Les transformations du modèle économique suédois

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    13-Apr-2017

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<ul><li><p>Les transformations du modle conomique sudois</p><p>Les performances conomiques et sociales actuelles de la Sude ravivent lintrt des observateurs trangers pour le modle sudois . Dj, au milieu du XXe sicle, la Sude tait larchtype dune socit dmocratique et consensuelle, alliant efficacit conomique, redistribution et protection des individus. Plus rcemment, du milieu des annes 1990 jusqu aujourdhui, elle a suscit lintrt du fait de sa vitalit conomique, de la rsistance de sa base industrielle et de lassainissement de ses comptes publics. On en oublierait presque que le pays a connu une grave crise conomique au dbut des annes 1990 qui la pouss revoir en profondeur lorganisation de son modle social. </p><p>A lheure o la France sinterroge sur les moyens de renouer avec la croissance et de redresser son industrie, il y a beaucoup apprendre des ingrdients du succs sudois. Cette note examine diffrentes facettes de cet cosystme, telles que le dialogue social, linnovation, les politiques de lemploi, la fiscalit qui ont toutes eu des effets directs ou indirects sur sa croissance conomique. Elle met en avant les rformes structurelles qui ont t menes dans les annes 1990 pour assainir les finances publiques tout en conservant un haut niveau de performance conomique, de service public et de protection des citoyens. </p><p>Plus que les rformes elles-mmes, qui ne sont sans doute pas toutes transposables au contexte franais, lexprience sudoise frappe par la capacit des acteurs conomiques et politiques organiser des rformes profondes sans blocage, prpares par un long processus dexpertise et de ngociation dmocratique qui favorise leur appropriation. Son succs nous invite nous demander comment renouveler, en France, la manire de conduire les rformes et dlaborer les choix collectifs. </p><p>Les transformations du modle conomique sudois</p><p>Emilie BourduPrface de Louis Gallois</p><p>www.la-fabrique.fr</p><p>3</p><p>22 </p><p>ISB</p><p>N : </p><p>978-</p><p>2-35</p><p>671-</p><p>048-</p><p>2</p><p>Presses des Mines </p></li><li><p>Un laboratoire dides pour lindustrie Les membres du Conseil dorientation de La Fabrique</p><p>La Fabrique de lindustrie est un laboratoire dides cr pour que la rflexion collective sur les enjeux industriels gagne en ampleur et en qualit.</p><p>Elle est prside par Louis Gallois, ancien prsident de la SNCF et dEADS. Elle a t fonde en octobre 2011 par des associations dindustriels (Union des industries et des mtiers de la mtallurgie, Cercle de lindustrie, Groupe des fdrations industrielles) partageant la conviction quil ny a pas dconomie forte sans industrie forte.</p><p>MissionsLieu de rflexion et de dbat, la Fabrique travaille de faon approfondie et pluridisciplinaire sur les perspectives de lindustrie en France et en Europe, sur lattractivit de ses mtiers, sur les opportunits et les dfis lis la mondialisation.</p><p>La Fabrique organise la confrontation des points de vue et des analyses pour rendre intelligibles des ralits complexes et nuances. Elle collabore avec lensemble des institutions qui peuvent concourir la ralisation de ses missions.</p><p>Centre de ressources, La Fabrique rassemble linformation, cre de nouveaux espaces de dialogue, produit des synthses critiques. Le site web et le forum (www.la-fabrique.fr) permettent de suivre lactualit des dbats sur lindustrie et dy prendre part, dtre inform des rcentes publications et de nos travaux, de discuter le point de vue dexperts et de proposer de nouvelles rflexions.</p><p>Les notes de La FabriqueLes notes de La Fabrique sont des contributions crites aux principaux dbats en cours : emploi et dialogue social, comptitivit, comparaisons internationales Rdiges par des observateurs et des experts, elles sappuient soit sur une analyse collective pralable (typiquement, un groupe de travail), soit sur une exprience individuelle incontestable.</p><p>Dans tous les cas, les membres du Conseil dorientation de La Fabrique sont mobiliss trois tapes : au moment de la dfinition du sujet, au cours dchanges sur les rsultats mergents mi-parcours et lors de la validation finale de la note.</p><p>La Fabrique de lindustrie sest entoure dun Conseil dorientation, garant de la qualit de ses productions et de lquilibre des points de vue exprims. Les membres du Conseil y participent titre personnel et nengagent pas les entreprises ou institutions auxquels ils appartiennent. Leur participation nimplique pas adhsion lensemble des messages, rsultats ou conclusions ports par La Fabrique de lindustrie.</p><p>Gabriel ARTERO, prsident de la Fdration de la mtallurgie CFE-CGCLaurent BATAILLE, PDG de Poclain Hydraulics Industrie SASChristophe BEAUX, PDG de La Monnaie de ParisBernard BELLOC, professeur luniversit de ToulouseEtienne BERNARD, PDG de Bernard ControlsMichel BERRY, dlgu gnral de lcole de Paris du managementChristian BLANCKAERT, prsident de Petit BateauChristophe BONDUELLE, PDG de Bonduelle SAChristel BORIES, ancien prsident excutif de ConstelliumJean-Pierre CLAMADIEU, PDG de Rhodia-SolvayPhilippe CROUZET, prsident du directoire de VallourecJol DECAILLON, vice-prsident de LASAIRECathy DUBOIS, associe de R&amp;D consultantsPhilippe ESCANDE, directeur du supplment co &amp; entreprises du MondeDenis FERRAND, directeur gnral de COE-RexecodeLionel FONTAGNE, professeur au Centre dconomie de la SorbonneLouis GALLOIS, commissaire gnral linvestissement, prsident de la Fabrique de lindustrieAndr GAURON, administrateur de LASAIREDominique GILLIER, secrtaire gnral de la FGMM-CFDTPierre-Nol GIRAUD, professeur dconomie luniversit de Paris-Dauphine et Mines ParisTechAlain GRANGE-CABANE, prsident de la Fdration des entreprises de la beautLaurent GUEZ, directeur dlgu de la rdaction dEnjeux-Les Echos</p><p>Frdric HOMEZ, secrtaire gnral de la Fdration confdre Force ouvrire de la mtallurgieMarc IVALDI, directeur dtudes lEHESSJean-Marc JANCOVICI, associ de Carbone 4Georges JOBARD, prsident de ClextralEric LABAYE, prsident du McKinsey Global InstituteJean-Herv LORENZI, prsident du Cercle des conomistesAriel MENDEZ, directrice du LEST, universit de la MditerranePhilippe MOATI, professeur de sciences conomiques, universit Paris 7Erik ORSENNA, romancier, membre de lAcadmie franaiseSophie PENE, directrice de la recherche de lENSCIJean-Loup PICARD, ancien DG-A de ThalesJean-Franois PILLIARD, dlgu gnral de lUIMMGrgoire POSTEL-VINAY, directeur de la stratgie, DGCIS, ministre du Redressement productifDenis RANDET, dlgu gnral de lANRTChristian SAINT-ETIENNE, professeur dconomie industrielle au CNAMFrdric SAINT-GEOURS, prsident de lUIMMJean-Dominique SENARD, grant-associ commandit de MichelinJean-Claude THOENIG, universit de Paris-DauphineMarcel TORRENTS, PDG de la SDCEMAndr ULMANN, PDG de HRA PharmaPierre VELTZ, PDG de ltablissement public de Paris-SaclayEtienne WASMER, directeur des tudes en conomie lIEP Paris</p><p>Le Conseil dorientation est compos de :</p></li><li><p>Les transformations du modle conomique sudois</p></li><li><p>Emilie Bourdu, Les transformations du modle conomique sudois, Paris, Presses des MINES, 2013.</p><p>ISBN : 978-2-35671-048-2</p><p> Presses des MINES - TRANSVALOR, 2013 60, boulevard Saint-Michel - 75272 Paris Cedex 06 - France presses@mines-paristech.fr www.pressesdesmines.com</p><p> La Fabrique de lindustrie 81, boulevard Saint-Michel -75005 Paris - France info@la-fabrique.fr www.la-fabrique.fr</p><p>Photo de couverture : Delaunay Robert (1885-1941), Rythme. Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Jacqueline Hyde.</p><p>Direction artistique : Franck Blanchet Mise en pages : Sandra Rodrigues</p><p>Dpt lgal 2013 Achev dimprimer en 2013 (Paris) Tous droits de reproduction, de traduction, dadaptation et dexcution rservs pour tous les pays.</p></li><li><p>Les transformations du modle conomique sudoispar Emilie Bourdu</p></li><li><p>Les transformations du modle conomique sudois4</p><p>INTRODUCTION</p><p>VOLET 01</p><p>Sommaire 4 Remerciements 7 Prface 9Rsum 11</p><p>CHAPITRE 1Une croissance conomique retrouve, aprs deux dcennies atones et une grave crise bancaire </p><p>CHAPITRE 2Une culture de linnovation et de linvestissement, facteur de productivit</p><p>CHAPITRE 3La rsilience enviable de lindustrie sudoise </p><p>LE MODLE SUDOIS : DE QUOI PARLE-T-ON ? 17 </p><p>CROISSANCE, INDUSTRIE ET INNOVATION 25</p><p>26</p><p>36</p><p>44</p></li><li><p>Sommaire 5</p><p>VOLET 02</p><p>VOLET 03</p><p>Conclusion 121 Bibliographie 127 Annexe 1. Lanalyse structurelle-rsiduelle 139Annexe 2. Contribution par secteur l'effort de R&amp;D sudois 142</p><p>CHAPITRE 6Des rformes structurelles lorigine dun nouveau modle de croissance conomique </p><p>CHAPITRE 7Une fiscalit favorable aux entreprises </p><p>CHAPITRE 4Le rle dterminant du dialogue social dans la comptitivit </p><p>CHAPITRE 5Une logique dactivation de la politique de lemploi lefficacit reconnue </p><p>CROISSANCE, INDUSTRIE ET INNOVATION 25</p><p>EMPLOI ET COHSION SOCIALE 61</p><p>POLITIQUES MACROCONOMIQUESET GRANDS ARBITRAGES</p><p>87</p><p>62</p><p>89</p><p>72</p><p>110</p></li><li><p>7</p><p>Remerciements</p><p>Cette synthse sur le modle conomique sudois a t tablie par La Fabrique de lindustrie, sous la coordination dEmilie Bourdu, partir des travaux de documenta-tion et danalyse de Mlle Clmence de Castelnau et de MM. Stphane Albernhe, Arthur Briquet et Paul-Andr Migeon. </p><p>Mmes Christel Bories, Jacqueline Hnard, Ariel Mendez, Delphine Rudelli, Ulrike Schuerkens et MM. Gabriel Artero, Pierre Bitard, Olivier Bouba-Olga, Denis Ferrand, Andr Gauron, Dominique Gillier, Benjamin Huteau, Marc Ivaldi, Jean-Yves Larraufie, Jean-Loup Picard, Grgoire Postel-Vinay, Jean-Claude Thoenig, Pierre Veltz et Etienne Wasmer ont bien voulu ragir une version intermdiaire du document. </p><p>Mmes Gita Paterson, prsidente de la Chambre de commerce sudoise et Louise Agerman, directrice gnrale du Cercle sudois, MM. Jonas Wendel, conseiller pour la politique conomique et commerciale et Robert Wentrup, conseiller commercial lAmbassade de Sude, ont accept de nous accorder des entretiens. </p><p>M. Laurent Clavel nous a fait bnficier de son expertise et des documents produits par le Service conomique rgional de Stockholm. Il a fait preuve dune grande disponibilit et ractivit. </p><p>Quils en soient tous chaleureusement remercis.</p></li><li><p>9</p><p>Prface</p><p>Le modle sudois suscite curiosit et envie depuis plusieurs dcennies, pour ses perfor-mances conomiques, la qualit de son service public et son haut niveau de protection sociale. Confronte au dbut des annes 1990 une grave crise, la Sude a su assainir ses finances publiques et rformer ses institutions en profondeur, tout en veillant au maintien des protections sociales et au libre fonctionnement du march.</p><p>Cette note de La Fabrique de lindustrie explore les causes de cette performance su-doise, quelles soient conomiques, sociales, politiques ou historiques. On trouve dans cet exemple, bien diffrent de lAllemagne et moins connu, beaucoup dides utiles aux dbats daujourdhui sur les rformes conomiques et la comptitivit industrielle. Mal-gr des aspirations analogues au maintien dun tat protecteur, dun bon niveau de ser-vices publics et dune conomie prospre, la France et la Sude diffrent par les moyens mis en uvre, et surtout par la manire dlaborer les choix collectifs. Au-del des rformes structurelles adoptes, qui ne conviendraient peut-tre pas toutes au contexte franais, cest lexprience sudoise de la rforme qui me parait clairante. La Sude est en effet capable dorganiser des rformes profondes sans blocage, prpares par un long processus dexpertise et de ngociation dmocratique qui favorise leur appropria-tion. Une telle mthodologie de la rforme ne se dcrte pas ; elle est le fruit dune longue histoire de collaboration entre les entreprises, ltat et les partenaires sociaux. La qualit du dialogue social est un des atouts dterminants de la Sude : des partenaires sociaux dont la lgitimit est trs forte mnent des ngociations en veillant ce que les salaires et les prestations restent compatibles avec la comptitivit dune industrie domine par de grands groupes exportateurs. Transparence et dcentralisation permettent aux citoyens de sassurer de la gestion efficace des deniers publics.</p><p>Cette note offre une illustration motivante de ce quil y a raliser dans notre pays et de limportance de la mobilisation de tous pour susciter un choc de confiance. Le mouve-ment a t enclench avec des accords tels que celui du 11 janvier 2013 au service de la comptitivit des entreprises et de la scurisation de lemploi et des parcours profession-nels (ANI), qui complte le Pacte de comptitivit adopt le 6 novembre 2012. Il importe quil se poursuive pour permettre le redressement ncessaire de notre industrie.</p><p>Louis Gallois</p></li><li><p>11</p><p>Rsum</p><p>Alors que lindustrie sessoufle dans la plupart des pays dvelopps, lAllemagne est le plus souvent prise en exemple pour ses excellentes performances (Hnard, 2012). Mais un autre pays, la Sude, semble faire mieux encore. Ces deux pays ont su, durant ces vingt dernires annes, prserver davantage leur base industrielle que leurs voisins eu-ropens et conserver des balances commerciales trs positives. La Sude a assaini ses finances publiques, aujourdhui en excdent structurel, et a fortement rduit sa dette, tout en prservant un haut niveau de service public et de protection sociale. La Fabrique de lindustrie a donc souhait mieux comprendre les raisons du succs du modle sudois.</p><p>Une conomie soutenue par la dynamique de grands groupes exportateurs</p><p>Aujourdhui, la Sude prsente des performances trs enviables, en termes de compti-tivit, de croissance, de PIB par habitant, dinnovation, dexcdents commerciaux et de matrise des finances publiques. </p><p>Le pays se place devant lAllemagne sur tous ces critres, ne lui laissant de peu que le leadership sur le poids de lindustrie dans le PIB (22,4 % en Allemagne, contre 19,3 % en Sude et 12,5 % en France en 2009). Entre 1995 et 2007, laccroissement de la valeur ajoute en Sude tait suprieur de huit points ce quil tait dans lUnion europenne. Notons cependant que la progression de lemploi tait infrieure de neuf points, ranon des importants gains de productivit que la Sude a raliss dans tous les secteurs dacti-vits et notamment dans les services, marchands et non marchands.</p><p>Dans lindustrie, les gains de productivit ont notamment t rendus possibles grce linvestissement dans les TIC, dans la recherche et dveloppement et plus largement dans le capital immatriel. La Sude prsente lun des plus gros efforts de R&amp;D dans le monde (exprim en % du PIB), du fait de linvestissement des acteurs privs. Dans quasiment lensemble des secteurs industriels quils soient low-tech ou high-tech et les ser-vices marchands, lintensit technologique1 est plus forte en Sude que dans le reste de lEurope.</p><p>1 - Taux des dpenses de R&amp;D sur la valeur ajoute</p></li><li><p>Les transformations du modle conomique sudois12</p><p>Le socle industriel sudois est domin par des grands groupes, pour la plupart sous le contrle de grandes familles qui ont form des empires capitalistiques. Ces groupes par-ticipent largement au dynamisme des exportations. La structure de lindustrie sudoise, en termes de rpartition des entreprises par taille, ressemble celle de la France. La Sude nest pas une terre plus propice que cette dernire au dveloppement des startups ni mme aux ETI ; cela dmontre, si besoin tait, quun dveloppement conomique en-viable peut avoir des caractristiques diffrentes des exemples...</p></li></ul>

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