Préparation à la Consécration à la Très Sainte ?· Préparation à la Consécration à la très…

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    04-Jun-2018

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  • Prparation la Conscration

    la trs sainte Vierge

    Selon la mthode de saint Louis-Marie Grignion de Montfort

    Par le Pre J.-M. Texier, s.m.m.

  • NIHIL OBSTAT

    Luteti Parisiorum die 15 aprilis 1954

    L. PRIVE, S. M. M

    Sup. Prov.

    Imprimatur Rhedonis,

    die 28& aprilis 1954

    A. Martin,

    v. g.

  • Prparation la Conscration 3

    PREFACE

    EST pour rpondre un dsir souvent exprim qua t compos cet opuscule. Comme prparation la parfaite conscration du Saint Esclavage, saint Louis-Marie de Montfort demande une priode de trente jours,

    pendant lesquels on doit se dbarrasser de l'esprit du monde, se vider de soi-mme, pour tudier Jsus et Marie et prendre leur esprit. Il propose quelques prires vocales rciter et se contente de conseiller dune manire gnrale les lectures quon peut faire pour alimenter sa pit.

    Mais pour beaucoup cette simple indication semblait insuffisante. On souhaitait des considrations spciales pour chaque jour de la prparation. On voulait un guide, qui conduisit lme des brouillards du monde jusqu la lumire du Christ, en passant par le doux chemin de Marie. Le petit livre qui parait remplira-t-il ce rle ? Nous le dsirons. Au moins sera-t-il utile, nous lesprons, aux mes simples qui recherchent avec ardeur Jsus par Marie.

    Comme il est divis en trente jours, il peut trs bien servir de lecture pendant le mois de mai. Le trente et unime jour serait consacr au commentaire et la rcitation de la formule de conscration, qui se trouvent en dernier lieu.

    Aux mditations ont t ajouts des traits tirs de la vie de saint Louis-Marie de Montfort. Ils aideront mieux comprendre sa doctrine, quil a, comme on dit, illustre par ses exemples. Au commencement de chaque partie de ce mois marial, comme aussi la fin de la mditation quotidienne, on trouvera indiques quelques lectures faire. Bien entendu, elles ne sont point exiges. Cest une direction quon suivra ou quon ne suivra pas, selon lattrait du moment.

    Limportance, durant ces trente jours, est de vivre dans le recueillement, de prier avec ferveur, et surtout de se tenir tout prs de la trs sainte Vierge. On oublie trop que la Vraie Dvotion Marie est une grce, une grande grce, quon ne peut pas se donner soi-mme, mais quil faut solliciter par la prire, et dont on doit se rendre moins indigne par lhumilit et la contrition : cor contritum et humiliatum non despicies. Mais en priant comme il faut, ayons confiance de lobtenir.

    Jsus s'est engag par serment exaucer nos oraisons faites en son nom, et il est si heureux de nous donner la grce d'aimer sa Mre ! Il veut, nous dit le saint Louis-Marie de Montfort, que Marie soit prsent plus connue, plus aime, plus honore, qu'elle ne l'a jamais t. (Vraie Dvotion. n 55.) Soyons donc assurs que Jsus nous regardera arec une tendresse de prdilection, pendant ces jours bnis, et quil s'apprtera combler nos vux et raliser tous nos dsirs. Demandons-lui de rpter en notre faveur la parole qui fit de Jean le fils de Marie : Mulier, ecce filius tuus : Femme, voil votre enfant.

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  • Prparation la Conscration 4

    DOUZE JOURS PRELIMINAIRES

    ENDANT ces douze jours, on s'applique se vider de l'esprit du monde contraire celui de Jsus-Christ . Il faut donc voir et tudier le monde sous son vritable aspect, avec ses vanits, ses folies, ses dangers, afin de le har

    et de s'en sparer. Pour cela l'on rflchira et l'on priera. En plus de la considration approprie

    chacun de ces jours, on pourra lire quelques bons livres, par exemple l'Amour de la Divine Sagesse, de saint Louis-Marie de Montfort, ou la Lettre Circulaire aux Amis de la Croix. Ces deux crits seront d'un grand secours pour dtacher l'me d'un monde trompeur et pour lui faire mpriser la fausse sagesse qu'on y professe.

    En outre, on indiquera la suite de chaque mditation le passage de l'Ecriture Sainte que l'on conseille de lire. Mais, rptons-le, ces lectures sont facultatives ; chacun peut choisir ce qui lui va mieux.

    Saint Louis-Marie de Montfort n'indique pas de prires spciales pour ces douze jours. On pourra prendre celles qu'il donne pour les trois semaines qui suivent : les litanies du Saint-Esprit et l'Ave maris Stella. On les trouvera la fin de cet ouvrage. Il serait bon aussi d'y ajouter le Miserere.

    Il est clair qu'on ne doit point perdre de vue la trs sainte Vierge durant ces douze jours. C'est surtout en la regardant, en voyant le contraste de sa vie avec celle des pcheurs, qu'on comprendra la vanit du monde et de ses faux biens. On apprend vite et facilement l'cole de Marie ! Aucun matre, except lsus, n'est capable de nous former comme elle. Supplions-la donc de faire notre ducation spirituelle et de donner ses leons toute leur efficacit. Demeurons auprs de ce sige de la Divine Sagesse ; soyons dociles ses instructions, et abandonnons-nous entirement sa conduite.

    P

  • Prparation la Conscration 5

    PREMIER JOUR

    I. - Qu'est-ce que le monde ?

    Il y a deux mondes, dit saint Augustin, l'un cr par le Verbe et dans lequel il a paru revtu de notre mortalit, l'autre rgi par le prince des tnbres, et de qui Jsus n'a pas t connu. Et mundus eum non cognovit. (Joan., I.) Le premier ouvrage de Dieu, ne peut tre mauvais. La Gense nous apprend que le Seigneur, considrant les uvres de ses mains, vit qu'elles taient excellentes : et vidit quod essent valde bona. Le deuxime, dont Satan est le matre, ne peut tre bon, car le chef, mchant ds le commencement, doit inspirer sa malice tout ce qu'il domine.

    C'est ce dernier que nous voulons tudier pour le har. Il se compose des hommes qui renoncent au Ciel pour placer ici-bas leur Paradis, qui prfrent aux richesses et aux flicits ternelles les biens et les plaisirs de la terre, et, ddaignant la gloire promise aux serviteurs de Jsus-Christ, n'aspirent qu'aux vains honneurs de la vie prsente. Ainsi pour ces misrables, la fin dernire n'est plus le Crateur, mais la crature. Jouir, s'amuser, se donner le plus de satisfactions possible, voil leur idal et leur programme. Chose triste constater, leur nombre est fort grand. A gauche, dit saint Louis-Marie de Montfort, est le parti du monde ou du dmon, lequel est le plus nombreux, le plus magnifique et le plus brillant, du moins en apparence. Tout le plus beau monde y court ; on y fait presse, quoique les chemins soient larges et plus largis que jamais par la multitude qui y passe comme des torrents ; ils sont jonchs de fleurs, bords de plaisirs et de jeux, couverts d'or et d'argent. (Lettre aux Amis de la Croix).

    En somme, le monde nous apparat comme le parti de Satan, comme l'arme du mal. Il est donc essentiellement mauvais. Aussi ne soyons pas surpris que Jsus l'ait maudit. C'est l'ennemi de sa doctrine et de ses commandements ; il entrave partout son influence, et, par ses brillantes sductions, il travaille perdre

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    les mes pour lesquelles le Fils de Dieu s'est livr au supplice de la croix.

    Nous comprenons que nous, chrtiens, nous ne pouvons l'aimer. L'amiti de ce monde est ennemie de Dieu. Quiconque voudra donc tre l'ami de ce sicle se constitue l'ennemi de Dieu. (Jac., IV, 4.) Nous devons, comme Jsus lui-mme, le dtester et lui dire anathme. Le baptme a mis entre nous et lui un mur de sparation. Le Sauveur nous dit ce qu'il disait ses aptres : Vous n'tes pas de ce monde ; et cette parole, l'Eglise se plat nous la rpter dans ses mystres. La premire obligation qu'elle imposait aux paens qui voulaient se convertir au christianisme, tait celle de renoncer au monde et ses maximes. Sur ce point, sa rgle est et demeure invariable : Pour appartenir au Christ, il faut se sparer de Satan et du monde. Nul ne peut servir en mme temps le matre du bien et le matre du mal.

    Ainsi tout chrtien doit dclarer la guerre au monde ; les armes la main, il doit se disposer entrer en lutte ouverte avec cet ennemi irrconciliable. Point de paix possible. N'aimez pas le monde, ni les choses du monde, dit saint Jean. Si quelqu'un aime le monde, il n'a pas en lui la charit du Pre. Car tout ce qui est dans le monde est concupiscence de la chair, concupiscence des yeux et orgueil de la vie. (I Joan., II, 15.)

    Separamini, popule meus. Sparez-vous, mon peuple choisi, chers amis de la croix de mon Fils (ainsi saint Louis-Marie de Montfort commente une parole de Dieu), sparez-vous des mondains, maudits de ma Majest, excommunis de mon Fils et condamns de son Saint-Esprit. Prenez garde de vous asseoir dans leur chaire tout empeste, n'allez point dans leurs conseils, et ne vous arrtez pas mme dans leur chemin. Fuyez du milieu de la grande et infme Babylone, n'coutez que la voix et ne suivez que les traces de mon Fils bien-aim que je vous ai donn pour tre votre voie, votre vrit et votre vie. Ipsum audite. Ecoutez cet aimable Jsus qui vous crie charg de sa croix : Venite post me, venez aprs moi, celui qui me suit ne marche pas dans les tnbres. Confidite, ego vici mundum : confiance, j'ai vaincu le monde. (Lettre aux Amis de la Croix, 6, 7.)

    Si donc je veux simplement rester chrtien, disciple du Christ, je dois renoncer de tout mon cur au monde et ses maximes corrompues. Mais si je veux perfectionner la grce de mon baptme, si je veux grandir dans toutes les vertus d'un enfant de Dieu, la rpudiation doit tre plus tranche, la rupture plus nergique. Or j'ai rsolu d'tre plus fidle que par le pass aux promesses et obligations de mon baptme, j'ai rsolu de suivre de plus prs Jsus, mon Docteur et mon Roi.

    Je veux commencer une vie nouvelle, une vie en rapport avec ma haute dignit de disciple de Jsus et la noble destine qu'il me rserve. Je veux vraiment tre chrtien dans mes penses, dans mes paroles et dans mes actes.

    Ce beau projet, je le mets dans le cur de Marie. C'est par la protection et le secours de cette Reine toute-puissante que j'espre le raliser. Afin d'tre fidle en tout mon Dieu, je me suis propos de me consacrer Marie en qualit d'esclave. Je dpendrai d'elle en toutes choses, et je ferai profession de nagir que par elle et pour elle. Or je ne puis l'oublier, Marie est l'ennemie du dmon et du monde, car c'est tout un. Il y a entre elle et cet adversaire une haine voulue et cre par Dieu, et entretenue par le souffle de l'Esprit-Saint. Si donc je veux rellement appartenir la divine Mre, je dois de toutes mes forces renoncer son antagoniste.

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    O Vierge, je le fais de bon cur. Ds maintenant, au commencement de ces

    pieux exercices, je dteste le monde et ses vanits, je le rprouve et je proclame que je n'ai plus rien de commun avec lui. Eclairez-moi de votre vive lumire, pour me faire comprendre combien il est hideux et digne de rprobation. Inspirez-moi pour lui la plus vive horreur, ou plutt, Vierge trs pure, prtez-moi votre cur pour le mpriser et le har. Je me mets votre cole et sous votre tutelle. Guidez mes pas dans la voie immacule, o je veux marcher ; montrez-moi les piges de l'ennemi, dtruisez les mirages trompeurs du monde, dissipez ses illusions. Je m'attache vous et par vous Jsus, afin d'accomplir parfaitement la volont de Dieu, et raliser ses desseins sur mon me.

    Horreur de saint Louis-Marie de Montfort pour le monde

    De bonne heure, saint Louis-Marie de Montfort sentit une vive horreur pour

    le monde et ses vanits. Cest qu'il avait pris au srieux les engagements de son baptme. Esclave de Jsus, il savait qu'il n'avait rien de commun avec Satan et avec ses maximes. Ds son enfance, il ne vivait que pour Dieu. La belle devise. Dieu seul, qu'il adopta plus tard, fut toujours la rgle de sa conduite. Aussi on ne le vit jamais se mler, durant les jours de sa jeunesse, ces tudiants foltres, qui perdaient leur temps dans les plaisirs. Il ne pouvait pas mme supporter la vue des mascarades. Un soir de mardi gras, un camarade de collge invita Louis souper. Vers la fin du repas, un jeune homme masqu pntra dans la salle ; et sans doute se livra-t-il quelques bouffonneries de circonstance. Le jeune Grignion ne put supporter pareille scne : il se leva de table, et se retira, crit Grandet, pour pleurer sur un spectacle si scandaleux. (LE CROM, p. 22.)

    Dans des cas pareils, comme dans toutes les diffilcults de sa vie, cest auprs de Marie, sa bonne Mre, quil allait chercher consolation et secours. Sil a tant ha le monde et renonc son esprit, cest quil fut llve assidu et docile de la Vierge immacule, dont la mission est dcraser la tte du serpent infernal et de ruiner son empire.

    Notre saint eut la grce inapprciable d'tre mis en garde contre le monde par ceux que Marie chargea de faire son ducation. Outre sa mre de la terre, qui seffora de le dtourner de tout mal pour lattacher Dieu, il eut le bonheur de rencontrer sur sa route de saints prtres, qui, autant par leurs exemples que par leurs paroles, contriburent le maintenir dans la bonne voie. Citons entre autres M. labb Bellier, de Rennes, ami des coliers, dont il employait les loisirs soulager les pauvres. Les Pres Jsuites, ses matres, exercrent sur lui une heureuse influence.

    Il est surtout question du Pre Gilbert, homme d'une minente pit. Ses lves en gnral taient loin de rpondre aux efforts de son zle. Une classe est en petit limage du monde. On y trouve souvent lesprit mauvais en lutte ouverte avec l'esprit de Dieu La classe du Pre Gilbert, sous ce rapport, offrait un objet intressant dtudes lesprit de notre saint. Dun ct, il y voyait un professeur, champion de la bonne cause, dfenseur des droits de Jsus-Christ. Il aimait, dit M. Blain, compagnon de saint Louis-Marie de Montfort, sanctifier ses lves plus encore qu les instruire dans la rhtorique ; il n'omettait aucune occasion de

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    leur parler de Dieu et de leur faire sentir la ncessit de le servir et de l'aimer. Il tait attentif sanctifier les tudes les plus profanes par des rflexions pleines de pit. Nul jour o le saint rgent ne prsentt des exemples de vertu ses lves.

    Mais, hlas ! lapostolat du Pre Gilbert navait pas des effets heureux sur la gent colire. Beaucoup d'lves n'taient que des libertins, plus disposs s'amuser et faire le mal qu' s'instruire et sdifier. Ils sappliquaient faire souffrir leur matre, laccablaient dinjures, et studiaient inventer tout ce qui serait de nature le blesser et l'humilier. Ils voulaient venir bout de cette douceur qui semblait les dfier, mais ils ny purent russir. Le Pre Gilbert paraissait devenir plus humble et plus patient mesure quon l'insultait davantage.

    Saint Louis-Marie de Montfort ne se mit jamais du ct des mchants. Il aima et admira son saint professeur et apprit de lui travailler pour Dieu, sans attendre ici-bas un salaire du ct des hommes. Il vcut spar du monde pendant les annes de sa jeunesse, comme pendant tout le reste de sa vie. Sans doute, il fall...

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