tait de disposer de davantage dinformations sur ceux-ci et de savoir comment en parler avec les enfants / adolescents. Des groupes dchanges accompagns par un professionnel sont proposs, ainsi que des expositions et films-dbats. </p><p>Dautres politiques comme les Plages sans Tabac, ou des Forums Tabac peuvent tre mis en place dans les villes. Pour ces derniers, il semble difficile, sinon impossible, de trouver une organisation facilitant une participation importante. Plusieurs villes nous informent dune dception sur le nombre de personnes qui participent ce type de runion dinformation. </p><p>Faciliter un accs au sevrage tabagique par les agents </p><p>Certaines villes organisent une prise en charge des agents qui souhaitent arrter de fumer. A Villeurbanne, afin daccompagner les agents souhaitant sengager dans une dmarche individuelle darrt du tabac, chaque agent peut participer sur le temps de travail, 3 sances de motivation </p><p>http://www.tabac-info-service.fr/</p></li><li><p>LE POINT VILLES-SANTE SUR </p><p>RESEAU FRANAIS DES VILLES SANTE DE LOMS </p><p>et de prparation larrt du tabac, auprs du Comit Dpartemental Hygine Sociale (CDHS) dans le cadre de la convention tablie avec la Ville. </p><p>En 2012 et 2013, un soutien larrt a t propos une quarantaine dagents Nice. Un an plus tard, 41% des agents participants ont dclar ne pas avoir recommenc fumer. </p><p>A Nancy en complment de groupes daide larrt du tabac, le service Nancy Ville Sant a cr des outils ludiques de soutien la motivation tlchargeables sur lIntranet de la Ville : cartes de parrainage, charte dengagement, liste des centres de consultations et fonds dcran (voir ci-dessous). </p><p>Certaines villes prfrent organiser des consultations pour larrt du tabac en interne, mais la question du paiement des mdecins vacataires peut se poser. Parfois les mdecins du travail se prtent au dfi, ou un accs aux consultations anti-tabac du CHU peut tre propos. </p><p>Offrir des produits de substitution </p><p>En plus dinformer sur le dispositif de prise en charge forfaitaire des substituts nicotiniques (sur prescription mdicale ou par une sage-femme), une collectivit peut offrir aux agents qui souhaitent arrter, des produits de substitution la nicotine comme les patchs ou les gommes, pendant un temps limit. Il pourra tre possible pour dautres collectivits de ngocier que la Mutuelle de leurs agents prenne en charge les frais lis ces produits. De plus, des partenariats peuvent tre tablis avec les structures locales daide larrt du tabac pour faciliter laccs des agents aux dispositifs daccompagnement dans larrt du tabac : substituts nicotiniques mais aussi tabacologue, ditticien(ne) et psychologue. </p><p>La pause-caf, un moment important </p><p>Organiser des pauses-caf (sans tabac) ouvertes tous les agents dans de le but de promouvoir la convivialit, de crer un rythme au travail, et aussi dchanger des informations comme cela peut avoir lieu pendant les pauses clope. </p><p>Des messages positifs sur larrt...</p></li></ul>