Productions animales Caractrisation des lisiers de porcs ? la ralisation des PAEF et des bilans

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    09-Sep-2018

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RSUM - S. Seydoux, D. Ct, M.-O. Gasser. Caractrisationdes lisiers de porcs. Partie I Volumes, teneurs et charges fertili-santes. Agrosolutions 19 (1) : 39-48. En 2001 et en 2002, plusde 135 fosses lisier de porcs ont fait lobjet dun chantillonnagecomposite rigoureux lors de leur vidange, ainsi que de mesures devolume. Les valeurs moyennes des teneurs en lments fertili-sants, de mme que celles des volumes et des charges produitsannuellement par unit de cheptel, ont t tablies pour 54 le-vages spcialiss (43 croissances, 5 maternits et 6 pouponni-res). Dans les levages de type croissance, les entreprises utilisantdes modes dabreuvement plus conomes en eau (trmies-abreuvoirs et bols conomiseurs), consommant moins deau delavage et dont les fosses taient couvertes produisaient enmoyenne moiti moins de lisier (1,35 vs 2,86 m3 par unit decheptel) que celles o ces quipements et pratiques ntaient pasutiliss. la grande variabilit des volumes, inter catgories etintra catgorie, correspondait une variabilit gnrale et impor-tante des teneurs en MS, N et P2O5, sur base humide. Rapportessur base sche (BS), les teneurs en lments fertilisants variaientmoins et constituent donc des valeurs de comparaison intres-santes pour situer des rsultats danalyse de lisier. La compositionmoyenne (BS) des lisiers de porcs en croissance tait de 107 kgN/t, 61 kg N-NH4/t, 55 kg P2O5/t et 63 kg K2O/t, avec descoefficients de variation (CV) moyens de 20, 26, 14 et 27 %respectivement. Pour les charges en N (toutes catgories) et enP2O5 (croissance principalement), les rsultats obtenus par chan-tillonnage concordaient assez bien avec ceux obtenus partir descalculs du bilan alimentaire. En catgorie croissance, les chargesen N et en P2O5 se situaient respectivement environ 27 et 15 g/kgde gain de poids. Compte tenu des diffrences observes entre leslevages, la valorisation raisonne du lisier par pandage imposela caractrisation des effluents pour chacune des entreprises.Cette caractrisation, qui implique lchantillonnage du lisier etune bonne valuation des volumes produits, devrait en outre trerpte chaque anne.Mots cls : Lisier de porcs, chantillonnage, volumes deffluents, valeur fer-tilisante, charges en lments fertilisants.ABSTRACT - S. Seydoux, D. Ct, M.-O. Gasser. Pig slurrycharacterization. Part I Volume, nutrient contents, total nutrientdischarge. Agrosolutions 19 (1): 39-48. During 2001 and 2002,more than 135 concrete manure storage facilities receiving pigslurry from controlled herds were monitored and the slurry wassampled using multiple subsampling technique at each manureremoval event. Mean nutrient contents and volumes of slurry, aswell as the total amount of nutrients produced per animal unit,were determined from 54 pig rearing facilities (43 growers-finishers,5 farrowings and 6 nurseries). Grower-finisher farms equippedwith more efficient drinking and washing systems and havingcovered manure storage tanks produced half the amount of slurry(1,35 vs 2,86 m3 per animal unit) compared to others. Large varia-bility occurred in volume of slurry, dry matter and N and P2O5 con-tents on a wet basis between and within the three pig categories.When expressed on a dry basis, nutrient contents were moreconsistent for purpose of comparison. For example, mean nutri-ent content (dry basis) for grower-finisher category is as follows:107 kg N/t, 61 kg N-NH4/t, 55 kg P2O5/t and 63 kg K2O/t,with mean variation coefficients of 20, 26, 14 and 27%, respec-tively. Quantities of N (for the 3 pig categories) and P2O5 (particu-larly for grower-finisher pig category) accumulated yearly in thetanks and estimated by the slurry sampling method were well1. Institut de recherche et de dveloppement en agroenvironnement inc. (IRDA), 2 700 rue Einstein, Qubec (Qubec), G1P 3W8, Canada.*Auteur pour la correspondance : tlphone : 1 418 643-7504, tlcopieur : 1 418 644-6855, courriel : sandrine.seydoux@irda.qc.ca .2. Retrait de lIRDA depuis 2007.Caractrisation des lisiers de porcsI. Volumes, teneurs et charges fertilisantes*S. SEYDOUX1, D. CT2 et M.-O. GASSER1Avant-propos Ltablissement des valeurs qubcoises de rfrence en production porcine concernant les volumes de lisier produits et la composition deceux-ci, de mme que llaboration dun protocole simplifi dchantillonnage (en cours) ont pour origine une vaste tude de caractrisa-tion des lisiers porcins dans la rgion Chaudire-Appalaches (Seydoux et al., 2005). Ce premier article (Partie I) en prsente les principauxrsultats relatifs aux volumes, aux teneurs et aux charges en lments fertilisants caractristiques des lisiers porcins chantillonns.Productions animalesAGROSOLUTIONS FVRIER2008 VOL. 19 No1related to those calculated with the feednutrient budget. For grower-finisher pigs,accumulated N and P2O5 in the manurestorages averaged 27 and 15 g/kg of weightgain, respectively. Since variability in slur-ry nutrient content is important betweenmanure storage facilities, on-site characte-rization is highly recommended. Moreover,for accurate characterization on a samesite, slurry sampling for nutrient contentdetermination should be repeated in time.Key words: Pig slurry, sampling method, volumeof slurry accumulated, nutrient contents and totalnutrient discharge.IntroductionEn vertu du rglement sur les exploitationsagricoles (REA, MDDEP, 2005), les pro-ducteurs de porcs, comme les autres le-veurs, sont tenus de faire analyser chaqueanne les effluents dlevage produits parleur entreprise (REA, section IV, art. 28).Ces rsultats danalyses servent laborerleur plan agroenvironnemental de fertilisa-tion (PAEF). Les valeurs de rfrence(volume produit annuellement, teneurs enlments fertilisants) sont utilises dans lecas dune demande de certificat dautorisa-tion ou dun avis de projet, pour une aug-mentation du cheptel ou un nouvel levage.Elles permettent galement aux producteursde situer la composition des effluents deleur entreprise par rapport aux valeursmoyennes rapportes pour la production.Les valeurs de rfrence actuelles en pro-duction porcine, diffuses par le Centre derfrence en agriculture et agroalimentairedu Qubec (CRAAQ, 2007), sont le fruitdune grande campagne dchantillonnagedes lisiers dans la rgion Chaudire-Appalaches, amorce en 2000. Ce projetavait t dvelopp pour rpondre aubesoin des producteurs de disposer devaleurs spcifiques leur exploitation pourla ralisation des PAEF et des bilansphosphore , ainsi que de contribuer laractualisation de valeurs de rfrencejuges dsutes.Ltude de caractrisation (Seydoux et al.,2005), dont les principaux rsultats sontprsents ici, visait dterminer, pour leslisiers provenant exclusivement de porcs encroissance, de truies et porcelets non sevrs(catgorie maternit) ou de porcelets sevrs(catgorie pouponnire), les valeursmoyennes (et leur variabilit) des param-tres suivants : le volume deffluents produitannuellement, les teneurs en matire scheet en lments fertilisants (N, P2O5, K2O,Ca, Mg et oligo-lments), ainsi que lescharges en lments fertilisants gnresannuellement. Un autre objectif consistait comparer les charges annuelles en N et enP2O5 tablies par lchantillonnage du lisierdune part avec celles calcules par lamthode du bilan alimentaire dautre part.Matriel et mthodesMatrielPlus de 135 units exprimentales (UUEE)ont t suivies et chantillonnes en 2001comme en 2002. Ces UE sont constituespar la production annuelle de lisier de porcs(mixte ou non) et sont dites pairables lorsquelles correspondent aux mmes con-ditions dlevage, dans un mme btiment,durant deux annes conscutives. Parmi les185 UE issues dlevages spcialiss (crois-sance surtout, maternit ou pouponnire),80 UE ont pu tre associes une dtermi-nation prcise de cheptel et un bilan ali-mentaire raliss par des nutritionnistesexperts en production porcine. La plupartdes rsultats prsents ici concernent 54 UEdont les donnes sont juges fiables pourtous les paramtres tudis, soit 43 UE encroissance, 5 UE en maternit et 6 UE enpouponnire. Le petit nombre dUE dans cesderniers groupes invite la prudence lors delinterprtation des donnes.Les effluents dlevages porcins spcialisstaient majoritairement entreposs dans desfosses circulaires non couvertes de 1 000 4 000 m3, parfois prcdes dune prfosse.En catgorie croissance, le poids initial (PPii)des porcs tait en moyenne de 26 kg, le gainde poids moyen (GGPPMM) de 80 kg et lindicede conversion alimentaire (IICCAA) de 2,66 kgde moule par kg de gain de poids. Enpouponnire, ces valeurs taient de 5 kg(Pi), 20 kg (GPM) et 1,51 kg/kg (ICA). Enmaternit, le GPM slevait 150 kg etlICA 7,87 kg/kg, en moyenne. Notonsque ces valeurs concernent les truies et leurprogniture avant sevrage. Pour les UE decatgorie croissance associes un bilanalimentaire, les teneurs moyennes en N eten P dans la moule taient respectivementde 2,5 et 0,46%. Ces valeurs taient gales 2,3% (N) et 0,69% (P), en maternit, et 3,1% (N) et 0,67% (P) en pouponnire.Dans toutes les catgories, ces teneursmoyennes variaient peu dun levage lautre (CV infrieurs 10%). Par contre,en catgories croissance et pouponnire, lescarts entre les exploitations taient mar-qus pour lalimentation en cuivre (CV de17 et 14%) et surtout pour celle en zinc(CV de 38 et 42%). Enfin, tous les leveursconcerns (54 UE) ont dclar ajouter de laphytase lalimentation, lexception dedeux (2) en croissance et deux (2) enpouponnire.MthodologieLa caractrisation des effluents dlevagepar chantillonnage (mthode EL) com-prend, outre lchantillonnage du lisier pro-prement dit (pour en analyser la composi-tion), des mesures de volumes de lisier annuelles et saisonnires (lors de lavidange de la fosse).Mesure des volumesLe volume de lisier produit annuellement(VVPPAA) a t calcul avec lquation suivante :VPA = Vf + Vpf + Vd + Vs - VrLes termes de droite de lquation corres-pondent respectivement aux diffrences devolumes de lisier mesurs un an dinter-valle dans la fosse (Vf), dans la prfosse(Vpf) et dans les dalots (Vd), ainsi qula somme des volumes sortis de la fosse(Vs) et celle des volumes reus (Vr),lors dun transfert de lisier ou dajout deaupar exemple. Les volumes de lisier ont ttablis partir des dimensions intrieuresde la structure dentreposage et desmesures de hauteur libre de lisier (distanceentre la surface du lisier et le bordsuprieur de la fosse).Pour simplifier les mesures, les dalots et laprfosse ventuelle ont t vidangs avantchaque mesure annuelle et au dbut de cha-que chantier de vidange. Un chantier correspond la vidange dune fosse qui sedroule sur trois jours ou moins.AGROSOLUTIONS FVRIER 2008 VOL. 19 No140chantillonnageLe lisier a t chantillonn raison de sixchantillons composites forms de cinq pr-lvements raliss intervalles rguliers aucours de la vidange de la fosse. Le lisier at prlev soit directement dans la citernedpandage moins dune minute aprs la findu chargement, soit au robinet dchantil-lonnage spcialement install sur la con-duite de remplissage. Thoriquement,chaque chantillon composite tait ainsireprsentatif dune fraction gale unsixime (1/6) du volume total de lisier sortiannuellement. En pratique, comme lesvolumes des fractions pouvaient tre trsvariables, chacun deux a t soigneu-sement mesur. Cette faon dchantillon-ner, en cours de vidange, intgre la variationtemporelle de la composition du lisier lieaux conditions climatiques (prcipitations /vaporation) et aux apports rpts dedjections plus fraches dans la fosse. Elledonne ainsi un bon estim de la composi-tion moyenne du lisier par fraction, lors deson application au champ, ainsi que desvolumes et des charges rellement pandus.Analyses de laboratoireLes chantillons de lisier, pralablementhomogniss ont t analyss selon lesmthodes en vigueur au Laboratoire dephysique et de chimie inorganique ISO 9001(version 2000) de lIRDA (CPVQ, 1988). Lateneur en matire sche (MS) a t dter-mine par schage des chantillons 105 C pendant au moins 16 h ou jusqulobtention dun poids constant. La teneur encendres a t obtenue par calcination 500 C pendant 4 h. La teneur en azotetotal (N total Kjeldhal) a t tablie sur leschantillons humides par digestion acide(H2SO4 / H2S2O3) et dosage par colorimtrieautomatise. Lazote ammoniacal (N-NH4)des chantillons humides a t extrait dansune solution de KCl 2N puis dos par colo-rimtrie comme pour lazote total. Les l-ments P, K, Ca, Mg, Al, B, Cu, Fe, Mn, Zn etNa ont t doss, partir des cendres dis-soutes en milieu acide (HCl), par spectros-copie dmission au plasma inductioncouple (ICP). Les rsultats danalyse four-nis par le laboratoire taient exprims surbases humide et massique (en mg/kg).Calcul de la teneur moyenne pondreet de la charge fertilisante annuellePour un lment donn, la teneur moyennepondre (TTMMPP) en kg/t est gale la som-me des charges en cet lment, pour chaquefraction chantillonne, divise par la massetotale de lisier chantillonn. Comme ilaurait t contraignant pour les producteursde dterminer la masse exacte de chaquefraction de lisier, la masse volumique dulisier a t suppose gale celle de leau,soit 1,00 kg/l (1 t/m3). Cette approxima-tion, acceptable en gnral, tend sous-estimer lgrement la charge des fractionsdes fonds de fosse, riches en matire scheet par consquent plus denses que leau.Ainsi, pour des lisiers porcins plus de10 % de MS, Poirier (2005) a mesur desmasses volumiques suprieures 1,05 kg/l.La charge fertilisante produite annuellementdun lment X (en kg/an) a simplementt obtenue par le produit de la TMP en X et du volume produit annuellement.Dtermination de linventaire moyenet du gain de poids total du cheptelPour pouvoir comparer les UE entre elles,les charges et les volumes ont t rapports deux paramtres reprsentatifs du chep-tel : linventaire moyen annuel (IIMMAA) et legain de poids total (GGPPTT). LIMA, qui sex-prime en units dinventaire (uuii), est galau nombre de jours-porc cumuls au coursdune anne complte divis par 365 jours.Le GPT concerne tous les animaux : ven-dus, consomms la ferme ou morts durantllevage. Il correspond la somme desGPT tablis pour chaque porc ou lot deporcs partir de la formule suivante : GPT = Nt x GPM, o Nt est le nombrede ttes leves et GPM le gain de poidsmoyen.Dtermination des charges par lamthode du bilan alimentaire (mthodeBA)Cette dtermination des charges, ou des rejets la fosse , repose sur les qua-tions suivantes (FPPQ, 2006) :X (rejet la fosse) =X (excrt sous la queue ) X (perdu)X (excrt) = X (ingr) X (retenu)X (ingr) = Quantit totale de moule xTeneur en X de la mouleX (retenu par les porcs) = Tret x GPTX reprsente la masse en N ou en P, pourlensemble des animaux associs lUE sui-vie pendant un an; X (ingr) correspond la moule donne aux porcs (cela inclutdonc aussi les pertes de moule au sol); Tretest le taux de rtention prenant les valeursdu tableau 1 selon llment et le type dani-mal considr et X (perdu) ne concerne quelazote, qui est sujet des manations ga-zeuses. La perte dazote par volatilisationammoniacale a t estime 33% dans lesbtiments et 10% dans la structure den-treposage, soit une perte combine totaledenviron 40% (Bachand, 2002).Rsultats et discussion Aprs un aperu gnral concernant lavidange des fosses suivies en 2001 et en2002, la discussion des rsultats sarticuleautour de trois types de paramtres : lesvolumes, les teneurs moyennes pondreset les charges.41AGROSOLUTIONS FVRIER 2008 VOL. 19 No1Tableau 1. Taux de rtention en N et en P utiliss pour le calcul du bilan alimentaire. Porcs Truies eet vverrats Truies aavec pporcelets du ssevrage 225 kkg de 225 kkg llabattage gg/kg dde ggain dde ppoids N 15 18 25 23 P 4,0 2,7 5,3 6,0 (Bachand, 2002)Distribution des vidanges de lisierLes donnes des figures 1 3 sont issues delchantillonnage du lisier et des mesuresde volumes deffluents sur 136 sites den-treposage en 2001 et 139 en 2002, la plu-part ayant t suivis deux annes de suite.Toutes catgories confondues, les fossessont en majorit vidanges en trois cinqchantiers au cours de la saison dpandage,mais certaines le sont en sept huit chan-tiers. Les lisiers des catgories croissanceet pouponnire sont principalement reprisen deux chantiers (35 et 50% des fosses dechacune des catgories) (figure 1). Enmaternit, ce sont les vidanges en trois etquatre chantiers qui prvalent. Pour les fos-ses mixtes , cest la vidange en quatrechantiers qui domine (42 % des fosses). Lavidange des fosses en un seul chantier ap-parat quant elle relativement marginalepuisquelle ne concerne que 17% des fos-ses de la catgorie pouponnire et 10% oumoins de celles des autres catgories.Cest au printemps quune bonne moiti dulisier est pandue : en prsemis des cul-tures ou sur des prairies en dbut de crois-sance, pour vider les fosses remplies pen-dant lhiver (figure 2). En 2002, le volumetotal caractris est moins important quen2001, mais la rpartition mensuelle desvolumes vidangs est sensiblement lamme, avec cependant plus de volume enavril et plus en juillet quen juin. Cetterpartition varie selon les conditions clima-tiques qui influencent laccs au champdes pandeurs et le stade de dveloppe-ment des cultures.En proportion, les masses en azote et enphosphore de mme que les volumes reprismensuellement ne sont pas tout fait gauxchaque mois (figure 3). En effet, les teneursen N et en P2O5 des lisiers vidangs varientau cours de la saison. Au printemps, le lisi-er pandu est moins concentr quen sep-tembre, quelque peu moins riche en azoteet encore moins en phosphore. Ainsi en2001, 51% du volume annuel est vidangen mai et contient 49 et 45% de la totalitdu N et du P2O5, alors quen septembre,17 % du volume annuel en contient 17 et19 %. En aot par contre, les proportions(par rapport au total annuel) du volume etdes masses en N et en P2O5 divergent moins.AGROSOLUTIONS FVRIER 2008 VOL. 19 No1420102030405060Cochette(2)Croissance(132)Maternit (41) Pouponnire (12)Mixte(88)Toutes(275)Catgorie 123456 et +N Proportion des fosses vidanges (%)Figure 1. Proportion des fosses vidanges par nombre (N) de chantiers d'pandage et par catgorie de lisier.020406080100120140160180avril mai juin juillet aot sept. oct. avril mai juin juillet aot sept. oct.2001 2002MaternitPouponnireCroissanceMixteVolumes pandus (milliers m3 )Figure 2. Rpartition mensuelle des volumes de lisier pandus par an et par catgorie.051015202530avril mai juin juillet aot sept. oct. avril mai juin juillet aot sept. oct.2001 2002Volume panduN total panduP2O5 panduVolumes ou masses d'lements pandus (%)Figure 3. Rpartition mensuelle du volume et des masses en N et P2O5 pandus en 2001 et 2002 (en proportion des valeurs totales annuelles).Volume produit annuellement (VPA)Le volume produit annuellement VPA (enm3/ui ou en l/kg de gain de poids) variedune catgorie dlevage lautre, passantde 0,76 m3/ui en pouponnire 2,36m3/ui en croissance et 5,34 m3/ui enmaternit. Cependant, ces volumes fluc-tuent de faon importante au sein de chaquecatgorie (entre UE ou producteurs), surtouten croissance et en pouponnire (CV de 36et 47%, tableau 2). Les valeurs moyennesde chaque catgorie prsentes ici sonttoutefois du mme ordre de grandeur quecelles rapportes par Bachand (2002) pourdes entreprises porcines en surplus dans lebassin de la rivire Noire (Montrgie).Le VPA dpend principalement de la quan-tit deau utilise dans le btiment (eaux delavage et dabreuvement), de celle ajouteoccasionnellement la reprise et des con-ditions mtorologiques dans le cas desfosses non couvertes. Pour ces dernires,leffet de dilution des prcipitations ou deconcentration par vaporation dpendraitalors des dimensions de la structure den-treposage et du volume de lisier entrepos.De plus, la quantit deau accumule dansune fosse sans toit lors de la premirevidange de printemps est aussi lie lac-cumulation de neige; une accumulationdailleurs trs alatoire qui dpend notam-ment de la situation de la fosse par rapportau vent dominant. Le tableau 2 indique galement que lesquantits deau de lavage par unit din-ventaire varient beaucoup entre les cat-gories et lintrieur de celles-ci (CV >68%). Ce sont les lisiers des porcelets quisont les plus dilus par les eaux de lavage(35% du VPA), bien plus que les lisiersdes truies allaitantes (13%) ou ceux desporcs en croissance (8%). Les 43 UE de la catgorie croissance sontrparties en 4 sous-catgories (C1, C2, C3,et C4) selon la couverture ou non de la fosseet le mode dabreuvement des porcs(tableau 3 et figure 4). Comme on pouvaitsy attendre, la couverture des fosses demme que lutilisation de trmies-abreuvoirs ou la rduction du volume deseaux de lavage se traduisent par une nettediminution des VPA et, consquemment,par une augmentation des teneurs en MS.Les lisiers les plus concentrs (C1, MS =7,1%) proviennent de structures dentre-posage couvertes associes des btimentsdlevage quips de systmes dabreuve-ment conomes en eau (trmies-abreuvoirsou bols conomiseurs) et o la consomma-tion deau de lavage est restreinte(0,07 m3/ui, soit 5% du VPA). lautreextrme, les lisiers de porcs en croissanceles moins concentrs (C4, MS = 2,7%)sont ceux issus de fosses sans toit et dle-vages sans trmies-abreuvoirs o le produc-teur utilise prs de 0,3 m3 deau /ui pourle lavage (soit 10% du VPA). Ainsi chaqueanne, les levages de type C1 gnrent-ilsmoiti moins deffluents que ceux de typeC4, soit 1,4 m3/ui vs 2,9 m3/ui. Toutes cesobservations soulignent limportance de largie de leau dans les aires dlevage etdans les structures dentreposage. Elles d-montrent galement la ncessit de mesurerannuellement les volumes de lisier produits la ferme pour raliser une gestion raison-ne des effluents dlevage.43AGROSOLUTIONS FVRIER 2008 VOL. 19 No1Tableau 2. Volume de lisier produit annuellement (VPA) et volume deau de lavage (VEL). Lisier pproduit ((VPA) Eau dde llavage ((VEL) MS Catgorie ddlevage (nombre ddUE) m33/ui litre/ kg dde ggain m33/ui % VVPA % Moyenne 2,36 8,32 0,21 8 3,88 cart ttype 0,84 3,08 0,14 5 1,99 Croissance* (43) CV 36 37 68 56 51 Moyenne 5,34 35,50 0,68 13 2,68 cart ttype 0,94 4,59 0,47 10 0,51 Maternit (5) CV 18 13 69 75 19 Moyenne 0,76 5,19 0,30 35 2,32 cart ttype 0,36 2,41 0,31 26 0,75 Pouponnire (6) CV 47 47 104 74 32 * Fosses couvertes et non couvertes0123456780 1 2 3 4 5 6PouponnireCroissanceMaternitC1C4(C3)C2MS (%)VPA (m3/ui)Figure 4. Teneur en MS (%) et volume de lisier produit annuellement (m3/ui) par catgorie (voirtableau 3).Teneurs moyennes pondres (TMP)Les teneurs moyennes pondres sur basehumide (BBHH) des lisiers porcins diffrentselon leur provenance (croissance, mater-nit ou pouponnire) et selon les facteursde dilution discuts plus haut (pour C1, C2,C3, C4); les lisiers les plus concentrs enMS tant aussi les plus riches en lmentsfertilisants (tableau 4). Au sein de chaquecatgorie, ces TMP prsentent galementde fortes variations (CV de 18 44%). Fontexception (avec des CV de 6 9%), lesteneurs en azote (N total et N-NH4) pour lescatgories C2, et maternit, ainsi que lateneur en K2O en maternit (tableau 4).Exprimes sur base sche (BBSS), donc dga-ges de linfluence trs htrogne de la ges-tion de leau, les TMP varient nettementmoins pour N, P2O5, Ca et Mg (CV de 12 26%), au sein de chaque catgorie (tableau5). En effet, comme lillustre le tableau 6,les teneurs (BH) en ces lments sont parti-culirement lies la teneur en matiresche (r 0,91). La variabilit rsiduelleobserve sur base sche dpend pour sa partde nombreux facteurs, dont la compositiondes moules et les performances animales.AGROSOLUTIONS FVRIER 2008 VOL. 19 No144Tableau 4. Teneurs moyennes pondres en matire sche (MS), en matire organique (MO) et en lments fertilisants, sur base humide. MS MO N N-NNH44 P22O55 K22O Ca Mg Catgorie (nombre ddUE) % % dde MMS kkg/t Croissance Moyenne 7,12 72,4 7,28 3,90 4,23 4,71 1,75 0,85 cart ttype 2,31 2,6 1,81 0,98 1,48 1,41 0,48 0,25 C1-Fosses couvertes (5) CV ((%) 32 4 25 25 35 30 27 30 Moyenne 4,94 73,4 4,51 2,50 2,34 2,92 1,11 0,51 cart ttype 1,32 5,3 0,38 0,24 0,57 0,52 0,28 0,14 C2-Fosses non couvertes /avec trmies-abreuvoirs (12) CV ((%) 27 7 8 9 24 18 25 28 Moyenne 3,46 72,2 3,45 1,94 1,82 2,06 0,82 0,41 cart ttype 1,51 4,1 1,01 0,54 0,65 0,88 0,32 0,14 C3-Fosses non couvertes (toutes) (38) CV ((%) 44 6 29 28 36 42 39 35 Moyenne 2,68 71,7 2,86 1,62 1,53 1,57 0,67 0,35 cart ttype 0,93 3,4 0,64 0,32 0,48 0,51 0,23 0,10 C4-Fosses non couvertes /sans trmies-abreuvoirs (25) CV ((%) 35 5 22 20 31 33 34 30 Moyenne 2,68 69,8 2,88 1,84 1,95 1,47 1,09 0,33 cart ttype 0,51 2,7 0,22 0,10 0,56 0,11 0,30 0,08 Maternit (5) CV ((%) 19 4 8 6 29 7 28 25 Moyenne 2,32 61,9 2,60 1,41 1,59 2,12 0,78 0,32 cart ttype 0,75 3,1 0,58 0,30 0,37 0,49 0,21 0,09 Pouponnire (6) CV ((%) 32 5 22 21 23 23 26 28 Tableau 5. Teneurs moyennes pondres en lments fertilisants, sur base sche. N N-NH44 P22055 K22O Ca Mg Catgorie kkg/t Moyenne 107,0 60,9 55,2 63,1 24,4 12,4 cart type 21,7 15,6 7,9 17,2 2,9 2,1 Croissance (43) CV (%) 20 26 14 27 12 17 Moyenne 110,0 70,0 72,0 56,0 41,0 12,0 cart type 16,5 12,6 13,0 8,4 7,2 1,2 Maternit (5) CV (%) 15 18 18 15 18 10 Moyenne 117,0 64,4 71,4 94,4 35,2 14,0 cart type 19,9 16,0 13,6 13,1 9,1 1,8 Pouponnire (6) CV (%) 17 25 19 14 26 13 Attention : les TMP moyennes sur base sche ont t tablies partir des concentrations sur base sche dechaque fraction de lisier chantillonne, selon la formule C(X)BS = [C(X)BH / MS] x 100 (o C(X) BH est la con-centration en lment X en kg/t de lisier humide et MS la matire sche en %. Cette formule n'est pas applicabledirectement entre les valeurs du tableau 5 celles du tableau 4.Tableau 6. Coefficients de corrlation entre le niveau de matire sche (MS) et les teneurs moyennes pondres en lments fertilisants, sur base humide (52 UE, toutes catgories confondues). X N N-org. N-NH4 P2O5 K2O Ca Mg r ((MS; XX) 0,91 0,92 0,86 0,92 0,83 0,91 0,94 Les teneurs (BS) en lments majeurs (N,N-NH4, P2O5, K2O, Ca et Mg) des lisiers ltude sont comparables dans lensemble celles rapportes par Levasseur (2005). Enconsidrant des coefficients defficacit de65% pour N, de 80% pour P2O5 et de 90%pour K2O (CRAAQ, 2003), les lisiers tu-dis ici quivalent des engrais minrauxdont les formulations chimiques seraientapproximativement (en% dlments dispo-nibles, sur base sche) 7-4-6 (croissance),7-6-5 (maternit) ou 8-6-8 (pouponnire).Les rapports N/P2O5 (en lments dis-ponibles) de 1,6 (croissance), 1,2 (mater-nit) et 1,3 (pouponnire) indiquent que cesengrais organiques peuvent tre appliqus,selon un plan azote, sur des sols pauvres enphosphore. En sols riches en P, la fertilisa-tion des cultures avec ces effluents dlevagedoit par contre suivre un plan phosphore,cest--dire que les doses doivent treajustes selon le niveau de saturation dessols en P, en utilisant au besoin un compl-ment de fumure minrale azote.Les valeurs de TMP avec leurs carts ty-pes, sur BH et BS, peuvent constituer desrepres pour le producteur ou son conseil-ler. Cependant, mme pour des groupesdUE mieux cibls (catgories C1 ou C3pour les TMP sur BH, tableau 4), la varia-bilit des teneurs indique clairement quilest prfrable de caractriser les lisiers dechaque site dlevage afin den assurer unegestion agronomique plus rigoureuse.Le tableau 7 prsente titre indicatif lesteneurs (BS) pour dautres lments mineurset oligo-lments, ainsi que les rapports en-tre lments. Sans entrer dans les dtails, ilressort cependant que les lisiers depouponnires sont beaucoup plus riches enAl, B, Cu, Fe et surtout en Zn que les autrestypes de lisier. Ils sont aussi plus riches ences lments que les lisiers de porceletsfranais caractriss par Levasseur (2005).Ces teneurs plus leves en lments aug-mentent les teneurs en cendres dans leslisiers de pouponnires et par diffrencerduisent les teneurs en matire organique(MO). Ainsi, la teneur moyenne en MO(tableau 5) du lisier de pouponnires denotre tude tend tre plus faible que celledes lisiers des catgories croissance etmaternit, et que celle des lisiers franaisqui varient autour de 68% pour les troiscatgories. Il est noter que les fortesteneurs en cuivre et zinc des lisiers deporcs pandus sur les sols peuvent causerleur contamination (Giroux et al., 2005).Charges produites annuellementen matire sche et en lmentsfertilisants et comparaison EL/BALe tableau 8 prsente les valeurs obtenuespar les deux mthodes destimation descharges en N et P2O5 (par ui et par kg degain de poids), soit la mthode base surlchantillonnage du lisier et les mesuresdes volumes (EELL) dune part, et la mthodede calcul du bilan alimentaire (BBAA) dautrepart. Compte tenu du petit nombre dle-vages ne recevant pas de phytase avec lamoule, il nest pas possible dobserver lef-fet attendu de lutilisation de cette enzymesur la diminution des rejets en phosphore(FPPQ, 2006).Comme dans ltude de Bachand (2002), ilapparat que les valeurs moyennes par cat-gorie varient plus selon la mthode EL (fon-de sur des mesures relles) que selon lescalculs du bilan alimentaire (utilisant desconstantes, tels le facteur de perte dazoteou les taux de rtention) (figures 5 et 6). Letableau 9 et les figures 5a et 6a montrentpar ailleurs quil y a, en moyenne,concordance entre les deux mthodes pourlestimation des charges en N (rapport45AGROSOLUTIONS FVRIER 2008 VOL. 19 No1Tableau 7. Teneurs moyennes pondres en MO, Na et en oligo-lments, sur base sche, et principaux rapports entre lments. MO Na Al B Cu Fe Mn Zn Catgorie kg/t g/t C/N C/ Norg N-NNH44/ N N-NNH44/ P22O55 K/ Ca+Mg Moyenne 723 18,4 649 78 800 1 9997 512 1 4438 3,60 8,1 0,56 1,11 1,44 cart type 389 6,9 159 25 241 535 106 514 0,95 1,8 0,04 0,28 0,40 Croissance (43) CV (%) 5 38 25 32 30 27 21 36 27 22 8 25 28 Moyenne 698 18,0 764 52 278 2 1107 475 1 6672 3,20 9,0 0,64 1,01 0,91 cart type 266 3,7 224,3 15 39 935 45 471 0,55 1,4 0,03 0,33 0,23 Maternit (5) CV (%) 4 21 29 29 14 44 10 28 17 16 4 32 25 Moyenne 619 17,1 1 3367 138 1 6662 3 8806 731 13 7791 2,70 6,0 0,55 0,92 1,64 cart type 311 3,7 429 23 342 684 101 6 593 0,54 0,8 0,05 0,22 0,30 Pouponnire (6) CV (%) 5 21 31 17 21 18 14 48 20 13 8 24 18 Tableau 8. Charges moyennes en lments fertilisants produites annuellement, selon les mthodes EL et BA. Charge aannuelle mmoyenne sselon EEL Charge aannuelle mmoyenne selon BBA N P22O55 K22O N P22O55 K22O N P22O55 N P22O55 Catgorie dd'levage kg/ui g/kg dde ggain kg/ui g/kg dde ggain Moyenne 8,07 4,28 4,74 28,2 15,0 16,4 7,57 4,18 26,3 14,6 Croissance (43 UUE) cart ttype 1,32 1,06 1,08 5,03 4,03 3,5 0,79 0,48 2,9 2,0 Moyenne 15,3 10,4 7,81 102 68,4 51,9 14,6 17,5 97,6 118 Maternit (5 UUE) cart ttype 2,2 3,7 1,06 8 17,9 4,1 0,4 0,83 8,2 14 Moyenne 1,82 1,14 1,47 12,5 7,85 10,1 1,85 1,55 12,5 10,5 Pouponnire (6 UUE) cart ttype 0,54 0,41 0,40 3,8 3,04 2,9 0,56 0,29 3,2 1,9 EL/BA proche de 1, avec une majorit desUE situes prs de la droite de pente 1).Cela confirmerait, dans le cas du bilan ali-mentaire de lazote, la justesse de lestima-tion, environ 40%, des pertes dazotedans le btiment et lentreposage pourune bonne part des UE.Pour lestimation des charges en P2O5, lesmthodes ne concordent pas toujours pourles UE de maternit et de pouponnire(EL/BA de 0,60 et 0,74 respectivement)(tableau 9 et figure 5b). Pour les cinq ma-ternits suivies dans son tude, Bachand(2002) observe la mme tendance. Celle-ciserait peut-tre due une sous-estimationdu taux de rtention en P des truies.Toutefois, le faible nombre dUE pour lescatgories maternit et pouponnire ne per-met pas dapprofondir la discussion. En croissance, les deux mthodes EL et BAdonnent des rsultats comparables enmoyenne (EL/BA de 1,05); par contre, lesvaleurs par UE varient beaucoup (CV de30 %) (tableau 9 et figures 5b et 6b).Ainsi, pour certaines UE, la mthode delchantillonnage fournit des charges enP2O5 jusqu deux fois suprieures cellescalcules par bilan alimentaire. Comme si,par chantillonnage (EL), on avait rcuprdu vieux phosphore (P rsiduel produitavant lanne en cours). On pourrait penserque cela arrive lorsque le volume pandu(VEP) ou vidang est suprieur au volumeproduit VPA. Mais la figure 7 suggre que cerapport VEP/VPA nest pas le seul facteur enjeu. Les modalits de reprise, telles la dureet lintensit du brassage ou la position dupied de pompe, ont certainement une influ-ence dans la mise en solution et en suspen-sion ou non du P ventuellement accumulen fond de fosse.Par ailleurs, il se pourrait quune fraction duP qui prcipiterait au fond des fosses sousforme de struvite (phosphate de magn-sium) chappe totalement lchantillon-nage. Dans ce cas, cela pourrait accentuerlcart entre les rejets en phosphore tablispar la mthode EL et ceux calculs (et doncsurestims) par la mthode BA. Cettehypothse va dans le sens des observationsmoyennes pour les catgories maternit etpouponnire (EL/BA 0,7), mais paspour la catgorie croissance.Compte tenu de tous ces facteurs, la chargeen P2O5 dtermine par chantillonnagepeut fluctuer beaucoup dune anne lau-tre. Cest pourquoi dans certains cas, lorsqueles informations ncessaires ltablisse-ment du bilan alimentaire ne sont pas dis-ponibles, il est prfrable de baser le bilan phosphore sur une chargemoyenne correspondant deux ou troisannes dchantillonnage.Les rsultats de cette tude ne permettentpas de trancher en faveur de lune ou lautredes approches (EL ou BA) quant ltablis-sement des charges annuelles en phosphore;chacune a ses avantages et ses limites. En cequi concerne le bilan alimentaire, une tudeAGROSOLUTIONS FVRIER 2008 VOL. 19 No146Tableau 9. Comparaison des charges moyennes annuelles en N et en P2O5 (en g/kg de gain) obtenues selon les mthodes EL et BA. Moyenne EEL/BA ((CV een %%) Charge ((en gg/kg dde ggain) sselon EEL // CCharge ((en gg/kg dde ggain) sselon BBA Catgorie (Nombre ddUE) N-ttotal P22O55 Croissance (43) 1,07 (17) 1,05 (30) Maternit (5) 1,05 (15) 0,60 (40) Pouponnire (6) 1,08 (42) 0,74 (33) 03060901200 30 60 90 12003060901200 30 60 90 120MaternitCroissancePouponnireMaternitCroissancePouponnireN rejet selon le bilan alimentaire (BA)(g/kg de gain)P2O5 rejet selon le bilan alimentaire (BA)(g/kg de gain)N mesur par chantillonnage (EL)(g/kg de gain)P2O5 mesur par chantillonnage (EL)(g/kg de gain)Figure 5. Comparaison des charges annuelles en N (a) et en P2O5 (b) par kg de gain de poids estimes parchantillonnage ou calcules par bilan alimentaire.CroissancePouponnire010203040500 10 20 30 40 5001020300 10 20 30P 2O5 rejet selon le bilan alimentaire (BA)(g/kg de gain)N rejet selon le bilan alimentaire (BA)(g/kg de gain)P2O5 mesur par chantillonnage (EL)(g/kg de gain)N mesur par chantillonnage (EL)(g/kg de gain)CroissancePouponnireFigure 6. Comparaison des charges annuelles en N (a) et en P2O5 (b) par kg de gain de poids estimes parchantillonnage ou calcules par bilan alimentaire pour les catgories croissance et pouponnire.rcente (Pomar et al., 2006) met notam-ment en vidence que le taux de rtentionen phosphore par kg de gain de poids cor-porel nest pas constant et quil augmenteavec la teneur en P assimilable desmoules. Autrement dit, la prdiction du Prejet par la mthode simplifie du bilanalimentaire telle quutilise dans cettetude (avec les taux de rtention en P dutableau 1) pourrait ne pas tre fiable pourtoutes les UE puisque les niveaux de Passimilable (par rapport au P total) sontpeut-tre trs variables. Quelle que soit la mthode retenue, lta-blissement de la charge en P gnreannuellement par lexploitation permet defaire un suivi des efforts de rduction duphosphore la source. Par contre, la dter-mination des charges en lments fertili-sants rellement pandues nest possibleque par lchantillonnage du lisier et lamesure des volumes (mthode EL).Conclusion etrecommandationsLchantillonnage rigoureux du lisier dungrand nombre dlevages porcins dans largion Chaudire-Appalaches et la mesuredes volumes deffluents produits annuelle-ment ont mis en vidence plusieurs l-ments. La plupart des fosses sont vides endeux (2) quatre (4) chantiers entre avrilet octobre, avec un pic de vidange en mai.Le lisier pandu en mai est en moyennemoins concentr en N et en P quau coursdes mois suivants. De plus, le volume delisier produit annuellement par unit dle-vage ou par kg de gain de poids varie nonseulement dune catgorie dlevage lautre, mais aussi entre entreprises pourune mme catgorie. Cela est galementvrai pour le volume deau de lavage utilisdans le btiment. Grce la couverture desfosses et lutilisation de trmies-abreuvoirs, les volumes de lisier grersont nettement plus faibles. La dilutionplus ou moins marque des djections, parles eaux de lavage, les eaux dabreuvementet ventuellement les prcipitations (eau etneige), se traduit par des teneurs moyennespondres sur base humide trs variablesen MS et en lments fertilisants. Cettevariabilit des volumes et des teneursdmontre limportance, pour une gestionraisonne des lisiers, que chaque entrepriseprocde la caractrisation annuelle de sespropres effluents.Quelles aient t tablies par la mthode delchantillonnage du lisier et des mesuresdes volumes ou par calcul du bilan alimen-taire (en tenant compte dune perte totale de40% de N dans le btiment et lentrepo-sage), les valeurs moyennes des chargesannuelles en N sont comparables pour cha-cune des catgories. En croissance, mater-nit et pouponnire, celles-ci avoisinentrespectivement 27, 100 et 13 g/kg de gain.Pour les charges annuelles moyennes enP2O5, les deux mthodes prsentent desrsultats du mme ordre de grandeur encroissance et pouponnire seulement, soitenviron 15 et 9 g/kg de gain.La mthode de lchantillonnage du lisierest la plus fiable pour estimer les chargestotales en N ou P2O5 rellement pandueschaque anne. Par contre, elle ne fournitpas ncessairement une bonne valuationde la charge annuelle produite pour toutesles entreprises. Compte tenu notamment dela variabilit des modalits de reprise dulisier dune anne lautre, une moyennedes charges sur deux ans ou plus cons-tituerait alors une meilleure estimation.RemerciementsCe projet financ par le Fonds dactionqubcois pour le dveloppement durable(FAQDD), le ministre du Dveloppementdurable, de lEnvironnement et des Parcs(MDDEP) et le Centre de dveloppementde lagriculture du Qubec (CDAQ) a tgr par la Fdration de lUPA de laBeauce. Il a t ralis avec succs grce la collaboration de nombreuses personnes.Nous tenons remercier en particulierP. Audesse et son quipe; L. Beaulieu;I. Bourque; D. Champagne; S. Choquette;J.-N. Couture; A. Denault; J. Deprez;M. Drapeau; D. Drouin; L. Dubreuil;C. Labb; L.-A. Larose; S. Lavoie;N. Leblond; N. Leclerc; C. Fecteau; F. Gagnon;N.Gauvin; S. Goyette; P. Gigure; A. Lanctt;R. Leblanc; J. Magnan; I. Masson; H. Moore;L. Perreault; S. Pigeon; S. Pouliot; C. Pomar;S. Proulx; D. Provenal; G. Quenneville;E. Rickli; M. Roy; V. Samson; D. Simard;R. Tahiri et K. Verret.RfrencesbibliographiquesBachand, C., D. Schiettekatte et M. Blanger.2002. Bilan alimentaire dans les levagesporcins. Document indit. 27 p.http://www.bape.gouv.qc.ca/sections/mandats/prod-porcine/documents/Fuli49.pdfCPVQ. 1988. Mthodes danalyse des sols, desfumiers et des tissus vgtaux. AGDEX 533.CRAAQ. 2003. Guide de rfrence en fertilisation (1re dition). Centre de rfrenceen agriculture et agroalimentaire du Qubec,293 p.CRAAQ. 2007. Caractristiques des effluents dlevage. Valeurs rfrences pour les volumes et pour les concentrations dlments fertilisants. Production porc (lisier).7 p.http://pub.craaq.qc.ca/transit/validees/tdm.pdf47AGROSOLUTIONS FVRIER 2008 VOL. 19 No10.00.51.01.52.00.0 0.5 1.0 1.5 2.0VEP / VPACroissanceMaternitPouponnireP 2O5 (EL) / P2O5 (BA)Figure 7. Rapport entre la quantit de P2O5 estimepar chantillonnage (EL) et celle calcule par bilanalimentaire (BA) en fonction du rapport entre levolume de lisier pandu (VEP) et le volume annuelproduit (VPA).FPPQ. 2006. Bilan alimentaire en productionporcine. Guide technique. Fdration desproducteurs de porcs du Qubec, 66 p.http://www.leporcduquebec.qc.ca/fppq/pdf/Bilan_alimentaire.pdfGiroux, M., R. Chass, L. Deschnes et D. Ct.2005. tude sur les teneurs, la distributionet la mobilit du cuivre et du zinc dans unsol fertilis long terme avec des lisiers deporcs. Agrosol. 16 (1) : 23-32.Levasseur, P. 2005. Composition des effluentsporcins et de leurs co-produits detraitement : Quantits produites. Institut technique du porc (ITP), Paris. 68 p.MDDEP. 2005. Rglementation sur les exploitations agricoles (REA). 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