Structuration Sectorielle Et Contribution Des Pme ... ?· Structuration sectorielle et contribution…

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  • Structuration Sectorielle Et Contribution Des Pme

    Algeriennes Au Commerce Exterieur

    M

    me Sultana DAOUD

    Matre de confrences HDR

    Prsidente de la Cellule de Valorisation des Rsultats de la Recherche

    Universit des sciences et de la technologie -Oran - Algrie

  • Structuration sectorielle et contribution des PME au commerce extrieur ..Sultana DAOUD

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    De nos jours, les PME sont estimes en tant quentreprises aux

    qualits diverses : adaptabilit, flexibilit, crativit. Ce changement,

    montre quen plus du mobile conomique, la socit aspire un

    renouveau des valeurs personnelles1. L'argumentation de la taille rduite

    pour innocenter un comportement non exportateur, dissimule de manire

    errone des cibles et des comportements qui ne sont pas caractristiques

    lexportation. Aussi, largument des conomies dchelle est discutable

    ou du moins ncessite une certaine prudence. Lvolution des changes

    internationaux rvle un nouveau cadre de rfrence des conomies et

    des entreprises. Il se distingue par des activits pour lesquelles la PME

    peut participer activement et dautres activits o les chances de russite

    des PME sont limites.

    Les conditions propres de lAlgrie et de son histoire

    conomique, rvlent que cest une conomie compltement tatise et

    o la grande entreprise publique occupait une place importante dans la

    stratgie de dveloppement. Dans ce contexte politique et conomique, le

    secteur des petites et moyennes entreprises sest constitu en fonction de

    stratgies, de logiques et de conceptions diverses, et mme opposs.

    Nous nous proposons de saisir et rendre compte des effets des

    programmes dinvestissements publics en Algrie sur lvolution des

    PME, particulirement leur structuration sectorielle et leur intgration

    aux changes extrieurs.

    Pour mieux cerner lobjet tudi, nous nous basons sur les

    thories explicatives des PME. Nous cherchons travers les programmes

    dinvestissements publics comprendre comment le gouvernement tente

    dinciter ce type dentreprises se positionner sectoriellement et

    dpasser les frontires du pays.

    1. La problmatique de dveloppement et structuration sectorielle

    des PME

    Au cours de cette priode de transition, la relance de lconomie

    algrienne par la promotion de la PME revt un caractre de plus en plus

    dcisif. Par le pass, ctait une conomie entirement tatise et o la

    grande entreprise publique occupait une place importante dans la

    stratgie de dveloppement, Le secteur de la PME2 constitu

    1 O. TORRES, Les PME un expos pour comprendre, un essai pour rflchir, Dominos

    Flammarion, 1999, p.13 2 Pour des raisons de commodit, nous parlerons de petite et moyenne entreprise (PME)

    pris comme terme gnrique pour lensemble TPE-PME-PMI.]

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    majoritairement dentreprises prives. Il a t longtemps peru de

    manire ngative. Il a t considr douteux, non transparent. Le fort

    pourcentage plus de 96% des recettes des hydrocarbures dans les

    ressources d'exportation est un indicateur rvlateur la fois de

    l'importance des recettes ptrolires dans le financement de l'conomie et

    du faible engagement linternational des entreprises en gnrale (figure

    n1).

    Figure 1Structure des exportations par groupe dutilisation

    Source : Statistiques du commerce extrieur de lAlgrie, Direction Gnrale des

    Douanes, 2010

    Par ailleurs, le Premier Recensement Economique de 2011 publi

    par lOffice National des Statistiques en janvier 2012, rvle que la

    rpartition des entits conomiques par grand secteur dactivit indique

    distinctement la primaut du secteur commercial avec un total de 528 328

    entits soit 55,1% de la totalit des entits. Plus de 84% de lactivit se

    focalise sur le commerce de dtail. Le commerce de gros et celui

    dautomobiles et de motocycles se partagent le reste.

    Le secteur des services occupe le deuxime rang avec 325 442

    entits, soit : le transport 26%, la restauration 18,7%, les autres services

    personnels 15,2%, les tlcommunications (y compris les taxiphones)

    10,2%, les activits juridiques et comptables 5,4%, les activits pour la

    sant humaines (mdecins privs, chirurgiens privs, dentistes, .)

    5,3%.

    Ces statistiques expriment la caractristique de lconomie

    nationale qui senfonce de plus en plus dans le tertiaire, puisque, le

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    Annes

    Structure des exportations par groupes d'utilisation Alimentation

    Enrgie etlubrifiants

    Produits bruts

    Demi-produits

    Biensd'quipementsagricoles

    Biensd'quipementsindustriels

    Biens deconsommation

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    nombre dentits conomiques activant dans le secteur tertiaire est de 853

    770 entits, soit 89,0% de la globalit des entits conomiques.

    En outre, le nombre dentits industrielles recenses est de 97 202

    soit 10,1% de lensemble. Les industries agro-alimentaires 23,4%, la

    fabrication de produits mtalliques 22,7%, lhabillement 10,5%, le bois

    et la fabrication darticles en bois et en lige 2,1%, le textile 1,3%, la

    rparation et linstallation de machines et dquipement 1,6%.

    Par ailleurs, les entits recenses activant dans le secteur de la

    construction atteignent 8 746, soit 0,9% de la totalit des entits

    conomiques.

    Le dbut de la dcennie 2000 a t marqu par les efforts fournis par les

    pouvoirs publics, pour promouvoir les PME et dynamiser les

    exportations hors hydrocarbures. Cette volont est confirme par le

    nouveau rle de lEtat facilitateur et accompagnateur de linitiative

    prive et par les moyens mis en uvre pour atteindre des objectifs

    qualitatifs. Ainsi, un cadre lgislatif et rglementaire propice la relance

    de linvestissement, Ordonnance (2001) est mis en place Il prcise toutes

    les garanties attribues aux investisseurs en mettant en place un dispositif

    dincitation qui change selon la localisation et la nature de

    linvestissement. En effet, pour soutenir le dveloppement des PME,

    plusieurs structures ont t mises en place dont des missions diffrent on

    peut les regrouper comme suit :

    * Des structures ayant pour mission dtablir la stratgie de

    dveloppement de linvestissement, de mettre en uvre la politique

    nationale de dveloppement de la PME et dallger les dmarches

    administratives relatives au lancement des projets dinvestissement

    travers un guichet unique dcentralis au niveau local

    * Des structures en tant que source dinformations ;

    daccompagnement, dencadrement, dappui et dorientation pour les

    entreprises.

    * Des structures pourvoyeuses de fonds de garantie

    * Des structures ayant pour mission lanimation et

    laccompagnement des oprations du commerce extrieur, nous

    distinguons : lOffice algrien de promotion du commerce extrieur

    (PROMEX), la Compagnie algrienne dassurance et de garantie des

    exportations (CAGEX), les Chambres de commerce et de lindustrie et la

    Socit algrienne des foires et des expositions (SAFEX).

    Ces structures dappui aux PME bnficient dun rseau travers

    le territoire national dont lobjectif est de renforcer ce type dentreprises.

    Mais en ralit, leur pluralit et leur dispersion concourent rendre le

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    dispositif public dappui ces entreprises non performantes. Il est

    ncessaire que les mesures politiques sous-jacentes doivent opter pour

    une approche holistique, base sur la vision de la chane de valeur, du

    processus dinternationalisation et viser les PME dans leur individualit,

    de leur offrir un soutien personnalis qui consiste par exemple la

    recherche dune coopration transfrontalire, Commission europenne

    (2003, p.59).

    2. La pertinence des thories dinternationalisation dans un contexte

    de PME

    La globalisation gnre toutes varits de consquences pour

    linternationalisation des firmes, surtout pour les stratgies de croissance

    des PME. Plusieurs approches thoriques se sont dveloppes pour

    analyser le processus dinternationalisation des PME. Nous nous

    intressons aux trois approches thoriques les plus importantes :

    21. Lapproche bhavioriste

    Les bases de la majorit des travaux sur linternationalisation ont

    leurs origines dans la thorie bhavioriste ou comportementale de

    la firme. Lide dacquisition de connaissances et dexprience est au

    centre de cette approche qui prtend que le changement des

    comportements de lindividu ou de la firme dcoule dun cumul

    dexprience.

    Linternationalisation est vue comme un processus progressif,

    caractris par un apprentissage. Il est compos de plusieurs tapes qui

    sont des passages obligatoires pour la firme. En raison dun manque de

    connaissances et de lincertitude relative la dcision

    dinternationalisation, lentreprise augmente sa prsence sur les marchs

    trangers de manire graduelle (Ageron et Huault, 2002). Les travaux

    conus sur les fondements de cette approche peuvent tre rassembls en

    deux modles :

    Le modle dUppsala (U- modle) dvelopp au dbut par

    Johanson et Wiedershein-Paul (1975) puis par Johanson et Vahlne

    (1977) ;

    Le modle Innovation (I- modle) fond surtout par Bilkey et

    Tesat (1977).

    Ces travaux supposent les hypothses suivantes :

    - La pr-condition de limplantation de lentreprise sur le march domestique ;

    - Linternationalisation est le rsultat dun enchanement de dcisions incrmentales ;

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    - Le terme international renvoi un comportement de la socit vis--vis de lactivit ltranger ou laccomplissement rel des

    activits ltranger.

    En se fondant sur lhistoire de quatre entreprises sudoises, le

    modle empirique de Johanson et Wiedershein-Paul (1975), prvoit trois

    tapes conscutives dinternationalisation : aprs ltape pralable du

    dveloppement du march national, la firme dbute par lexportation,

    ensuite la cration dune unit commerciale ltranger et finalement la

    cration dune unit de production.

    Lentreprise commence par se dvelopper sur le march

    domestique. Elle accrot sa prsence sur des marchs rapprochs sur le

    plan gographique et/ou psychologique, pour viter de prendre le risque.

    En voluant vers des stratgies prometteuses, lui permettant le

    dveloppement de ses activits, la firme accumule lexprience, ce qui

    lincitera sengager sur de nouveaux marchs, plus loigns de son

    march domestique. Cest ce processus dapprentissage cumulatif, qui va

    fortifier son engagement sur la scne internationale, en commenant

    premirement, par la mise en place des filiales commerciales, ensuite des

    filiales de production.

    Le modle Innovation (I- modle) dvelopp par Bilkey et Tesat

    (1977) conceptualise la dcision dinternationalisation en tant que

    processus dinnovation pour la firme. Chaque phase du processus

    sinscrit en sparation avec lautre et exprime une innovation quil sagit

    de diriger convenablement (Cavusgil, 1980).

    Cette approche recle des apports et des limites que nous pouvons

    rsumer comme suit :

    LU- modle est intgralement pertinent, hormis la pr-condition

    avance, celle de limplantation sur le march domestique.

    Effectivement, ltape 1 du modle ne concide pas souvent avec la

    ralit des entreprises. Une firme qui dcide de sengager

    linternational nest pas tenue obligatoirement se dvelopper sur le

    march national. Ce qui tmoigne de la faiblesse de cette approche

    envisager des cas des firmes nes globales qui sinternationalisent ds

    leur naissance (Torrs, 2004).

    En outre, lU- modle ne considre pas le scnario de ds-

    internationalisation (Bigler et Nyffeler, 2006), et pourtant de nombreux

    travaux montent quune entreprise peut tre entran se ds-

    internationaliser et par le fait revenir une tape de dveloppement

    antrieure, il sagit de ltape 2, sans tre aprs, capable de rattraper son

    niveau de dveloppement international prcdent.

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    De plus, cest un modle principalement descriptif, qui na pas

    russi expliquer les conditions du passage dun stade du processus

    lautre diffremment, que par un cumul dexpriences. Ce qui ne permet

    pas de concevoir convenablement lchec parce que linternationalisation

    sexprime de fait, en tant quengagement quasi automatique vers une

    tape suprme : la firme multi-nationale (Ageron et Huault, 2002),

    (Pantin, 2006).

    Enfin, Il ne prend pas en considration la dimension

    entrepreneuriale dans le processus dinternationalisation (Etrillard, 2004).

    Il considre lexportation en tant quactivit autonome du portefeuille

    dactivits de lentreprise (Ageron et Huault, 2002).

    Par ailleurs, la stratgie quun tel modle suppose est de nature surtout

    ractive, or lengagement de plusieurs entreprises sur le march

    international (l'absence de ltape 1) admet une attitude plutt proactive.

    22. Lapproche par les ressources

    Tout en sinscrivant dans le raisonnement dun processus par

    tapes, lapproche des ressources essaye de saisir pourquoi une entreprise

    passe dune tape une autre. juste titre, dans son analyse, Penrose

    (1959) dfinit lentreprise comme un ensemble de ressources productives

    et les comptences dont jouisse lquipe dirigeante jouent un rle dcisif

    dans le processus de croissance de la firme. Plus tard, cette analyse sera

    affirme par Hamel et Prahalad (1990). Ces derniers soulignent que les

    comptences cls de la firme, au niveau stratgique comme au niveau

    oprationnel, doivent tre vues comme des ressources critiques . La

    firme peu se garantir un vrai avantage concurrentiel grce la

    mobilisation et la combinaison de pareilles ressources.

    Lapproche par les ressources permet incontestablement de

    dvelopper la rflexion sur le processus dinternationalisation et

    dclairer le passage dune tape de dveloppement une autre :

    l'accroissement ou par contre linaction du processus, et mme le retour

    une tape antrieure. Sa complmentarit lapproche bhavioriste

    est formelle.

    23. Lapproche par les rseaux

    Lapproche des rseaux trouve ses fondements dans lcole

    dUppsala, en raction aux jugements mis envers la thorie des

    tapes , surtout en ce qui concerne la non prise en considration des

    interfrences de la firme avec son environnement. Les lacunes

    apprhendes dans les deux premires approches thoriques, ont permis

    aux auteurs de rflchir cette troisime approche, qui jugeait-on,

    parvenait satisfaire les carences explicatives enregistres auparavant.

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    Cette approche peroit linternationalisation en tant que processus

    de connaissance du march quune firme parvient se procurer par le

    biais des relations quelle noue avec des acteurs inconnus (Khayat,

    2004). En fait, le concept rseau, signifie lensemble des relations

    dchange que la firme peut dvelopper avec dautres agents

    conomiques, et aussi les relations prives de la totalit des acteurs de la

    firme. Ainsi, l...

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