Voyages Italie Norvege

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    18-Nov-2015

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<ul><li><p>Ernest RENAN (1849 1870) </p><p>VOYAGES ITALIE (1849) NORVGE (1870) </p><p>Un document produit en version numrique par Mme Marcelle Bergeron, bnvole Professeure la retraite de lcole Dominique-Racine de Chicoutimi, Qubec </p><p>Courriel: mailto:mabergeron@videotron.ca Page web</p><p> Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales" </p><p>Site web: http://classiques.uqac.ca/ </p><p>Une collection dveloppe en collaboration avec la Bibliothque Paul-mile-Boulet de l'Universit du Qubec Chicoutimi </p><p>Site web: http://bibliotheque.uqac.ca/</p><p>mailto:mabergeron@videotron.cahttp://classiques.uqac.ca/inter/benevoles_equipe/liste_bergeron_marcelle.htmlhttp://classiques.uqac.ca/http://bibliotheque.uqac.ca/</p></li><li><p> Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 2 </p><p> Politique d'utilisation </p><p>de la bibliothque des Classiques Toute reproduction et rediffusion de nos fichiers est interdite, mme avec la mention de leur provenance, sans lautorisation formelle, crite, du fondateur des Classiques des sciences sociales, Jean-Marie Tremblay, sociologue. Les fichiers des Classiques des sciences sociales ne peuvent sans autorisation formelle: - tre hbergs (en fichier ou page web, en totalit ou en partie) sur un serveur autre que celui des Classiques. - servir de base de travail un autre fichier modifi ensuite par tout autre moyen (couleur, police, mise en page, extraits, support, etc...), Les fichiers (.html, .doc, .pdf., .rtf, .jpg, .gif) disponibles sur le site Les Classiques des sciences sociales sont la proprit des Classiques des sciences sociales, un organisme but non lucratif compos exclusivement de bnvoles. Ils sont disponibles pour une utilisation intellectuelle et personnelle et, en aucun cas, commerciale. Toute utilisation des fins commerciales des fichiers sur ce site est strictement interdite et toute rediffusion est galement strictement interdite. L'accs notre travail est libre et gratuit tous les utilisateurs. C'est notre mission. Jean-Marie Tremblay, sociologue Fondateur et Prsident-directeur gnral, LES CLASSIQUES DES SCIENCES SOCIALES. </p></li><li><p> Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 3 </p><p> Un document produit en version numrique par Mme Marcelle Bergeron, bnvole, professeure la retraite de lcole Dominique-Racine de Chicoutimi, Qubec. courriels: marcelle_bergeron@uqac.ca; mabergeron@videotron.ca ERNEST RENAN Voyages, Italie (1849) Norvge (1870). dition originale Paris : ditions Montaigne, 1875, 155 pp. Collection : Les textes rares ou indit. Polices de caractres utiliss : </p><p> Pour le texte : Times New Roman, 12 points. Pour les citations : Times New Roman 10 points. Pour les notes de bas de page : Times New Roman, 10 points. </p><p> dition lectronique ralise avec le traitement de textes Microsoft Word 2008 pour Macintosh. Mise en page sur papier format : LETTRE (US letter), 8.5 x 11) dition complte le 17 fvrier 2011 Chicoutimi, Ville de Saguenay, Qubec. </p><p>mailto:mabergeron@videotron.ca</p></li><li><p> Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 4 </p><p>Ernest RENAN </p><p>dition originale Paris : ditions Montaigne, 1875, 155 pp. Collection : Les textes rares ou indit. </p></li><li><p> Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 5 </p><p>TABLE AVANT-PROPOS</p><p>ITALIE</p><p>NORVGE</p></li><li><p> Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 6 </p><p>[p. 7] </p><p>AVANT-PROPOS </p><p>Retour la table </p><p>Ernest Renan, qui a beaucoup voyag, n'a pas laiss de relation de voyage proprement dite. Il a toujours fait passer dans ses uvres les sensations vives, la connaissance profonde des pays o il a vcu et pens longuement. On sait que la mission de Renan en Italie (1849-1850) nous a donn Patrice et les Lettres d'Italie ; on en voit des traces dans l'Avenir de la Science. </p><p>Les notes recueillies ici sont celles de ce voyage d'Italie qui n'ont pas trouv place dans ces ouvrages. Elles tracent un vif tableau des villes italiennes et de la Rome papale une poque bien loigne de nous. Bien diffrente aussi de la vision moderne apparatra cette manire d'tudier un pays dans ses relations avec le pass, de le [p. 8] comprendre (le mot revient souvent), et dy avoir cependant les plus vifs lans du sentiment religieux. Il semble bien que c'est en Italie que Renan eut l'intuition de la cration religieuse spontane et de la posie qui s'en dgage. Mais, dans ces notes ardentes, il n'apparat nul souci de rapidit ou de confort, aucun de ces dtails matriels qui semblent aujourd'hui un signe de puissance. L'entretien avec soi-mme est tout spirituel. </p><p>Le second voyage en Norvge eut lieu sur le yacht du prince Napolon, cousin de Napolon III. Il fut interrompu par la guerre de 1870. On connat l'amiti de Renan pour le prince Napolon, qu'il dsigne souvent, dans sa Correspondance, comme l'un des premiers esprits du sicle . Ces notes, prises sur un modeste carnet, sont d'un caractre plus bref, plus calme. Ces paysages du septentrion ne comportent plus les riches rflexions que l'Italie provoquait chez Renan, mme au dclin de sa vie. </p><p>Dans sa sobrit, ce court rcit, assombri de pressentiments, dessine d'un trait net les paysages intenses du Nord, et on y retrouvera ce sens des races primitives qui pntre et claire tant d'uvres de Renan. </p><p> [Les numros entre accolades rfrent aux numros de pages de ldition papier, MB] </p></li><li><p> Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 7 </p><p>L'ensemble de ces notes et carnets se trouve [p. 9] la Bibliothque Nationale. La lecture en est parfois difficile, et, pour l'intelligence du texte, les diteurs ont d tablir une sorte de classement, et complter grammaticalement quelques phrases tronques par la notation rapide. Ceci n'est pas une dition critique ; mais ceux qui ont gard le got de la sensibilit et de la haute culture trouveront sans doute dans ces lignes brises une lecture dont le temps n'a pas affaibli l'intrt. </p></li><li><p> Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 8 </p><p>[p. 11] </p><p>VOYAGES ITALIE (1849) NORVGE (1870) </p></li><li><p> Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 9 </p><p>[p. 13] </p><p>ITALIE (1849) </p></li><li><p> Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 10 </p><p>[p. 15] </p><p>LITALIE (1849) </p><p>Retour la table</p><p>Sur le Rhne, en vue de Vienne. Les villes anciennes ont de la physionomie ; les villes modernes pas. Dans une ville, ce qui a de l'intrt, c'est le vieux, la cathdrale, l'glise, le vieux chteau. Le moderne pas. La France uniforme teint les originalits locales. Au moyen ge chaque ville a son rle et son histoire. Vienne, Arles, Avignon, Montpellier. L'histoire de chaque ville finit la centralisation ; ds lors elle devient purement municipale. La France est un vrai phalanstre ; chacun y fait sa besogne pour le tout, cela fonctionne rgulirement, sans origi-[p. 16] nalit. Chacun sa fonction, rien au del. Cela est fcheux, condition d'un plus grand bien. </p><p>* * * </p><p>Avignon. </p><p>Nous autres, hommes du Nord, nous nous animons pour un objet ; les Mridionaux se font un objet pour s'animer. Les gamins se posent sujet de disputes purement arbitraire et fictif, assaut de paroles et de quolibets, on fait cercle l'entour. C'est l'animation, le besoin de passion, de dverser son feu, qui est le but. tonnante animation politique, jeux, chants. Scnes populaires dlicieuses. Je comprends le Midi. Esprit municipal trs fort, esprit par lequel on se contente facilement du petit horizon d'une ville. De la les institutions municipales si anciennes dans le Midi. </p><p>* * * </p><p>[p. 17] Nmes. </p><p>Du haut de la tour Magne. Temple de Diane, une inscription latine en lettres grecques. Arnes. Grandeur effrayante de ce peuple ; ce monument-l, au milieu de ragots provinciaux, en face d'un petit thtre. Carillon de cloches. Cette civilisation romaine dure, place des esclaves, place des courtisanes, du sang. Cloches, glises, les pauvres de Dieu, christianisme, victoire des parties infrieures de l'humanit sur les parties suprieures, dbordement de sensibilit. </p></li><li><p> Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 11 </p><p>Maison carre, temple de Diane, je comprends le culte antique. Au fils d'Auguste, au nom de la jeunesse. Respublica Nemansensium Augusto. Le temple, culte pur de l'idal. difice inutile. Voil tout. Pas d'ide religieuse srieuse. Cette religion n'avait rien pour la conscience, rien pour l'instruire. [p. 18] Pas de foi. Mais le culte pur de l'idal. </p><p>Du haut de la Tour Magne, musique militaire, l-bas., tambours. Depuis combien de sicles la vie va ainsi ! </p><p>L'antiquit n'entendit rien la question du bonheur. Elle y pensa trop, elle se le proposa trop immdiatement. C'est l'ataraxie, dit l'un ; c'est le plaisir, dit l'autre. Le moyen d'tre heureux, cest de ne pas penser l'tre, c'est de s'isoler tellement de soi-mme, c'est de se quitter un tel point, qu'on ne se regarde plus, qu'on s'absorbe dans un grand but, sans retour rflchi. Fili, relinque te et invenies me... ce que l'vangile appelle perdre son me pour la trouver. Celui qui cherche calculer son bonheur, le combiner, l'arranger, ne le trouvera pas. Lors mme que l'obstacle ne viendrait pas du dehors, il viendrait de son cur. Le christianisme seul y a entendu [p. 19] quelque chose. Beati pauperes, beati mites. D'ailleurs, il faut le dire, l'antiquit pouvait plus facilement que nous se rendre heureuse dans une thorie, car l'antiquit n'avait pas notre prodigieuse subtilit psychologique, qui se dvore sans objet. Elle ne connaissait pas le scrupule, fait si remarquable, et qui a des analogies si tendues. </p><p>* * * </p><p>Montpellier. </p><p>M. Christien, agrg de la Facult. M. Dubrueil, visite chez lui. Il me fait bien comprendre un ct de Montpellier vraiment scientifique. Khnholz est l'acolyte de Lordat, vitaliste pur, mthode en l'air et grossirement substantielle. Spiritualisme grossier. Dubrueil, au contraire, est anatomiste. Collection superbe de crnes et d'anatomie compare. [p. 20] Ses lois sur le tronc mdullaire, et sa position relativement la masse du cerveau. Expliquer la position de la tte des Guanches. </p><p>Cette cole de Montpellier a une vraie majest. C'est un centre de dveloppement assez multiple et caractristique du Midi. Pas trop de mesquinerie provinciale. Une tournure assez scientifique et philosophique, littraire mme. Fort religieux et orthodoxe. Il y a eu beaucoup d'hommes instruits. </p><p>Montpellier. Collection de M. Khnholz, bibliothcaire de Montpellier. Une Vnus de Canova. Un manuscrit du Trait de lInfini cre de Malebranche, o ce trait porte le nom de Varignon, et est joint des traits de Varignon, et qui semble trancher la question controverse de l'authenticit de ce trait, dont l'htrodoxie surprenait. Un exemplaire des [p. 21] mdailles de France, la suite duquel (particularit unique ou rare) se trouve une planche de caractres inconnus qui semblent talismaniques. Plusieurs savants auxquels il en a envoy copie en ont aussi jug ainsi. Il y a un monument en caractres cuniformes, avec mlange </p></li><li><p> Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 12 </p><p>d'images symboliques, analogues aux cylindres babyloniens de la collection de la Bibliothque Nationale. </p><p>M. Khnholz est un amateur, pas autre chose, trs capable de bonnes monographies (celle qu'il fait sur les Spinola, propos de celle qui mourut d'amour pour Louis XII), mais de rien au del. Avec cela, grossirement thoriste et fourrant la thorie partout. Sectaire de montpellirisme. </p><p>Fontanel, bouquiniste, beaucoup de vieux livres de mdecine. Il possde [p. 22] les manuscrits d'Amoreux sur l'histoire de la mdecine, etc. Beaucoup d'ouvrages locaux. </p><p>Le philosophe est compris de cinq ou six. Le sicle se convertit. Quand viendra le socialisme, ce sera bien pire encore. Ces bourgeois athes (Thierry), entre le socialisme et le christianisme, se sont faits chrtiens. Quel gouffre que cette question religieuse ! Il est indubitable que la France est catholique, foncirement catholique, que le catholicisme est sa religion. Il est indubitable que le christianisme est scientifiquement inacceptable. Mais le peuple s'en soucie peu et ne le sait pas. Position prendre : prendre la religion de son temps, tout en tant critique vis--vis d'elle. Ce qui n'empcherait pas dans un ouvrage individuel de faire cette critique, mais sans nulle vue [p. 23] de proslytisme. Puis il y a le point de vue plus avanc ; travailler la religion nouvelle. Notre sicle est utilitaire, mme en religion. Et puis, quoi qu'on dise, le sicle ne croit plus une rvlation infaillible, aux dogmes, mais des doctrines utiles, ncessaires, consolantes. </p><p>En province, architectures locales : Caen et environs, types de Caen. Avignon, Tarascon, la petite tour brode, etc. Les modes d'glises, de villages vont par rgions. </p><p>* * * </p><p> bord du Veloce, en mer. </p><p>Ce capitaine, type naf de son espce, exprimait merveille ses ides sur les conversions des sauvages, purement extrieures. Ils se plient un rglement, chantent, battent des pieds en cadence, [p. 24] mais ils ne comprennent rien la dogmatique. Lgers, prennent cela en riant. Les missionnaires anglais les dressent. Auparavant, ils dansaient tous les soirs au clair de lune maintenant, ils ne dansent plus ; ah les vilaines gens ! Ce capitaine exprimait fort navement le cosmopolitisme du marin. Passer d'une mer ou d'un pays un autre n'est pas plus pour lui que pour nous passer d'une rue une autre, connu pour connu. </p><p> bord du Veloce. </p><p>Conversation du missionnaire des Marquises. Je comprends merveille combien il est absurde de traiter ainsi la psychologie : origine des ides, de la morale. L'homme nat avec une telle ide, les choses se passent ainsi, et de ce jour nat la morale, etc. Tout cela est abstrait et hypothtique. Il fau-[p. 25] drait faire la science exprimentalement. Telle race a telle ide, telle race se dveloppe de </p></li><li><p> Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 13 </p><p>telle faon. Les sauvages ne croient pas mal faire en mangeant de la chair humaine. Ce sont les gens les plus doux du monde. Ils ne distinguent pas le bien et le mal moral. Vol et adultre invito marito seul. Le Tapou est leur vraie morale, et le tapou est si compliqu que le missionnaire disait qu'au bout de onze ans il ne le comprenait pas encore. La langue des Marquises est un dialecte du polynsien, langue unique de la Polynsie. </p><p> bord du Veloce, en vue de la Corse. </p><p>Aspect superbe de la Corse, tous les sommets dans les nuages. </p><p>Les marins regrettent qu'il n'y ait plus d'aumniers ni d'exercices religieux bord des vaisseaux. Ils disent que cela rompt la monotonie. Cela est [p. 26] clair. C'est la part de l'idal. J'aime qu'on prche ces gens-l la plus grossire superstition, cela vaut mieux que la vie irrligieuse. Aussi tout ce qui est religieux les touche. </p><p>Il est vrai de parler pour et contre la religion. Contre la religion au point de vue philosophique, pour, au point de vue du peuple, pour qui c'est l'idal. On s'impose d'tre logique, d'avoir un systme carr, mais c'est l le faux, il faut avoir des aperus. </p></li><li><p> Ernest Renan, Voyages, Italie (1849) Norvge (1870) 14 </p><p>[p. 27] </p><p>ROME </p><p>Visite avec le frre Theiner Saint-Jean et Paul. Monastre admirable sur le sommet de la seconde colline du Palatin. Calme et horizon incomparables. Je comprends u...</p></li></ul>