VOLUME II / כרך ב‎ || התפתחותה של יהדות מרוקו בימי משטר החסות הצרפתית / EVOLUTION DU JUDAISME MAROCAIN SOUS LE PROTECTORAT FRANCAIS

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    /EVOLUTION DU JUDAISME MAROCAIN SOUS LE PROTECTORAT FRANCAISAuthor(s): D. DONATH and ' Source: Proceedings of the World Congress of Jewish Studies / / VOLUME II ,, pp. 91-94 " / 1965Published by: World Union of Jewish Studies / Stable URL: http://www.jstor.org/stable/23528213 .Accessed: 14/06/2014 07:24

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  • EVOLUTION DU JUDASME MAROCAIN SOUS LE PROTECTORAT FRANAIS

    D. DONATH

    PARIS

    I En une dizaine d'annes, le judasme d'Afrique du

    Nord, enracin depuis de longs sicles, s'est dispers

    en Isral, en France, au Canada et en Amrique du Sud.

    Il parat non seulement intressant d'examiner les

    conditions de vie de cette communaut juive avant son

    clatement, mais encore d'analyser, du point de vue

    sociologique, le processus de modernisation qu'elle a

    parcouru depuis peine un demi-sicle.

    Avant l'tablissement du Protectorat franais, le

    judasme marocain prsentait toutes les caractristiques

    d'une socit traditionnelle. Sous l'influence de la

    puissance colonisatrice, cette socit a commenc son

    processus de modernisation. Gnralement, toute

    volution s'accompagne d'une srie de crises (break

    down). Les lignes qui suivent sont un essai d'tudier le

    cas de la socit juive traditionnelle du Maroc dans

    son processus de modernisation.

    Le Maroc tait sous Protectorat franais de 1912

    1956. Dans l'ensemble, les Juifs ont accueilli la France

    avec enthousiasme. Ds 1862, date de la fondation de

    la premire cole de l'Alliance Isralite Universelle

    Tetouan, certains d'entre eux avaient pris contact avec

    l'occident et ses valeurs, avec la langue et la civilisation

    franaises. Les coles de l'Alliance, ds avant l'tablis

    sement de la France au Maroc, ont plant les premiers

    jalons d'une volution.

    En 1912, l'Alliance Isralite Universelle dirigeait 14 coles pour garons et filles que frquentaient

    environ 5.500 lves dans les villes les plus importantes

    du Maroc.

    A la fin du XIXe sicle et au dbut du XXe, des

    tmoins assez nombreux, juifs et europens, voyageurs,

    commerants, diplomates, instituteurs de l'Alliance,

    s'accordent pour dcrire l'extrme misre des masses

    juives en mme temps que l'aisance, sinon la richesse de

    quelques familles de grands commerants en

    rapport avec les grands centres du commerce inter

    national, et avec les reprsentants du pouvoir local.

    La socit juive de l'Empire chrifien semble reflter

    Pimage de celui-ci: une oligarchie qui concentre entre

    ses mains la richesse et le pouvoir face une masse de

    pauvres.

    Dans la cit musulmane, le Juif tait le dhimmi: il tait considr comme une minorit tolre, mais

    mprise. Toutefois, la plupart des auteurs s'accordent

    pour affirmer que le sort du Juif dans la cit musulmane

    tait en dfinitive moins pnible que celui du Juif dans la cit chrtienne avant l'mancipation. Sur le plan

    conomique, notamment, le Juif avait un rle tradi

    tionnel jouer dans la cit musulmane. L'un des aspects

    de ce rle au Maroc fut qu'il tait le prcurseur et

    l'intermdiaire dans les relations avec l'Occident.

    Dans les premires annes du Protectorat, les Juifs

    continuaient jouer ce rle. Ils avaient plac leurs

    espoirs dans le Protectorat franais: ils espraient que

    pour eux aussi viendraient les temps o se raliserait

    l'idal de libert, d'galit et de fraternit annonc par

    la Rvolution Franaise.

    II

    Sans aucun doute, la prsence franaise au Maroc a

    permis au judasme marocain d'voluer. Cette volution

    est particulirement sensible dans les domaines suivants:

    a) Scolarisation, b) Evolution des structures professionnelles,

    c) Evolution des modes de vie (habitat, vie fami

    liale).

    a) Scolarisation

    Grce aux subventions substantielles1 du Protec

    torat, l'Alliance Isralite Universelle a cr un impor

    tant rseau d'coles primaires: en 1956, l'anne de

    l'Indpendance du Maroc, 31.563 lves frquentaient

    ses 82 coles implantes non seulement dans les grandes

    villes, mais encore dans les villages les plus reculs de

    l'Atlas ou des confins du Sahara.

    Cependant la scolarisation des masses tait lente:

    selon les premiers rsultats du recensement marocain

    de 1960,43,2 % de la population juive reste analphabte, si l'on ne tient pas compte de la lecture de l'hbreu,

    1. En 1928, l'A.I.U. avait sign une convention avec les

    autorits du Protectorat qui, progressivement avait

    pris en charge 80/^ du budget des coles (cf. A. Chouraqui:

    L'Alliance Isralite Universelle et la renaissance juive

    contemporaine, P.U.F., 1965 p. 335).

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  • 92 D. DONATH

    mais 81,9 / des enfants gs de 10 14 ans sont

    alphabtiss, ainsi que 62,6 / des adultes gs de 20

    29 ans.2 Si l'on compare ces chiffres ceux de la

    population musulmane, on constate la nette avance

    en scolarisation de la population juive. En effet, 86,5 "/,

    de l'ensemble de la population musulmane est anal

    phabte, seulement 29,8 / des enfants gs de 10 14

    ans sont alphabtiss et 11,3 0/ des adultes gs de

    20 29 ans.3 Le meilleur taux d'alphabtisation de la

    population musulmane est proche du plus faible taux

    de scolarisation del population juive: en effet, parmi

    les Juifs gs de plus de 60 ans, 23,7 / taient alpha

    btiss en une langue autre que l'hbreu. Au Maroc, la

    population juive jouit donc d'une avance de scolarisation

    sur la population musulmane d'une, voire de deux

    gnrations.

    La dispersion de la population juive travers tout

    le pays rendait la scolarisation plus difficile. Par ailleurs,

    il s'agissait avant tout d'une scolarisation primaire

    (6 ans) et ventuellement complmentaire (3 ans).

    L'enseignement secondaire qui permettait l'accs

    l'Universit, n'tait pas dispens par l'Alliance. Seul

    un nombre limit d'lves pouvaient s'inscrire dans les

    lyces de la Mission culturelle franaise.

    b) Evolution des structures professionnelles

    Sous l'influence de la colonisation franaise, les

    structures professionnelles du vieux Maroc commencent

    changer. Les Juifs participent largement l'essor

    conomique: une classe moyenne aise nat, largissant

    celle des notables traditionnels. Par ailleurs, les lves

    de l'Alliance, munis de leur certificat d'tudes primaires,

    trouvent des emplois comme employs de bureau.

    Les directeurs des coles de l'Alliance envoyrent

    leurs meilleurs lves continuer leurs tudes l'cole

    normale Paris: la communaut juive n'a pas t prise

    au dpourvu lors de l'Indpendance du Maroc : environ

    70y0 de ses matres taient des Marocains,4 alors que

    l'enseignement musulman devait continuer faire appel,

    dans une trs large mesure, aux enseignants franais

    et d'autres trangers.

    Progressivement, le judasme marocain accde

    l'Universit. Toutefois, sous le Protectorat, l'volution

    reste lente.

    Ds les annes 1920, l'Alliance Isralite Universelle

    fit quelques efforts pour donner aux jeunes une formation

    professionnelle. Cependant, ces essais n'aboutissent

    gure. Ils ne suffisent pas pour donner la masse des

    mtiers au sens occidental du mot.

    Ce n'est qu'aprs la deuxime guerre mondiale que,

    grce un accord conclu avec l'ORT, l'enseignement

    professionnel prend un essor srieux.

    c) Evolution des modes de vie (habitat, vie familiale,

    etc...) La scolarisation et l'essor conomique ont des

    rpercussions dans tous les domaines de la vie: les

    familles les plus aises quittent le mellah pour s'installer

    proximit du quartier europen ou dans le quartier

    europen mme.

    Facilement, le Juif 'volu' quitte, non seulement

    le costume traditionnel, mais encore, cherche imiter

    dans toute sa faon de vivre celle des Europens

    auxquels il cherche s'assimiler. C'est dans la socit

    europenne qu'il veut, dornavant, s'intgrer.

    Avec une rapidit qui a dconcert bien des obser

    vateurs, le Juif marocain essaie d'enjamber en quelques

    dcennies l'cart des sicles.

    De ce trop rapide tableau de l'volution du judasme

    marocain sous le Protectorat franais, on peut dgager

    les lumires et les ombres.

    1) L'volution est loin d'tre rgulire et uniforme.

    Elle varie en fonction de la profondeur de pntration

    de la puissance colonisatrice et de l'attachement aux

    valeurs traditionnelles.

    L'volution est plus sensible, plus gnralise dans

    les villes de la cte. Dans les communauts tradition

    nelles de l'intrieur, telles que Sefrou, Fs, Meknes,

    Marrakech, les contacts ont t plus lents. Quant aux

    villages du Sud Marocain et des montagnes de l'Atlas,

    il ont t peine atteints.

    Cette classification est cependant quelque peu

    schmatique. En effet, l'volution s'accompagne d'im

    portants mouvements de migration intrieure au profit

    notamment de Casablanca. Cependant, d'autres mellahs

    aussi, comme celui de Marrakech ou de Fs, par exemple,

    reoivent d'importants contingents de populations

    venues des mellahs de la montagne ou du Sud.

    Les migrations intrieures sont surtout motives

    par des difficults d'ordre conomique. C'est l'essor

    de Casablanca qui attire le plus grand nombre de

    migrants.

    Ville-champignon ne il y a peine 60 ans, elle compte

    aujourd'hui presque un million d'habitants. Depuis la fin de la deuxime guerre mondiale, la base amricaine

    de Nouaceur, situe proximit, a encore dvelopp

    l'essor conomique de Casablanca, point d'attraction

    des populations rurales du Sud et des villes de l'intrieur.

    2. Royaume du Maroc, Service Central des statistiques, Rsultats prliminaires du recensement de 1960

    Sondage au 1/50, Avril 1963, p. 32.

    3. dn p. 31

    4. cf. A. Chouraqui, op. cit. p. 499.

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  • EVOLUTION DU JUDASME MAROCAIN 93

    Selon le recensement marocain de juin I960, 450/0 de la

    population juive taient concentrs Casablanca.5

    Alors que toutes les autres communauts juives du

    Maroc sont riches d'une longue histoire dont elles ont

    gard l'empreinte, la communaut de Casablanca est

    le rsultat de migrations intrieures rcentes: ces

    migrations ont t la fois occasion de rupture avec le

    milieu traditionnel et de rencontre avec la grande

    ville en plein essor.

    Ce mouvement de migrations internes est un facteur

    important dans l'volution du judasme marocain. Les

    migrations internes ne sont d'ailleurs pas caractristiques

    des Juifs qui ne suivent qu'un mouvement gnral de

    toute la population du Maroc. Toutefois, les migrations

    internes, ainsi que l'immigration vers Isral ont forte

    ment affect la population rurale juive: elle prsentait

    en 1951, l0o/o de l'ensemble de la population juive: en

    1960, 50/; actuellement les villages sont pratiquement

    vids. Dans ses contacts avec la puissance colonisatrice, le

    judasme marocain se cre une certaine image de

    l'Occident laquelle il tend s'assimiler. Cette image de l'Occident est idalise. Elle se prsente comme

    l'idal de technique, de progrs, de confort, de richesse

    et de bien-tre. Dj, dans le contexte mme du Magh

    reb, cette image ne correspondait pas la ralit: il y

    avait aussi parmi les Franais des petits gagne-pains,

    bien que tout travail physique difficile chouait gnrale

    ment l'autochtone. Elle correspondait encore moins

    la ralit telle qu'elle est vcue dans la mtropole

    franaise. Il s'agit, cependant, d'un processus assez

    gnral qu'on peut constater, non seulement en milieu

    juif nord-africain, mais aussi en milieu arabe lorsqu'il

    tend s'occidentaliser: ce qui frappe le plus, c'est ce

    qu'il y a de plus visible dans la civilisation occidentale. La marche vers l'Occident commence par l'adoption de

    certaines modes, de certaines faons de vivre, mais on ne comprend pas toujours les valeurs profondes de

    civilisation qu'ils expriment. C'est ainsi que se cre un

    certain dsquilibre psychologique et social, source

    d'cartlement : par rapport son milieu d'origine, le

    Juif nord-africain se dracine sans tre accept comme

    gal par les milieux europens. Certes, dans bien des

    cas, les Juifs n'taient pas que des pions dans l'chiquier

    de la colonisation, mais des disciples, voire des inter

    locuteurs: cependant, pour le colonisateur, ils con

    tinuaient de faire partie du groupe des autochtones

    colonialiss.6

    Cette tendance s'assimiler l'Occident provoque une certaine rupture non seulement avec le milieu

    traditionnel juif, mais encore avec le monde musulman:

    la symbiose judo-arabe passe par une crise.

    D'autre part, si la prsence franaise au Maroc a

    veill des aspirations nouvelles dans les milieux juifs,

    a cr des besoins nouveaux, les ralisations sont

    restes inacheves: la prsence franaise au Maroc n'a

    dur que 44 ans.

    Enfin, certains problmes se posaient sur le plan

    politique, dans les rapports entre le judasme marocain

    et le Protectorat dont les plus importants sont :

    1 )La rforme des structures de la Communaut.

    L'volution du Judasme aurait justifi l'attribution

    de pouvoirs plus tendus aux comits des communauts.

    Tout d'abord, l'lection des membres aux Comits des

    communauts aurait d tre organise d'une faon plus

    dmocratique.

    Toutefois, la rforme des structures de la communaut

    se heurte non seulement aux lenteurs administratives

    du Protectorat, mais encore certaines insuffisances du

    leadership traditionnel sur lesquelles nous reviendrons.

    2) La juridiction Le problme complexe de la condition juridique du

    Juif marocain a fait l'objet d'une tude bien documente 7

    et d'innombrables discussions et de ptitions de la part

    des intresss.8

    En rsum, il existait sous le Protectorat, trois systmes

    de justice distincts: chrifien, rabbinique, franais. Le Juif marocain avait recours au tribunal rabbinique pour

    tout ce qui concernait son statut personnel (divorce,

    succession, etc...). Mais pour tout ce qui concernait

    le droit commun, il continuait de relever de la justice

    chrifienne, c'est--dire qu'il tait jug selon la loi

    musulmane: ce systme judiciaire non seulement

    dsavantageait les Juifs, mais encore ceux-ci se rendirent

    compte du fait que la justice franaise tait mieux

    organise: ils dsiraient lui tre soumis.

    Ici encore, les espoirs suscits par le Protectorat ont

    dpass les ralisations.

    5. Royaume du Maroc, Service Central des Statistiques

    Nouveaux lments sur la dmographie marocaine Note

    no 2 'La population marocaine isralite' Dmographie

    Aspects quantitatifs, Rabat, 1961, 11.

    6. Les crits d'A. Memmi et notamment La statue de sel

    tmoignent de cette situation (Cora. Paris 1953)

    7. A. Chouraqui: La condition juridique de l'Isralite

    marocain. Presses du livre franais, Paris 1950.

    8. On trouve des chos de ces discussions dans F Avenir

    Illustr, organe du Judasme marocain, 1926

    1937 sf AU II 7 9 1928 p. 3e 1 10 1936

    p. 4 16-11-1928 H 4.5 5-6-1930 p. 2 26.6.1930

    p. 2.

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  • 94 D. DONATH

    3) La naturalisation franaise

    Enfin, ds les annes 1920-1925, les Juifs marocains

    les plus volus engagent une campagne en vue de leur

    naturalisation. Or, en 1880, la France tait parmi les

    signataires de la Convention de Madrid, confirme en

    1906 par le trait d'Algsiras et en 1912 par le trait de

    Protectorat. La convention de Madrid stipulait qu'aucun

    sujet marocain ne pouvait changer de nationalit tant

    qu'il demeurait sur le sol marocain.

    S'il avait acquis une nouvelle nationalit l'tranger

    et s'il revenait au Maroc, il redevenait automatiquement

    marocain. Le principe 'd'allgeance perptuelle' a rendu

    trs rare les naturalisations franaises parmi les Juifs

    marocains: les Juifs de nationalit franaise l'taient

    parce que, gnralement originaires d'Algrie.

    Sous ce problme lgal de la naturalisation, se cache

    un problme psychologique plus grave : aux yeux de la

    partie la plus volue, la plus 'occidentalise' du

    judasme marocain, l'acquisition de la nationalit

    franaise aurait t non seulement la garantie lgale des

    droits accords tout citoyen libre, mais encore, en

    quelque sorte, la marque extrieure qui scellait l'intgra

    tion dans une socit occidentale.

    Ainsi les espoirs ont t veills, mais les rformes

    entrevues n'ont pas t acheves. Par ailleurs, la

    rencontre avec l'Occident a provoqu une certaine

    rupture avec le pass, avec le milieu traditionnel juif

    et musulman.

    Cette rupture a entran une crise du leadership

    traditionnel : celui-ci, form de rabbins et de notables,

    a t dpass par les vnements. Par ailleurs, quelques

    exceptions prs, les jeunes 'volus5 poursuivaient

    plutt leur russite personnelle; ils ne se souciaient

    gure de faire progresser la masse.

    Cette crise du leadership est intimement lie une

    crise des valeurs: le monde traditionnel s'croule, sans

    que les valeurs que reprsente l'Occident soient suffisam

    ment assimiles.

    Cette crise avait pour consquence un certain dra

    cinement social et psychologique de la communaut

    juive au Maroc mme. Pendant de longs sicles le Juif

    maghrbien tait bien lui-mme: Juif en pays musulman.

    Cette condition, il l'avait accepte, sans s'interroger sur

    son identit. Au contact de la civilisation colonisatrice,

    l'quilibre sculaire a t rompu. Dans sa course vers

    l'Occident, le Juif maghrbien, s'il tait loyal envers

    lui-mme, ne pouvait viter de se poser les questions:

    'Qui suis-je?' 'O suis-je?'. Au cas ou le Juif marocain ne se posait pas de questions sur son identit, la socit

    environnante se chargeait bien de les lui faire poser.

    Sous la pression des forces tendant vers la modernisa

    tion, les structures traditionnelles des communauts

    juives du Maroc ont clat. Toutefois, pendant la brve

    dure du Protectorat franais, les ralisations sont

    restes bien en de des espoirs conus, des besoins

    veills. En 1956, lors de l'Indpendance du Maroc, le

    judasme marocain prsente tous les caractres spci

    tiques d'une socit en transition. Dans la dcennie qui

    suit, les crises de la transplantation et de la r-intgration

    s'ajouteront aux crises de la modernisation que nous

    venons d'analyser.

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    Article Contentsp. 91p. 92p. 93p. 94

    Issue Table of ContentsProceedings of the World Congress of Jewish Studies / , , VOLUME II / (" / 1965), pp. -, 1-490, i-x, 1-228 Vingt ans de l'activit de l'Institut Juif d'Histoire Varsovie / 19441964: , , - , . [pp. 3-7]Les aspects conomiques de la politique antijuive des autorits nazies dans le Gouvernement Gnral / - [pp. 9-13]Communal leadership under Nazi rule: authority and responsibility / [pp. 15-19]

    Problems in studying the Hebrew texts of Mendele Mokher Sefarim / [pp. 23-24]Problems concerning the Yiddish texts of Mendele Mokher Sefarim / ( ) [pp. 25-30]

    Folk narrative motifs in the Mishl shualim of Rabbi Berechiah Ha-Nakdan / - [pp. 33-36]The Abraham-Nimrod legend in the poetry of Bbi ben Lotf / [pp. 37-40]

    The petihtot in aggadic midrashim, their origin and function / [pp. 43-47]Two supplements to the collection of liturgical poems by Yannai / [pp. 49-50]Abraham Ibn-Ezra's elegies upon his son Isaac / ' - [pp. 51-52]Research techniques for Hasidic tales / [pp. 53-57]Epistolary elements in the Hebrew novel of the Haskala / [pp. 59-64]Rhymed stories and diverse poems by Y. L. Peretz and G. Y. Lichtenfeld the book and its problems / ' ' ' ' ' ' [pp. 65-67]Tchernichovski's Israeli accentuation / [pp. 69-70]Anglo-American and Hebrew literature: earliest contacts and relationships / : [pp. 71-75]The Hebraic element in contemporary Hebrew poetry / [pp. 77-81]On parallelism in Bialik's 'Poems of wrath' / ' ' ' ' [pp. 83-85]

    On the vocalization of the Babylonian Talmud in the Geonic period / [pp. 89-94]Biblical borrowings in the Mishna / [pp. 95-96]Criteria for determining the states of development of the Babylonian system of vocalization / [pp. 97-99]The problem of dehiq and at mrahiq / [pp. 101-105]Hebrew elements and Hebrew script in mediaeval Judaeo-Arabic / - [pp. 107-108]The study of mediaeval Hebrew as influenced by Arabic achievements and objectives / ( ) [pp. 109-112]The tense and mood system of the Hebrew of Sepher asidim / ' ' [pp. 113-116]The use of attached and independent possessive pronouns in modern Hebrew / [pp. 117-122]Word order and syntactic structure in Hebrew child language / - - [pp. 123-128]Juxtaposition of proper noun and title / [pp. 129-133]Identification of complex Hebrew semantic units / ( , '' ) [pp. 135-143]

    Folklore in Yiddish language and literature / ( 50- . . ) [pp. 147-149]Dr. Israel Zinberg on the beginnings of modern Yiddish literature / " [pp. 151-155]On the Slavic elements in Mendele's literary Yiddish / ( ' ') [pp. 157-159]

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    [pp. 426-426]A new method in lexicography / [pp. 427-432]Mechanical analysis of the vocabulary of the Meilta / [pp. 433-436]An analysis of the grammar and style of Yannai's vocabulary. / [pp. 437-442]

    Comit de Palographie Hbraque / [pp. 445-448]

    The Hebrew University Research Project in the Language Traditions of the Jewish Communities: A report / [pp. 451-452]The traditional pronunciations of Hebrew extant with the Jewish communities of Asia and Africa / [pp. 453-454]The Ashkenazi traditions of Hebrew pronunciation with reference to Yiddish dialectology / [pp. 455-455]

    The Hebrew Bibliography Project / [pp. 459-460]Method of The Hebrew Bibliography Project / [pp. 461-462]

    Index to Rosh's responsa / : " " [pp. 465-468]

    [pp. 469-479]JOINT SESSION OF THE MEDIAEVAL AND MODERN JEWISH HISTORY SECTION AND THE CONTEMPORARY JEWRY SECTION / DIE VERNICHTUNG DER JUDEN IN UNGARN: Vortrag und Quellennachweis [pp. 3-13]

    JOINT SESSION OF THE HEBREW LITERATURE AND JEWISH FOLKLORE AND FOLK LITERATURE SECTIONSHistoria Septem Sapientum 100 / VATICAN HEBREW CODEX 100 AND THE HISTORIA SEPTEM SAPIENTUM (lecture with slides) [pp. 17-20]

    HEBREW LANGUAGE / REFLEXIONS SUR L'ENSEIGNEMENT TRADITIONNEL JUIF AU MAROC: la lecture traditionnelle de l'hbreu chez les Juifs arabophones de Marrakech [pp. 23-27] / THE PREHISTORIC DEVELOPMENT OF THE HEBREW VERBAL SYSTEM [pp. 29-33]

    YIDDISH LANGUAGE AND LITERATURE - / THE INFLUENCE OF GERMANIC DIALECTS ON SOUTHEASTERN YIDDISH [pp. 37-42]

    MEDIAEVAL AND MODERN JEWISH HISTORY ' ' / LA GEOGRAPHIE HISTORIQUE DES JUIFS EN FRANCE MEDIEVALE: POUR UNE NOUVELLE GALLIA JUDAICA [pp. 45-50] " (13401380) / RABENNU NISSIM: BIOGRAPHICAL HIGH LIGHTS [pp. 51-54] '' / LEGISLACION SOBRE JUDIOS EN LAS CORTES DE LOS ANTIGUOS REINOS DE LEON Y CASTILLA [pp. 55-63]' ' / 'OMER HA-IA1 ET LA FAMILLE GABION [pp. 65-67]' ', , 18911893 / DI FRAYE VELT: LONDON, 18913 [pp. 69-72]

    CONTEMPORARY JEWRY / SELF-IMAGE AMONG JEWS IN SWEDEN: THEORETICAL OUTLINE [pp. 75-80] / THE JEWISHNESS OF AMERICAN JEWISH YOUTH [pp. 81-83] 19141962 / JEWISH EDUCATION IN EUROPE ANNOTATED BIBLIOGRAPHY 19141962 [pp. 85-88] / SOME METHODOLOGICAL QUESTIONS IN JEWISH DEMOGRAPHY [pp. 89-90] / EVOLUTION DU JUDAISME MAROCAIN SOUS LE PROTECTORAT FRANCAIS [pp. 91-94]

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    JEWISH FOLKLORE AND FOLK LITERATURE, , / AHASUERUS, THE WANDERING JEW: ORIGIN AND BACKGROUND [pp. 111-114] (777 AT) / THE SWEDISH WANDERINGS OF THE ETERNAL JEW [pp. 115-119]- 480403 / VERSIONS OF 'THE TALE OF THE KIND AND THE UNKIND GIRLS' (AT 480 + 403) IN THE ISRAEL FOLKTALE ARCHIVES [pp. 121-122] / THE INFLUENCE OF THE JEWS ON THE FOLKLORE OF THE NETHERLANDS [pp. 123-126]

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    WORKING SESSIONSWORKING SESSION OF: THE HEBREW UNIVERSITY BIBLE PROJECT / THE HUBP EDITION: An introduction to some problems of editing the Bible [pp. 165-169]

    PALAEOGRAPHIA HEBRAICA / LA PALEOGRAPHIE HEBRAIQUE [pp. 173-174]

    ABSTRACTS OF PAPERS READ IN HEBREW [pp. 177-213]

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