Miroir Intime, Regard Secret

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    20-Jan-2016

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Les rflexions intimes d'une femme infidle. Un texte rotique trs bien crit.

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    Miroir Intime, Regard Secret

    tait-ce vraiment elle dans ce reflet ? Cette femme de trente-cinq ans la lourde chevelure brune relche sur ses paules, aux joues stries de larmes de mascara, se mordant des lvres barbouilles de rouge ?

    Il lui avait demand, non, ordonn, de se maquiller ainsi tandis quil caressait fougueusement son clitoris, son ventre ferme et son torse puissant colls contre son dos. Elle stait excute, le pinceau tremblant atteignant le vide au lieu de ses cils, avant de simmobiliser dans un sursaut au deuxime il quand il lui avait gliss un doigt.

    Continue, lui avait-il dit, la foudroyant du regard dans le miroir.

    Elle avait obit. Mokhtar caressait sa queue gaine de latex contre les fesses de Nathalie. Si dure... Elle tait parvenue finir ses yeux tant bien que mal et avait laiss retomber le tube de mascara dans le lavabo sans mme le reboucher, haletante.

    Je nen peux plus piti... Je veux le sentir en moi je nen peux plus !...

    Le rouge lvres, maintenant.

    Sa voix grave rsonnait dans son oreille. Le visage de Nathalie stait contract en une expression suppliante et dsespre, mais elle navait rien dit et obit. Le supplier naurait servi rien (Seigneur, tait-elle dj prte le supplier de la prendre ?...), cest elle qui lavait cherch.

    Alors elle avait pris le bton de rouge lvres. Elle avait dessine la premire moiti de sa lvre suprieure, et il tait entr en elle.

    Continue, lui avait-il dit, la voix peine vacillante alors quil commenait la limer consciencieusement. Il lui avait saisis le menton et oblige continuer. Elle avait eu un mal de chien garder les yeux ouverts tandis que cette hampe allait et venait en elle. La seconde moiti de la lvre fut faite, et Mokhtar devint plus ardent. Elle avait attaqu la lvre infrieure en prouvant toute les difficults du monde ne pas se laisser aller, ne pas se mordre la lvre. Il la regardait, la surveillait dans le miroir.

    Quand elle eut rejoint ses deux commissures dun trait rouge malhabile, il lavait faite se cambrer si fort au-dessus du lavabo que le coin droit de ses lvres stait imprim en cne carmin gerc sur la glace. Cest l que le bruit de la chaire claquant contre la chaire tait devenu furieux, que gmissements et cris de Nathalie sintensifirent et que les yeux de Mokhtar avaient pris cette teinte si sombre. Il lui avait agripp les cheveux dune poigne ferme, maintenant douloureusement sa tte en arrire, le visage dirig au plafond. Elle avait pliss les yeux, laissant dborder de nouvelles larmes de Rimmel. Et elle avait support.

    Elle navait pas son mot dire. Pas depuis quelle avait pris le blouson de cuir de cet homme pour lattirer dans la chambre, encore bouillante de honte et dexcitation.

    Aprs lavoir vu toucher cette fille, cette Ltitia, depuis sa fentre.

    Aprs lavoir vu la faire jouir de ses doigts et jouir dans sa bouche sur le terrain derrire la maison.

    Aprs que Mokhtar lai surprise les pier, et ne lai plus quitt des yeux tandis quil se faisait sucer. Affichant ce sourire abominablement irrsistible.

    Je vous lavais bien dit.

    ***

    Nathalie navait rien dis quand Mokhtar lavait rejoint dans la chambre aprs avoir raccompagn la jeune fille sur le chemin derrire la demeure. Son t-shirt renfil, son jean reboutonn mais sa

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    ceinture encore dfaite. Elle avait regard cette boucle de laiton vide et cette langue de cuir pendante avec honte et fascination, comme si ctait l la preuve quelle navait pas rve ce qui stait pass travers la fentre. Comme si ltrange Pays des merveilles venait de traverser le miroir jusqu elle.

    Ctait la premire fois quil entrait chez elle, quelle le voyait dans sa propre maison, la premire fois depuis quelle lavait engag pour entretenir le jardin, cet tudiant cherchant des jobs dt sur internet. Sensation trange, enivrante et terrifiante, quand tous ces instants passs fantasmer sur le jeune homme prenaient corps et ralit maintenant quil tait dans la chambre avec elle. Il ntait plus une image vanescente mais une chaire consistante, quelle pourrait toucher en tendant simplement sa main, sans la barrire glaciale de la vitre. Il tait une odeur qui emplissait la pice, un son rgulier de respiration... Ce quelle avait vu dehors pouvait maintenant parfaitement se reproduire ici, aussi incroyable que a lui parut alors. Elle sagenouillerait devant lui, sortirait ce sexe quelle avait tant attendue dapercevoir dehors, et enfin, elle aussi, le dgusterait...

    Elle tait assise dos droit sur le lit, ses genoux joints et ses mains poses sur ses cuisses en poings crisps sur sa jupe. Ses paules tremblaient et ses yeux fuyaient ceux de Mokhtar. La parfaite reprsentation dune petite fille docile et terrifie qui laurait, dans dautres circonstances, faite rire de drision si elle avait pu se voir.

    Le blouson de Mokhtar tait pos proprement sur le lit ct delle. Ce blouson quil laissait sur les marches de lescalier de pierre, deux fois par semaine depuis le dbut de lt. Voil quelle sen tait saisie comme une enfant. Ctait tout ce quelle avait trouv, tout ce quelle avait pu faire. Elle aurait t incapable de parler aprs ce quelle avait vu dehors, comme elle tait incapable de le regarder dans les yeux.

    Mokhtar vint se poster debout, juste devant elle. Ne bougea plus. Nathalie ne put retenir une inspiration panique, et elle se dtesta pour cela, rivant ses yeux sur sa jupe quelle froissait de ses mains pour ne pas avoir regarder cette boucle de ceinture dix centimtres de son visage. Il y eut un petit rire, loin au-dessus de la tte de Nathalie, un rire qui ressemblait un soupir. Il prit son blouson, se redressa et chercha tranquillement dans sa poche. Il sortit la pochette argente dun prservatif, quil fit crisser avec un malin plaisir dans ses doigts, comme si ctait des billets de banque, puis rejeta le blouson sur le lit.

    Nathalie se ptrifia pour la nime fois. La vue du prservatif donnait soudainement ses vues sexuelles sur Mokhtar un caractre imminent qui, elle naurait jamais cru, la terrorisa plus quil ne lexcita. Le choc de cette vision voil son esprit tandis quune onde lectrique parcourait son corps et la paralysait. Elle eut peine conscience de la main de Mokhtar prenant la sienne, la faisant se lever et lamenant dans la salle de bain. Pas plus quand il la mit face au miroir et commena dboutonner son chemisier. Tout ce quelle entendait, ctait les battements affols, assourdissants et pourtant si lointains de son cur, et cette voix grave qui semblait rsonner directement dans sa tte.

    Lve les bras.

    Dtache tes cheveux.

    Mets les mains sur le lavabo.

    Puis les mains de Mokhtar virent saisir ses seins et les ptrir fermement, et elle se sentit de nouveau revenir toute vitesse au premier plan de son esprit comme un zoom de cinma, avec une conscience aigu des doigts faisant rouler ses ttons. Elle sabandonna.

    Il retroussa sa jupe sur ses hanches et baissa sa culotte trempe jusqu ses genoux. Nathalie entendit le froissement du jean, et la boucle tinter sur le sol. Lcho lui sembla incroyable et lui procura une intense motion. Elle dglutit et sentit le membre encore modeste se nicher dans la raie de ses fesses. Il la prit par les hanches et la fit onduler contre lui, gagnant rapidement en proportion,

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    son gland se dcalottant chaque all contre le bas de ses reins, avant de ne plus former bientt quune bosse ronde et dure. Quand elle fit mine de vouloir passer sa main dans son dos pour la toucher, il lui replaa schement sur lvier. la suite de quoi elle nosa plus prendre dinitiative.

    Je veux te voir te maquiller, lui dit-il un moment, en se dcollant delle.

    Son gland avait laiss une marque brillante entre les fossettes de ses reins. Et tandis quelle ouvrait larmoire, elle lentendit dchirer lemballage du prservatif.

    ***

    Les mains de Nathalie glissaient sur lmail du lavabo. Elle lagrippait aussi fort que possible, au point den avoir les doigts tout engourdit, mais il la besognait si violemment quils finissaient toujours par draper dans un bruit de suintement sur sa peau.

    Dans le miroir, Mokhtar la regardait. Ses yeux qui la faisait se sentir si honteuse... ils ne la quittaient pas, la brlaient littralement. Ses doigts senfonaient dans sa taille, ses coups de boutoir si insistants, si violents, comme sil essayait de faire sauter quelque barrire secrte niche au creux de son intimit.

    Il avait pass son t-shirt derrire sa nuque. Elle voudrait voir son ventre se contracter, ses muscles jouer tandis quil la baisait (car ctait de a quil sagissait, elle le lisait dans ses yeux : il baisait cette bourgeoise de presque deux fois son ge, il la baisait comme une chienne... et Dieu quelle aimait a...), mais il tait cach par son propre reflet. Aussi ne pouvait-elle voir que son propre corps. Ses seins tressauter follement entre ses bras, projetant des tincelles de sueur dans la lumire de fin daprs-midi ; son visage contract dans lexpression de souffrance et plaisir intense quelle prenait.

    Cest l... ma place, se rptait-elle sans fin. Une pense qui lui apparut comme un clair devant limage de son corps crisp, soumit par ce visage viril et dominant. Ses formes rondes faites idalement pour se courber devant ces traits durs. Cest l que je dois tre. Cest l ma place.

    Mokhtar lui arracha deux orgasmes, brutaux comme des portails volant en clat sous les coups de blier de lenvahisseur. Son visage afficha chaque fois ce sourire irrsistiblement agaant en la sentant se contracter malgr elle sur sa queue.

    Puis il se planta au fond delle dans un dernier coup de rein hargneux et nen dlogeant plus avant de stre entirement dvers. Son rle rauque vibrait encore dans le ventre de Nathalie aprs quil se fut retir.

    La...largent est sur la chemine... fut tout ce quelle trouva dire dune voix casse, au bout dun long moment pass retrouver son souffle, tandis que le jeune homme reboutonnait son jean.

    Il renifla, se plaqua les cheveux en arrire de ses deux mains et sortit de la pice.

    Il a boucl sa ceinture ce coup-ci, pensa-t-elle en entendant le cliquetis caractristique rsonner dans le couloir. Elle en prouva un absurde sentiment de fiert et tomba genou, son front pos contre lmail frais du lavabo. Les yeux ferms, elle repensait ce quelle venait de faire, de vivre, coutant la porte dentre souvrir et se fermer. Ctait la premire fois quelle... se faisait baiser... par un homme dune telle diffrence dge... plus jeune.

    La premire fois quelle en avait eue autant envie. Non. Besoin.

    La premire fois quelle trompait son mari, mais ce dernier point lui sembla drisoire sur le coup.

    Elle entendit goutter sur le carrelage entre ses cuisses. Elle passa sa main et constata que Mokhtar avait laiss le prservatif fich en elle. De dehors parvint le bruit de la moto du jeune homme sengageant sur lalle de gravillons et disparatre dans la rue.

    Les cinquante euros avaient un drle de got, maintenant. Ctait elle, Nathalie Desmarche, la femme marie un avocat plus quais. Elle, la bourgeoise qui engageait un jeune homme de dix-

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    neuf ans pour entretenir le jardin de leur proprit. Ctait elle qui achetait les services de Mokhtar, et tait ainsi normalement en position de supriorit. Cette fois-ci la transaction avait un aspect ambigu.

    Elle sentait que ctait elle, la putain.

    Nathalie passa la soire jouer la comdie, aprs que Gilles lui eut dit pour la troisime fois si elle se sentait bien. Elle ne trouva pas le sommeil, et fini par attendre le ronflement rgulier de son mari pour sortir du lit et boire un verre deau dans la salle de bain. Il ne restait rien de la scne de laprs-midi. Elle avait nettoy le miroir, rang son maquillage et stait lav le visage. Elle avait roul le prservatif dans un kleenex avant de le faire disparatre dans les toilettes, bien que ce soit dconseill.

    Non. Tout ce quil lui restait maintenant tait un grand vide dans le ventre, et une dlicieuse sensation dirritation entre les cuisses. Elle navait plus t prise ainsi aussi fougueusement depuis lcole dart. Un tudiant en photographie qui cherchait une modle de nue. Elle avait pass deux heures chez lui, poser devant un grand drap blanc. Il tait trs mignon, se souvenait-elle, et avait d profiter plus qu son tour des faveurs de ses modles. Cheveux courts brun, yeux sombres, les pectoraux saillant sous son trange chemise sans manche quil portait ce jour-l.

    Habib ? Habib quelque chose, oui. Il lui sommait chaque fois dune voix grave de ne pas bouger tandis quil raidissait ses ttons avec un glaon et lui aspergeait les seins deau teinte bleue. Il lui fit prendre position sur un tabouret, les jambes cartes, et se rendit rapidement compte (avec un demi-sourire) que lhumidit entre les cuisses de son modle ntait d ni aux glaons ni aux pulvrisations. Il lavait faite poser debout, seins contre le sige et dos tourn, avait pris plusieurs clichs. Puis il avait pos son appareil, et elle avait senti la premire claque sur ses fesses.

    Maintenant quelle y pensait, Mokhtar aurait pu tre son jeune frre, tant il faisait penser au physique et lattitude du photographe. Est-ce de l que venait son trouble ? Dun souvenir ancien dont elle navait mme pas eu conscience jusqu maintenant ? Et tandis quelle sasseyait sur le battant des WC et commenait caresser son sexe encore sensible, elle se remmorait ces deux amants intenses, rflchissant ltrange concidence, puis se laissa aller ses fantasmes, alternant scnes et lieux, les mettant en scne lun et lautre.

    Elle tait dans le lit conjugal, ses poignets menotts aux montants. Habib et Mokhtar la besognaient

    tour de rle. Elle essayait de simaginer sur le dos, mais ne parvenait pas se percevoir face eux,

    les yeux dans les yeux. Non, sa place elle tait agenouille devant eux, la joue enfonce dans

    loreiller, cambre lextrme, soumise leur regard qui lui brlait le dos.

    Cest l quest ma place.

    Habib lenculait sauvagement, comme il lavait fait, la fessant, toujours plant en elle. Mokhtar tait

    debout ct du lit. Les deux hommes de se parlaient pas, signoraient presque. Cest elle quils

    regardaient. Durement. Elle les avait dus, elle ne savait pour quelle raison. Mais elle savait quelle

    mritait sa punition. Ils changrent de place, et ctait maintenant Mokhtar qui la prenait sous le

    regard dHabib. Leurs yeux taient de plus en plus sombre... Elle-mme se voyait dans ces yeux si

    honteuse, si mprisable... Et chaque fois quils changeaient de place, ils taient toujours plus

    violents, toujours plus... suprieurs...

    Elle jouit et crut mourir sur place, mordant ses doigts jusquau sang.

    Gilles, son mari, dormait dans la mme position quand elle revint sallonger ct de lui.

    ltage, o Nathalie avait install ses toiles, se trouvait ses vieilles affaires dcole dart. Sy trouvait une large boite contenant la srie de clichs rsultante de la sance de pose avec Habib, et les clichs plus intimes, pris aprs...

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    Demain, quand Gilles sera parti, elle ira les ressortir. Et quand Mokhtar viendra pour la dernire fois en fin de semaine, elle lui montrera.

    Elle se promit de le regarder dans les yeux, pour cette unique fois, q...