Souvenirs de mes années « collège » et « lycée » Clic pour avancer

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    04-Apr-2015

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<ul><li> Page 1 </li> <li> Souvenirs de mes annes collge et lyce Clic pour avancer </li> <li> Page 2 </li> <li> O temps, suspens ton vol O temps suspens ton vol ! et vous, heures propices, Suspendez votre cours ! Laissez-nous savourer les rapides dlices Des plus beaux de nos jours ! Assez de malheureux ici-bas vous implorent ; Coulez, coulez pour eux ; Prenez avec leurs jours les soins qui les dvorent ; Oubliez les heureux. Mais je demande en vain quelques moments encore, Le temps mchappe et fuit ; Je dis : Sois plus lente ; et laurore Va dissiper la nuit. Aimons donc, aimons donc ! De lheure fugitive Htons-nous, jouissons ! Lhomme na point de port, le temps na point de rive ; Il coule, et nous passons ! Alphonse de Lamartine Demain, ds l'aube... Demain, ds l'aube, l'heure o blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends. J'irai par la fort, j'irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. Je marcherai les yeux fixs sur mes penses, Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, Seul, inconnu, le dos courb, les mains croises, Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit. Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe, Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe Un bouquet de houx vert et de bruyre en fleur. Victor Hugo </li> <li> Page 3 </li> <li> Oh ! combien de marins, combien de capitaines Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, Dans ce morne horizon se sont vanouis ! Combien ont disparu, dure et triste fortune ! Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune, Sous l'aveugle ocan jamais enfouis ! Combien de patrons morts avec leurs quipages ! L'ouragan de leur vie a pris toutes les pages Et d'un souffle il a tout dispers sur les flots ! Nul ne saura leur fin dans l'abme plonge. Chaque vague en passant d'un butin s'est charge L'une a saisi l'esquif, l'autre les matelots ! Nul ne sait votre sort, pauvres ttes perdues ! Vous roulez travers les sombres tendues, Heurtant de vos fronts morts des cueils inconnus. Oh ! que de vieux parents, qui n'avaient plus qu'un rve, Sont morts en attendant tous les jours sur la grve Ceux qui ne sont pas revenus ! On s'entretient de vous parfois dans les veilles. Maint joyeux cercle, assis sur des ancres rouilles, Mle encor quelque temps vos noms d'ombre couverts Aux rires, aux refrains, aux rcits d'aventures, Aux baisers qu'on drobe vos belles futures, Tandis que vous dormez dans les gomons verts ! On demande : - O sont-ils ? sont-ils rois dans quelque le ? Nous ont-ils dlaisss pour un bord plus fertile ? Puis votre souvenir mme est enseveli. Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mmoire. Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire, Sur le sombre ocan jette le sombre oubli. Bientt des yeux de tous votre ombre est disparue. L'un n'a-t-il pas sa barque et l'autre sa charrue ? Seules, durant ces nuits o l'orage est vainqueur, Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre, Parlent encor de vous en remuant la cendre De leur foyer et de leur cur ! Victor Hugo Oceano nox </li> <li> Page 4 </li> <li> Le pont Mirabeau Lamour sen va comme cette eau courante Lamour sen va Comme la vie est lente Et comme lEsprance est violente Vienne la nuit sonne lheure Les jours sen vont je demeure Passent les jours et passent les semaines Ni temps pass Ni les amours reviennent Sous le pont Mirabeau coule la Seine Vienne la nuit sonne lheure Les jours sen vont je demeure Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il quil men souvienne La joie venait toujours aprs la peine Vienne la nuit sonne lheure Les jours sen vont je demeure Les mains dans les mains restons face face Tandis que sous Le pont de nos bras passe Des ternels regards londe si lasse Vienne la nuit sonne lheure Les jours sen vont je demeure Guillaume Apollinaire </li> <li> Page 5 </li> <li> Bacharach il y avait une sorcire blonde Qui laissait mourir d'amour tous les hommes la ronde Devant son tribunal l'vque la fit citer D'avance il l'absolvait cause de sa beaut belle Loreley aux yeux pleins de pierreries De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits Ceux qui m'ont regarde vque en ont pri Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie Je flambe dans ces flammes belle Loreley Qu'un autre te condamne tu m'as ensorcel Evque vous riez Priez plutt pour moi la Vierge Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protge Mon amant est parti pour un pays lointain Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien Mon cur me fait si mal il faut bien que je meure Si je me regardais il faudrait que j'en meure Mon cur me fait si mal depuis qu'il n'est plus l Mon cur me fit si mal du jour o il s'en alla L'vque fit venir trois chevaliers avec leurs lances Menez jusqu'au couvent cette femme en dmence Vat-en Lore en folie va Lore aux yeux tremblant Tu seras une nonne vtue de noir et blanc Puis ils s'en allrent sur la route tous les quatre la Loreley les implorait et ses yeux brillaient comme des astres Chevaliers laissez-moi monter sur ce rocher si haut Pour voir une fois encore mon beau chteau Pour me mirer une fois encore dans le fleuve Puis jairai au couvent des vierges et des veuves L haut le vent tordait ses cheveux drouls Les chevaliers criaient Loreley Loreley Tout l bas sur le Rhin s'en vient une nacelle Et mon amant s'y tient il m'a vue il m'appelle Mon cur devient si doux c'est mon amant qui vient Elle se penche alors et tombe dans le Rhin Pour avoir vu dans l'eau la belle Loreley Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil Guillaume Apollinaire La Loreley </li> <li> Page 6 </li> <li> Lhomme et la mer Homme libre, toujours tu chriras la mer ! La mer est ton miroir, tu contemples ton me Dans le droulement infini de sa lame, Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer. Tu te plais plonger au sein de ton image ; Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cur Se distrait quelquefois de sa propre rumeur, Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage. Vous tes tous les deux tnbreux et discrets : Homme, nul n'a sond le fond de tes abmes ; O mer, nul ne connat tes richesses intimes, Tant vous tes jaloux de garder vos secrets ! Et cependant voil des sicles innombrables Que vous vous combattez sans piti, ni remords, Tellement vous aimez le carnage et la mort, O lutteurs ternels, frres implacables ! Charles Baudelaire </li> <li> Page 7 </li> <li> La Seine Les pontons s'en vont vers la colline Qui borne l'horizon d'un profit bleuissant. Le fleuve tourne au pied du coteau frmissant De l'Avril qui renait au sein de l'aubpine Dans le rouge reflet du soleil qui descend, Monte, noire, fumeuse et vivante, l'usine. La fume et le ciel se teintent de sanguine ; Une maison se dresse et sourit au passant Comme de ce vallon monte la vie, et comme Loeuvre de la nature et le travail de l'homme S'unissent, dans un ton de rouille vespral ! On devine, parmi la paix et le silence, La chanson des oiseaux qui sortira du val Pour apporter l'amour l'humaine souffrance. Louis Aragon Manet Monet </li> <li> Page 8 </li> <li> Le lac Ainsi toujours pousss vers de nouveaux rivages, Dans la nuit ternelle emporte sans retour, Ne pourrons-nous jamais, sur locan des ges, Jeter lancre un seul jour ? lac ! lanne peine a fini sa carrire, Et prs des flots chris quelle devait revoir, Regarde ! Regarde ! Je viens seul masseoir Sur cette pierre o tu la vis sasseoir. Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes, Ainsi que te brisais sur leurs flancs dchirs, Ainsi le vent jetait lcume de tes ondes Sur ses pieds adors. Un soir, ten souvient-il ? Nous voguions en silence. On nentendait, au loin sur londe et sous les cieux Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence Tes flots harmonieux. lac ! rochers muets, grottes, fort obscure, Vous que le temps pargne, ou quil peut rajeunir, Gardez cette nuit, gardez belle nature Au moins le souvenir. Que le vent qui gmit, le roseau qui soupire, Que les parfums lgers de ton air embaum, Que tout ce quon entend, lon voit ou lon respire Tout dise : ils ont aim ! Alphonse de Lamartine </li> <li> Page 9 </li> <li> Ave Maris Stella Sous les coiffes de lin, toutes croisant leurs bras Vtus de laine rude ou de mince percale, Les femmes genoux sur le roc de la cale, Regardent l' Ocan blanchir l'le de Batz. Les hommes, pres, fils, maris, amants, l-bas Avec ceux de Paimpol, d'Audierne et de Cancale, Vers le Nord sont partis pour la lointaine escale, Que de hardis pcheurs qui ne reviendront pas ! Par dessus la rumeur de la mer et des ctes, Le chant plaintif s'lve, invoquant voix hautes L'Etoile sainte : espoir des marins en pril ; Et l'Anglus, courbant tous ces fronts noirs de hle, Des clochers de Roscoff ceux de Sybiril, S'envole, tinte et meurt dans le ciel rose et ple. Jos Maria de Hrdia </li> <li> Page 10 </li> <li> Les conqurants Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal, Fatigus de porter leurs misres hautaines, De Palos de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres dun rve hroque et brutal. Ils allaient conqurir le fabuleux mtal Que Cipango mrit dans ses mines lointaines, Et les vents alizs inclinaient leurs antennes Aux bords mystrieux du monde occidental. Chaque soir, esprant des lendemains piques, Lazur phosphorescent de la mer des Tropiques Enchantait leur sommeil dun mirage dor ; Ou, penchs lavant des blanches caravelles, Ils regardaient monter en un ciel ignor Du fond de locan des toiles nouvelles. Jos-Maria de Heredia </li> <li> Page 11 </li> <li> Heureux qui, comme Ulysse Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme celui-l qui conquit la toison, Et puis est retourn, plein d'usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son ge ! Quand reverrai-je, hlas, de mon petit village Fumer la chemine, et en quelle saison Reverrai-je le clos de ma pauvre maison, Qui m'est une province, et beaucoup davantage ? Plus me plat le sjour qu'ont bti mes aeux, Que des palais Romains le front audacieux, Plus que le marbre dur me plat l'ardoise fine : Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin, Plus mon petit Lir, que le mont Palatin, Et plus que l'air marin la douceur angevine. Joachim du Bellay </li> <li> Page 12 </li> <li> Il pleut doucement sur la ville. Il pleure dans mon cur Comme il pleut sur la ville ; Quelle est cette langueur Qui pntre mon cur ? bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits ! Pour un cur qui s'ennuie, le chant de la pluie ! Il pleure sans raison Dans ce cur qui s'coeure. Quoi ! nulle trahison ?... Ce deuil est sans raison. C'est bien la pire peine De ne savoir pourquoi Sans amour et sans haine Mon cur a tant de peine ! Paul Verlaine </li> <li> Page 13 </li> <li> Mignonne, allons voir Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avait dclose Sa robe de pourpre au soleil, A point perdu cette vpre Les plis de sa robe pourpre, Et son teint au vtre pareil.. Las ! Voyez comme en peu despace, Mignonne, elle a dessus la place, Las ! Las ! Ses beauts laiss choir ! O vraiment martre Nature, Puisquune telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir ! Donc, si vous croyez, mignonne, Tandis que votre ge fleuronne En sa plus verte nouveaut, Cueillez, cueillez votre jeunesse : Comme cette fleur la vieillesse Fera ternir votre beaut. Pierre de Ronsard </li> <li> Page 14 </li> <li> Ce sicle avait deux ans. Ce sicle avait deux ans ! Rome remplaait Sparte, Dj Napolon perait sous Bonaparte, Et du premier consul, dj, par maint endroit, Le front de l'empereur brisait le masque troit. Alors dans Besanon, vieille ville espagnole, Jet comme la graine au gr de l'air qui vole, Naquit d'un sang breton et lorrain la fois Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix ; Si dbile qu'il fut, ainsi qu'une chimre, Abandonn de tous, except de sa mre, Et que son cou ploy comme un frle roseau Fit faire en mme temps sa bire et son berceau. Cet enfant que la vie effaait de son livre, Et qui n'avait pas mme un lendemain vivre, C'est moi. - Je vous dirai peut-tre quelque jour Quel lait pur, que de soins, que de vux, que d'amour, Prodigus pour ma vie en naissant condamne, M'ont fait deux fois l'enfant de ma mre obstine, Ange qui sur trois fils attachs ses pas pandait son amour et ne mesurait pas ! l'amour d'une mre ! amour que nul n'oublie ! Pain merveilleux qu'un dieu partage et multiplie ! Table toujours servie au paternel foyer ! Chacun en a sa part et tous l'ont tout entier ! [.] Victor Hugo </li> <li> Page 15 </li> </ul>